Niveau : du facile au difficile. Durée estimée : 60 min. 9 exercices avec corrections détaillées.
Rappel des notions clés
À l'inventaire, en fin d'exercice, tu ramènes chaque actif à sa vraie valeur. Ce qu'il perd entre en charge par une dotation (comptes 68) ; une perte qui disparaît revient en produit par une reprise (comptes 78). Exemple : une vitrine de 9 000 € amortie en linéaire sur 5 ans coûte $9\,000 \div 5 = 1\,800$ € de dotation par an et vaut 7 200 € nets au bilan après un an.
L'amortissement répartit le coût d'une immobilisation (un bien gardé plusieurs années) sur sa durée d'utilisation. La dépréciation constate que la valeur actuelle d'un actif (ce qu'il vaut à la clôture) est tombée sous sa valeur nette comptable, la VNC ; elle est reprise quand sa cause disparaît. La provision est un passif dont la date ou le montant reste incertain, comme un procès en cours (plan comptable général ou PCG, art. 214-13, 214-5, 214-19 et 321-5). Si tu lis « provision pour dépréciation », le PCG dit « dépréciation ». Amortissements, dépréciations et cessions figurent au programme de gestion et finance de terminale STMG (arrêté du 19 juillet 2019).
| Écriture | Débit | Crédit |
|---|---|---|
| Amortissement | 68112 | 281 (2815, 2818…) |
| Dépréciation d'une immobilisation, d'un stock, d'une créance | 68162, 68173, 68174 | 291 (2915…), 39 (397…), 491 |
| Reprise de ces dépréciations | 291, 39, 491 | 78162, 78173, 78174 |
| Cession d'une immobilisation | 657 (sa valeur nette) | 757 (son prix de vente) |
Formules à retenir :
- Annuité linéaire : $a = \dfrac{\text{coût HT}}{\text{durée en années}} \times \dfrac{\text{mois d'utilisation dans l'année}}{12}$
- $\text{VNC} = \text{valeur brute} - \text{amortissements} - \text{dépréciations}$
- $\text{dépréciation} = \text{coût ou VNC} - \text{valeur actuelle}$, si l'écart est positif
- Créance douteuse : $\text{dépréciation} = \dfrac{\text{TTC}}{1{,}2} \times \text{taux de perte}$ (TVA à 20 %)
- Ajustement : $\text{dépréciation nécessaire} - \text{dépréciation existante}$ ; dotation si positif, reprise si négatif
- $\text{résultat de cession} = \text{prix de cession} - \text{VNC}$
Piège classique : tu n'enregistres que l'écart avec la dépréciation déjà au bilan. Une créance dépréciée de 800 € qui doit l'être de 1 100 € appelle une dotation de $1\,100 - 800 = 300$ €, pas de 1 100 €.
Exercices : niveau facile
Exercice 1 : Au 31 décembre N, une boulangerie relève quatre situations. Pour chacune, faut-il un amortissement, une dépréciation, une provision ou aucune écriture ?
a) Le pétrin, acheté il y a deux ans, sert tous les jours.
b) Un restaurant client en difficulté ne paiera sans doute pas toute sa facture.
c) Le terrain du parking, payé 40 000 €, en vaudrait 55 000 €.
d) Une ancienne salariée attaque la boulangerie aux prud'hommes ; une condamnation à payer 5 000 € est probable.
Correction :
Demande-toi si un actif perd de la valeur, ou si l'entreprise devra sans doute payer.
a) Amortissement : le pétrin s'use au fil des années.
b) Dépréciation de la créance : la perte est probable, pas certaine.
c) Aucune écriture : une plus-value ne se comptabilise pas (PCG, art. 214-20).
d) Provision pour litige de 5 000 €, la somme qu'elle s'attend à verser.
Exercice 2 : Un four (matériel industriel) acheté 18 000 € HT est mis en service le 1er janvier N et amorti en linéaire sur 6 ans. Calcule la dotation de N et passe l'écriture, présente la ligne du four au bilan de fin N, puis dis ce que la dotation change au résultat et à la trésorerie.
Correction :
Année complète, annuité pleine : $18\,000 \div 6 = 3\,000$ €. Débit 68112, crédit 2815 : 3 000 €.
Bilan fin N : brut 18 000 €, amortissements 3 000 €, net 15 000 €.
Le résultat baisse de 3 000 €. La trésorerie ne bouge pas : l'argent est sorti le jour de l'achat.
Exercice 3 : Au 31 décembre N, un magasin de vélos a en stock 20 vélos de l'ancienne gamme, achetés 450 € HT pièce. Il compte les vendre 380 € HT pièce, avec 10 € de frais de vente par vélo. Calcule la dépréciation, passe l'écriture et donne la valeur nette du stock au bilan.
Correction :
On compare le coût à la valeur actuelle, prix de vente moins frais : $380 - 10 = 370$ € par vélo. Dépréciation : $(450 - 370) \times 20 = 1\,600$ €.
Débit 68173, crédit 397 : 1 600 €. Stock net : 7 400 € ($450 \times 20 - 1\,600$).
Exercices : niveau moyen
Exercice 4 : Au 31 décembre N, un traiteur a une créance de 3 600 € TTC (TVA à 20 %) sur un restaurant en grande difficulté. Il estime que 40 % de la somme ne sera jamais payée. Calcule la dépréciation, passe l'écriture et donne l'effet sur le résultat.
Correction :
On déprécie le hors taxes, car la TVA d'une créance devenue irrécouvrable se récupère (article 272 du code général des impôts) : $3\,600 \div 1{,}2 = 3\,000$ € HT, puis $3\,000 \times 0{,}40 = 1\,200$ €.
