Niveau : moyen. Durée estimée : 1 h 20. 10 exercices corrigés, du plus facile au niveau d'un contrôle de seconde.
Rappel des notions clés
Devant une mobilité, demande-toi pourquoi la personne part et combien de temps elle reste. Une infirmière philippine qui part travailler cinq ans à Dubaï est une migrante de travail ; un couple qui passe dix jours à Rome fait du tourisme.
Lis ensuite chaque chiffre en nombre et en part. En 2024, l'ONU compte 304 millions de migrants internationaux : énorme en nombre, mais seulement 3,7 % de la population mondiale.
Définitions : un migrant international vit dans un autre pays que celui où il est né, en général depuis au moins 12 mois, quel que soit son motif. Un réfugié est un migrant forcé : il a fui des persécutions (pour ses opinions, sa religion, son origine…), et la Convention de Genève de 1951 le protège. Un demandeur d'asile attend la réponse à sa demande de protection. Un touriste se déplace pour un séjour temporaire, sans changer de pays de résidence.
Formules à retenir :
- Part d'un ensemble, en % : $\dfrac{\text{partie}}{\text{total}} \times 100$
- Coefficient multiplicateur entre une valeur de départ $V_D$ et une valeur d'arrivée $V_A$ : $c = \dfrac{V_A}{V_D}$
- Une hausse de $t\,\%$ revient à multiplier par $1 + \dfrac{t}{100}$
Piège classique : imaginer que presque tous les migrants partent vers un autre continent, par exemple de l'Afrique vers l'Europe. En 2024, 45 % des migrants internationaux vivent dans leur propre région d'origine.
Exercices : niveau facile
Exercice 1 : Nomme la mobilité de chaque personne : migration de travail, migration d'études, migration forcée ou tourisme.
a) Inès, Lyonnaise, part faire ses deux ans de master à Madrid.
b) Daniel, journaliste menacé de prison pour ses articles, obtient la protection de la France.
c) Kenji et Aiko, de Tokyo, visitent Paris pendant dix jours.
d) Ravi, maçon indien, part travailler cinq ans aux Émirats arabes unis.
Correction :
Regarde le motif, puis la durée : seuls Kenji et Aiko rentrent vite chez eux.
a) migration d'études ; b) migration forcée, Daniel est réfugié ; c) tourisme ; d) migration de travail.
Exercice 2 : Classe ces facteurs en répulsifs (ils poussent à partir) et attractifs (ils attirent vers un autre pays) : guerre civile, salaires élevés, chômage des jeunes, université réputée, sécheresses à répétition, famille déjà installée.
Correction :
Demande-toi si le facteur joue au départ ou à l'arrivée.
Répulsifs : guerre civile, chômage des jeunes, sécheresses à répétition. Attractifs : salaires élevés, université réputée, famille déjà installée.
La famille déjà installée forme un réseau migratoire, qui aide à trouver logement et emploi.
Exercice 3 : En 2024, l'ONU compte 304 millions de migrants internationaux, dont 94 millions en Europe, 61 millions en Amérique du Nord et 54 millions en Afrique du Nord et Asie de l'Ouest. a) Calcule la part des migrants vivant en Europe. b) Calcule la part de ces trois régions réunies, puis conclus.
Correction :
On applique la formule de la part.
a) $\dfrac{94}{304} \times 100 \approx 30{,}9\,\%$ : environ 31 % des migrants vivent en Europe, près d'un sur trois.
b) $94 + 61 + 54 = 209$ millions, et $\dfrac{209}{304} \times 100 \approx 68{,}8\,\%$ : plus de deux migrants sur trois vivent dans ces trois grands pôles d'accueil.
Exercices : niveau moyen
Exercice 4 : Le monde comptait 154 millions de migrants internationaux en 1990 (2,9 % de la population mondiale) et 304 millions en 2024 (3,7 %). Léo affirme : « Le nombre de migrants a doublé, donc leur part a doublé aussi. » a) Calcule le coefficient multiplicateur du nombre, puis celui de la part. b) Explique l'erreur de Léo.
Correction :
a) Nombre : $\dfrac{304}{154} \approx 1{,}97$, presque le double. Part : $\dfrac{3{,}7}{2{,}9} \approx 1{,}28$, soit $3{,}7 - 2{,}9 = 0{,}8$ point de plus (l'écart entre deux pourcentages se compte en points).
b) La population mondiale a elle aussi beaucoup augmenté ; les migrants augmentent un peu plus vite qu'elle, donc leur part monte, mais bien moins vite que leur nombre.
Exercice 5 : À la mi-2024, l'ONU compte 51,7 millions de personnes forcées de fuir leur pays (réfugiés, demandeurs d'asile et autres personnes à protéger), sur 304 millions de migrants internationaux. a) Combien de migrants n'ont pas été forcés de fuir ? b) Un titre de presse affirme : « Les migrants sont avant tout des réfugiés. » Discute-le.
Correction :
a) $304 - 51{,}7 = 252{,}3$ : 252,3 millions de migrants, soit environ cinq sur six.
b) Le titre est faux : ces 252,3 millions sont surtout partis pour travailler, étudier ou rejoindre leur famille. Mais la part des migrants forcés de fuir est la plus haute depuis le début des statistiques mondiales sur les réfugiés, dans les années 1950.
