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Les bases de la comptabilité générale : bilan, compte de résultat et écritures

Débit, crédit, journal, grand livre : apprends à passer les écritures en partie double, puis regarde six opérations construire un bilan et un compte de résultat qui tombent juste.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Chaque opération s'enregistre en partie double : tu débites au moins un compte (tu inscris le montant à sa gauche) et tu en crédites au moins un autre (à sa droite), pour le même total. Ta boutique paie 900 € de loyer par virement : tu débites 613 « Locations » de 900 € et tu crédites 512 « Banques » de 900 €. La charge réduit le résultat, la banque baisse au bilan : une écriture nourrit les deux documents.

Débit ou crédit : la règle tirée du bilan

Le bilan range à gauche ce que l'entreprise possède, l'actif, et à droite d'où viennent ces moyens, le passif : capitaux propres apportés ou laissés par les associés, puis dettes. Chaque euro possédé vient de quelque part : les deux totaux sont égaux.

Un compte a deux colonnes, comme un T : débit à gauche, crédit à droite. Il grossit du côté où il se trouve au bilan. L'actif augmente donc au débit, le passif au crédit.

Restent les charges (ce que l'entreprise consomme) et les produits (ce qu'elle gagne par son activité). Leur différence, le résultat, revient aux associés : il s'inscrit au passif. Un produit l'augmente, il va au crédit ; une charge le diminue, elle va au débit.

Règle : actif et charges augmentent au débit, passif et produits augmentent au crédit, et chacun diminue de l'autre côté. Dans chaque écriture, le total des débits égale le total des crédits (article 1031-1 du plan comptable général).

Piège classique : ton relevé bancaire dit l'inverse. Quand un client te vire 1 200 €, la banque inscrit un crédit sur ton relevé, car pour elle cet argent est une dette envers toi. Chez toi, le 512 est un actif : débit 512 Banques, crédit 411 Clients.

Le plan de comptes : un numéro, une place

En France, les comptes suivent le plan comptable général (PCG), fixé par le règlement n° 2014-03 de l'Autorité des normes comptables. Le premier chiffre d'un compte, sa classe, dit déjà où il finira.

ClasseExemplesPlace
1 Capitaux101 Capital, 164 Emprunts auprès des établissements de créditPassif
2 Immobilisations2183 Matériel de bureau et matériel informatiqueActif
3 Stocks37 Stocks de marchandisesActif
4 Tiers401 Fournisseurs, 411 ClientsPassif ou actif
5 Financiers512 Banques, 53 CaisseActif, en général
6 Charges607 Achats de marchandises, 613 LocationsCompte de résultat
7 Produits706 Prestations de services, 707 Ventes de marchandisesCompte de résultat

Les classes 1 à 5 sont les comptes de bilan, 6 et 7 les comptes de gestion (articles 1141-1 et 1141-2). Attention à la frontière entre 2 et 6 : un bien que l'entreprise compte utiliser au-delà de l'exercice en cours (la période des comptes, souvent un an) est une immobilisation (article 211-6) ; ce qui se consomme dans l'exercice est une charge.

Passer une écriture en quatre questions

Étape 1 : Quelle pièce ? Chaque écriture s'appuie sur une pièce justificative datée : facture, relevé, contrat (article 1032-2).

Étape 2 : Quels comptes bougent ? Au moins deux, choisis selon la nature de l'opération.

Étape 3 : Chacun augmente ou diminue ? La règle tirée du bilan te donne le côté.

Étape 4 : Débits et crédits sont-ils égaux ? Sinon, l'écriture est fausse.

Les écritures s'inscrivent au livre-journal, dans l'ordre des dates, puis chaque ligne est reportée sur son compte au grand livre (articles 1021-1 et 1021-2). La balance liste ensuite chaque compte avec son solde, l'écart entre son total débit et son total crédit.

Du journal au bilan : un mois d'une boutique

Une boutique de vélos ouvre le 1er mars (données fictives). Montants hors taxes : on laisse la TVA de côté. Tous les vélos achetés sont revendus dans le mois, et on arrête les comptes au 31 mars sans les écritures de fin de période, comme l'amortissement, qui étale le coût de l'ordinateur sur ses années d'usage.

DateOpérationDébitCrédit€
1er marsApport des associés en banque512 Banques101 Capital20 000
5 marsOrdinateur payé par virement2183 Matériel de bureau et matériel informatique512 Banques1 500
10 marsVélos achetés, payables à 30 jours607 Achats de marchandises401 Fournisseurs8 000
20 marsVélos vendus, payables à 30 jours411 Clients707 Ventes de marchandises12 000
25 marsLoyer payé par virement613 Locations512 Banques900
28 marsRèglement de clients512 Banques411 Clients7 000

Au grand livre, le compte 512 reçoit quatre lignes :

Débit du 512Crédit du 512
20 000 (apport)1 500 (ordinateur)
7 000 (clients)900 (loyer)
Total : 27 000Total : 2 400

Son solde est débiteur : $27\,000 - 2\,400 = 24\,600$ €. Celui du 411 aussi : $12\,000 - 7\,000 = 5\,000$ €. Les autres comptes n'ont qu'une ligne. La balance tombe juste : 40 000 € de soldes débiteurs, autant de soldes créditeurs.

