En BTS FED en alternance, ton travail en entreprise se joue à deux endroits : au bureau d'études, tu calcules une installation avant qu'elle existe ; sur le chantier, tu la fais construire, tu la mets en service et tu vérifies qu'elle tient ce que le calcul promettait. Exemple : le bureau d'études trouve qu'une pièce perd 600 W par grand froid et fixe le débit d'eau de son radiateur ; à la mise en service, deux mesures de température te disent si ce débit passe vraiment. La transition énergétique, c'est ce même travail appliqué aux bâtiments qu'on rénove pour qu'ils consomment moins.
Ton contrat : CFA, entreprise et salaire
Ce diplôme se prépare en contrat d'apprentissage ou en contrat de professionnalisation. C'est le même diplôme que par la voie scolaire, avec ses trois options : génie climatique et fluidique, froid et conditionnement d'air, domotique et bâtiments communicants (fiche officielle du diplôme).
En apprentissage, tu es salarié. Au moins 25 % de la durée du contrat se passe en formation au CFA, et ce temps compte comme du travail effectif.
Ton salaire minimum est un pourcentage du Smic, selon ton âge et l'année du contrat ; de 21 à 25 ans, ce pourcentage s'applique au salaire minimum de ta convention collective (l'accord de ta branche) s'il dépasse le Smic. Voici les lignes utiles en BTS, en brut par mois, d'après service-public.gouv.fr (fiche vérifiée le 8 septembre 2026) :
| Ton âge | 1re année | 2e année |
|---|---|---|
| 18 à 20 ans | 43 % (802,82 €) | 51 % (952,18 €) |
| 21 à 25 ans | 53 % (989,52 €) | 61 % (1 138,88 €) |
| 26 ans et plus | 100 % | 100 % |
Piège classique : tu changes de tranche d'âge le 1er jour du mois qui suit ton anniversaire, pas le jour même. En deuxième année, si tu fêtes tes 21 ans le 10 novembre, ton minimum reste 952,18 € en novembre et passe à 1 138,88 € au 1er décembre.
Au bureau d'études : tout se décide avant le chantier
La fiche du diplôme décrit le titulaire comme un « technicien supérieur de bureau d'étude, de mise en service ». Au bureau d'études, tu dimensionnes l'installation (tu choisis la taille de chaque élément, du générateur aux tuyaux), tu la dessines et tu chiffres les travaux.
Tout commence par le bilan des déperditions : la puissance que le bâtiment perd par grand froid, donc celle que le chauffage devra fournir.
Formule : pour une paroi, $$\Phi = U \times S \times \Delta T$$
avec $\Phi$ la puissance perdue en W, $S$ la surface en m² et $\Delta T$ l'écart entre la température intérieure et la température extérieure de base, en K. $U$, le coefficient de transmission thermique de la paroi, est la puissance qui traverse 1 m² pour 1 K d'écart, en W/(m²·K) : plus il est petit, mieux la paroi isole.
La température extérieure de base est la température de grand froid retenue pour dimensionner le chauffage ; elle dépend de la région et de l'altitude. Un écart de 1 K vaut un écart de 1 °C.
Piège classique : avec une température extérieure négative, l'écart se calcule avec le signe. Pour 19 °C dedans et $-7$ °C dehors, $\Delta T = 19 - (-7) = 26$ K, pas 12 K. L'erreur divise les déperditions par plus de deux.
Reste à apporter cette puissance. L'eau entre chaude dans le radiateur (le départ), lui cède sa chaleur et ressort plus froide (le retour).
Formule : $$P = q_m \times c \times \Delta\theta$$
avec $P$ la puissance cédée en W, $q_m$ le débit massique d'eau en kg/s, $c \approx 4\,180$ J/(kg·K) la capacité thermique massique de l'eau, et $\Delta\theta$ l'écart entre départ et retour, en K. En régime 45/35 °C, l'eau entre à 45 °C et ressort à 35 °C : $\Delta\theta = 10$ K.
Sur le chantier : mettre en service et mesurer
Sur le chantier, le plan devient une installation : il faut tenir un planning, suivre les travaux, animer une équipe, puis faire des essais et des mesures pour vérifier les performances du système.
La mise en service, c'est le moment où le calcul rencontre la réalité. Tu remplis et purges le réseau, puis tu mesures. D'après $P = q_m \times c \times \Delta\theta$, à puissance égale, un écart départ-retour deux fois plus petit que prévu veut dire un débit deux fois plus grand. Le radiateur concerné prend alors l'eau des autres, et les pièces en bout de réseau risquent de rester froides. On corrige en réglant le robinet de chaque émetteur ou de chaque circuit : c'est l'équilibrage.
Conseil : note dans un carnet chaque mesure, chaque écart entre calcul et réalité, et ce qui l'a corrigé. Tu en auras besoin pour expliquer ce que tu as fait en entreprise.
La transition énergétique dans ton travail
Dans ton métier, la transition énergétique veut dire faire consommer moins aux bâtiments existants et remplacer le fioul ou le gaz par des systèmes plus efficaces.
Dans les bâtiments où des activités tertiaires (bureaux, commerces, écoles, hôpitaux) occupent au moins 1 000 m², la consommation d'énergie finale doit baisser de 40 % d'ici 2030, 50 % d'ici 2040 et 60 % d'ici 2050, par rapport à une année de référence choisie entre 2010 et 2019 (entreprendre.service-public.gouv.fr). L'énergie finale, c'est celle qu'on achète et qui passe au compteur : gaz, fioul, électricité.
