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L'Empire byzantin : Mille Ans d'Histoire Résumés

De la fondation de Constantinople en 330 à sa prise par les Ottomans en 1453 : les dates à connaître, ce que Byzance garde de Rome, ce qui change, et trois exercices corrigés.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

L'Empire byzantin, c'est la moitié orientale de l'Empire romain : elle survit à la fin de l'Occident en 476 et tient jusqu'à la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453. Pour le résumer, retiens trois traits : un État romain, une langue grecque, une foi chrétienne. Quand les Ottomans entrent dans la ville, ses habitants se disent toujours Romains, parlent grec et sont chrétiens orthodoxes. Voici les dates qui comptent, ce qu'elles veulent dire, et trois exercices corrigés.

Les dates à connaître

Tout commence en 330 : l'empereur Constantin fonde Constantinople sur le site de Byzance, une ancienne colonie grecque au bord du Bosphore, le détroit qui sépare l'Europe de l'Asie. En 395, Théodose Ier partage l'Empire romain en deux, l'Occident et l'Orient. En 476, l'Empire d'Occident disparaît. L'Orient, lui, continue.

Définition : « Empire byzantin » est le nom que les historiens donnent à l'Empire romain d'Orient, d'après Byzance. Pour ses dirigeants comme pour ses habitants, il n'a jamais cessé d'être romain, rappelle l'encyclopédie Larousse.

DateCe qui se passe
330Constantin fonde Constantinople
395L'Empire romain est partagé entre Occident et Orient
476Fin de l'Empire romain d'Occident
527-565Règne de Justinien
636-642Les Arabes prennent la Syrie puis l'Égypte
730-843Querelle des images, ou iconoclasme
1054Rome et Constantinople s'excommunient mutuellement
1204Les croisés prennent Constantinople
1261Les Byzantins reprennent leur capitale
1453Les Ottomans prennent Constantinople

Les « mille ans » du titre sont un ordre de grandeur : de 330 ou de 395 jusqu'à 1453, l'Empire dure un peu plus de onze siècles ou un peu plus de dix.

Piège classique : 476 ne marque pas la fin de l'Empire romain, seulement celle de sa moitié occidentale. Ton programme retient 476 pour séparer l'Antiquité du Moyen Âge, mais à Constantinople, un empereur qui se dit romain règne encore près de mille ans.

Justinien veut refaire l'Empire romain

Justinien règne de 527 à 565. Son projet : reconstituer l'Empire romain en reprenant l'Occident aux rois barbares. Son général Bélisaire débarque en Afrique du Nord en 533, la guerre contre les Ostrogoths d'Italie commence en 535, puis ses troupes prennent une bande de terre au sud-est de l'Espagne entre 550 et 554. Le succès ne dure pas : dès 568, trois ans après sa mort, les Lombards envahissent l'Italie.

En janvier 532, une émeute, la sédition Nika, tient Constantinople pendant une semaine. Justinien, découragé, s'apprête à fuir ; son épouse Théodora l'en empêche, et il garde le pouvoir. L'ancienne basilique de la ville a brûlé dans l'émeute : à sa place, il fait construire Sainte-Sophie, de 532 à 537.

Il laisse aussi une œuvre de législateur. Il fait rassembler le droit romain en quatre parties : le Code, publié en 529 puis en 534, réunit les lois des empereurs, et le Digeste, en 533, résume le travail des juristes romains.

Un empire qui devient grec et qui résiste

Sous Héraclius (610-641), l'Empire change de visage : le grec devient la langue officielle et l'empereur prend le titre de basileus, le mot grec pour « roi ». Byzance se pense toujours romaine, mais elle parle et gouverne en grec.

C'est aussi le temps du choc avec les Arabes, unis par l'islam. Ils écrasent l'armée byzantine sur le Yarmouk en 636, prennent la Syrie, puis l'Égypte entre 639 et 642. Constantinople, elle, tient. Assiégée de 674 à 678 puis en 717-718, elle se défend notamment avec le feu grégeois, un mélange incendiaire qui brûle même sur l'eau. Pour se défendre partout, l'Empire se découpe en thèmes, de grandes circonscriptions militaires gouvernées chacune par un général, le stratège.

