Un croquis de géographie se construit dans cet ordre : tu analyses le sujet, tu retiens une dizaine d'informations qui y répondent, tu les ranges en deux ou trois parties dans une légende organisée, puis tu traduis chacune par un figuré (un point, un trait, une flèche ou une surface coloriée) sur le fond de carte qu'on te fournit. Pour le sujet « Mers et océans : au cœur de la mondialisation », par exemple, une partie montre les routes qui concentrent les échanges, une autre les passages étroits qui les rendent fragiles, la dernière les espaces maritimes que les États se disputent. Le dessin vient en dernier : il met au propre un raisonnement déjà construit.
La méthode en cinq étapes
Le programme de géographie du lycée présente le croquis comme « l'aboutissement d'un travail de description, d'analyse et de synthèse » et te demande de savoir « transposer un texte en croquis » (programme d'histoire-géographie de terminale générale). C'est l'un des exercices de géographie du lycée, avec la composition et l'analyse critique de documents.
Un croquis est une carte simplifiée, tracée sur un fond de carte aux contours réels pour répondre à un sujet. Le schéma, lui, simplifie aussi les formes : une côte y devient un trait droit.
Étape 1 : Analyse le sujet : définis chaque mot, repère l'espace et l'échelle, formule la question à laquelle ta carte répond.
Étape 2 : Note au brouillon tout ce que tu sais de localisable sur le sujet.
Étape 3 : Trie et classe. Garde ce qui répond à la question et range-le en deux ou trois parties : c'est ta légende.
Étape 4 : Choisis un figuré par information, adapté à sa forme et à son importance.
Étape 5 : Réalise le croquis, place les noms et écris le titre.
Les trois premières étapes se font au brouillon. C'est là que tout se joue : un croquis très propre posé sur une légende mal pensée ne démontre rien.
La légende organisée, c'est ton plan
Une légende organisée regroupe les figurés en parties, et chaque partie porte un titre qui énonce une idée. « Les ports » n'est qu'une catégorie ; « Des ports géants qui concentrent les échanges » répond déjà au sujet. Ton correcteur lit ta légende comme le plan d'une composition : de haut en bas, il doit comprendre ta réponse sans regarder la carte.
Exemple : une légende pour « Mers et océans : au cœur de la mondialisation », premier thème de géographie de terminale générale.
I. Des routes maritimes qui concentrent les échanges
- Surface rouge : les grandes façades maritimes, ces littoraux qui alignent plusieurs grands ports (Asie orientale, Europe du Nord-Ouest, Amérique du Nord).
- Cercle noir, plus gros pour les plus grands : les grands ports (Shanghai, Singapour, Rotterdam).
- Trait bleu foncé, plus épais pour les plus fréquentées : les grandes routes maritimes.
II. Des passages étroits qui rendent ces routes fragiles
- Carré noir : les canaux de Suez et de Panama.
- Cercle rouge vide : les détroits de Malacca, d'Ormuz, de Bab-el-Mandeb et de Gibraltar.
III. Des espaces maritimes appropriés et disputés
- Hachures bleues : la zone économique exclusive de la France, la deuxième du monde.
- Hachures rouges : les mers disputées, comme la mer de Chine méridionale.
Définition : une zone économique exclusive (ZEE) est l'espace maritime, jusqu'à 200 milles marins (environ 370 km) des côtes, où l'État riverain a seul le droit d'exploiter les ressources : poissons, pétrole, gaz (Convention des Nations unies sur le droit de la mer, articles 56 et 57).
Piège classique : classer la légende par forme (« les points », « les flèches », « les surfaces »). C'est un inventaire du dessin, pas une démonstration : chaque figuré va dans la partie dont il sert l'idée.
Choisir le bon figuré
Un figuré se choisit d'abord selon la place que prend l'information sur ta carte. C'est son implantation : ponctuelle, linéaire ou zonale. La flèche est un figuré linéaire qui a un sens.
| Figuré | Pour représenter | Exemples |
|---|---|---|
| Ponctuel (cercle, carré, triangle) | un lieu précis | un port, une métropole, un détroit sur un planisphère |
| Linéaire (trait) | une limite ou un axe | une frontière, une route maritime, un câble sous-marin |
| Flèche | un déplacement, avec son sens | un flux de pétrole, de marchandises |
| Zonal (surface coloriée ou hachurée) | un espace étendu | une façade maritime, une ZEE, une mer disputée |
Le figuré dit aussi l'importance. Pour hiérarchiser, fais varier la taille (un gros cercle pour un grand port) ou l'intensité d'une même couleur, du clair au foncé. Pour opposer des espaces de nature différente, change de couleur : chaudes (rouge, orange) pour ce qui domine, froides (vert, violet) pour ce qui reste en retrait. Le bleu est réservé à la mer.
Piège classique : l'implantation dépend de l'échelle. Sur un planisphère, le canal de Suez est un point ; sur une carte de l'Égypte, c'est une ligne.
Montrer puissances, flux et tensions
La géopolitique étudie les rivalités de pouvoir sur des territoires. Sur un croquis, la puissance se montre par la taille ou l'intensité du figuré : qui domine a le plus gros ou le plus foncé.
Les flux se dessinent en flèches : la pointe donne le sens, l'épaisseur l'importance. Le pétrole du golfe Arabo-Persique vers l'Asie orientale mérite une flèche épaisse. Une route maritime, elle, se parcourt dans les deux sens : un trait suffit.