Les classes 6 et 7 donnent le compte de résultat :

$$\text{Résultat} = 12\,000 - (8\,000 + 900) = 3\,100$$

soit un bénéfice de 3 100 €, qui rejoint les capitaux propres dans le bilan, tiré des classes 1 à 5 :

Actif€Passif€
Ordinateur (2183)1 500101 Capital20 000
411 Clients5 000Résultat : bénéfice3 100
512 Banques24 600401 Fournisseurs8 000
Total actif31 100Total passif31 100

Sans la ligne du résultat, le passif s'arrêterait à 28 000 € : le bénéfice relie les deux documents et équilibre le bilan.

Piège classique : encaisser n'est pas gagner. Le 28 mars, la banque reçoit 7 000 € et le résultat ne bouge pas : la vente compte depuis la facture du 20. Le compte de résultat récapitule charges et produits « sans qu'il soit tenu compte de leur date de paiement ou d'encaissement » (article 112-3 du PCG). Les 5 000 € encore dus sont donc déjà dans le bénéfice.

Exercices corrigés

Exercice 1 : Passe au journal ces trois opérations (données fictives). a) La banque verse sur le compte de l'entreprise un emprunt de 15 000 €. b) L'entreprise paie les salaires du mois, 2 400 €, par virement. c) Elle facture une réparation de 1 800 € à un client, payable à 30 jours. Comptes utiles : 164 Emprunts auprès des établissements de crédit, 411 Clients, 512 Banques, 641 Rémunérations du personnel, 706 Prestations de services.

Correction :

a) Le compte en banque augmente (actif, débit) et une dette apparaît (passif, crédit) : débit 512, crédit 164, 15 000 €.

b) Une charge apparaît (débit) et le compte en banque diminue (crédit) : débit 641, crédit 512, 2 400 €.

c) Le client te doit la somme : c'est une créance, à l'actif, au débit. La réparation est un produit, au crédit : débit 411, crédit 706, 1 800 €, avant même le paiement.

Exercice 2 : Le 3 avril, la boutique achète une machine d'atelier à 6 000 €, qu'elle utilisera plusieurs années, payable à 60 jours. Un camarade passe : débit 606 Achats non stockés de matière et fournitures, crédit 401 Fournisseurs. Trouve ses deux erreurs et écris la bonne écriture. Comptes utiles : 2154 Matériels industriels, 404 Fournisseurs d'immobilisations.

Correction :

Première erreur : la machine servira au-delà de l'exercice, c'est une immobilisation (classe 2), pas une charge. En classe 6, elle amputerait d'un coup le résultat de 6 000 € ; c'est l'amortissement qui répartira son coût.

Seconde erreur : le 401 reçoit les achats passés en charges ; la dette envers le vendeur d'une immobilisation va au 404 (article 1214-40 du PCG).

Bonne écriture : débit 2154, crédit 404, 6 000 €.

Exercice 3 : Voici la balance d'une petite entreprise au 31 décembre, avant les écritures de fin d'exercice (données fictives). Soldes débiteurs : 2183 Matériel de bureau et matériel informatique 4 000 € ; 411 Clients 2 700 € ; 512 Banques 21 700 € ; 607 Achats de marchandises 12 000 € ; 613 Locations 4 800 € ; 641 Rémunérations du personnel 9 000 €. Soldes créditeurs : 101 Capital 15 000 € ; 164 Emprunts 6 000 € ; 401 Fournisseurs 3 200 € ; 707 Ventes de marchandises 30 000 €. Calcule le résultat, puis établis le bilan.

Correction :

Résultat, avec les classes 6 et 7 seulement : $30\,000 - (12\,000 + 4\,800 + 9\,000) = 4\,200$ €, un bénéfice provisoire, avant les écritures de fin d'exercice.

Bilan : à l'actif, matériel 4 000 €, clients 2 700 € et banque 21 700 €, soit 28 400 €. Au passif, capital 15 000 €, résultat 4 200 €, emprunts 6 000 € et fournisseurs 3 200 €, soit 28 400 €. Oublier le résultat laisserait un écart de 4 200 €.

À retenir

À retenir :

  • Partie double : dans chaque écriture, total des débits égal au total des crédits.
  • Actif et charges augmentent au débit, passif et produits au crédit.
  • Classes 1 à 5 : bilan ; classes 6 et 7 : compte de résultat.
  • Un bien utilisé au-delà de l'exercice est une immobilisation, pas une charge.
  • Une vente compte à la facture, pas à l'encaissement.
  • Le résultat rejoint les capitaux propres et équilibre le bilan.

Sources

  • Autorité des normes comptables, règlement ANC n° 2014-03 relatif au plan comptable général, version consolidée au 1er janvier 2026 : texte sur anc.gouv.fr.

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