L'essentiel à connaître
En pinyin, le petit signe posé sur la voyelle indique le ton, c'est-à-dire la mélodie de ta voix sur la syllabe. Et le ton change le mot : mā veut dire « maman », mǎ veut dire « cheval ». Le pinyin est l'écriture officielle du chinois en lettres latines, adoptée en Chine le 11 février 1958 (Hanyu Pinyin Fang'an) : il note quatre tons, plus un ton neutre qui ne porte aucun signe.
| Ton | Exemple | Ta voix |
|---|---|---|
| 1er | mā (妈, maman) | reste haute et tenue |
| 2e | má (麻, chanvre) | monte du milieu vers le haut |
| 3e | mǎ (马, cheval) | descend bas, puis remonte |
| 4e | mà (骂, gronder) | tombe sèchement du haut vers le bas |
| Neutre | ma (吗, mot de question) | passe vite, sans appuyer |
Côté consonnes, tout se joue sur le souffle. Les lettres b, d, g, j, z et zh se disent sans souffle et sans vibration de la gorge ; p, t, k, q, c et ch, avec une petite bouffée d'air. Le b chinois sonne donc presque comme notre p, et le p chinois comme un p suivi d'un souffle. Attention au q, qui ne se lit jamais « k » : il se dit à peu près « tch » avec un souffle (qī, sept).
Côté voyelles, après z, c, s, zh, ch, sh et r, le i n'est pas un i français : c'est une voyelle étouffée qui prolonge la consonne (sì, quatre). Le u se dit « ou » : bù (不, non). Mais après j, q, x et y, c'est un ü privé de ses deux points, prononcé comme le u de « tu » : qù (去, aller). Après n et l, les points restent, pour distinguer lù (路, route) de lǜ (绿, vert).
À retenir : le signe de ton va sur le a s'il y en a un (hǎo), sinon sur le o ou le e (guǒ, xiě). Dans iu et ui, formes abrégées de iou et uei, il va sur la seconde lettre : liù, guì (norme chinoise GB/T 16159-2012). Sur un i, le signe remplace le point.
Piège classique : quand deux 3e tons se suivent, le premier se dit au 2e ton. Tu prononces ní hǎo, mais tu écris nǐ hǎo : le pinyin garde le ton d'origine de chaque syllabe.
Quiz : teste tes connaissances
Les questions montent en difficulté : les trois dernières sont les plus piégeuses.
Question 1 : Quel signe marque le 4e ton en pinyin ?
Réponse : C. Le 4e ton tombe du haut vers le bas, et son signe descend dans le même sens : mà. L'accent qui monte (má) est le piège : il marque le 2e ton, celui où la voix monte.
Question 2 : Lequel de ces mots veut dire « cheval » ?
Réponse : A. Mǎ (马), au 3e ton, c'est le cheval. Mā (妈), au 1er ton, veut dire « maman » : seul le ton sépare les deux mots.
Question 3 : Dans « Nǐ hǎo ma ? » (Comment vas-tu ?), quel ton porte ma (吗) ?
Réponse : D. Une syllabe sans signe porte le ton neutre : on la dit vite, sans appuyer. Le piège A oublie que le 1er ton a son propre signe, le trait plat de mā.
Question 4 : Prononcé seul, comment se dessine le 3e ton ?
Réponse : B. Le 3e ton descend bas puis remonte, comme son signe en forme de petit v : mǎ. Le piège C décrit le 2e ton, qui monte sans descendre d'abord.
Question 5 : Qu'est-ce qui distingue b et p en pinyin ?
Réponse : C. En chinois, ni b ni p ne fait vibrer la gorge : seul le souffle les sépare, et c'est le p qui en a un. Le piège B applique la règle du français, où b et p se distinguent par la vibration de la gorge.
Question 6 : Comment se prononce le q de qī (七, sept) ?
Réponse : D. Le q se dit à peu près « tch », suivi d'un souffle. Le piège A vient du français, où q se lit « k » : en pinyin, jamais. Le « ts » soufflé de C, lui, s'écrit c, comme dans cài.
Question 7 : Dans bù (不, non), comment se prononce le u ?
Réponse : A. Dans bù, le u se dit « ou ». Le piège B lit la lettre à la française : le son de « tu » est celui de ü, comme dans lǜ (绿, vert).
Question 8 : Laquelle de ces syllabes porte son signe de ton au bon endroit ?
Réponse : C. Le signe va sur le a quand il y en a un : lǎo (老, vieux). Sinon, il va sur le o ou le e, pas sur la première voyelle venue : xiě (写), guǒ (果), huò (或).
Question 9 : Dans sì (四, quatre), comment se prononce le i ?
Réponse : A. Après z, c, s, zh, ch, sh et r, le i n'est pas un i français : la consonne se prolonge en une voyelle étouffée. Le i net de « si » (piège B) n'existe jamais après ces sept consonnes.
Question 10 : Comment prononce-t-on nǐ hǎo (你好, bonjour) à l'oral ?
Réponse : D. Quand deux 3e tons se suivent, le premier se dit au 2e ton : on entend ní hǎo. Le piège B fait monter la mauvaise syllabe : c'est le premier des deux qui change.
Question 11 : Dans qù (去, aller), comment se prononce le u ?
Réponse : B. Après j, q, x et y, le u est un ü privé de ses deux points : il se dit comme dans « tu ». Les points sont inutiles, car j, q et x ne se combinent jamais avec le son « ou ». Le piège A applique la règle de bù, valable après les autres consonnes.
Question 12 : Laquelle de ces syllabes est bien écrite ?
Réponse : C. Dans iu et ui, formes abrégées de iou et uei, le signe va sur la seconde lettre : duì, mais aussi liù, guì et jiǔ. Le piège, lìu ou gùi, vient du réflexe de marquer la première voyelle.
Question 13 : En pinyin, comment écrit-on 你好 (bonjour), qu'on prononce ní hǎo ?
Réponse : B. À l'écrit, le pinyin garde le ton d'origine de chaque syllabe : nǐ hǎo, avec deux 3e tons. Le piège A note ce qu'on entend, alors que le passage au 2e ton se fait seulement à l'oral.
Sources
Hanyu Pinyin Fang'an, schéma officiel du pinyin approuvé le 11 février 1958 : texte en chinois sur Wikisource.
Norme chinoise GB/T 16159-2012 sur l'orthographe du pinyin, article 6.5 (place des signes de ton).