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Maîtriser la Construction Européenne : Exercices d'Histoire

Affûte tes connaissances sur la genèse et l'évolution de la construction européenne grâce à des exercices ciblés et leurs corrections détaillées.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Maîtriser la Construction Européenne : Ton Guide d'Exercices

Bonjour, futur(e) expert(e) des affaires européennes ! La construction européenne est un projet politique unique, complexe et en constante évolution, jalonné de succès, de crises et de défis. De la fin de la Seconde Guerre mondiale à l'Union Européenne d'aujourd'hui, comprendre cette histoire est essentiel pour tout étudiant en histoire-sup. Cette série d'exercices te guidera à travers les étapes clés, les acteurs majeurs, les institutions et les débats qui ont façonné le continent. Prépare-toi à consolider tes acquis et à affiner ton analyse !

Compétences travaillées :

  • Identifier les étapes et les traités majeurs de la construction européenne.
  • Comprendre le rôle des "pères fondateurs" et des institutions européennes.
  • Analyser les dynamiques d'élargissement et d'approfondissement de l'Union.
  • Distinguer les enjeux politiques, économiques et sociaux de l'intégration européenne.
  • Développer une réflexion critique sur les défis actuels et futurs de l'UE.

Erreurs fréquentes à éviter :

  • Confondre les différentes institutions européennes (Conseil de l'UE, Conseil européen, Conseil de l'Europe, Commission, Parlement).
  • Négliger la chronologie des traités : chaque traité marqu'une étape cruciale et modifie l'architecture de l'Union.
  • Sous-estimer la diversité des visions nationales : la construction européenne est le fruit de compromis entre des intérêts et des perspectives souvent divergents.
  • Oublier les dimensions géopolitiques : la construction européenne n'est pas un processus isolé, elle est influencée par le contexte mondial.

Série d'Exercices : La Construction Européenne

Exercice 1 : Les Pères Fondateurs

Cite au moins trois figures majeures considérées comme des "pères fondateurs" de l'Europe et explique brièvement la contribution de l'une d'entre elles au projet européen.

Barème indicatif : 2 points

Correction :

La construction européenne est le fruit d'une vision portée par des hommes politiques d'exception dans l'après-guerre.

Résolution étape par étape :

  1. Identification des Pères Fondateurs : Robert Schuman, Jean Monnet, Konrad Adenauer, Alcide De Gasperi, Paul-Henri Spaak, Altiero Spinelli, etc.
  2. Contribution de l'un d'entre eux (exemple avec Robert Schuman) :
    • Robert Schuman (ministre des Affaires étrangères français) : A prononcé la "Déclaration Schuman" le 9 mai 1950. Ce discours est considéré comme l'acte de naissance de la construction européenne. Il propose de placer la production franco-allemande de charbon et d'acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation d'autres pays européens. L'objectif était de rendre toute guerre future entre la France et l'Allemagne "non seulement impensable, mais matériellement impossible".

Résultat : Trois figures majeures sont Robert Schuman, Jean Monnet et Konrad Adenauer. La contribution de Robert Schuman est essentielle : sa Déclaration du 9 mai 1950 a proposé de placer les productions de charbon et d'acier de la France et de l'Allemagne sous une Haute Autorité commune, jetant les bases de la CECA et rendant la guerre impensable entre ces nations.

Astuce méthode : Mémorise au moins trois noms et associe-leur une idée forte pour chaque personnage clé d'un événement historique.

Exercice 2 : La CECA et ses Objectifs

Quel est le nom de la première communauté européenne créée en 1951 ? Quels étaient ses objectifs principaux, tant économiques que politiques ?

Barème indicatif : 1,5 points

Correction :

La Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA) est la pierre angulaire de l'intégration européenne.

Résolution étape par étape :

  1. Nom de la communauté : La Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA).
  2. Objectifs économiques :
    • Mettre en commun et contrôler la production de charbon et d'acier des pays membres (France, Allemagne de l'Ouest, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg).
    • Créer un marché commun pour ces ressources essentielles à l'industrie et à l'armement, afin de moderniser les économies.
  3. Objectifs politiques :
    • Rendre toute guerre future entre la France et l'Allemagne impossible en mutualisant les ressources stratégiques.
    • Jeter les bases d'une fédération européenne, selon l'esprit de la Déclaration Schuman.
    • Assurer la paix et la stabilité sur le continent après les ravages des deux guerres mondiales.

