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BTS Bâtiment : Programme Complet, Épreuves et Débouchés dans la Construction

Ce que tu apprends, tes deux stages, les huit épreuves avec leurs coefficients et le premier poste visé, d'après le diplôme rénové dont la première session a lieu en 2028.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Le BTS Bâtiment t'apprend, en deux ans, à préparer puis à suivre un chantier de gros œuvre, c'est-à-dire la structure d'un bâtiment : fondations, murs porteurs, poteaux, poutres et planchers. Exemple : le sujet zéro de l'épreuve E6, un sujet modèle publié en janvier 2026, part de 97 logements répartis en deux bâtiments ; tu y finalises la structure, puis tu prépares l'organisation et le budget du chantier. Cette épreuve pèse à elle seule le quart de la note finale, et le diplôme te mène d'abord au poste d'assistant chef de chantier.

Ce que tu apprends en deux ans

Tu as 33 heures de cours par semaine, dont 21 d'enseignement professionnel. Le reste va à la culture générale et expression (3 h), aux mathématiques (3 h), à l'anglais (2 h), à la physique-chimie (2 h) et à l'accompagnement personnalisé (2 h). Une seconde langue vivante peut s'ajouter en option.

L'enseignement professionnel suit quatre blocs de compétences, chacun évalué par une épreuve et calé sur un moment de la vie d'un chantier.

Analyser et proposer des solutions. Tu lis le cahier des charges, où le client fixe ses exigences, tu compares plusieurs façons de construire et tu estimes le coût du projet dès ses premières études. Les matériaux bas carbone et biosourcés (issus du vivant, comme le bois), que le référentiel compte parmi les évolutions du métier, entrent dans ces choix.

Étudier et préparer le chantier. C'est le plus gros bloc : sept compétences sur quinze. Tu finalises la structure, tu choisis les moyens (grue, coffrages), tu bâtis le planning et le budget, et tu rédiges les modes opératoires, c'est-à-dire l'ordre et la manière de réaliser chaque ouvrage.

Suivre et encadrer. Le chantier lancé, tu suis l'avancement et tu participes au management de l'équipe comme à l'application des règles de sécurité, d'environnement et de qualité.

Contrôler et réceptionner. Tu implantes les ouvrages, c'est-à-dire que tu reportes leur position exacte sur le terrain avec des instruments de mesure, puis tu contrôles dimensions et matériaux (bétons, sols, aciers, équipements de levage) jusqu'à la réception, le moment où le client accepte officiellement les travaux.

Tu travailles beaucoup sur maquette numérique, dont la maquette BIM de la structure : un modèle 3D partagé où chaque élément porte ses informations techniques.

Les deux stages

Le premier, d'une à deux semaines, a lieu au premier trimestre de première année : tu y découvres la réalité d'un chantier de gros œuvre.

Le second dure huit semaines consécutives en fin de première année, dont au moins deux sur un chantier de gros œuvre. Il sert de support à l'épreuve E7 : ton tuteur et un formateur t'évaluent ensemble pendant les trois dernières semaines, puis tu rédiges un rapport d'activités d'une trentaine de pages, que tu soutiens à l'oral entre novembre et mai de la deuxième année.

Conseil : tiens un carnet dès le premier jour. Le rapport doit analyser des situations vécues de management ou de sécurité, entre autres, et ces détails ne reviennent pas de mémoire des mois plus tard.

Les huit épreuves et leurs coefficients

Chaque épreuve est notée sur 20, et sa note est multipliée par son coefficient ; les huit coefficients font 28 au total. Certaines se passent en CCF, le contrôle en cours de formation : tes formateurs t'évaluent dans ton établissement pendant ta formation, au lieu d'une épreuve finale. Le tableau donne la forme prévue si tu es en lycée public ou privé sous contrat, ou apprenti dans un centre de formation habilité.

ÉpreuveCoefficientForme
E1 Culture générale et expression4écrit de 3 h
E2 Anglais2CCF, à l'oral
E3 Mathématiques2CCF
E4 Physique-chimie2CCF
E5 Analyse et proposition de solutions techniques5écrit de 4 h
E6 Étude et préparation de chantier7oral de 50 min sur un projet
E7 Suivi et encadrement d'un projet3CCF : stage puis soutenance
E8 Contrôle qualité et réception des ouvrages3CCF : mesures et essais

S'y ajoutent deux épreuves facultatives : une langue vivante et l'engagement étudiant (une activité bénévole, par exemple). Seuls les points au-dessus de 10 sur 20 comptent, elles ne peuvent donc que t'aider.

Piège classique : négliger la culture générale parce qu'elle « n'est pas du bâtiment ». Avec son coefficient 4, l'E1 pèse plus que l'E7 ou l'E8, et c'est un écrit de 3 heures, sans contrôle en cours de formation pour rattraper une mauvaise journée.

Remarque : ces épreuves sont celles de l'arrêté du 21 novembre 2025, valables à partir de la session 2028, donc pour les étudiants entrés en première année en septembre 2026. La session 2027 est la dernière de l'ancien diplôme, avec d'autres épreuves ; en cas d'échec, tes notes d'au moins 10 sur 20 peuvent être reportées selon un tableau de correspondance.

L'épreuve E6, le cœur de l'examen

L'E6 repose sur un projet de 140 heures, sur un bâtiment neuf ou à réhabiliter fourni en version numérique. Tu le mènes en équipe de quatre, exceptionnellement trois, avec une partie commune et une partie individuelle par membre. Les 35 premières heures servent à analyser et finaliser la structure, les 105 suivantes à préparer et organiser le chantier.

