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Harcèlement Scolaire : Reconnaître, Agir et Prévenir le Bullying au Collège et au Lycée

Savoir si c'est du harcèlement, quoi faire si tu le subis ou si tu en es témoin, ce que risque l'auteur, et quatre cas corrigés pour t'entraîner.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Une moquerie, une bousculade ou une mise à l'écart devient du harcèlement quand elle vise le même élève encore et encore, au point de lui gâcher la vie. Exemple : chaque matin, le sac de Lina finit vidé par terre et le même groupe rit pendant qu'elle ramasse ses affaires. Une fois, c'est méchant ; tous les matins, c'est du harcèlement, et la bonne réaction est d'en parler à un adulte du collège. Ici, tu apprends à trier les situations et à réagir, puis tu t'entraînes sur quatre cas.

Reconnaître un harcèlement

Définition : un élève est harcelé quand il subit, de manière répétée, des violences verbales, morales ou physiques de la part d'un ou plusieurs autres élèves, dans le collège ou en dehors.

Concrètement : insultes, moqueries, brimades, rejet par un groupe, bousculades, coups, vols, d'après la fiche officielle sur service-public.gouv.fr. On dit aussi bullying, le mot anglais.

Pour trier une situation, pose-toi deux questions. D'abord : est-ce que ça se répète contre le même élève ? Une bagarre qui éclate une fois entre deux camarades est interdite et peut être punie, mais c'est un conflit, pas un harcèlement.

Ensuite : est-ce que la victime en souffre ? Elle a peur de venir, mange seule, a mal au ventre le matin, ses notes baissent. Entre amis qui se chambrent, chacun rit et chacun répond. Quand c'est toujours le même qui sert de cible, ce n'est plus une blague.

Piège classique : « c'était pour rire » ne change rien. Le Code pénal vise les comportements répétés qui ont « pour objet ou pour effet » de dégrader les conditions de vie de la victime (article 222-33-2-2). Ce qu'elle vit compte, même si l'auteur ne voulait pas blesser.

Quand ça continue en ligne

Le cyberharcèlement, c'est le même harcèlement par messages, photos détournées, groupes de discussion ou commentaires. Il ne s'arrête pas à la grille du collège.

Une règle surprend souvent : un groupe peut harceler même si chacun n'a agi qu'une fois. Quand plusieurs personnes s'en prennent à la même victime, chacune en sachant que d'autres l'ont déjà fait, leurs messages forment ensemble la répétition, et chacune peut être poursuivie (fiche Cyberharcèlement).

Si tu le subis

Parles-en à un adulte du collège : un professeur, un surveillant, le CPE (conseiller principal d'éducation, qui gère la vie scolaire) ou le principal. Dis-le aussi à tes parents. Si ton collège a des élèves ambassadeurs contre le harcèlement, tu peux aller les voir.

Tu peux aussi appeler le 3018, le numéro national pour les victimes de harcèlement. L'appel est gratuit et anonyme, 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h, et une application existe. Tu y reçois des conseils et du soutien.

Une fois que tu as parlé, le collège agit :

Étape 1 : le principal te reçoit et organise ta protection, avec un adulte référent, une équipe attentive et des camarades proches à tes côtés.

Étape 2 : tes parents sont prévenus et associés à la suite.

Étape 3 : une procédure disciplinaire est engagée contre l'auteur. Si le harcèlement est grave et dure, le procureur de la République, le magistrat qui décide des poursuites, est prévenu.

Avec un parent, tu peux aussi porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie.

Conseil : en ligne, garde des preuves avant de signaler : des captures d'écran où l'on voit le message, le compte qui l'a envoyé et la date. Signale ensuite le contenu au réseau social, qui doit te proposer un moyen de le faire.

Si tu en es témoin

Rire, filmer ou transférer, c'est participer. Et tu viens de voir qu'un seul message ajouté à ceux des autres peut faire de toi un auteur aux yeux de la loi. Ton premier geste, c'est de ne rien ajouter.

Ensuite, préviens un adulte du collège, qui prendra en charge la victime ; le 3018 répond aussi aux témoins. Ce n'est pas « balancer » : c'est donner à quelqu'un les moyens de la protéger.

Et va vers elle : une place gardée à la cantine, un message pour lui dire que tu as vu et que tu trouves ça injuste. Elle sait alors qu'au moins une personne est de son côté.

