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Extincteurs : types, utilisation, vérification sécurité

Pression permanente ou cartouche, le geste qui va avec, puis la ronde tous les trois mois et le calendrier du technicien, avec trois exercices corrigés.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Avant de te servir d'un extincteur, regarde comment il est mis sous pression. À pression permanente, tu retires la goupille et tu presses la poignée. À pression auxiliaire, tu dois en plus percuter une cartouche de gaz, sinon rien ne sort : c'est le cas d'un appareil qui porte une commande de percussion sur la tête. Une fois au mur, chaque extincteur est inspecté tous les trois mois par une personne formée et entretenu tous les ans par une personne compétente.

Pression permanente ou cartouche

Un extincteur projette son agent extincteur (l'eau, la mousse, la poudre ou le gaz qui éteint) grâce à une pression interne. Les deux familles d'appareils se distinguent par le moment où cette pression apparaît.

À pression permanente, le corps contient l'agent et un gaz comprimé, de l'azote par exemple, en permanence. L'appareil projette dès qu'on ouvre. Son point faible : une fuite de gaz. C'est ce que surveille le manomètre (l'indicateur de pression), quand il y en a un : son aiguille doit rester dans la partie verte.

À pression auxiliaire, le corps n'est pas sous pression. Le gaz attend dans une petite bouteille placée à l'intérieur, la cartouche. En la percutant, c'est-à-dire en l'ouvrant d'un coup, tu libères ce gaz, qui met l'appareil sous pression au moment de s'en servir. Moins de risque de fuite, mais un geste de plus. D'après l'INRS (Institut national de recherche et de sécurité), c'est le mode de la majorité des extincteurs en France, et la cartouche contient en général du $\text{CO}_2$.

Le $\text{CO}_2$ est un cas à part : le gaz est à la fois l'agent et ce qui le pousse, toujours sous pression. Pas de cartouche, donc pas de percussion. Tiens-le par sa poignée, jamais par le diffuseur, glacé par la détente du gaz.

Enfin, un extincteur portatif pèse au plus 20 kg prêt à servir. Au-delà, il est monté sur roues, dit mobile, et se confie à des personnes formées et entraînées.

Le déclencher selon son type

On part ici d'un feu naissant, l'alarme donnée, et d'un appareil adapté à ce qui brûle. Reste le geste, qui dépend du mode de pression.

Sur un appareil à pression permanente, deux temps. Tu retires la goupille, la tige qui bloque la poignée, ce qui casse le scellé, le petit lien qui garantit que l'appareil n'a pas été touché. Puis tu presses la poignée en visant la base des flammes.

Sur un appareil à cartouche, un temps s'intercale. Après la goupille, tu percutes la cartouche avec la commande prévue sur la tête. Ensuite seulement, tu presses la gâchette du pistolet, au bout du tuyau.

Piège classique : percuter en étant penché au-dessus de l'appareil. C'est l'instant où la pression monte d'un coup dans le corps, et l'INRS demande de ne pas se placer au-dessus. Garde le visage hors de l'axe de la tête de l'extincteur.

Ce qui change d'un appareil à l'autre, c'est le temps dont tu disposes. L'INRS donne en exemple ces durées de fonctionnement, c'est-à-dire de projection sans interruption : 7 secondes pour 1 kg de poudre ABC, 8 secondes pour un $\text{CO}_2$ de 2 kg, 51 secondes pour 6 litres d'eau avec additif. D'où l'ordre que donne l'INRS : goupille et percussion avant d'approcher, et près du feu, il ne te reste qu'à presser.

Après usage, même de quelques secondes, l'appareil part en recharge. C'est écrit sur son étiquette : « recharger après usage, même partiel ». Il revient marqué « RECHARGÉ », avec la date.

La ronde tous les trois mois

Le Code du travail exige des extincteurs « maintenus en bon état de fonctionnement » (article R4227-29). La norme française NF S 61-919, qui organise ce suivi, sépare deux niveaux : l'inspection, faite sur place, et la maintenance, confiée à une personne compétente.

L'inspection est un contrôle à l'œil, sans ouvrir l'appareil, tous les trois mois ou plus souvent si le lieu l'exige (air corrosif, malveillance). Une personne formée de l'entreprise peut la faire. En ronde, tu dois constater ceci pour chaque appareil.

PointCe que tu dois voir
Placel'appareil est à l'endroit prévu
Accèsrien devant, appareil visible ou signalé par un panneau
Étatni rouille ni bosse, tuyau souple en bon état
Mode d'emploiprésent, lisible, tourné vers l'extérieur
Sécuritégoupille en place, scellé ni brisé ni absent
Étiquette de maintenanceprésente
Manomètre, s'il y en a unaiguille dans la partie verte

Un obstacle devant l'appareil ou un mode d'emploi tourné vers le mur se corrige sur place. Un défaut de l'appareil, non : la personne formée le marque « APPAREIL INUTILISABLE » et le signale par écrit au responsable. Tout se note dans le registre de sécurité, le cahier des vérifications.