Pour le chauffage, un des leviers est la pompe à chaleur (PAC). Elle ne fabrique pas la chaleur : elle la prélève dans l'air, le sol ou l'eau, et la remonte à la température du chauffage grâce à un compresseur électrique.
Définition : le coefficient de performance (COP) d'une PAC est le rapport entre la chaleur fournie et l'électricité consommée : $\text{COP} = \dfrac{Q_{\text{fournie}}}{W_{\text{élec}}}$. Un COP de 3, c'est 3 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité.
Le COP baisse quand l'écart grandit entre la température de la source et celle de l'eau de chauffage. Une PAC fait donc mieux sur un plancher chauffant alimenté à 35 °C que sur des radiateurs alimentés à 55 °C, et moins bien par grand froid. En rénovation, on regarde les émetteurs avant de choisir la machine, et on calcule les consommations avec le COP moyen de la saison, le SCOP.
Exercices corrigés
Cherche chacun avant d'ouvrir sa correction.
Exercice 1 : Tu fais le bilan d'une chambre. Son mur extérieur fait 12 m² hors fenêtre, avec $U = 0{,}30$ W/(m²·K). Sa fenêtre fait 1,5 m², avec $U = 1{,}4$ W/(m²·K). Il fait 19 °C dedans et la température extérieure de base vaut $-7$ °C. Calcule les déperditions à travers ces deux parois.
Correction :
L'écart vaut $\Delta T = 19 - (-7) = 26$ K.
Mur : $0{,}30 \times 12 \times 26 = 93{,}6$ W. Fenêtre : $1{,}4 \times 1{,}5 \times 26 = 54{,}6$ W. Total : $93{,}6 + 54{,}6 = 148{,}2$ W, soit environ 148 W.
La fenêtre, huit fois plus petite que le mur, perd plus de la moitié de ce qu'il perd : son $U$ est presque cinq fois plus grand.
Exercice 2 : Une pièce demande 600 W. Son radiateur fonctionne en régime 45/35 °C, et on prend $c = 4\,180$ J/(kg·K).
a) Calcule le débit d'eau à prévoir, en kg/h.
b) À la mise en service, le radiateur fournit bien ses 600 W, mais tu mesures 45 °C au départ et 40 °C au retour. Quel débit le traverse ? Que fais-tu ?
Correction :
a) $\Delta\theta = 45 - 35 = 10$ K, donc $q_m = \dfrac{600}{4\,180 \times 10} \approx 0{,}0144$ kg/s. Une heure dure 3 600 s : $0{,}0144 \times 3\,600 \approx 52$ kg/h, soit environ 52 L/h, puisqu'un litre d'eau pèse environ 1 kg.
b) $\Delta\theta = 45 - 40 = 5$ K, donc $q_m = \dfrac{600}{4\,180 \times 5} \approx 0{,}0287$ kg/s, soit environ 103 kg/h : le double du débit prévu. Tu fermes en partie le robinet de réglage du radiateur jusqu'à retrouver un retour proche de 35 °C.
Exercice 3 : Un immeuble de bureaux de 1 500 m² (données fictives) a besoin de 60 000 kWh de chaleur par an. Sa chaudière gaz a un rendement saisonnier de 0,90. On la remplace par une PAC de SCOP 3,0. Les autres usages (éclairage, bureautique, ventilation) consomment 40 000 kWh d'électricité par an et ne changent pas.
a) Calcule l'énergie finale achetée pour le chauffage, avant et après.
b) De quel pourcentage baisse-t-elle ?
c) En prenant comme référence la consommation d'avant les travaux, l'immeuble atteint-il l'objectif de 2030 ?
Correction :
a) Avant : $\dfrac{60\,000}{0{,}90} \approx 66\,667$ kWh de gaz. Après : $\dfrac{60\,000}{3{,}0} = 20\,000$ kWh d'électricité.
b) $\dfrac{66\,667 - 20\,000}{66\,667} \approx 0{,}70$ : le chauffage consomme 70 % d'énergie finale en moins.
c) L'objectif porte sur tout le bâtiment. Avant : $66\,667 + 40\,000 = 106\,667$ kWh. Après : $20\,000 + 40\,000 = 60\,000$ kWh. Baisse : $\dfrac{106\,667 - 60\,000}{106\,667} \approx 0{,}44$, soit environ 44 %. L'objectif de 40 % est atteint, de peu. Le piège : 70 % de baisse sur le chauffage ne font pas 70 % sur le bâtiment.
À retenir
À retenir :
- Contrat : au moins 25 % du temps au CFA ; un changement de tranche d'âge joue sur le salaire le 1er du mois qui suit l'anniversaire.
- Déperditions d'une paroi : $\Phi = U \times S \times \Delta T$, avec un écart calculé en tenant compte du signe.
- Réseau d'eau : $P = q_m \times c \times \Delta\theta$ ; l'écart départ-retour mesuré trahit un débit mal réglé.
- Le COP d'une PAC baisse quand l'eau de chauffage est plus chaude ou l'air extérieur plus froid.
- Une baisse en pourcentage sur un poste ne vaut pas pour tout le bâtiment.
Sources
- Fiche RNCP38361 du BTS fluides-énergies-domotique, enregistrée jusqu'au 31 décembre 2028 : texte sur francecompetences.fr.
- Fiche « Contrat d'apprentissage », vérifiée le 8 septembre 2026 : texte sur service-public.gouv.fr.
- Fiche « Réduction de la consommation d'énergie dans les bâtiments à usage tertiaire », vérifiée le 9 septembre 2025 : texte sur entreprendre.service-public.gouv.fr.