Au VIIIe siècle, une crise religieuse déchire l'Empire : l'iconoclasme, d'un mot grec qui veut dire « briser les images ». En 730, l'empereur Léon III prend officiellement position contre le culte des icônes, les images saintes du Christ, de la Vierge et des saints. La querelle dure plus d'un siècle : les images ne retrouvent leur place pour de bon qu'en 843.

Byzance rayonne aussi par la foi. Vers 862-863, deux frères envoyés par Constantinople, Cyrille et Méthode, partent évangéliser la Moravie, au centre de l'Europe, et Cyrille invente un alphabet pour écrire la langue des Slaves.

Piège classique : Cyrille n'a pas inventé l'alphabet cyrillique. Les historiens pensent plutôt que le sien est le glagolitique (Universalis). Le cyrillique, celui du russe, du bulgare ou du serbe, porte son nom sans être son œuvre.

Sous la dynastie macédonienne, l'Empire reprend l'offensive. Basile II, seul au pouvoir de 976 à 1025, écrase l'armée bulgare à Belasica en 1014 et fait de la Bulgarie une province byzantine, d'où son surnom de Bulgaroctone, « tueur de Bulgares ».

Rome et Byzance s'éloignent

Au XIe siècle, deux chrétientés vivent côte à côte : à l'ouest, l'Église latine, autour du pape ; à l'est, l'Église grecque, autour du patriarche de Constantinople, l'évêque de la capitale. Elles ne prient pas dans la même langue, et Constantinople ne reconnaît au pape qu'une primauté d'honneur, pas le droit de diriger toute la chrétienté.

En 1054, les envoyés du pape excommunient le patriarche Michel Cérulaire, qui les condamne à son tour : chacun exclut l'autre de l'Église. On date de là le schisme, c'est-à-dire la séparation, entre catholiques et orthodoxes. Ces condamnations ne sont levées qu'en 1965, par le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras.

Piège classique : 1054 n'est pas une rupture du jour au lendemain. Sur le moment, l'événement a peu d'effet. C'est la prise de Constantinople par les croisés, en 1204, qui creuse vraiment le fossé ; 1054 sert après coup à la justifier.

Venise pèse de plus en plus sur l'Empire. Depuis 1082, ses marchands y jouissent de privilèges commerciaux énormes. En 1204, son doge, le chef élu de la ville, Enrico Dandolo, met la quatrième croisade au service des intérêts vénitiens : les croisés, partis combattre les musulmans, prennent Constantinople le 12 avril, la pillent et y fondent un Empire latin. Les Byzantins ne reprennent leur capitale qu'en 1261.

Conseil : le programme de Seconde cite Venise, « grande puissance maritime et commerciale », parmi les points de passage de la Méditerranée médiévale. Pour la relier à Byzance, garde deux dates : 1082 et 1204.

La chute de 1453

Le recul commence bien avant. En 1071, à Mantzikert, l'armée byzantine est écrasée par les Turcs seldjoukides, qui envahissent ensuite l'Asie Mineure, la péninsule qui forme la partie asiatique de la Turquie. Après 1261, la dynastie des Paléologues assure la survie de l'Empire pendant près de deux siècles.

Au début d'avril 1453, le sultan ottoman Mehmed II s'installe sous les murs de Constantinople avec une puissante armée. Son artillerie vient à bout des remparts. Le 29 mai, les janissaires, soldats d'élite du sultan, escaladent les murs, et le dernier empereur, Constantin XI, meurt les armes à la main.

Mehmed II fait de la ville la capitale de l'Empire ottoman, et Sainte-Sophie devient une mosquée. Les derniers États grecs tombent peu après : la Morée, au sud de la Grèce, en 1460, puis l'empire de Trébizonde, au bord de la mer Noire, en 1461.

