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Révolution Française : Causes et Acteurs Clés (Université)

Huit exercices corrigés pour classer les causes de 1789 et analyser les acteurs de la Révolution, de Sieyès à Robespierre.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Niveau : licence, du facile au difficile. Durée estimée : 2 h 30. 8 exercices avec corrections détaillées.

Rappel des notions clés

Pour expliquer 1789, classe chaque cause sur trois niveaux : la cause profonde, à l'œuvre depuis des décennies ; la crise, qui la rend explosive ; le déclencheur, qui fait basculer. Exemple : les privilèges fiscaux sont une cause profonde, la dette de l'État relève de la crise, le refus du vote par tête aux États généraux est le déclencheur. Pour un acteur, demande-toi ce qu'il veut et ce qu'il peut à une date donnée.

Définitions :

  • Société d'ordres : les sujets du roi sont rangés en clergé, noblesse et tiers état.
  • Privilège : droit réservé à un groupe ; nobles et clercs sont en principe exemptés de la taille, un impôt direct.
  • Droits seigneuriaux : redevances et corvées dues par le paysan à son seigneur.
  • Vote par ordre : une voix par ordre, donc le tiers peut être battu deux voix contre une. Vote par tête : une voix par député.

Piège classique : écrire que la Révolution éclate « à cause de la crise financière ». La faillite explique pourquoi le roi convoque les États généraux, pas pourquoi les députés du tiers se proclament la nation.

Exercices : niveau facile

Exercice 1 : Classe ces faits en causes profondes, crise ou déclencheurs, puis justifie : a) les privilèges fiscaux ; b) les idées des Lumières ; c) la dette laissée par la guerre d'indépendance américaine ; d) la cherté du pain en 1788-1789 ; e) le refus du vote par tête en juin 1789 ; f) le renvoi de Necker le 11 juillet 1789.

Correction :

Demande-toi depuis quand le fait agit, et s'il suffit à faire basculer. Les privilèges sont anciens, et les Lumières donnent les mots pour les contester. La dette pousse le roi à chercher de nouveaux impôts, et le pain cher met le peuple dans la rue. Le refus du vote par tête mène au 17 juin, et le renvoi de Necker précède de trois jours la prise de la Bastille.

Causes profondes : a, b. Crise : c, d. Déclencheurs : e, f.

Exercice 2 : Associe chaque acteur à sa situation en 1788 : a) le clergé ; b) la noblesse ; c) le tiers état ; d) Louis XVI.

1) Premier ordre, il perçoit la dîme, une part des récoltes versée à l'Église. 2) L'immense majorité des sujets, qui paie l'essentiel des impôts directs. 3) Un monarque absolu à court d'argent, qui échoue à faire payer les privilégiés. 4) Second ordre, il cumule privilèges fiscaux et droits seigneuriaux.

Correction :

Repère le rang de chaque ordre, puis qui paie et qui perçoit.

a-1, b-4, c-2, d-3.

Va plus loin : aucun ordre n'est un bloc ; des curés rejoignent le tiers dès juin 1789.

Exercice 3 : Dis en une phrase ce que chacun de ces moments de 1789 change : le 17 juin, le 14 juillet, la nuit du 4 août, le 26 août. Lequel est la rupture décisive ?

Correction :

Pour chaque date, demande-toi qui gagne quoi. Le 17 juin, les députés du tiers se proclament Assemblée nationale : ils parlent au nom de la nation. Le 14 juillet, Paris prend la Bastille et le roi recule. La nuit du 4 août abolit les privilèges : la société d'ordres disparaît en droit. Le 26 août, la Déclaration place « le principe de toute souveraineté » dans la nation (article 3).

La rupture décisive est le 17 juin : la souveraineté change de titulaire avant même la Bastille.

Exercices : niveau moyen

Exercice 4 : Dans un pamphlet paru en janvier 1789, l'abbé Sieyès écrit : « 1° Qu'est-ce que le tiers état ? Tout. 2° Qu'a-t-il été jusqu'à présent dans l'ordre politique ? Rien. 3° Que demande-t-il ? À y devenir quelque chose. »

a) Présente l'auteur et le contexte. b) Explique « Rien » et « quelque chose ». c) Montre comment ce texte prépare le 17 juin 1789.

Correction :

Situe le texte, explique ses mots, puis relie-le à la suite.

a) Sieyès, prêtre issu d'une famille bourgeoise, publie ce pamphlet sans le signer, avant les élections aux États généraux ; il y sera élu député du tiers.

b) « Rien » : avec le vote par ordre, le tiers pèse une voix sur trois. « Quelque chose » : autant de députés que les deux autres ordres réunis, et le vote par tête. Le doublement est acquis depuis le 27 décembre 1788, le vote par tête non.

c) Si le tiers est « tout », il est la nation : le 17 juin, sur une proposition de Sieyès, ses députés se proclament Assemblée nationale.

