Un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, où, lequel et ses formes) relie deux phrases en reprenant un nom déjà dit : « J'ai lu un livre. Ce livre m'a plu. » devient « J'ai lu un livre qui m'a plu. » Pour choisir le bon, remets le nom à la place du pronom et regarde son rôle : c'est ce rôle qui décide. Ici, le livre m'a plu : le livre est sujet, donc qui.
Antécédent et proposition relative
Dans J'ai lu un livre qui m'a plu, le nom livre est l'antécédent : le mot que le pronom reprend. Il se place presque toujours juste avant le pronom.
Le groupe qui m'a plu est une proposition subordonnée relative : un groupe construit autour d'un verbe conjugué, qui dépend de l'antécédent et ne tient pas seul.
Définition : Le pronom relatif introduit une proposition subordonnée relative. Il reprend un nom ou un pronom placé avant lui, son antécédent, et il a une fonction, c'est-à-dire un rôle, dans la relative.
Attention aux sosies. Dans Je ne sais pas qui viendra ou Je ne sais pas quoi faire, aucun nom n'est repris : qui et quoi posent une question (Qui viendra ?). Ce sont des pronoms interrogatifs, que la terminologie grammaticale officielle classe à part.
Choisir le bon pronom en trois étapes
Pour trouver la fonction du pronom, reconstruis la phrase cachée derrière la relative.
Étape 1 : Trouve l'antécédent. Dans le film ___ je te parle, c'est le film.
Étape 2 : Écris la relative comme une phrase seule, en y remettant l'antécédent : je te parle du film.
Étape 3 : Lis sa fonction et prends le pronom qui va avec. Du film est un complément introduit par de, donc dont : le film dont je te parle.
Le même test vérifie une phrase déjà écrite : le film que je te parle donnerait je te parle le film, qui ne se dit pas.
Qui, que, dont, où : la fonction décide
Employé seul, qui est sujet : le verbe de la relative n'a pas d'autre sujet que lui. Après une préposition (un petit mot invariable comme à, de, avec, sur), il n'est plus sujet et désigne en principe une personne : l'amie à qui j'écris.
Que (ou qu' devant une voyelle) est le plus souvent COD, complément d'objet direct : il complète le verbe sans préposition. Le livre qu'il lit : il lit le livre. Plus rarement, que est attribut, c'est-à-dire qu'il dit ce qu'est le sujet : le champion qu'il est devenu (il est devenu ce champion).
Dont reprend un complément construit avec de, quel que soit le mot complété :
- un verbe : l'ami dont je parle (je parle de l'ami) ; dont est alors COI, complément d'objet indirect, relié au verbe par une préposition ;
- un nom : une amie dont le frère joue au rugby (le frère de mon amie) ; c'est un complément du nom, qui précise frère ;
- un adjectif : le dessin dont je suis fier (fier du dessin).
Où indique un lieu ou un moment : la ville où je suis né, le jour où il a neigé. Il est le plus souvent complément circonstanciel, c'est-à-dire qu'il situe l'action. Garde l'accent : sans lui, ou veut dire « ou bien ».
Lequel, auquel, duquel après une préposition
Après une préposition, on emploie lequel, accordé en genre et en nombre avec l'antécédent : la table sur laquelle j'écris, les murs contre lesquels on s'appuie.
Avec à et de, il se soude comme au et du : auquel, auxquels, auxquelles ; duquel, desquels, desquelles. Au féminin singulier, rien ne se soude : à laquelle, de laquelle.
Pour une personne, qui reste possible : l'ami avec qui je pars ou avec lequel je pars.
Duquel sert surtout après une locution qui finit par de (un groupe de mots qui joue le rôle d'une préposition, comme près de) : le parc près duquel j'habite. Écrire le parc dont j'habite près serait faux. Quand de suit directement le verbe, on préfère dont : le livre dont je parle.
Quoi s'emploie après une préposition pour reprendre une idée vague (ce, rien, quelque chose) : c'est ce à quoi je pense.
Les pièges classiques
Piège classique : que à la place de dont. Le film que je t'ai parlé est faux, car on parle de quelque chose : écris le film dont je t'ai parlé. De même, ce que j'ai besoin devient ce dont j'ai besoin.
Piège classique : dont contient déjà de, ne le double pas. C'est de cela dont je parle est fautif : écris c'est de cela que je parle ou c'est cela dont je parle. Même chose avec en : les invités, dont j'en connais la moitié devient les invités, dont je connais la moitié. Le dictionnaire Larousse signale ces deux fautes.