Débit 68174, crédit 491 : 1 200 €. Le résultat baisse de 1 200 €. Calculer 40 % de 3 600 € déprécierait aussi la TVA.
Exercice 5 : Au 31 décembre N-1, le traiteur avait déprécié deux créances : 1 000 € pour le client A, 600 € pour le client B. Au 31 décembre N, la créance de A doit être dépréciée de 1 500 € ; B a tout réglé dans l'année. Pour chaque client, calcule la dotation ou la reprise, puis l'effet net sur le résultat de N et le solde du compte 491.
Correction :
On compare, client par client, la dépréciation nécessaire à celle déjà en place.
A : dotation de $1\,500 - 1\,000 = 500$ € (débit 68174, crédit 491). B : sa créance est soldée, reprise de 600 € (débit 491, crédit 78174).
Effet net sur le résultat : +100 € ($-500 + 600$). Compte 491 : 1 500 € ($1\,000 + 600 + 500 - 600$).
Exercice 6 : À la clôture de N+1, le gérant du magasin de vélos de l'exercice 3 propose deux choses. Dis si chacune est permise, en citant une règle comptable.
a) « Le résultat est faible : on saute la dotation aux amortissements cette année. »
b) « Les vélos dépréciés fin N sont tous vendus, mais on garde la dépréciation de 1 600 € par prudence. »
Correction :
Une écriture d'inventaire suit l'état de l'actif, jamais le résultat qu'on voudrait afficher.
a) Non. La dotation se passe même en cas d'absence ou d'insuffisance de bénéfice (PCG, art. 214-11).
b) Non. Une dépréciation est reprise quand ses raisons ont cessé d'exister (art. 214-19) : reprise de 1 600 €, débit 397, crédit 78173. La prudence porte sur les incertitudes présentes (art. 121-4), pas sur une perte disparue.
Exercices : niveau difficile
Exercice 7 : Une imprimante 3D industrielle de 40 000 € HT, mise en service le 1er janvier N-2, s'amortit en linéaire sur 5 ans. Au 31 décembre N, après la dotation de l'année, un modèle plus rapide sort : sa valeur actuelle tombe à 12 000 €. Calcule la VNC, la dépréciation et son écriture, puis la ligne du bilan.
Correction :
On compare la VNC à la valeur actuelle. Trois annuités de $40\,000 \div 5 = 8\,000$ € sont passées (N-2, N-1, N) : $\text{VNC} = 40\,000 - 24\,000 = 16\,000$ €.
Dépréciation : $16\,000 - 12\,000 = 4\,000$ €, débit 68162, crédit 2915.
Bilan : brut 40 000 €, amortissements et dépréciations 28 000 €, net 12 000 €.
Exercice 8 : Une camionnette de 24 000 € HT, mise en service le 1er janvier N-2 et amortie en linéaire sur 4 ans, est vendue 9 500 € HT le 30 juin N. Calcule la dotation complémentaire de N, la VNC le jour de la vente, le résultat de cession, puis l'effet total sur le résultat de N.
Correction :
On amortit d'abord jusqu'au jour de la vente, c'est la dotation complémentaire : $\dfrac{24\,000}{4} \times \dfrac{6}{12} = 3\,000$ € (débit 68112, crédit 28182).
Amortissements cumulés : $6\,000 \times 2 + 3\,000 = 15\,000$ € ; VNC : $24\,000 - 15\,000 = 9\,000$ €.
À la sortie, 657 est débité de 9 000 € (la VNC) et 757 crédité de 9 500 € (675 et 775 dans le PCG de 2019). Résultat de cession : +500 € ($9\,500 - 9\,000$).
Effet sur le résultat de N : une baisse de 2 500 € ($-3\,000 + 500$). Oublier la dotation complémentaire fausserait le résultat de cession : $9\,500 - 12\,000 = -2\,500$ €.
Exercice 9 : Avant inventaire, une menuiserie a un résultat de 52 000 € pour N. Au 31 décembre N :
1) machines : 60 000 € HT, mises en service le 1er janvier N-1, amorties en linéaire sur 10 ans ;
2) stock de bois : coût 18 000 €, valeur actuelle 16 500 €, dépréciation fin N-1 de 2 500 € ;
3) créance de 4 800 € TTC (TVA à 20 %), jamais dépréciée, dont la perte probable est de 50 %.
Calcule chaque dotation ou reprise, le résultat après inventaire, puis la valeur nette des machines et du stock au bilan.
Correction :
On traite chaque opération, puis on additionne les effets.
1) Dotation : $60\,000 \div 10 = 6\,000$ €. 2) Il faut $18\,000 - 16\,500 = 1\,500$ € de dépréciation, il y en a 2 500 € : reprise de 1 000 €. 3) Dotation : $\dfrac{4\,800}{1{,}2} \times 0{,}5 = 2\,000$ €.
Résultat après inventaire : 45 000 € ($52\,000 - 6\,000 + 1\,000 - 2\,000$).
Machines nettes : 48 000 € ($60\,000 - 2 \times 6\,000$). Stock net : 16 500 €. Reprendre 2 500 € puis doter 1 500 € revient au même.
Bilan et conseils
Ce qu'il faut retenir : la dotation est une charge, la reprise un produit, et seul l'écart avec l'année d'avant s'enregistre. Une créance se déprécie hors taxes. Une cession commence par la dotation complémentaire.
Pour te contrôler : après une dépréciation, la valeur nette au bilan égale la valeur actuelle.
Sources
Programme de gestion et finance de terminale STMG, questions 1.3 et 1.4 : eduscol.
Plan comptable général au 1er janvier 2026 et au 1er janvier 2019 : Autorité des normes comptables.
Article 272 du code général des impôts : BOFiP, BOI-TVA-DED-40-10-20.