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Économie à l'université : microéconomie vs macroéconomie, les bases

Ce qui distingue les deux, les notions de base de chacune et quatre exercices corrigés pour t'entraîner.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

La microéconomie étudie les choix d'un agent économique (un ménage, une entreprise) et la façon dont se forme le prix sur un marché. La macroéconomie étudie l'économie d'un pays prise en bloc, à travers des grandeurs comme la richesse produite ou le chômage. Se demander pourquoi les places d'un concert coûtent plus cher quand tout le monde veut y aller, c'est faire de la micro ; se demander pourquoi les prix montent en moyenne dans tout le pays, c'est faire de la macro.

Le point de départ : la rareté

Micro et macro partent du même constat, la rareté : le temps, l'argent, le travail et les matières premières sont limités, les besoins non. Il faut donc choisir.

Choisir une chose, c'est renoncer à une autre. La valeur de la meilleure option abandonnée s'appelle le coût d'opportunité. Si tu peux gagner 48 € en travaillant un soir dans un café, ta soirée de révision te coûte ces 48 €, même sans dépenser un centime.

La microéconomie : un agent, un marché

La microéconomie suppose en général que chaque agent est rationnel : il compare ce qu'un choix lui rapporte et ce qu'il lui coûte.

Le consommateur répartit un revenu limité entre des biens dont il ne choisit pas les prix : c'est sa contrainte budgétaire. La théorie du consommateur cherche, dans ces limites, le panier qui lui apporte le plus de satisfaction, ce que les économistes appellent l'utilité.

Le producteur cherche le plus grand profit, c'est-à-dire sa recette (ce que rapportent ses ventes) moins ses coûts, et il raisonne à la marge.

Définition : en économie, « marginal » veut dire « pour une unité de plus ». Le coût marginal est le coût de la dernière unité produite, la recette marginale ce qu'elle rapporte. Le producteur augmente sa production tant que la recette marginale dépasse le coût marginal.

Sur un marché, quand le prix monte, les acheteurs demandent moins et les vendeurs offrent plus. Le prix d'équilibre est celui pour lequel la quantité demandée égale la quantité offerte. Au-dessus de ce prix, les invendus le font baisser ; en dessous, la pénurie le fait monter.

Définition : l'élasticité-prix de la demande est la variation en pourcentage de la quantité demandée, divisée par la variation en pourcentage du prix. Si le prix monte de 10 % et que la quantité baisse de 20 %, elle vaut −20 / 10 = −2.

Au-delà de 1 en valeur absolue, la demande est dite élastique : la quantité varie, en pourcentage, plus que le prix. En dessous, elle est inélastique, comme celle du carburant à court terme. Beaucoup de cours l'écrivent sans le signe moins.

Ce chiffre annonce la recette du vendeur. Quand la demande est inélastique, une hausse du prix fait monter la recette, car les ventes baissent moins vite que le prix ne monte. Si elle est élastique, c'est l'inverse.

La macroéconomie : un pays pris en bloc

La macroéconomie raisonne sur des agrégats, des grandeurs qui additionnent l'activité de tous les agents d'un pays. Les trois premiers à connaître sont le PIB, l'inflation et le chômage.

Définition : selon l'Insee, le produit intérieur brut (PIB) mesure la richesse créée par tous les agents, privés et publics, sur le territoire national pendant une période donnée, souvent un an. On l'obtient en additionnant les valeurs ajoutées, plus les impôts sur les produits nets des subventions. La valeur ajoutée d'un producteur, c'est la valeur de sa production moins ses consommations intermédiaires : ce qu'il a acheté à d'autres producteurs et utilisé pour produire.

Selon l'Insee, l'inflation est la perte de pouvoir d'achat de la monnaie, qui se traduit par une hausse générale et durable des prix : le même billet achète moins. En France, on l'évalue avec l'indice des prix à la consommation.

Un chômeur, au sens du Bureau international du travail (BIT) repris par l'Insee, a 15 ans ou plus, n'a pas d'emploi pendant une semaine de référence, peut en prendre un sous deux semaines, et en a cherché un activement dans les quatre dernières semaines ou en a trouvé un qui commence dans moins de trois mois. Le taux de chômage rapporte les chômeurs à la population active, c'est-à-dire aux personnes en emploi plus les chômeurs.

Pour agir sur ces grandeurs, l'État mène la politique budgétaire (ses dépenses, ses impôts). Dans la zone euro, la Banque centrale européenne conduit la politique monétaire : elle fixe ses taux directeurs, les taux auxquels les banques lui empruntent ou lui confient leurs dépôts, et pèse ainsi sur le coût du crédit.

Piège classique : un PIB en hausse de 5 % ne veut pas dire 5 % de production en plus. Si les prix ont monté de 3 %, la production n'a progressé que de 1,05 / 1,03 − 1 ≈ 1,9 %. On distingue donc le PIB en valeur, aux prix de chaque année (dit nominal), et le PIB en volume, qui retire l'effet des prix (dit réel). La croissance se lit en volume.

