Niveau : moyen. Durée estimée : 40 min. 10 exercices avec corrections détaillées.
Rappel des notions clés
Pour reconnaître ces quatre figures, ne cherche pas le nom tout de suite : pose les questions de l'encadré, une à la fois. Dans « j'ai une montagne de devoirs », les devoirs ressemblent à une montagne (métaphore) et leur nombre est grossi (hyperbole) : une phrase peut cumuler deux figures.
Les quatre questions :
- Deux choses se ressemblent, sans outil de comparaison ? Métaphore : « la mer est un miroir ce matin ».
- Un mot en remplace un autre auquel il est lié dans la réalité (contenant, lieu, auteur, matière) ? Métonymie : « boire un verre », c'est boire ce qu'il contient.
- Deux termes de sens contraire se font face dans la phrase ? Antithèse : « ses paroles sont douces, ses gestes brutaux ».
- La réalité est grossie bien au-delà du vrai ? Hyperbole : « ce film a duré une éternité ».
La comparaison, elle, garde son outil (comme, tel, pareil à) : sans outil, c'est une métaphore. L'oxymore colle deux contraires sur une seule chose (« un petit géant ») ; l'antithèse les répartit dans la phrase. Pense enfin à l'effet : ce que la figure fait voir ou ressentir.
Piège classique : métaphore et métonymie remplacent toutes deux un mot par un autre. Pour trancher : ressemblance ou lien réel ? « Cette danseuse est une plume » : elle est légère comme une plume, c'est une ressemblance, donc une métaphore. « Cet écrivain a une belle plume » : l'outil avec lequel il écrit désigne sa façon d'écrire, c'est un lien réel, donc une métonymie.
Exercices : niveau facile
Exercice 1 : Associe chaque phrase à sa figure : métaphore, métonymie, antithèse ou hyperbole. Chaque figure sert une fois.
a) « Mon sac de cours pèse une tonne. »
b) « Mon petit frère est un vrai pot de colle. »
c) « Cet été, j'ai lu un Jules Verne en deux jours. »
d) « Il rit en public, il pleure en secret. »
Correction :
Pose les quatre questions à chaque phrase.
a) Un sac de cours ne pèse pas mille kilos : la réalité est grossie, hyperbole.
b) Le frère ressemble à de la colle (il ne te lâche pas), sans comme : métaphore.
c) Un Jules Verne désigne un roman de Jules Verne, l'œuvre par l'auteur : métonymie.
d) Rit s'oppose à pleure, en public à en secret : antithèse.
Exercice 2 : Chaque phrase contient une métonymie. Dis ce que désigne vraiment le mot en italique, et par quel lien.
a) « Toute la rue est sortie voir les pompiers. »
b) « Il a fini son assiette en deux minutes. »
c) « Les deux mousquetaires croisent le fer. »
Correction :
Cherche la chose réelle que le mot remplace.
a) Les habitants de la rue, désignés par le lieu où ils vivent.
b) La nourriture de l'assiette : le contenu, désigné par le contenant.
c) Les épées, désignées par le métal dont elles sont faites.
Exercice 3 : Ta mère s'agace : « Je t'ai demandé mille fois de ranger ta chambre ! Elle est en désordre depuis des siècles. » Repère les deux hyperboles, réécris ses phrases sans exagérer, puis dis ce qu'elles perdent.
Correction :
Cherche ce qui serait impossible pris au pied de la lettre.
Les deux hyperboles : mille fois et depuis des siècles.
Sans exagérer : « Je t'ai demandé plusieurs fois de ranger ta chambre. Elle est en désordre depuis plusieurs jours. » Le sens reste, mais l'agacement a disparu. L'hyperbole ne ment pas : elle montre l'émotion de celui qui parle.
Exercices : niveau moyen
Exercice 4 : Métaphore ou métonymie ? Tranche pour chaque phrase et justifie : ressemblance ou lien réel ?
a) « Mon grand frère est un ours le matin. »
b) « Les Bleus ont gagné le match. »
c) « Cette nouvelle a été un coup de poignard pour lui. »
d) « L'Élysée a répondu aux journalistes. »
Correction :
Pose la question du piège à chaque phrase.
a) Le frère ressemble à un ours, grognon : métaphore.
b) Les Bleus désigne les joueurs français par la couleur de leur maillot : métonymie.
c) La nouvelle fait aussi mal qu'un coup de couteau, c'est une ressemblance : métaphore.
d) L'Élysée, palais du président de la République, désigne le président et son équipe : métonymie.