Résultat : La première communauté européenne est la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA), créée en 1951. Ses objectifs étaient de mettre en commun et contrôler la production de charbon et d'acier des pays membres pour moderniser les économies (objectif économique), et surtout de rendre toute guerre future entre la France et l'Allemagne impossible et de jeter les bases d'une fédération européenne (objectifs politiques).

Exercice 3 : Le Traité de Rome (1957)

Que met en place le Traité de Rome, signé en 1957 ? Quelles sont les deux communautés qu'il fonde et quel est leur principal objectif commun ?

Barème indicatif : 1,5 points

Correction :

Le Traité de Rome est une étape fondatrice majeure qui élargit le champ de l'intégration européenne au-delà du charbon et de l'acier.

Résolution étape par étape :

  1. Ce que met en place le traité : Le Traité de Rome fonde la Communauté Économique Européenne (CEE), aussi appelée "Marché commun".
  2. Les deux communautés fondées :
    • La Communauté Économique Européenne (CEE).
    • La Communauté Européenne de l'Énergie Atomique (CEEA ou Euratom).
  3. Principal objectif commun : Créer un marché commun, c'est-à-dire un espace sans frontières intérieures où circulent librement les personnes, les marchandises, les services et les capitaux.

Résultat : Le Traité de Rome (1957) met en place la Communauté Économique Européenne (CEE) et fonde également la Communauté Européenne de l'Énergie Atomique (CEEA ou Euratom). Leur principal objectif commun est de créer un marché commun, garantissant la libre circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux entre les États membres.

Exercice 4 : Les Institutions Clés de l'UE

Décris brièvement le rôle et les fonctions de trois institutions majeures de l'Union Européenne actuelle : la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil européen.

Barème indicatif : 3 points

Correction :

Comprendre le rôle de chaque institution est fondamental pour saisir le fonctionnement de l'UE.

Résolution étape par étape :

  1. La Commission européenne :
    • Rôle : Représente l'intérêt général de l'UE, agit comme le "gouvernement" de l'UE.
    • Fonctions : Propose la législation (droit d'initiative), met en œuvre les politiques de l'UE, gère le budget et veille au respect du droit de l'UE ("gardienne des traités"). Composée de commissaires (un par État membre) indépendants des gouvernements nationaux.
  2. Le Parlement européen :
    • Rôle : Représente les citoyens de l'UE, est la seule institution européenne élue au suffrage universel direct.
    • Fonctions : Partage le pouvoir législatif (adoption des lois) avec le Conseil de l'UE, contrôle démocratiquement la Commission (peut la censurer), adopte le budget de l'UE avec le Conseil.
  3. Le Conseil européen :
    • Rôle : Définit les orientations politiques générales et les priorités de l'UE. Il est l'instance politique suprême.
    • Fonctions : Composé des chefs d'État ou de gouvernement des États membres, du président du Conseil européen et du président de la Commission. Il donne l'impulsion et la direction politique, mais ne légifère pas.

Résultat : 1) La Commission européenne représente l'intérêt général de l'UE, propose les lois et exécute les politiques (le "gouvernement" de l'UE). 2) Le Parlement européen représente les citoyens, co-légifère avec le Conseil de l'UE et contrôle la Commission (seule institution élue au suffrage universel direct). 3) Le Conseil européen, composé des chefs d'État/gouvernement, définit les orientations politiques et les priorités de l'UE, donnant l'impulsion stratégique.

Point méthode : Pour les institutions, retiens toujours qui elles représentent (citoyens, États, intérêt général) et leurs trois fonctions principales (législation, exécution, contrôle, orientation).

Exercice 5 : L'Élargissement de l'UE

Décris les principales vagues d'élargissement de l'Union Européenne depuis sa création. Quels ont été les motivations et les enjeux de ces élargissements successifs ?