Ce qui change d'une échelle à l'autre

CritèreMicroéconomieMacroéconomie
Ce qu'on observeun ménage, une entreprise, un marchéun pays, ou une zone comme la zone euro
Grandeurs typiquesprix d'un bien, quantité, coût, utilitéPIB, niveau général des prix, chômage
Outil de basel'offre et la demande d'un marchél'offre et la demande de tout le pays (dites globales)

Ce qui est vrai pour un agent ne l'est pas toujours pour tous. Un ménage qui épargne plus s'enrichit. Si tous les ménages épargnent plus en même temps, ils consomment moins, les entreprises vendent, produisent et embauchent moins, et les revenus baissent : l'épargne totale peut même ne pas augmenter. C'est le paradoxe de l'épargne, associé à Keynes.

Piège classique : la hausse du prix d'un bien n'est pas de l'inflation. Si le café augmente pendant que les téléphones baissent, c'est le prix relatif du café (son prix comparé aux autres) qui monte, une affaire de micro. L'inflation mesure le mouvement d'ensemble des prix.

Exercices corrigés

Exercice 1 : Classe chaque question en micro ou en macro. a) Une boulangerie a-t-elle intérêt à ouvrir le dimanche ? b) Comment réagissent les prix de la zone euro quand la Banque centrale européenne relève ses taux directeurs ? c) Pourquoi le prix des fraises baisse-t-il en juin ? d) Pourquoi le chômage d'un pays monte-t-il pendant une récession, une période où sa production recule ?

Correction :

a) Micro : la décision d'une seule entreprise.

b) Macro : le niveau général des prix d'une zone entière.

c) Micro : le prix d'un seul bien, sur son marché.

d) Macro : le chômage d'un pays est un agrégat.

Exercice 2 : Sur un marché, la demande vaut Qd = 120 − 3P et l'offre Qo = 2P − 10, avec P le prix en euros, Qd et Qo en milliers d'unités. 1) Calcule le prix et la quantité d'équilibre. 2) L'État impose un prix minimum de 30 €. Que se passe-t-il ?

Correction :

1) À l'équilibre, 120 − 3P = 2P − 10, donc 130 = 5P et P = 26 €. La quantité vaut 120 − 3 × 26 = 42 milliers d'unités, et l'offre donne bien 2 × 26 − 10 = 42.

2) À 30 €, la demande vaut 120 − 3 × 30 = 30 milliers d'unités et l'offre 2 × 30 − 10 = 50 milliers. Les 20 milliers d'unités en trop restent invendues, puisque le prix n'a pas le droit de baisser : c'est un excédent d'offre. Il ne s'échange que 30 milliers d'unités.

Exercice 3 : Une salle de concert fait passer sa place de 40 € à 50 €. Pour une soirée, ses ventes passent de 2 000 à 1 800 places (données fictives). Calcule l'élasticité-prix de la demande, dis si la demande est élastique, puis compare la recette avant et après.

Correction :

Le prix augmente de (50 − 40) / 40 = 25 % et la quantité baisse de (2 000 − 1 800) / 2 000 = 10 %. L'élasticité vaut −10 / 25 = −0,4.

Sa valeur absolue, 0,4, est inférieure à 1 : la demande est inélastique.

Recette avant : 40 × 2 000 = 80 000 €. Recette après : 50 × 1 800 = 90 000 €. La salle gagne 10 000 € de plus : les ventes reculent de 10 % quand le prix monte de 25 %.

Exercice 4 : Un agriculteur vend 300 € de blé à un meunier, sans avoir rien acheté pour le produire. Le meunier vend sa farine 700 € à un boulanger, qui vend 1 500 € de pain aux consommateurs (données fictives). Quelle valeur cette filière ajoute-t-elle au PIB ? On néglige les impôts et les subventions.

Correction :

Additionner les ventes, 300 + 700 + 1 500 = 2 500 €, est le piège : le blé serait compté trois fois, dans sa vente, dans la farine puis dans le pain. On additionne les valeurs ajoutées.

Agriculteur : 300 − 0 = 300 €. Meunier : 700 − 300 = 400 €. Boulanger : 1 500 − 700 = 800 €.

Total : 300 + 400 + 800 = 1 500 € ajoutés au PIB, exactement la valeur du pain vendu aux consommateurs.

À retenir

À retenir :

  • Micro : un agent, un marché. Macro : un pays, ses agrégats.
  • Équilibre : quantité demandée = quantité offerte.
  • Demande inélastique (élasticité sous 1 en valeur absolue) : une hausse de prix fait monter la recette.
  • PIB : somme des valeurs ajoutées, jamais des ventes ; la croissance se lit en volume.
  • Inflation : hausse générale et durable des prix, pas celle d'un seul prix.
  • Ce qui vaut pour un agent ne vaut pas toujours pour tous (paradoxe de l'épargne).

Sources

  • Insee, définition du produit intérieur brut aux prix du marché : insee.fr.
  • Insee, définition de l'inflation : insee.fr.
  • Insee, définition du chômeur au sens du BIT : insee.fr.

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