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Les Figures de Style : Maestro de la Langue Française Expliqué

Les figures de style rangées par familles : pour chacune, une définition, un exemple et, quand il le faut, la figure voisine à ne pas confondre.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Une figure de style est une façon de dire qui s'écarte de l'expression ordinaire pour produire un effet : dans « Cet homme est un lion », on prête à l'homme le courage de l'animal. En commentaire, le nom de la figure ne suffit jamais : tu cites les mots, tu nommes la figure, puis tu expliques l'effet qu'elle produit sur le lecteur.

Les figures d'analogie

Elles rapprochent deux choses qui ont un point commun : c'est l'analogie.

Comparaison : rapprochement de deux éléments à l'aide d'un outil de comparaison (comme, tel, pareil à, semblable à, ressembler à). Dans « Elle est têtue comme une mule », on repère le comparé (elle), l'outil (comme) et le comparant (une mule), l'image qui sert de modèle.

Métaphore : rapprochement sans outil de comparaison. Dans « Cette faucille d'or dans le champ des étoiles » (Victor Hugo, « Booz endormi », La Légende des siècles), le croissant de lune n'est même pas nommé : seule l'image reste. S'il y a un outil, c'est une comparaison ; sinon, c'est une métaphore.

Métaphore filée : métaphore prolongée sur plusieurs mots ou plusieurs vers, avec un vocabulaire du même domaine. Dans « Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin » (Apollinaire, « Zone », Alcools), la tour devient bergère et les ponts son troupeau, qui bêle.

Personnification : on prête à une chose, un animal ou une idée des traits humains. « Ô temps, suspends ton vol ! » (Lamartine, « Le Lac », Méditations poétiques) : le poète parle au temps comme à quelqu'un qui pourrait l'écouter et s'arrêter.

Allégorie : une idée abstraite représentée par un personnage ou une image concrète, souvent avec une majuscule, comme la Mort en squelette armé d'une faux. La personnification donne un trait humain à une chose ; l'allégorie fait de l'idée un personnage entier.

Insistance et atténuation

Hyperbole : exagération qui met une idée en relief. « J'ai attendu une éternité » : personne n'a attendu des siècles, la phrase dit l'impatience.

Gradation : suite de termes rangés par intensité croissante ou décroissante. Dans « va, cours, vole, et nous venge » (Corneille, Le Cid, I, 5), don Diègue presse son fils de plus en plus fort.

Litote : dire moins pour faire entendre plus, souvent en niant le contraire. « Va, je ne te hais point » (Corneille, Le Cid, III, 4) : Chimène ne peut pas avouer son amour à Rodrigue, mais le spectateur comprend qu'elle l'aime encore.

Euphémisme : expression adoucie d'une réalité pénible ou choquante, comme « il nous a quittés » pour « il est mort ». Ne le confonds pas avec la litote : l'euphémisme atténue pour de bon, la litote atténue en apparence pour renforcer l'idée.

Les figures d'opposition

Antithèse : deux mots ou deux idées de sens opposés placés en parallèle dans une même phrase. « Il était riche en promesses et pauvre en actes » : le contraste juge le personnage.

Oxymore : deux termes contraires réunis dans un même groupe de mots, souvent un nom et son adjectif. « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid, IV, 3) dit une lumière si faible qu'elle éclaire à peine la nuit. L'antithèse oppose deux termes dans la phrase ; l'oxymore les colle l'un à l'autre.

Répétition et construction

Anaphore : reprise d'un même mot en tête de plusieurs vers, phrases ou propositions. Dans Horace de Corneille (IV, 5), Camille ouvre quatre vers de suite par « Rome » : « Rome, l'unique objet de mon ressentiment ! » La répétition martèle sa haine.

Parallélisme : deux phrases ou deux groupes construits sur le même modèle. « Le matin, il travaille ; le soir, il écrit » : la symétrie souligne l'équilibre de ses journées.

Chiasme : deux groupes dont les éléments se répondent dans l'ordre inverse, sur le modèle A B, B A. Valère le dit dans L'Avare de Molière (acte III) : « il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger ». Le parallélisme garde le même ordre ; le chiasme le croise.

Anadiplose : le dernier mot d'une phrase ou d'un vers est repris au début du suivant. « Il a vu la mer, la mer l'a changé » : l'idée avance comme une chaîne.

Ellipse : suppression de mots que le lecteur rétablit sans peine. Dans « Toi, ici ? », le verbe manque et la surprise gagne en vivacité. Dans un récit, l'ellipse désigne aussi une période que le narrateur passe sous silence.

Réticence : phrase interrompue volontairement, souvent par des points de suspension. « Encore un mot et je... » : le lecteur devine la menace que le personnage ne prononce pas.

Pléonasme : répétition d'une idée déjà contenue dans un mot. Involontaire (« monter en haut »), c'est une maladresse ; voulu (« je l'ai vu de mes propres yeux »), il insiste.

Les figures de sonorité

Allitération : répétition d'une même consonne dans des mots proches. « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine, Andromaque, V, 5) : le son [s] fait entendre le sifflement des serpents qu'Oreste croit voir.

Assonance : répétition d'un même son voyelle. Dans « Les sanglots longs / Des violons / De l'automne » (Verlaine, « Chanson d'automne », Poèmes saturniens), le son « on » de longs et violons étire la plainte. Pour ne plus les confondre : consonnes pour l'allitération, voyelles pour l'assonance.

Les figures de substitution

Un mot prend la place d'un autre.

Métonymie : on désigne une chose par une autre qui lui est liée logiquement, comme le contenant pour le contenu ou l'auteur pour l'œuvre. Dans « boire un verre », on boit le contenu, pas le verre.

Synecdoque : métonymie particulière, le plus souvent la partie pour le tout. « Une voile à l'horizon » désigne un bateau. Partie et tout, c'est la synecdoque ; tout autre lien, la métonymie.

Périphrase : plusieurs mots à la place d'un seul pour désigner la même chose, comme « la Ville Lumière » pour Paris ou « l'astre du jour » pour le soleil. Elle évite une répétition et met en valeur une qualité.

Exercice de repérage

Exercice 1 : Nomme la figure de style de chaque phrase, puis dis son effet en quelques mots.

a. Ses yeux brillaient comme deux étoiles.
b. Ce n'est pas mauvais du tout.
c. Un silence assourdissant envahit la salle.
d. Il a bu toute la bouteille.
e. Je te l'ai dit cent fois.
f. Les feuilles dansent dans le vent.

Correction :

a. Comparaison, avec l'outil comme : l'éclat des yeux est rendu par celui des étoiles.
b. Litote : on nie le contraire pour dire que c'est très bon.
c. Oxymore : silence et assourdissant se contredisent, ce qui rend le silence pesant.
d. Métonymie : le contenant (la bouteille) désigne le contenu.
e. Hyperbole : le nombre exagéré dit l'agacement.
f. Personnification : les feuilles reçoivent une action humaine, danser, qui rend la scène vivante.

À retenir

À retenir :

  • Pour analyser une figure, cite les mots, nomme la figure et explique son effet.
  • Comparaison avec un outil, métaphore sans outil.
  • Litote : dire moins pour suggérer plus ; euphémisme : adoucir pour de bon.
  • Antithèse : deux idées opposées dans la phrase ; oxymore : deux mots contraires collés.
  • Allitération pour les consonnes, assonance pour les voyelles.

Sources

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