Piège classique : garder en service un appareil au scellé brisé parce qu'il « a l'air plein ». Le scellé garantit que personne n'y a touché ; sans lui, rien ne prouve ce que l'appareil contient encore.

Le calendrier du technicien

Tous les ans, avec deux mois de tolérance, une personne compétente fait la maintenance, en interne ou chez un prestataire. Elle examine l'extérieur, ouvre l'appareil (sauf un $\text{CO}_2$), contrôle l'agent et la cartouche, puis remonte le tout avec une goupille et un scellé neufs. Elle inscrit sur l'appareil « VÉRIFIÉ », ou « APPAREIL INUTILISABLE EN L'ÉTAT » avec la date.

À certains âges, des opérations plus lourdes remplacent cette maintenance annuelle, qu'elles comprennent. La maintenance additionnelle approfondie vide l'appareil si besoin et examine l'intérieur, les filetages (les pas de vis) et les vannes. La révision en atelier, chez le fabricant ou dans un centre agréé, démonte tout et soumet le corps à un essai de pression.

AppareilMaintenance additionnelle approfondieRévision en atelierDurée de vie prévue
À base d'eau (pulvérisée ou mousse)à 5 et 15 ansà 10 ans20 ans
À poudreà 5 et 15 ansà 10 ans20 ans
Au $\text{CO}_2$aucuneau plus tous les 10 ansnon fixée

Le $\text{CO}_2$, à plus de 30 bars, passe en plus une requalification périodique par un organisme habilité, en général tous les 10 ans. Elle comprend une épreuve hydraulique : le corps est mis sous forte pression d'eau pour vérifier qu'il tient.

Exercices corrigés

Du plus direct au plus proche du terrain. Cherche sur ta feuille avant d'ouvrir la correction.

Exercice 1 : Un extincteur à eau avec additif a été fabriqué et mis en service en 2014 (données fictives). En dehors de la maintenance annuelle, quelles opérations doit-il recevoir, et en quelle année ? Jusqu'à quelle année va sa durée de vie prévue ?

Correction :

Maintenance additionnelle approfondie à 5 et 15 ans : $2014 + 5 = 2019$ et $2014 + 15 = 2029$.

Révision en atelier à 10 ans : $2014 + 10 = 2024$.

Durée de vie prévue de 20 ans : $2014 + 20 = 2034$.

Le piège serait d'ajouter une maintenance annuelle en 2019, 2024 ou 2029 : ces années-là, l'opération plus lourde la comprend déjà.

Exercice 2 : Pendant ta ronde trimestrielle, tu relèves quatre situations. A : appareil à sa place, aiguille dans le vert, mais un chariot de cartons garé devant. B : appareil à cartouche en bon état, scellé absent. C : appareil à pression permanente, scellé intact, aiguille dans la zone rouge. D : appareil complet, mode d'emploi tourné vers le mur. Que fais-tu dans chaque cas ?

Correction :

A : l'appareil n'a rien, c'est l'accès qui ne va pas. Tu dégages le chariot et tu notes l'obstacle dans ton compte rendu.

B : sans scellé, rien ne garantit que l'appareil n'a pas servi. Tu le marques « APPAREIL INUTILISABLE » et tu le signales par écrit.

C : aiguille hors du vert, la pression n'est plus bonne. Même traitement que B.

D : tu remets l'appareil dans le bon sens sur son support, mode d'emploi vers l'extérieur. Pas de marquage.

Exercice 3 : Une corbeille prend feu dans un bureau. Ton collègue l'éteint avec un extincteur de 6 litres d'eau avec additif, en 10 secondes (données fictives), et veut le raccrocher : « il en reste plein ». a) L'INRS indique 51 secondes de fonctionnement pour cet appareil : quelle part en a-t-il utilisée ? b) Peut-il le raccrocher ?

Correction :

a) $\dfrac{10}{51} \approx 0{,}20$ : il a utilisé environ 20 % de la durée de fonctionnement.

b) Non : le scellé est cassé et une partie de l'agent est partie, rien ne garantit qu'il tiendra au prochain feu. L'étiquette impose de « recharger après usage, même partiel ».

À retenir

À retenir :

  • Pression permanente : goupille, puis poignée ; le manomètre surveille les fuites.
  • Pression auxiliaire : goupille, percussion sans être au-dessus, puis pistolet.
  • De quelques secondes à plus d'une minute de jet : goupille et percussion avant d'approcher.
  • Après usage, même partiel, recharge.
  • Tous les trois mois, inspection à l'œil ; un défaut, et l'appareil est marqué « APPAREIL INUTILISABLE ».
  • Tous les ans, maintenance ; eau et poudre : approfondie à 5 et 15 ans, atelier à 10 ans, vie prévue de 20 ans.

Sources

  • INRS, « Les extincteurs d'incendie portatifs, mobiles et fixes », brochure ED 6054, octobre 2023 : fiche sur inrs.fr.
  • Code du travail, article R4227-29, sur code.travail.gouv.fr.

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