Dans la fonction publique de l'État, le métier qui recrute le plus, c'est professeur. Sur les 45 300 postes de fonctionnaire ouverts en 2024 à des candidats venus de l'extérieur, l'Éducation nationale en proposait 22 900, dont 9 300 de professeur des écoles et 6 200 de professeur certifié, au collège et au lycée. Le dernier bilan officiel, publié le 12 février 2026, cite ensuite les gardiens de la paix (2 600 postes) et les surveillants pénitentiaires (2 500). Reste à savoir où tes chances sont les meilleures, et ce qu'une licence t'ouvre.
Les plus gros recruteurs de l'État
Ce bilan, publié par la DGAFP (Direction générale de l'administration et de la fonction publique), compte le recrutement externe : les postes de fonctionnaire ouverts à des personnes qui ne sont pas déjà agents publics, presque tous par concours (95 % en 2024). Les contractuels, embauchés sur contrat, n'y figurent pas.
Les fonctionnaires sont rangés en trois catégories, de A, la plus élevée, à C. Voici les métiers que le bilan détaille.
| Métier | Catégorie | Postes offerts en 2024 | Postes pourvus |
|---|---|---|---|
| Professeur des écoles | A | 9 300 | 93 % |
| Professeur certifié | A | 6 200 | 80 % |
| Gardien de la paix | B | 2 600 | 100 % |
| Surveillant pénitentiaire | B | 2 500 | 68 % |
| Maître de conférences (université) | A | 1 600 | 83 % |
Par ministère, cinq recruteurs concentrent 93 % des postes : l'Éducation nationale (22 900), l'Enseignement supérieur et la Recherche (5 900), l'Intérieur (4 900), l'Économie et les Finances (4 300) et la Justice (3 900).
Lire tes chances : sélectivité et postes vides
Pour juger tes chances à un concours, regarde sa sélectivité : le nombre de candidats présents aux épreuves pour un admis. Avec une sélectivité de 3, un présent sur trois est reçu. En 2024, elle valait 4,9 en moyenne pour les concours de recrutement externe de l'État.
Les concours qui ouvrent le plus de postes sont aussi parmi les moins sélectifs : autour de 2,7 présents pour un admis pour professeur des écoles, professeur certifié et professeur de lycée professionnel. Gardien de la paix est à 4,5, surveillant pénitentiaire à 5,3, greffier des services judiciaires à 2,3. À l'autre bout, ingénieur d'études de l'enseignement supérieur monte à 21,3.
Deuxième chiffre à lire : la part des postes pourvus. En 2024, 11 % des postes sont restés vides, et 23 % au ministère de la Justice. La DGAFP en donne les raisons : trop peu de candidats pour certains concours, des admis qui renoncent, ou un niveau jugé insuffisant par le jury.
Piège classique : une place vide ne veut pas dire un concours facile. Le jury ne remplit pas ses places avec des candidats sous son niveau, et un concours peut être à la fois sélectif et mal pourvu : l'exercice 4 le montre sur un cas réel.
Ce qu'une licence t'ouvre
Le concours externe demande un diplôme minimum, qui dépend de la catégorie : en général bac+3 pour la catégorie A, le bac pour la B, le brevet ou aucun diplôme pour la C. La licence suffit par exemple pour les concours des instituts régionaux d'administration (IRA), pour inspecteur des finances publiques ou pour capitaine de police.
Le changement qui te concerne le plus touche l'enseignement. Depuis la session 2026, le concours de professeur des écoles (CRPE) et celui de professeur certifié (CAPES) existent en version bac+3 : il suffit d'être inscrit en dernière année de licence ou d'avoir la licence (devenirenseignant.gouv.fr). De la session 2022 à la session 2025, il fallait au moins un master 1 et une inscription en master 2. Une version bac+5 reste organisée pendant la montée en charge de la réforme. La sélectivité d'environ 2,7 citée plus haut date de 2024, avant cette ouverture : celle des sessions suivantes peut changer.
Rien ne t'empêche non plus de viser un concours de catégorie B ou C : le diplôme demandé est un minimum, pas un plafond. Beaucoup de diplômés le font : en 2024, 60 % des recrutés aux concours de catégorie C de l'État avaient au moins un bac+2.
Conseil : pour chaque concours visé, cherche la sélectivité et la part de postes pourvus des dernières sessions, souvent données dans les rapports de jury.
Hors de l'État : les collectivités
Le bilan de la DGAFP ne couvre que l'État. Il laisse de côté les communes, départements et régions (fonction publique territoriale) et les hôpitaux publics (fonction publique hospitalière).
Pour les collectivités, un repère utile est le baromètre HoRHizons 2025 : une enquête du CNFPT, l'organisme qui forme les agents territoriaux, menée fin 2024 auprès de 1 000 collectivités. 43,4 % d'entre elles envisageaient de recruter, contre 51 % un an plus tôt. Pour près de deux tiers (65,2 %), il s'agissait seulement de remplacer des départs.