Barème indicatif : 3 points

Correction :

L'élargissement est une caractéristique majeure de la construction européenne, transformant progressivement la carte du continent.

Résolution étape par étape :

  1. Premières vagues (années 1970-1980) :
    • 1973 : Royaume-Uni, Irlande, Danemark. Motivation économique (accès au marché britannique), mais aussi volonté de renforcer la dimension politique.
    • 1981 : Grèce. 1986 : Espagne, Portugal. Motivations politiques (consolider la démocratie après les dictatures) et économiques (intégration de marchés méditerranéens).
  2. Élargissement post-Guerre Froide (années 1990-2000) :
    • 1995 : Autriche, Finlande, Suède. Motivation économique (pays riches, neutres).
    • 2004 ("Big Bang") : Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie. 2007 : Bulgarie, Roumanie. Motivations géopolitiques majeures : stabiliser les pays de l'ex-bloc soviétique, exporter la démocratie et l'économie de marché, réunifier le continent. Enjeux économiques (écarts de développement) et institutionnels (nécessité de réformer le fonctionnement de l'UE à 25, puis 27).
  3. Derniers élargissements :
    • 2013 : Croatie.
  4. Enjeux et motivations générales :
    • Paix et stabilité : Réduire les risques de conflits sur le continent.
    • Prospérité économique : Créer un marché unique plus vaste, favoriser la croissance.
    • Démocratie et droits de l'homme : Exporter les valeurs démocratiques.
    • Influence géopolitique : Renforcer le poids de l'UE sur la scène mondiale.

Résultat : Les principales vagues d'élargissement incluent l'intégration du Royaume-Uni en 1973, des pays du Sud (Grèce, Espagne, Portugal) dans les années 1980 pour consolider leurs démocraties, et surtout le "Big Bang" de 2004 (10 nouveaux membres, majoritairement d'Europe centrale et orientale) et 2007 (Bulgarie, Roumanie) pour stabiliser et réunifier le continent après la Guerre Froide. Ces élargissements sont motivés par la recherche de paix, de stabilité, de prospérité économique et d'influence géopolitique, mais posent des défis en termes de cohésion et de fonctionnement institutionnel.

Astuce méthode : Quand tu parles d'élargissement, pense toujours aux dates clés, aux pays impliqués et aux raisons (politiques, économiques, géopolitiques) ainsi qu'aux conséquences.

Exercice 6 : La Politique Agricole Commune (PAC)

Présente l'origine et les objectifs initiaux de la Politique Agricole Commune (PAC). Quels sont les grands principes qui la gouvernaient et comment a-t-elle évolué au fil du temps ?

Barème indicatif : 2,5 points

Correction :

La PAC est l'une des politiques les plus anciennes et les plus intégrées de l'Union Européenne, bien qu'elle ait connu des transformations majeures.

Résolution étape par étape :

  1. Origine et objectifs initiaux (1962) :
    • Contexte : Pénuries alimentaires après la Seconde Guerre mondiale, nécessité de moderniser l'agriculture et d'assurer l'indépendance alimentaire.
    • Objectifs : Augmenter la productivité agricole, assurer un niveau de vie équitable à la population agricole, stabiliser les marchés, garantir la sécurité des approvisionnements, assurer des prix raisonnables aux consommateurs.
  2. Grands principes initiaux :
    • Unicité du marché : Libre circulation des produits agricoles à l'intérieur de la CEE.
    • Préférence communautaire : Protection du marché européen contre la concurrence des produits importés (taxes douanières).
    • Solidarité financière : Les dépenses de la PAC sont financées par un budget commun (FEOGA - Fonds Européen d'Orientation et de Garantie Agricole).
  3. Évolution et réformes :
    • Initialement très interventionniste, elle a conduit à des surplus de production ("montagnes de beurre", "lacs de vin") et à une augmentation des dépenses.
    • Les réformes successives (dès les années 1990) ont visé à découpler les aides de la production, à favoriser une agriculture plus durable et respectueuse de l'environnement, à soutenir le développement rural et à renforcer la compétitivité. Elle est désormais plus axée sur le soutien direct aux revenus des agriculteurs et des mesures agri-environnementales.