Exercice 5 : Un camarade écrit : « La Révolution éclate parce que l'État est en faillite. » Dis ce que cette phrase a de juste, puis réécris-la correctement.

Correction :

Garde le fait, corrige le lien de cause.

Ce qui est juste : la dette, gonflée par la guerre d'indépendance américaine financée par l'emprunt, étrangle l'État. En 1787, l'assemblée des notables, choisie par le roi, rejette l'impôt sur toutes les terres proposé par Calonne ; le parlement de Paris, cour de justice qui enregistre les édits royaux, refuse ensuite ceux de Brienne et réclame les États généraux.

« La faillite oblige le roi à convoquer les États généraux ; la Révolution naît du conflit sur leur fonctionnement. »

Exercice 6 : Bourgeois et paysans appartiennent tous au tiers état. Compare leurs attentes en 1789, puis dis ce que les décrets du 4 au 11 août 1789 leur accordent réellement.

Correction :

Compare, puis confronte aux décrets.

Les bourgeois veulent l'égalité devant l'impôt et l'accès aux emplois publics ; les paysans, la fin des droits seigneuriaux. Les bourgeois obtiennent l'essentiel : fin des privilèges fiscaux, emplois ouverts à tous sans distinction de naissance. Les paysans, moins : la servitude personnelle et les justices seigneuriales (les tribunaux du seigneur) tombent sans indemnité, mais les autres droits deviennent rachetables, donc restent dus tant que le paysan n'a pas payé pour s'en libérer.

Union contre les privilèges, divergence sur la terre : les droits seigneuriaux ne disparaissent sans indemnité qu'avec le décret du 17 juillet 1793. Erreur à éviter : croire que le 4 août libère les paysans de toutes leurs charges.

Exercices : niveau difficile

Exercice 7 : Montre comment la peur d'un « complot aristocratique » radicalise la Révolution à l'été 1789, en octobre 1789 et à l'été 1792 : ce qui nourrit la peur, puis ce qu'elle produit.

Correction :

Relie chaque rumeur ou menace à l'action qu'elle provoque.

Été 1789 : pendant la Grande Peur, on croit que des brigands payés par les nobles vont détruire les récoltes ; les paysans attaquent des châteaux et brûlent les titres des droits seigneuriaux, et l'Assemblée répond par la nuit du 4 août.

Octobre 1789 : on dit que la cocarde tricolore a été piétinée à un banquet militaire, et le roi tarde à ratifier les décrets d'août ; le 5, sept à huit mille femmes marchent sur Versailles, et le 6 la famille royale part pour Paris.

Été 1792 : depuis sa fuite à Varennes (juin 1791), le roi est suspect ; le manifeste de Brunswick, chef des armées ennemies, menace Paris de destruction si la famille royale est touchée, et le 10 août les Tuileries sont prises, le roi suspendu.

La peur change des rumeurs en actes : elle lance les paysans contre les seigneurs, ramène le roi à Paris, puis le renverse. Nuance : elle grossit des faits réels (émigration, menaces étrangères).

Exercice 8 : Dissertation : « Robespierre, de l'avocat hostile à la peine de mort à l'homme de la Terreur ». Propose une problématique et un plan en trois parties, avec au moins une date par partie.

Correction :

Cherche une logique, pas un verdict. Problématique : comment un défenseur des droits en vient-il à justifier la Terreur au nom des mêmes principes ?

I. L'homme des principes (1789-1791). Avocat à Arras, député du tiers état en 1789, il demande l'abolition de la peine de mort le 30 mai 1791.

II. Le salut public (1793-1794). Face à la guerre et aux révoltes, il entre en 1793 au Comité de salut public, qui gouverne au nom de la Convention. Le 5 février 1794, il présente la Terreur comme une justice prompte et inflexible, issue de la vertu.

III. L'isolement et la chute (1794). Les groupes d'Hébert puis de Danton sont guillotinés au printemps ; la loi du 22 prairial (10 juin) supprime les garanties des accusés devant le Tribunal révolutionnaire. Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), la Convention le fait arrêter ; il est guillotiné le lendemain.

Erreur à éviter : en faire un dictateur seul. Il agit au sein d'un comité, et c'est la Convention qui le renverse.

Bilan et conseils

Ce qu'il faut retenir : une cause se démontre par un enchaînement daté, jamais par une liste. Un acteur se juge sur ce qu'il voulait et pouvait à une date donnée, pas sur ce qu'il deviendra.

Sources

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, sur Légifrance.

Emmanuel-Joseph Sieyès, Qu'est-ce que le tiers état ?, édition de 1888, sur Wikisource.

Jean-Jacques Clere, « L'abolition des droits féodaux en France », Cahiers d'histoire, n° 94-95, 2005, sur OpenEdition.

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