Ta note se construit en trois morceaux. La revue de projet RP1, un point d'étape d'une heure au plus avec tes formateurs, pendant la première semaine de la phase de 105 heures, compte pour 25 %. La RP2, une évaluation continue tout au long du projet, compte pour 15 %. La soutenance individuelle compte pour 60 % : 15 minutes d'exposé sans interruption, puis 35 minutes d'entretien avec deux formateurs qui ne t'ont pas suivi et un professionnel du bâtiment.

Piège classique : compter sur le travail du groupe. La soutenance, la plus grosse part de la note, est individuelle : tu dois justifier seul chaque choix de ta partie devant le jury.

Les débouchés

À la sortie, le diplôme vise le poste d'assistant chef de chantier, surtout dans le gros œuvre, dans des entreprises de toutes tailles, artisanat compris. Tu y secondes le chef de chantier, qui dirige les équipes sur le terrain.

Avec l'expérience, tu peux devenir chef de chantier, puis conducteur de travaux, qui pilote un ou plusieurs chantiers avec leurs délais et leur budget, ou chargé d'études, un poste de bureau tourné vers les études techniques ou de prix. La fiche officielle du diplôme précise que ces évolutions passent aussi par des formations complémentaires.

Exercices corrigés

Le diplôme se joue sur la moyenne générale, coefficients compris, avec 10 sur 20 comme barre. Les notes sont fictives.

Exercice 1 : À l'E6, Inès obtient 12 à la RP1, 9 à la RP2 et 14 à la soutenance, qui comptent respectivement pour $25\,\%$, $15\,\%$ et $60\,\%$ de la note. Calcule sa note à l'E6.

Correction :

Chaque note est multipliée par sa part : $0{,}25 \times 12 + 0{,}15 \times 9 + 0{,}60 \times 14 = 3 + 1{,}35 + 8{,}4 = 12{,}75$.

Inès a $12{,}75$ sur 20 à l'E6 : la soutenance, qui pèse le plus, compense une RP2 sous la moyenne.

Exercice 2 : Hugo obtient 9 à l'E1, 14 à l'E2, 8 à l'E3, 12 à l'E4, 8 à l'E5, 11 à l'E6, 14 à l'E7 et 12 à l'E8, avec les coefficients 4, 2, 2, 2, 5, 7, 3 et 3. A-t-il le diplôme ? Même question s'il avait eu 8 à l'E6.

Correction :

On additionne chaque note multipliée par son coefficient :

$$4 \times 9 + 2 \times 14 + 2 \times 8 + 2 \times 12 + 5 \times 8 + 7 \times 11 + 3 \times 14 + 3 \times 12$$ $$= 36 + 28 + 16 + 24 + 40 + 77 + 42 + 36 = 299$$

On divise ensuite par la somme des coefficients, 28 : $\dfrac{299}{28} \approx 10{,}68$. Hugo a son diplôme.

Avec 8 à l'E6, il perd $7 \times 3 = 21$ points, donc $\dfrac{299 - 21}{28} = \dfrac{278}{28} \approx 9{,}93$. Il échoue, à moins d'un dixième de la barre.

Exercice 3 : Lucas a 10 sur 20 partout, sauf 16 en anglais (E2, coefficient 2) et 7 à l'E6 (coefficient 7). Le total des coefficients vaut 28. Il compte sur son anglais pour compenser. A-t-il le diplôme ?

Correction :

Inutile de tout recalculer : pars de 10 partout, soit $28 \times 10 = 280$ points, puis corrige avec les écarts à 10, multipliés par leur coefficient.

Anglais : $2 \times (16 - 10) = 12$ points gagnés. E6 : $7 \times (7 - 10) = -21$, soit 21 points perdus.

Total : $280 + 12 - 21 = 271$, et $\dfrac{271}{28} \approx 9{,}68$. Lucas échoue : six points d'avance en anglais en rapportent 12, trois points de retard à l'E6 en coûtent 21.

À retenir

À retenir :

  • Quatre blocs professionnels, calés sur la vie d'un chantier, occupent 21 des 33 heures de la semaine.
  • Huit semaines de stage en fin de première année, dont deux au moins en gros œuvre, servent de support à l'E7.
  • Huit épreuves, 28 coefficients au total : l'E6 (coefficient 7) pèse le quart de la note, et sa soutenance individuelle 60 % de l'E6.
  • Un écart à 10 compte autant de fois que son coefficient : un point perdu à l'E6 se rattrape avec $3{,}5$ points en anglais.
  • Premier poste visé : assistant chef de chantier, surtout en gros œuvre ; la conduite de travaux vient avec l'expérience.
  • Ces règles valent à partir de la session 2028 ; la session 2027 suit l'ancien diplôme.

Sources

  • Arrêté du 21 novembre 2025 définissant le BTS « Bâtiment » (référentiel, règlement d'examen, stages), Journal officiel du 6 décembre 2025 : texte sur Légifrance.
  • Fiche RNCP41816 « BTS Bâtiment », France Compétences : fiche sur francecompetences.fr.
  • « BTS Bâtiment (2028), session 0 », sujets zéro des épreuves E5 et E6, éduscol STI, 30 janvier 2026 : page sur éduscol.

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