Piège classique : l'accord du verbe après qui. Le verbe s'accorde avec l'antécédent, pas avec qui. C'est moi qui a gagné est faux : moi est à la 1re personne, donc c'est moi qui ai gagné. De même : c'est toi qui as raison.
Piège classique : le participe passé après que. Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé s'accorde avec le COD placé avant lui. Or que est COD et se place avant : les photos que j'ai pris devient les photos que j'ai prises, car que reprend les photos, féminin pluriel.
Exercices corrigés
Applique les trois étapes à chaque trou.
Exercice 1 : Complète avec qui, que, dont ou où.
- Le chien ___ aboie appartient à mon voisin.
- Rends-moi le livre ___ je t'ai prêté.
- C'est la ville ___ j'ai grandi.
- Voici l'outil ___ j'ai besoin.
- J'ai une amie ___ le frère joue au rugby.
- Je me souviens du jour ___ tu es arrivé.
Correction :
- qui : le chien aboie (sujet).
- que : je t'ai prêté le livre (COD).
- où : j'ai grandi dans cette ville (lieu).
- dont : j'ai besoin de l'outil.
- dont : le frère de mon amie (complément du nom).
- où : tu es arrivé ce jour-là (temps).
Exercice 2 : Relie les deux phrases par un pronom relatif, sans répéter le nom.
- J'ai rencontré une artiste. Cette artiste peint des paysages.
- Voici le parc. Nous nous promenons souvent dans ce parc.
- Mon cousin a eu une idée. J'adore cette idée.
- Je te présente Léa. Je t'ai souvent parlé de Léa.
Correction :
- J'ai rencontré une artiste qui peint des paysages (sujet).
- Voici le parc où nous nous promenons souvent (lieu ; dans lequel est juste aussi).
- Mon cousin a eu une idée que j'adore (COD).
- Je te présente Léa, dont je t'ai souvent parlé (parler de Léa ; de qui est juste aussi).
Exercice 3 : Complète avec la bonne forme de lequel, en pensant aux formes soudées (auquel, duquel…).
- La table sur ___ j'ai posé mon sac est bancale.
- Le concours ___ je participe a lieu en mai.
- Les questions ___ tu as répondu étaient faciles.
- Le parc près ___ j'habite est immense.
Correction :
- laquelle : sur la table, féminin singulier.
- auquel : participer au concours (à + le), masculin singulier.
- auxquelles : répondre aux questions (à + les), féminin pluriel.
- duquel : près du parc (de + le), masculin singulier.
Exercice 4 : Niveau contrôle.
a) Pour chaque phrase, donne le pronom relatif, son antécédent et sa fonction.
- Le roman que je lis raconte une enquête.
- La salle où nous révisons est calme.
- C'est un sujet dont tout le monde parle.
- Les élèves qui ont fini peuvent sortir.
b) Corrige ces deux phrases : C'est vous qui a gagné. La lettre que j'ai écrit est partie.
Correction :
a)
- que, antécédent le roman, COD du verbe lire (je lis le roman).
- où, antécédent la salle, complément circonstanciel de lieu (nous révisons dans la salle).
- dont, antécédent un sujet, COI du verbe parler (tout le monde parle de ce sujet).
- qui, antécédent les élèves, sujet du verbe finir.
b) C'est vous qui avez gagné : le verbe s'accorde avec vous, 2e personne du pluriel. La lettre que j'ai écrite est partie : que reprend la lettre, COD féminin singulier placé avant avoir.
À retenir
À retenir :
- Le pronom relatif reprend son antécédent et introduit une proposition subordonnée relative.
- Pour le choisir, remets l'antécédent dans la relative et regarde sa fonction.
- Qui est sujet, que le plus souvent COD, dont reprend un complément en de, où un lieu ou un moment.
- Après une préposition, lequel s'accorde avec l'antécédent ; avec à et de, il devient auquel, duquel…
- Après qui, le verbe s'accorde avec l'antécédent ; après que, le participe passé employé avec avoir s'accorde aussi avec l'antécédent.
Sources
Ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, La grammaire du français, terminologie grammaticale, pages 59-60 et 124-126 : formes et fonctions du pronom relatif, différence avec le pronom interrogatif.
Dictionnaire Larousse, article « dont » : constructions fautives avec dont.