Exercice 6 : En 2024, selon l'ONU, 64 % des migrants nés en Afrique subsaharienne vivent dans un autre pays d'Afrique subsaharienne. Une camarade écrit : « Les migrants d'Afrique subsaharienne partent presque tous vers l'Europe. » Corrige sa phrase avec ce chiffre.
Correction :
Confronte la phrase au chiffre. Près de deux migrants subsahariens sur trois restent dans leur région ; au plus 36 % vivent ailleurs, Europe et autres continents réunis.
La phrase est fausse : la plupart des migrants subsahariens restent en Afrique subsaharienne.
Exercice 7 : Selon l'ONU, en 2024, les États-Unis comptent 52,4 millions de migrants, soit 15,2 % de leur population, et 51,1 % de ces migrants sont des femmes. Les Émirats arabes unis en comptent 8,2 millions, soit 74 % de leur population, et 32,7 % d'entre eux sont des femmes. a) Quel pays accueille le plus de migrants ? Dans lequel pèsent-ils le plus ? b) Que révèle la part des femmes aux Émirats ?
Correction :
a) Les États-Unis en nombre, les Émirats arabes unis en part : près de trois habitants sur quatre y sont des migrants. Un grand nombre ne fait pas une grande part.
b) Aux Émirats, moins d'un migrant sur trois est une femme, contre la moitié aux États-Unis : ce sont surtout des hommes venus travailler. Cette migration de travail fait de Dubaï, aux Émirats, un pôle migratoire autant que touristique.
Exercices : niveau difficile
Exercice 8 : Arrivées de touristes internationaux en 2024, selon ONU Tourisme : Europe, 747 millions ; Asie et Pacifique, 316 millions ; Amériques, 213 millions ; Moyen-Orient, 95 millions ; Afrique, 74 millions. a) Calcule le total mondial, puis montre que l'Europe reçoit plus de la moitié des arrivées. b) Donne deux raisons de cette domination. c) Les arrivées au Moyen-Orient ont augmenté de 32 % depuis 2019 : calcule leur nombre en 2019. Que montre cette hausse, la plus forte des cinq régions ?
Correction :
a) $747 + 316 + 213 + 95 + 74 = 1\,445$ millions, environ 1,4 milliard. La moitié vaut $1\,445 \div 2 = 722{,}5$ millions, et $747 > 722{,}5$ : l'Europe reçoit plus de la moitié des arrivées.
b) Elle réunit beaucoup de pays riches et proches, entre lesquels on voyage beaucoup, souvent sans contrôle aux frontières (espace Schengen).
c) Une hausse de 32 % revient à multiplier par $1{,}32$, donc $95 \div 1{,}32 \approx 72$ : environ 72 millions d'arrivées en 2019. Le tourisme international se diffuse au-delà des grands foyers touristiques.
Exercice 9 : En un paragraphe argumenté, montre ce qu'un pays de départ gagne et perd quand ses habitants émigrent, en définissant les remises et la fuite des cerveaux.
Correction :
Pèse le pour et le contre, puis conclus avec nuance.
Gains : les remises, l'argent envoyé par les migrants à leur famille restée au pays, paient nourriture, école ou soins ; la diaspora (les émigrés et leurs descendants) peut aussi investir au pays.
Pertes : la fuite des cerveaux, c'est-à-dire le départ de diplômés formés sur place (médecins, ingénieurs), prive le pays de compétences qu'il a financées ; le départ des jeunes actifs peut aussi vider des régions.
Le pays gagne des revenus mais peut perdre des compétences.
Exercice 10 : Réponse construite (un court texte organisé, 20 minutes) : montre que les mobilités internationales sont généralisées mais inégales, avec une introduction, deux ou trois parties appuyées sur des chiffres datés et une conclusion.
Correction :
Un plan possible, avec un chiffre daté par idée.
Introduction : une mobilité internationale est un déplacement de personnes qui franchit une frontière. Tout le monde circule-t-il aussi librement ?
I. Des mobilités généralisées : 304 millions de migrants en 2024, presque deux fois plus qu'en 1990, et 1,4 milliard d'arrivées touristiques internationales la même année.
II. Des territoires inégaux : l'Europe reçoit plus de la moitié des arrivées touristiques ; les migrants se concentrent en Europe, en Amérique du Nord et dans le Golfe.
III. Des personnes inégalement libres : un touriste d'un pays riche passe facilement les frontières, pas un migrant d'un pays pauvre ; et 51,7 millions de personnes ont dû fuir leur pays en 2024.
Conclusion : les mobilités relient le monde, mais inégalement selon les territoires et selon les personnes.
Bilan et conseils
Ce qu'il faut retenir : nomme chaque mobilité par son motif et sa durée, puis lis chaque chiffre en nombre et en part. En contrôle, appuie chaque idée sur un chiffre daté.
Ces exercices couvrent le thème 3 du programme de géographie de seconde, « Des mobilités généralisées ».
Sources
- Programme d'histoire-géographie de seconde, annexe du Bulletin officiel (eduscol).
- ONU, Division de la population, International Migrant Stock 2024: Key facts and figures, janvier 2025.
- ONU Tourisme, bilan du tourisme international en 2024, 21 janvier 2025.