Prévenir dès la première fois

Puisque le harcèlement naît de la répétition, c'est dès la première fois qu'on peut l'empêcher. Un surnom blessant commence à circuler, on te transfère une photo gênante : tu ne suis pas, et tu en parles à un adulte avant que ça s'installe. Au collège, la prévention passe aussi par pHARe, le programme de lutte contre le harcèlement de l'Éducation nationale, et par les élèves ambassadeurs.

Ce que risque l'auteur

Depuis la loi du 2 mars 2022, le harcèlement scolaire est un délit, c'est-à-dire une infraction que la loi punit de prison et d'amende (article 222-33-2-3 du Code pénal). La peine dépend de l'âge de l'auteur et de l'ITT de la victime (incapacité totale de travail : le nombre de jours, fixé par un médecin, pendant lesquels elle est fortement gênée dans sa vie de tous les jours). Ce sont des maximums.

Conséquence pour la victimeAuteur mineur de 13 ans ou plusAuteur majeur
Pas d'ITT, ou 8 jours au plus1 an et demi de prison, 7 500 € d'amende3 ans de prison, 45 000 € d'amende
ITT de plus de 8 jours2 ans et demi, 7 500 €5 ans, 75 000 €
Suicide ou tentative de suicide5 ans, 7 500 €10 ans, 150 000 €

Avant 13 ans, ni prison ni amende : la justice passe par des mesures éducatives. Au collège, l'auteur risque en plus l'exclusion définitive, et il peut être changé d'établissement si son comportement menace la sécurité ou la santé des autres élèves.

Cas pratiques corrigés

Décide d'abord si c'est du harcèlement, puis ce qu'il faut faire.

Exercice 1 : À la récréation, Tom et Hugo se disputent un ballon, se bousculent et s'insultent. Le lendemain, ils jouent ensemble comme avant. Est-ce du harcèlement ?

Correction :

Non. Il manque la répétition contre un même élève : c'est un conflit d'un jour, où chacun a répondu à l'autre. Les insultes et les bousculades restent interdites, et un adulte peut intervenir. Si Hugo s'en prenait à Tom tous les jours devant les autres, la réponse changerait.

Exercice 2 : Depuis la rentrée, dans le groupe de discussion de la classe, trois élèves publient chaque semaine une photo de Sami prise en cours, avec un surnom moqueur. Sami ne va plus au foot avec les autres et dit qu'il a mal au ventre le lundi. Est-ce du harcèlement ? Que peut faire Sami ?

Correction :

Oui, c'est du cyberharcèlement : des moqueries chaque semaine, contre le même élève, avec un effet visible sur sa vie. Sami fait d'abord des captures d'écran datées des messages, puis prévient un adulte du collège et ses parents. Il peut appeler le 3018 et signaler les photos au réseau social.

Exercice 3 : Sous une photo publiée pour se moquer d'Inès, une vingtaine d'élèves ont déjà commenté. Léa ajoute un seul commentaire moqueur, puis se défend : « Moi, je n'ai écrit qu'une fois, ce n'est pas du harcèlement. » A-t-elle raison ?

Correction :

Non. Léa voyait les autres commentaires : elle savait que le sien s'ajoutait à une série contre Inès. Pour la loi, des messages envoyés par plusieurs personnes qui savent qu'ils forment une répétition constituent un harcèlement, même si chacune n'a agi qu'une fois. Léa peut être poursuivie comme les autres. Le bon réflexe : ne rien écrire, et signaler la photo.

Exercice 4 : Depuis trois semaines, Adam mange seul à la cantine et des élèves cachent souvent ses affaires. Il te dit : « Ne dis rien à personne, sinon ce sera pire. » Que fais-tu ?

Correction :

Des brimades répétées contre le même élève, qui l'isolent : tout indique un harcèlement. Sa peur se comprend, mais garder le secret laisse les brimades continuer. Préviens quand même un adulte du collège en expliquant qu'Adam craint des représailles : c'est son rôle de le protéger, et les témoins comme les auteurs sont reçus séparément. Tu peux aussi appeler le 3018 pour demander conseil. Et reste avec lui à la cantine.

À retenir

À retenir :

  • Harcèlement : des violences répétées contre un même élève, qui lui gâchent la vie. Une dispute isolée n'en est pas un.
  • « C'était pour rire » n'excuse rien : la loi regarde aussi l'effet sur la victime.
  • Un seul message ajouté à ceux des autres peut faire de toi un auteur.
  • Victime ou témoin : un adulte du collège, tes parents, le 3018.
  • En ligne : des captures d'écran datées, puis le signalement.
  • Le harcèlement scolaire est un délit depuis la loi du 2 mars 2022.

Sources

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