Avec 1492, 1453 est l'une des deux dates qu'on retient pour marquer le début de l'époque moderne. Toutes deux ouvrent le basculement des échanges de la Méditerranée vers l'Atlantique.

Exercices corrigés

Du plus simple au niveau d'un contrôle. Cherche chacun sur ta feuille avant d'ouvrir la correction.

Exercice 1 : On lit dans une copie : « L'Empire byzantin a survécu 1123 ans à la chute de l'Empire romain d'Occident. » Sachant que l'Empire d'Occident disparaît en 476 et que Constantinople est fondée en 330 et prise en 1453, vérifie la phrase par un calcul, corrige-la, puis trouve d'où vient le nombre 1123.

Correction :

La survie après l'Occident se calcule par une soustraction : 1453 - 476 = 977. La phrase est fausse : l'Empire byzantin survit 977 ans, près de dix siècles, à l'Empire d'Occident.

Le nombre 1123 part de la fondation de Constantinople : 1453 - 330 = 1123. C'est l'âge de la capitale à sa chute, pas la survie après 476.

Résultat : 977 ans après 476, et 1123 ans depuis 330.

Exercice 2 : Range dans l'ordre chronologique et donne le siècle de chaque événement : la prise de Constantinople par les croisés (1204), la sédition Nika (532), les excommunications mutuelles entre Rome et Constantinople (1054), la prise de position de Léon III contre les images (730).

Correction :

Dans l'ordre : la sédition Nika (532), Léon III (730), les excommunications (1054), puis les croisés (1204).

Pour trouver le siècle, prends le nombre de centaines et ajoute 1 : 532 compte 5 centaines, donc VIe siècle. De même, 730 donne le VIIIe siècle, 1054 le XIe et 1204 le XIIIe.

Le piège est 1204 : l'année commence par 12, mais elle tombe au XIIIe siècle. Seules les années qui finissent par 00 échappent à la règle : 1200 est la dernière année du XIIe siècle.

Exercice 3 : En une dizaine de lignes, montre que l'Empire byzantin est l'héritier de Rome tout en devenant un empire grec et chrétien d'Orient. Appuie-toi sur au moins trois dates précises.

Correction :

La consigne a deux faces : ce que Byzance garde de Rome, puis ce qui change. Définis l'Empire, consacre une phrase à chaque argument avec une date, puis conclus en répondant à la consigne. Voici un paragraphe possible.

L'Empire byzantin est la partie orientale de l'Empire romain, qui survit à la fin de l'Occident en 476. Il en reste l'héritier : ses habitants se disent Romains, et Justinien (527-565) tente de reconquérir l'Occident tout en faisant rassembler le droit romain. Mais il devient un empire grec : sous Héraclius (610-641), le grec devient la langue officielle. Son Église s'éloigne aussi de celle de Rome, comme le montrent les excommunications mutuelles de 1054. Byzance prolonge donc Rome tout en devenant une civilisation à part, jusqu'à la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453.

À retenir

À retenir :

  • L'Empire byzantin est l'Empire romain d'Orient, de la fondation de Constantinople en 330 à sa prise par les Ottomans en 1453.
  • 476 ne met fin qu'à l'Empire romain d'Occident.
  • Justinien (527-565) reconquiert une partie de l'Occident, rassemble le droit romain et fait construire Sainte-Sophie.
  • Au VIIe siècle, l'Empire perd la Syrie et l'Égypte face aux Arabes et devient grec par la langue, mais Constantinople tient.
  • 1054 puis 1204 éloignent la chrétienté grecque de la latine ; 1453, comme 1492, sert de repère pour le début de l'époque moderne.

Sources

  • Programme d'histoire-géographie de seconde générale et technologique, Bulletin officiel spécial n° 1 du 22 janvier 2019 : texte sur eduscol.
  • Encyclopédie Larousse en ligne, article « Empire byzantin » et articles liés (Héraclius Ier, Basile II, Sainte-Sophie, Grand schisme d'Orient) : larousse.fr.
  • Encyclopædia Universalis, article « Cyrille et Méthode », par Roger Bernard : universalis.fr.

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