Les créations de postes, elles, allaient d'abord aux services techniques (55,1 % des collectivités qui en prévoyaient), puis aux fonctions support comme la gestion ou les ressources humaines (36,8 %), et à l'enfance, l'éducation et la jeunesse (28,6 %).
Pour expliquer leur recours croissant aux contractuels, 48,9 % des collectivités citent l'absence de candidat titulaire, c'est-à-dire fonctionnaire, sur leurs offres. Dans la territoriale, un poste peut donc aussi s'obtenir sur contrat, sans concours.
Exercices corrigés
Du calcul le plus direct à une vraie décision de candidat. Cherche chacun avant d'ouvrir la correction.
Exercice 1 : En 2024, l'État a ouvert 45 300 postes au recrutement externe, dont 22 900 à l'Éducation nationale, parmi lesquels 9 300 de professeur des écoles. Calcule, au pour cent près, la part de l'Éducation nationale dans le total, puis celle des professeurs des écoles dans les postes de l'Éducation nationale.
Correction :
Une part, c'est la partie divisée par le tout : $\dfrac{22\,900}{45\,300} \approx 0{,}506$, soit environ 51 % des postes.
Ensuite $\dfrac{9\,300}{22\,900} \approx 0{,}406$, soit environ 41 % des postes de l'Éducation nationale.
Exercice 2 : En 2024, les concours de recrutement externe de l'État ont compté 366 500 inscrits, 192 100 présents aux épreuves et 38 900 admis. Calcule la sélectivité au dixième près. Un camarade divise les inscrits par les admis et conclut qu'il a une chance sur neuf. Qu'en penses-tu ?
Correction :
La sélectivité se calcule sur les présents : $\dfrac{192\,100}{38\,900} \approx 4{,}9$ présents pour un admis.
Le calcul du camarade donne $\dfrac{366\,500}{38\,900} \approx 9{,}4$, mais il compte des candidats qui ne viennent pas : $\dfrac{192\,100}{366\,500} \approx 0{,}52$, donc à peine plus d'un inscrit sur deux se présente. Un absent ne te prend aucune place. Le bon repère est donc 4,9, en moyenne : chaque concours a sa propre sélectivité.
Exercice 3 : Données fictives. Léa, en L3, hésite entre deux concours. Concours X : 200 postes, 1 500 présents, 200 admis. Concours Y : 400 postes, 1 200 présents, 300 admis. On suppose que chaque admis prend son poste. Calcule la sélectivité de chaque concours, puis la part des postes pourvus au concours Y. Lequel offre les meilleures chances à une candidate bien préparée ?
Correction :
Concours X : $\dfrac{1\,500}{200} = 7{,}5$ présents pour un admis. Concours Y : $\dfrac{1\,200}{300} = 4$ présents pour un admis.
Au concours Y, $\dfrac{300}{400} = 0{,}75$ : 75 % des postes sont pourvus, et 100 postes restent vides.
Le concours Y offre les meilleures chances : un présent sur quatre est reçu, contre deux sur quinze pour X.
Exercice 4 : En 2024, le concours de surveillant pénitentiaire comptait 5,3 présents pour un admis, et celui de gardien de la paix 4,5. Sur 2 500 postes de surveillant pénitentiaire offerts, 68 % ont été pourvus, contre 100 % des 2 600 postes de gardien de la paix. Combien de postes de surveillant sont restés vides, environ ? Comment un concours peut-il être plus sélectif et pourtant moins bien pourvu ?
Correction :
Postes pourvus : $2\,500 \times 0{,}68 = 1\,700$. Postes vides : $2\,500 - 1\,700 = 800$, environ, puisque les chiffres de départ sont arrondis.
Des candidats, il y en avait : 5,3 présents pour chaque admis. Si des places restent vides malgré tout, c'est que le jury n'a pas trouvé assez de candidats à son niveau, ou que des admis ont renoncé au poste. Dans les deux cas, la barre n'a pas baissé.
À retenir
À retenir :
- Dans l'État, l'Éducation nationale offre la moitié des postes externes, avec professeur des écoles et professeur certifié en tête.
- Avec l'Enseignement supérieur, l'Intérieur, l'Économie et la Justice, cinq ministères font 93 % des postes.
- Tes chances se lisent dans la sélectivité, calculée sur les présents et non sur les inscrits.
- Une place vide ne veut pas dire un concours facile.
- Avec une licence : les concours de catégorie A comme les IRA et, depuis la session 2026, le CRPE et le CAPES en version bac+3.
- Dans les collectivités, les créations de postes vont d'abord aux services techniques.
Sources
- DGAFP, « Les recrutements externes de fonctionnaires de l'État en 2024 », Stats Rapides n° 129, 12 février 2026 : étude sur fonction-publique.gouv.fr.
- Ministère de l'Éducation nationale, conditions d'inscription au CRPE et au CAPES, devenirenseignant.gouv.fr, pages mises à jour en octobre 2026.
- Baromètre HoRHizons 2025, enquête du CNFPT menée fin 2024 auprès de 1 000 collectivités : document sur fncdg.com.