Exercice 5 : La Fontaine termine sa fable « Les Animaux malades de la peste » par cette morale : « Selon que vous serez puissant ou misérable, / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Repère les deux antithèses, puis dis ce que la morale reproche à la justice.
Correction :
Cherche les paires de contraires, puis relie-les entre elles.
Les deux antithèses : puissant / misérable (le fort et le faible), puis blanc / noir, pris au sens figuré : innocent ou coupable.
Le puissant sera blanchi, le faible noirci : la justice juge le rang, pas la faute.
Exercice 6 : Antithèse ou oxymore ? Repère les mots contraires, puis tranche.
a) « Il a perdu la bataille mais gagné le respect de tous. »
b) « Un silence assourdissant a suivi l'annonce. »
c) « Elle parle peu mais dit beaucoup. »
Correction :
Regarde où sont les contraires : répartis dans la phrase, ou collés sur une seule chose.
a) Perdu et gagné occupent deux parties de la phrase : antithèse.
b) Silence et assourdissant (si bruyant qu'il rend sourd) qualifient une seule chose : oxymore.
c) Peu et beaucoup se répondent de part et d'autre de mais : antithèse.
Exercices : niveau difficile
Exercice 7 : Dans Cyrano de Bergerac (Edmond Rostand, acte I, scène 4), Cyrano se moque de son propre nez : « C'est un roc !… c'est un pic !… c'est un cap ! / Que dis-je, c'est un cap ?… C'est une péninsule ! » Nomme les deux figures qui se combinent, puis explique pourquoi on rit.
Correction :
Demande-toi en quoi le nez est transformé, puis si l'image dépasse la réalité.
Le nez devient roc, pic, cap, puis péninsule, sans outil de comparaison : des métaphores.
L'image enfle, et Cyrano se reprend (Que dis-je) pour aller jusqu'à la péninsule : une hyperbole.
On rit parce que Cyrano exagère lui-même son défaut, avec plus d'esprit que ceux qui voudraient s'en moquer.
Exercice 8 : Dans « Demain, dès l'aube… » (Les Contemplations), Victor Hugo annonce qu'il marchera jusqu'à la tombe de sa fille Léopoldine. Il écrit : « Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, / Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur ». Trouve une métaphore et une métonymie, puis explique ce refus de regarder.
Correction :
Pose la question du piège à chaque expression.
L'or du soir : la lumière du couchant a la couleur de l'or, c'est une ressemblance, donc une métaphore.
Les voiles désignent les bateaux : la partie pour le tout, un lien réel, donc une métonymie (on parle aussi de synecdoque).
Le poète écarte la beauté du paysage : tourné vers sa fille morte, il ne voit plus rien d'autre.
Exercice 9 : Un commentateur décrit la fin d'un match (texte inventé) : « Tout le stade retient son souffle. Ce gardien est un mur : il a arrêté un million de tirs ce soir. Hier, on le disait fini ; ce soir, il est immense. » Trouve une figure de chaque sorte, puis dis ce que chacune apporte au commentaire.
Correction :
Passe chaque phrase aux quatre questions.
Tout le stade désigne les spectateurs par le lieu : métonymie. La foule ne fait plus qu'un.
Un mur : ressemblance sans outil, métaphore de sa solidité.
Un million de tirs : impossible en un match, hyperbole qui traduit l'admiration.
Hier… fini face à ce soir… immense : antithèse qui fait ressortir le retournement de situation.
Exercice 10 : Décris en trois phrases la cour du collège quand sonne la récréation, avec les quatre figures, une fois chacune. Nomme-les.
Correction :
Pars d'une image, puis ajoute les trois autres figures. Une réponse possible :
« À la sonnerie, tout le collège se jette dans la cour. La cour devient une fourmilière où courent des milliards d'élèves. Une seconde plus tôt, le silence ; maintenant, le vacarme. »
Métonymie : tout le collège. Métaphore : une fourmilière. Hyperbole : des milliards d'élèves. Antithèse : le silence / le vacarme.
Erreur à éviter : avec comme, ce serait une comparaison.
Bilan et conseils
Ce qu'il faut retenir : cherche la question avant le nom. Si tu peux ajouter comme sans perdre le sens, c'est une métaphore, pas une métonymie ; si les contraires sont collés, c'est un oxymore. Une figure nommée sans son effet ne répond qu'à moitié.
Sources
- Jean de La Fontaine, « Les Animaux malades de la peste », Fables, livre VII, fable 1 : Wikisource.
- Victor Hugo, « Demain, dès l'aube… », Les Contemplations, livre IV, poème XIV : Wikisource.
- Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, acte I : Wikisource.