Résultat : La Politique Agricole Commune (PAC) est née en 1962 pour assurer la sécurité alimentaire après-guerre et soutenir les agriculteurs. Ses objectifs initiaux étaient d'augmenter la productivité, stabiliser les marchés et garantir des prix équitables. Elle reposait sur les principes d'unicité du marché, de préférence communautaire et de solidarité financière. Après avoir généré des surplus, elle a été profondément réformée à partir des années 1990 pour découpler les aides de la production, promouvoir une agriculture durable et soutenir le développement rural.

Exercice 7 : Le Traité de Maastricht (1992) et ses Conséquences

Le Traité de Maastricht, signé en 1992, marqu'une étape majeure. Explique pourquoi et décris les principales innovations qu'il introduit, en particulier concernant l'Union Économique et Monétaire (UEM).

Barème indicatif : 2,5 points

Correction :

Maastricht est un tournant, transformant la CEE en une Union plus ambitieuse et politique.

Résolution étape par étape :

  1. Pourquoi une étape majeure ? Le Traité de Maastricht transforme la Communauté Économique Européenne (CEE) en Union Européenne (UE) et va bien au-delà de l'intégration économique en posant les bases d'une union politique.
  2. Principales innovations :
    • Création de l'Union Européenne (UE) : Mise en place d'une structure en "trois piliers" :
      • 1er pilier : Les Communautés européennes (CECA, CEE, CEEA), avec une méthode communautaire intégrée.
      • 2e pilier : La politique étrangère et de sécurité commune (PESC), de nature intergouvernementale.
      • 3e pilier : La coopération en matière de justice et affaires intérieures (JAI), également intergouvernementale.
    • Mise en place de l'Union Économique et Monétaire (UEM) :
      • Fixe le calendrier et les critères de convergence (critères de Maastricht) pour l'adoption d'une monnaie unique.
      • Crée le cadre institutionnel de l'euro (Banque Centrale Européenne).
    • Citoyenneté européenne : Introduit le concept de citoyenneté de l'Union, offrant de nouveaux droits (droit de vote aux élections locales et européennes dans un autre État membre, protection diplomatique).

Résultat : Le Traité de Maastricht (1992) est une étape majeure car il transforme la CEE en Union Européenne (UE), étendant l'intégration au-delà de l'économique avec sa "structure en piliers" (Communautés, PESC, JAI). Sa principale innovation est la mise en place de l'Union Économique et Monétaire (UEM), définissant les critères de convergence et le calendrier pour l'adoption de la monnaie unique, l'euro. Il introduit également la citoyenneté européenne.

Exercice 8 : Le "Déficit Démocratique" de l'UE

Analyse le concept de "déficit démocratique" souvent reproché à l'Union Européenne. Quelles sont les critiques principales formulées à cet égard et quelles mesures ont été prises (ou pourraient l'être) pour y remédier ?

Barème indicatif : 4 points

Correction :

Le déficit démocratique est une critique récurrente et sérieuse de l'UE, touchant à sa légitimité et à son acceptation par les citoyens.

Résolution étape par étape :

