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Quiz : Le Changement Climatique — Preuves et Modèles

Thermomètres, carottes de glace, vendanges, simulations : 15 questions pour vérifier que tu sais comment on prouve le réchauffement et comment on projette le climat de 2100.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

L'essentiel à connaître

Pour prouver que le climat change, on croise des mesures indépendantes ; pour parler de 2100, on teste d'abord les modèles sur le passé. Exemple : sur 2015-2024, la Terre est à +1,24 °C par rapport à 1850-1900, la référence préindustrielle, tandis que la mer monte, que les glaciers fondent et que les vendanges françaises ont lieu 23 jours plus tôt que dans les années 1970 (SDES, 2025). Le climat se juge sur plusieurs années, et une moyenne mondiale cache des écarts entre régions.

Avant les thermomètres, on lit des archives naturelles. Dans une carotte de glace (un cylindre extrait par forage), les bulles d'air sont des échantillons de l'atmosphère ancienne, et la part d'isotopes lourds de l'eau (des variantes plus lourdes d'un même atome) donne la température. La carotte européenne EPICA, en Antarctique, couvre 800 000 ans : le $\text{CO}_2$ y suit la température (Cordis, 2008).

Un modèle climatique est un jeu d'équations des lois physiques de l'atmosphère, de l'océan, des glaces, des sols et du vivant, calculé par ordinateur (Météo-France, 2021). Testé depuis 1850 avec les seules causes naturelles (Soleil, volcans), il garde une température à peu près stable ; avec les activités humaines en plus, il suit les mesures.

Pour 2100, on parle de projection, car tout dépend d'un scénario d'émissions futures. Les cinq scénarios du GIEC, le groupe d'experts intergouvernemental sur le climat, vont de SSP1-1.9 à SSP5-8.5 ; le second nombre est le forçage radiatif en 2100, le surplus d'énergie retenu par la planète, en $\text{W/m}^2$. Ils mènent de « bien en dessous de 2 °C » à +4,4 °C.

Piège classique : Une corrélation (deux courbes qui varient ensemble) ne dit pas laquelle entraîne l'autre.

Formule : Taux d'évolution $= \dfrac{\text{valeur d'arrivée} - \text{valeur de départ}}{\text{valeur de départ}}$, à multiplier par 100 pour l'obtenir en pourcentage.

Quiz : teste tes connaissances

Les questions montent en difficulté : les trois dernières sont les plus piégeuses.

Question 1 : Que contiennent les bulles d'air d'une carotte de glace ?

A. De l'air entré au forage
B. De l'air de l'atmosphère ancienne
C. Du gaz venu de la roche
D. De la vapeur de fonte

Réponse : B. Chaque bulle a piégé l'air de l'époque où la glace s'est formée. Le piège A confond l'outil et l'archive : les bulles étaient fermées bien avant le forage.

Question 2 : Quelle période sert de référence « préindustrielle » pour mesurer le réchauffement mondial ?

A. 1850-1900
B. 1961-1990
C. 1900-1950
D. 1991-2020

Réponse : A. La série mondiale de températures commence en 1850 : 1850-1900 sert de point zéro. Le piège B est la normale utilisée en France, plus récente et donc déjà réchauffée.

Question 3 : Qu'est-ce qu'un modèle climatique ?

A. La courbe passée prolongée
B. Une prévision météo sur cent ans
C. Une carte des stations météo
D. Les lois physiques mises en équations

Réponse : D. Le modèle met en équations les lois physiques qui relient atmosphère, océan, glaces, sols et vivant. Le piège A prolonge une courbe sans rien comprendre des causes.

Question 4 : Pourquoi la date des vendanges est-elle un indice du réchauffement ?

A. Les vignerons notent la température
B. Les pluies d'automne décalent la récolte
C. Le raisin mûrit plus vite au chaud
D. Les machines récoltent plus vite

Réponse : C. La date suit la température presque linéairement : les vignobles suivis vendangent 23 jours plus tôt sur 2014-2023 que dans les années 1970. Le piège A se trompe d'instrument : c'est la vigne qui « mesure » la chaleur.

Question 5 : Pourquoi les glaciers de montagne sont-ils de bons témoins du réchauffement ?

A. Ils réagissent vite à la température
B. Ils grossissent quand l'hiver est doux
C. Ils gardent la température dans leurs bulles
D. Ils ne dépendent que de la neige

Réponse : A. Nourri par la neige l'hiver, rongé par la fonte l'été, un glacier est l'élément naturel le plus sensible à la température : les cinq glaciers français suivis ont perdu en moyenne l'équivalent de 36 mètres d'eau depuis 2001. Le piège D oublie la fonte d'été.

Question 6 : Dans une carotte de glace, quel indice donne la température passée ?

A. Le $\text{CO}_2$ des bulles d'air
B. Le nombre de bulles par centimètre
C. La composition isotopique de l'eau
D. La couleur plus ou moins claire

Réponse : C. La part d'isotopes lourds dans l'eau dépend de la température de l'époque. Le piège A est tentant, car $\text{CO}_2$ et température varient ensemble, mais les bulles renseignent sur l'air, pas sur la chaleur.

Question 7 : Pourquoi croiser thermomètres, niveau de la mer, glaciers et vendanges ?