Pour les tensions, des figurés courants : hachures pour un espace disputé, trait discontinu pour une limite contestée, pictogramme d'explosion pour un conflit armé. Aucun code n'est imposé : il faut seulement qu'un figuré garde le même sens partout et soit expliqué dans la légende.
Enfin, une carte géopolitique nomme les acteurs. En mer de Chine méridionale, hachure l'espace disputé, place les archipels des Paracels et des Spratleys, et écris le nom des États qui revendiquent ces îles, dont la Chine, le Viêt Nam et les Philippines.
Réaliser le croquis dans le bon ordre
Recopie d'abord ta légende au propre, avec ses cases : chaque couleur est fixée avant que tu colories la carte. Ensuite, travaille du plus grand au plus petit : ce qui est dessiné en dernier reste lisible.
Les surfaces d'abord, aux crayons de couleur, légèrement et dans un seul sens : le feutre bave et ne se rattrape pas. Puis les traits et les flèches, puis les points au feutre fin, et enfin la nomenclature, c'est-à-dire les noms de lieux.
Les noms suivent une hiérarchie : les États en majuscules, les villes en minuscules avec une majuscule initiale, les mers et les océans en bleu. Écris-les à l'horizontale, au plus près de leur figuré. Le titre, en haut de la feuille, reprend l'intitulé du sujet.
Conseil : avant de rendre, vérifie que chaque figuré de la carte a sa case dans la légende, avec la même forme et la même couleur, et que chaque case se retrouve sur la carte.
Exercices corrigés
Cherche chaque exercice au brouillon avant d'ouvrir la correction.
Exercice 1 : Tu réalises un croquis à l'échelle du monde. Pour chaque information, choisis le figuré : ponctuel, linéaire, flèche ou zonal. a) le canal de Panama ; b) la ZEE de la France autour de la Polynésie française ; c) le pétrole exporté du golfe Arabo-Persique vers la Chine ; d) la façade maritime de l'Europe du Nord-Ouest ; e) une frontière maritime que deux États se disputent.
Correction :
a) Ponctuel : à l'échelle du monde, le canal ne fait qu'un point. b) Zonal : une ZEE est un espace étendu, que tu hachures. c) Flèche : c'est un déplacement, du golfe vers la Chine. d) Zonal : une façade maritime s'étend le long d'une côte, sur plusieurs ports. e) Linéaire : une limite est un trait, discontinu pour montrer qu'elle est contestée.
Exercice 2 : Pour le sujet « La France : une puissance maritime ? », Inès rend cette légende : « 1. Les points ; 2. Les flèches ; 3. Les surfaces hachurées ; 4. Les ports ». Dis ce qui ne va pas, puis propose des titres de parties.
Correction :
La légende est classée par forme de figuré, pas par idée : elle décrit le dessin au lieu de répondre au sujet. La partie 4 mélange les critères, puisque les ports sont déjà des points.
Titres possibles : I. Une présence dans les trois grands océans grâce aux outre-mer, avec la deuxième ZEE du monde ; II. Des ports qui relient la France aux grandes routes maritimes ; III. Une puissance limitée par des ports qui perdent en compétitivité.
Exercice 3 : Transpose ce texte en légende organisée, avec un titre par partie et un figuré par information, puis donne la nomenclature.
« Le détroit de Malacca, entre la péninsule Malaise et l'île indonésienne de Sumatra, relie l'océan Indien à l'océan Pacifique. C'est la route maritime la plus courte entre les producteurs de pétrole du Moyen-Orient et leurs clients d'Asie orientale : la Chine, la Corée du Sud et le Japon. À sa sortie sud se trouve Singapour, l'un des plus grands ports du monde. Ce passage est fragile : des actes de piraterie y sont signalés, et s'il était bloqué, les navires devraient passer par les détroits indonésiens de la Sonde ou de Lombok. Au nord-est, la Chine revendique la plus grande partie de la mer de Chine méridionale, ce que contestent des voisins comme le Viêt Nam et les Philippines. »
Correction :
Le texte suit trois idées, qui deviennent tes trois parties.
I. Une route vitale pour l'énergie de l'Asie orientale : une flèche épaisse venue de l'ouest qui traverse le détroit vers la Chine, la Corée du Sud et le Japon ; un gros cercle noir pour Singapour.
II. Un passage étroit et fragile : un cercle rouge vide sur le détroit, un triangle rouge pour la piraterie, des flèches en pointillés par la Sonde et Lombok pour les détours possibles.
III. Une mer disputée : des hachures rouges sur la mer de Chine méridionale.
Nomenclature : océan Indien, océan Pacifique, mer de Chine méridionale ; MALAISIE, INDONÉSIE, SINGAPOUR, CHINE, VIÊT NAM, PHILIPPINES, CORÉE DU SUD, JAPON. Titre possible, repris du programme : « Le détroit de Malacca : un point de passage majeur et stratégique ».
À retenir
À retenir :
- Le croquis est un raisonnement : la légende se construit avant le dessin.
- La légende a deux ou trois parties, dont les titres sont des idées qui répondent au sujet.
- Le figuré dépend de la place de l'information sur ta carte : point, trait, flèche ou surface.
- La taille et l'intensité hiérarchisent, la couleur oppose, le bleu reste pour la mer.
- On réalise dans l'ordre : surfaces, traits et flèches, points, noms, titre.
- Carte et légende se correspondent case pour case.
Sources
- Programme d'histoire-géographie de terminale générale, annexe 1, Bulletin officiel spécial n° 8 du 25 juillet 2019 : texte sur eduscol.
- Convention des Nations unies sur le droit de la mer (1982), articles 56 et 57 : texte sur le site des Nations unies, en anglais.