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Intégrer une école d'ingénieur : les 5 voies d'admission en 2026

Prépa, école post-bac, BUT ou BTS, licence, apprentissage : à quel moment chaque voie te sélectionne et sur quoi, chiffres du ministère à l'appui, puis trois exercices corrigés.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Tu peux entrer en école d'ingénieur par cinq voies : une classe préparatoire (CPGE) puis des concours, une école post-bac qui a sa propre prépa, un BUT ou un BTS (diplômes technologiques en trois et deux ans), une licence à l'université, ou l'apprentissage. Toutes mènent au même titre d'ingénieur diplômé, à bac+5. Exemple : avec un bac STI2D, tu peux viser une prépa TSI, une école post-bac dont le concours recrute les STI2D, ou un BUT puis une entrée sur dossier en cycle ingénieur. Ce qui change d'une voie à l'autre, c'est le moment où l'on te sélectionne et la façon d'apprendre.

Le cycle ingénieur, point d'arrivée

Définition : le cycle ingénieur, ce sont les trois dernières années de la formation, de bac+3 à bac+5. Toutes les voies y mènent, et il se termine par le diplôme d'ingénieur.

Seules les formations accréditées par la CTI (Commission des titres d'ingénieur) délivrent le titre d'ingénieur diplômé. Le site de la CTI permet de vérifier une école avant de candidater.

Piège classique : un « bachelor » en trois ans, même proposé par une école d'ingénieurs, ne fait pas de toi un ingénieur diplômé. Le titre ne se délivre qu'à la fin du cycle ingénieur.

Le ministère de l'Enseignement supérieur a compté d'où venaient les 46 692 étudiants entrés en première année de cycle ingénieur à la rentrée 2025 (note de juin 2026, chiffres provisoires).

Voie d'originePart des nouveaux entrants
Classe préparatoire (CPGE)34,0 %
Prépa intégrée d'une école post-bac30,9 %
BUT, DUT ou BTS15,3 %
Université, hors IUT6,5 %
Autres origines13,3 %

La prépa reste la première porte, mais elle n'a fait entrer qu'un étudiant sur trois. L'apprentissage manque au tableau, car ce n'est pas une origine : c'est une façon de suivre le cycle ingénieur.

Voie 1 : la prépa et ses concours

La classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) dure deux ans et se suit au lycée. Selon la filière, elle approfondit les maths, la physique, la chimie, les sciences de l'ingénieur ou la biologie. À la fin de la deuxième année, tu passes des concours communs à plusieurs écoles, écrits puis oraux : ton classement décide des écoles qui te prennent.

Avec un bac général, on entre surtout en MPSI, PCSI, PTSI, BCPST ou MP2I, des sigles qui résument les matières (MPSI : mathématiques, physique et sciences de l'ingénieur). En MP2I, ouverte en 2021, les candidats ont souvent suivi, en plus des maths, la spécialité NSI (numérique et sciences informatiques). Les filières TSI, TPC et TB accueillent surtout des bacheliers technologiques. Tu candidates sur Parcoursup, sur dossier.

Sur les 25 600 étudiants entrés en première année de prépa scientifique en 2019, 70 % suivaient une formation d'ingénieur quatre ans plus tard. Mais 17 % avaient quitté la prépa pendant ou à la fin de la première année, et 18 % avaient refait leur deuxième année, le plus souvent pour améliorer leur classement aux concours.

Toutes les prépas ne trient pas autant. Sur Parcoursup en 2019, la part des candidats à qui une prépa scientifique a fini par proposer une place allait de moins de 3 % à plus de 98 % selon la prépa (note du ministère, novembre 2025).

Voie 2 : l'école post-bac

Ici, une école te prend dès le bac pour cinq ans : en général deux années de prépa intégrée, puis les trois années du cycle ingénieur. Pas de nouveau concours au bout de deux ans : ce sont tes résultats de prépa intégrée qui t'ouvrent le cycle ingénieur.

Tu candidates sur Parcoursup pendant ta Terminale. Plusieurs groupes d'écoles recrutent par un concours commun, comme Geipi Polytech ou Puissance Alpha. Selon le concours et ton bac, ton dossier est complété par des épreuves écrites ou par un entretien de motivation. Au concours Geipi Polytech 2027, par exemple, tous les candidats de voie générale passent un écrit de trois heures, avec un QCM de maths obligatoire ; les STI2D et STL n'ont pas d'écrit, mais un entretien si leur dossier est jugé suffisant.

Conseil : en voie générale, garde au moins l'option maths complémentaires en Terminale. Geipi Polytech prévient qu'un dossier sans maths en Terminale est désavantagé.

Voie 3 : après un BUT ou un BTS

Le BUT (bachelor universitaire de technologie) se prépare en trois ans dans un IUT, un institut universitaire de technologie. Le BTS (brevet de technicien supérieur) dure deux ans. Ce sont des formations concrètes, avec des travaux pratiques et des stages.

Ensuite, l'admission sur titres, c'est-à-dire sur dossier et non par un concours écrit, te fait entrer en première année de cycle ingénieur ; l'école te reçoit souvent en entretien.

Cette voie a fourni 15,3 % des nouveaux entrants à la rentrée 2025, dont quatre sur cinq avec un BUT ou un DUT (diplôme délivré après deux ans d'IUT). Pas besoin d'aller au bout du BUT : parmi les nouveaux entrants qui étaient en IUT un an plus tôt, un peu plus de 40 % avaient le BUT complet, et autant étaient partis après la deuxième année, avec le DUT.