A. Aucun indice ne montre seul une hausse
B. Des mesures indépendantes qui concordent
C. Le GIEC impose quatre indices
D. Les vieux thermomètres sont peu fiables

Réponse : B. Une erreur de thermomètre ne peut ni avancer les vendanges ni faire fondre un glacier : des mesures sans lien qui concordent se renforcent. Le piège D est faux : les thermomètres restent la base.

Question 8 : Sur 2015-2024, la Terre est à +1,24 °C et la France métropolitaine à +2,2 °C. Pourquoi cet écart ?

A. Les stations françaises sont en ville
B. L'un des chiffres est faux
C. La France émet plus que la moyenne
D. Une moyenne cache des écarts régionaux

Réponse : D. Le chiffre mondial mêle terres et océans du globe, et certaines régions, dont la France, se réchauffent plus vite. Le piège C confond émettre et subir : les gaz se mélangent dans toute l'atmosphère.

Question 9 : En 2024, la Terre a atteint +1,6 °C ; sur 2015-2024, +1,24 °C. Quel chiffre décrit le climat ?

A. 2024, la mesure la plus récente
B. 2015-2024, car c'est une moyenne
C. Le plus élevé, par prudence
D. Le plus bas, 2024 étant une erreur

Réponse : B. Le climat se lit sur plusieurs années, et une année isolée peut s'écarter de la tendance : 2024 est un record, pas la hausse durable. Le piège A confond une année et le climat.

Question 10 : Comment teste-t-on un modèle climatique avant de lui demander 2100 ?

A. On compare sa simulation du passé aux mesures
B. On attend 2100 pour juger
C. On teste sa météo du lendemain
D. On le compare aux autres modèles

Réponse : A. Le passé sert de banc d'essai : un modèle qui rate les températures mesurées depuis 1850 ne mérite pas confiance. Le piège D oublie que des modèles peuvent se tromper ensemble : seules les mesures tranchent.

Question 11 : Simulée depuis 1850 avec les seules causes naturelles (Soleil, volcans), que fait la température mondiale ?

A. Elle monte autant que dans les mesures
B. Elle monte, mais deux fois moins vite
C. Elle reste à peu près stable
D. Elle baisse fortement à cause des volcans

Réponse : C. Sans les activités humaines, la simulation ne réchauffe pas la planète ; avec elles, elle suit les mesures, une preuve de l'origine humaine du réchauffement. Le piège B suppose une part naturelle que les simulations ne trouvent pas.

Question 12 : Pour 2100, le GIEC projette +2,7 °C avec SSP2-4.5 et +4,4 °C avec SSP5-8.5. D'où vient l'écart ?

A. De modèles qui se contredisent
B. De mesures plus récentes dans SSP5-8.5
C. Du hasard d'un calcul à l'autre
D. D'hypothèses d'émissions différentes

Réponse : D. SSP2 prolonge les tendances, SSP5 mise sur les énergies fossiles : mêmes modèles, futurs différents, d'où le mot projection. Le piège A est faux : les modèles ont leur incertitude, mais cet écart vient des hypothèses.

Question 13 : Dans la carotte EPICA, le $\text{CO}_2$ suit la température sur 800 000 ans. Que prouve cette ressemblance seule ?

A. Qu'ils varient ensemble, sans dire qui cause l'autre
B. Que le $\text{CO}_2$ a déclenché chaque fin de glaciation
C. Que la température commande seule le $\text{CO}_2$
D. Que le réchauffement depuis 1850 est naturel

Réponse : A. Une corrélation montre que deux courbes bougent ensemble, pas laquelle est la cause. Le piège B en dit plus que la courbe : le rôle du $\text{CO}_2$ se démontre par la physique de l'effet de serre et les modèles.

Question 14 : Dans le nom du scénario SSP5-8.5, que désigne 8.5 ?

A. La hausse de température en 2100 (°C)
B. Le rang du scénario parmi les cinq
C. Le forçage radiatif en 2100 ($\text{W/m}^2$)
D. Les émissions de $\text{CO}_2$ de 2100

Réponse : C. C'est le surplus d'énergie retenu par mètre carré en 2100 par rapport à l'ère préindustrielle (environ 3 $\text{W/m}^2$ en 2024). Le piège A est classique : SSP5-8.5 mène à +4,4 °C, pas à +8,5 °C.

Question 15 : Le $\text{CO}_2$ de l'air est passé de 379 ppm en 2005 à 426 ppm en 2025 (ppm : parties par million ; données NOAA). De combien de pourcents a-t-il augmenté, à l'unité près ?

A. 11 %
B. 47 %
C. 112 %
D. 12 %

Réponse : D. $\dfrac{426-379}{379} = \dfrac{47}{379} \approx 0{,}124$, soit 12 %. Le piège A divise par la valeur d'arrivée ($\dfrac{47}{426} \approx 0{,}110$) ; B prend l'écart en ppm pour des pourcents ; C confond le coefficient $\dfrac{426}{379} \approx 1{,}12$ avec la hausse.

Sources

SDES (statistique publique), Chiffres clés du climat, France, Europe et Monde, édition 2025.

Cordis (Commission européenne), « Les carottes glaciaires nous offrent jusqu'à 800 000 ans de données sur le climat », 2008.

Météo-France, « De nouveaux modèles de système Terre pour dessiner les futurs climatiques », 2021.

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