  1. Définition du "déficit démocratique" : Il s'agit du reproche fait à l'Union Européenne d'un manque de légitimité démocratique perçue par les citoyens, dû à une faible participation électorale, une complexité institutionnelle, et une impression d'éloignement des centres de décision.
  2. Critiques principales :
    • Faible légitimité du Parlement européen : Bien qu'élu au suffrage universel direct, la participation aux élections européennes est souvent faible. Le Parlement n'a pas (encore) un pouvoir d'initiative législative direct comparable aux parlements nationaux (qui est dévolu à la Commission).
    • Pouvoir excessif de la Commission européenne : La Commission, institution non élue, détient le quasi-monopole du droit d'initiative législative, ce qui est perçu comme non démocratique.
    • Opacité du Conseil de l'UE : Les délibérations du Conseil de l'UE (représentant les États) sont parfois jugées trop opaques, et le rôle des diplomates et experts nationaux prédominant sur les élus.
    • Éloignement des citoyens : Les institutions sont perçues comme lointaines, complexes et peu compréhensibles, conduisant à une faible appropriation du projet européen par les citoyens.
    • Manque d'un véritable "demos" européen : Absence d'une opinion publique européenne unifiée, de partis politiques transnationaux forts, rendant difficile la construction d'un espace politique démocratique.
  3. Mesures prises ou possibles :
    • Renforcement du Parlement européen : Le Parlement a vu ses pouvoirs considérablement augmenter au fil des traités (codécision législative avec le Conseil, pouvoir sur le budget et l'investiture de la Commission).
    • Initiative Citoyenne Européenne (ICE) : Permet à un million de citoyens de plusieurs pays de demander à la Commission de proposer une loi.
    • Transparence accrue : Tentatives d'améliorer la transparence des processus décisionnels du Conseil et de la Commission.
    • Réformes futures : Discussions sur un droit d'initiative pour le Parlement, la création de listes transnationales pour les élections européennes, un meilleur lien entre les résultats électoraux et la nomination du président de la Commission (système des "Spitzenkandidaten").

Résultat : Le "déficit démocratique" de l'UE est la critique d'un manque de légitimité démocratique due à la faible participation électorale et à la complexité institutionnelle. Les principales critiques visent le pouvoir d'initiative de la Commission (non élue), l'opacité du Conseil de l'UE et la relative faiblesse du Parlement européen, malgré son élection au suffrage universel. Pour y remédier, des mesures ont renforcé les pouvoirs du Parlement, créé l'Initiative Citoyenne Européenne (ICE), et des débats perdurent sur des réformes comme le droit d'initiative parlementaire ou les listes transnationales aux élections européennes.

Astuce méthode : Pour une question complexe comme celle-ci, structure ta réponse en trois parties : définition du problème, identification des causes/critiques, et exploration des solutions/évolutions.

Exercice 9 : La Souveraineté Nationale Face à l'Intégration Européenne

Discute de la tension entre la souveraineté nationale des États membres et le processus d'intégration européenne. Comment les États membres ont-ils "accepté" de transférer une partie de leur souveraineté, et quelles sont les limites ou les résistances à ce transfert ?

Barème indicatif : 3,5 points

Correction :

La question de la souveraineté est au cœur des débats sur la construction européenne, balançant entre intergouvernemental et supranational.

Résolution étape par étape :

  1. Le principe du transfert de souveraineté : L'intégration européenne implique les États membres acceptent de transférer une partie de leurs compétences (et donc de leur souveraineté) à des institutions supranationales (Commission, Cour de Justice, BCE). Ce transfert est volontaire et encadré par les traités.
  2. Les raisons de l'acceptation :
    • Bénéfices collectifs : Les États y trouvent des avantages partagés (paix, marché unique, poids diplomatique accru, sécurité collective).
    • Mise en commun des ressources : Face à des défis globaux (économie, environnement), des problèmes qui dépassent les frontières nationales, une action collective est plus efficace.
    • Garanties démocratiques : Le cadre européen offre des garanties en termes de droits de l'homme, d'État de droit.
    • Contrainte et opportunisme : Parfois, l'adhésion est aussi le résultat de pressions ou d'opportunités économiques.
  3. Limites et résistances :
    • Principe de subsidiarité : L'UE n'agit que si l'action n'est pas réalisable ou plus efficace à l'échelle nationale ou locale.
    • Le rôle des États : Le Conseil de l'UE et le Conseil européen restent des lieux de négociation intergouvernementale où les intérêts nationaux sont fortement défendus.
    • Domaines de souveraineté "régaliens" : Certains domaines (défense, politique étrangère, fiscalité, sécurité sociale) restent très sensibles et sont souvent traités par la coopération intergouvernementale plutôt que par l'intégration supranationale.
    • Résistance de l'opinion publique : Les référendums sur les traités européens (ex: France et Pays-Bas sur le Traité constitutionnel en 2005, Brexit) ont montré une méfiance croissante envers l'intégration jugée trop lointaine ou menaçante pour l'identité nationale.
    • Concept de "souveraineté partagée" : Certains défendent l'idée que la souveraineté n'est pas perdue mais partagée pour mieux agir dans un monde globalisé.