Autre porte : la prépa ATS (adaptation technicien supérieur), une année de remise à niveau scientifique ouverte aux titulaires d'un BTS, d'un DUT ou d'un BUT. Elle prépare au concours ATS, commun à plusieurs écoles.

Voie 4 : après une licence

Une licence scientifique à l'université, en maths, physique, chimie ou informatique, mène aussi au cycle ingénieur. Comme après un BUT, tu candidates sur dossier, souvent suivi d'un entretien, pendant ta deuxième année ou après. Les étudiants venus de l'université, hors IUT, faisaient 6,5 % des nouveaux entrants à la rentrée 2025. Atout de cette voie : si l'école ne te prend pas, ta licence continue et t'ouvre d'autres études, comme un master.

Voie 5 : l'apprentissage

L'apprentissage est une autre façon de suivre le cycle ingénieur. Tu signes un contrat de travail avec une entreprise : tu es salarié, payé, et tu alternes des périodes à l'école et en entreprise. Comme le cycle ingénieur commence à bac+3, on y entre en général après deux ou trois ans d'études supérieures (prépa, BUT, BTS ou licence).

À la rentrée 2025, 32 900 élèves ingénieurs étaient apprentis, soit 20,9 % des inscrits en cycle ingénieur. L'apprentissage est plus répandu dans les écoles privées (30,6 % de leurs inscrits) que dans les écoles publiques (16,4 %).

Piège classique : être admis par l'école ne suffit pas. Sans contrat signé avec une entreprise, tu n'es pas apprenti. Cherche ton entreprise en même temps que tu candidates, comme pour un emploi, avec CV et entretiens.

Exercices corrigés

Cherche chaque exercice sur ta feuille avant d'ouvrir la correction.

Exercice 1 : Données fictives. Le cycle ingénieur dure trois ans. Léa fait deux ans de prépa intégrée, Tom deux ans de CPGE avec les concours réussis du premier coup, Sam un BUT en trois ans ; puis chacun entre en cycle ingénieur. Sans redoublement, combien d'années après le bac chacun obtient-il son diplôme ? Et Tom, s'il refait sa deuxième année de prépa ?

Correction :

Léa : $2 + 3 = 5$ ans. Tom : $2 + 3 = 5$ ans aussi.

Sam : $3 + 3 = 6$ ans. Le piège : « bac+5 » désigne un niveau de diplôme, pas une durée. Tout ce qui précède les trois ans du cycle ingénieur s'ajoute.

Si Tom refait sa deuxième année : $3 + 3 = 6$ ans.

Exercice 2 : Données fictives. Yanis est en Terminale STI2D et veut devenir ingénieur. Il préfère être sélectionné dès le bac plutôt qu'à des concours deux ans plus tard. Quelle voie lui convient, et comment sera-t-il sélectionné ? Pourquoi la prépa TSI répond-elle moins à son souhait ?

Correction :

L'école post-bac : il est sélectionné en Terminale, puis ses résultats, et non un nouveau concours, lui ouvrent le cycle ingénieur. Avec Geipi Polytech, par exemple, il n'aurait pas d'écrit : un dossier, puis un entretien de motivation si le dossier est retenu.

La prépa TSI accueille surtout des bacheliers technologiques, mais la sélection décisive y tombe aux concours de fin de deuxième année : c'est ce qu'il veut éviter.

Exercice 3 : À la rentrée 2025, les écoles d'ingénieurs publiques comptaient 107 600 élèves en cycle ingénieur, dont 16,4 % d'apprentis, et les écoles privées 50 000, dont 30,6 % d'apprentis (note du ministère de juin 2026). Où y avait-il le plus d'apprentis, en nombre ?

Correction :

Public : $107\,600 \times 0{,}164 \approx 17\,646$, soit environ 17 600 apprentis.

Privé : $50\,000 \times 0{,}306 = 15\,300$ apprentis.

Il y avait donc plus d'apprentis dans le public, même si leur part y était presque deux fois plus faible. Le piège : un pourcentage plus fort d'un total plus petit peut donner un nombre plus petit.

Contrôle : $17\,646 + 15\,300 = 32\,946$, proche des 32 900 apprentis annoncés par le ministère ; l'écart vient des arrondis.

À retenir

À retenir :

  • Cinq voies, une arrivée : le cycle ingénieur, de bac+3 à bac+5, dans une formation accréditée par la CTI.
  • CPGE : deux ans, puis des concours écrits et oraux ; 34,0 % des nouveaux entrants en 2025.
  • École post-bac : sélection en Terminale sur Parcoursup, sans nouveau concours ensuite ; 30,9 %.
  • BUT, BTS ou licence : admission sur titres (dossier, souvent entretien), possible dès la deuxième année de BUT ; la prépa ATS est une autre porte.
  • Apprentissage : un élève ingénieur sur cinq, et rien sans contrat signé avec une entreprise.
  • Bac+5 est un niveau, pas une durée.

Sources

  • Ministère de l'Enseignement supérieur (SIES), « Les effectifs inscrits en cycle ingénieur en 2025-2026 », Note flash n° 12, juin 2026, données provisoires : note sur enseignementsup-recherche.gouv.fr.
  • Ministère de l'Enseignement supérieur (SIES), « Après une classe préparatoire scientifique, 7 étudiants sur 10 poursuivent des études dans une formation d'ingénieur », Note d'information 25.11, novembre 2025 : note sur enseignementsup-recherche.gouv.fr.
  • Commission des titres d'ingénieur, page « Accréditation », avec la recherche des écoles accréditées : cti-commission.fr.

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