Résultat : La construction européenne impliqu'un transfert volontaire de souveraineté des États membres vers des institutions supranationales, motivé par la recherche de bénéfices collectifs (paix, marché unique, influence géopolitique) et la gestion de défis transnationaux. Cependant, ce transfert est limité par le principe de subsidiarité et la prédominance des États sur des domaines régaliens (défense, fiscalité) via l'intergouvernemental. Les résistances se manifestent aussi par l'opinion publique (ex: Brexit) et la difficulté à concilier intérêts nationaux et projet commun, posant la question d'une "souveraineté partagée" plutôt que perdue.

Exercice 10 : Les Défis Actuels et Futurs de l'UE

Identifie et analyse trois défis majeurs auxquels l'Union Européenne est confrontée aujourd'hui et dans un futur proche. Pour chaque défi, propose brièvement une piste de réflexion sur les réponses possibles de l'UE.

Barème indicatif : 4 points

Correction :

L'UE est un projet en constante évolution, et les défis ne manquent pas pour assurer sa pertinence et sa survie.

Résolution étape par étape :

  1. Défi 1 : La fragmentation et la montée des populismes/nationalismes.
    • Analyse : Le Brexit a montré la fragilité de l'unité européenne. Les partis populistes et nationalistes gagnent du terrain dans plusieurs États membres, remettant en question la légitimité de l'intégration et prônant un retour aux souverainetés nationales. Cela menace la cohésion interne et la capacité d'action de l'UE.
    • Piste de réflexion : L'UE doit mieux communiquer sur ses réalisations concrètes pour les citoyens, renforcer la participation démocratique (ex: listes transnationales, renforcement du Parlement), et montrer sa capacité à répondre efficacement aux préoccupations quotidiennes (pouvoir d'achat, sécurité).
  2. Défi 2 : L'autonomie stratégique et la sécurité.
    • Analyse : Le contexte géopolitique mondial (guerre en Ukraine, rivalité sino-américaine, recul du multilatéralisme) force l'UE à repenser sa position. Sa dépendance énergétique et militaire (vis-à-vis des États-Unis) est une faiblesse. L'UE doit affirmer son rôle de puissance et garantir sa sécurité.
    • Piste de réflexion : Développer une défense européenne plus intégrée, diversifier les approvisionnements énergétiques, investir massivement dans l'innovation technologique et la cybersécurité, et renforcer une diplomatie européenne unifiée.
  3. Défi 3 : La transition écologique et numérique.
    • Analyse : L'UE s'est fixée des objectifs ambitieux en matière de neutralité carbone ("Green Deal") et de souveraineté numérique. Ces transitions représentent des coûts économiques et sociaux considérables, nécessitant d'importants investissements et une transformation profonde des modes de production et de consommation, avec le risque de creuser les inégalités entre États membres ou secteurs.
    • Piste de réflexion : Mettre en œuvre des politiques de transition justes et solidaires, mobiliser des financements massifs (ex: plan de relance post-COVID), développer une politique industrielle européenne forte pour soutenir l'innovation et la compétitivité dans ces secteurs d'avenir.

Résultat : L'UE fait face à des défis majeurs. 1) La fragmentation et la montée des populismes menacent l'unité ; l'UE doit mieux communiquer et renforcer la démocratie. 2) L'autonomie stratégique et la sécurité sont cruciales face à un monde instable ; l'UE doit intégrer sa défense et sa diplomatie, réduire ses dépendances. 3) La transition écologique et numérique exige des investissements massifs et une transformation des sociétés ; l'UE doit assurer une transition juste et développer une politique industrielle forte. La capacité de l'UE à répondre collectivement à ces défis déterminera son avenir.

Point méthode : Pour les défis, choisis des thématiques variées (politique interne, géopolitique, socio-économique). Pour chaque défi, propose non seulement une analyse, mais aussi des perspectives ou solutions.

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