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La guerre froide | Histoire-Geo | terminale

Alliée des États-Unis sans leur obéir : la place de la France dans la guerre froide, ses dates clés et quatre exercices corrigés.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Pendant toute la guerre froide, la France reste dans le camp occidental : membre fondateur de l'Alliance atlantique en 1949, elle ne l'a jamais quittée. Mais à partir de 1958, de Gaulle la veut alliée des États-Unis sans leur être soumise : en octobre 1962, il soutient Kennedy pendant la crise de Cuba, puis en 1966, il retire la France du commandement militaire intégré de l'OTAN. Retiens la formule « alliée, mais pas alignée » : chaque date de cette page l'illustre.

1947-1954 : la France choisit son camp

En 1945, la France sort de la guerre affaiblie, et les communistes, proches de Moscou, participent au gouvernement. Le choix se fait en 1947 : en mai, le président du Conseil (le chef du gouvernement), Paul Ramadier, renvoie les ministres communistes.

La France reçoit ensuite l'aide américaine du plan Marshall, de 1948 à 1952. En 1949, elle est l'un des membres fondateurs de l'Alliance atlantique, puis elle accueille des bases et des états-majors de l'OTAN.

Définition : l'Alliance atlantique naît du traité de 1949, par lequel ses membres promettent de se défendre mutuellement. L'OTAN est l'organisation qui l'applique. Son commandement militaire intégré réunit les états-majors communs auxquels chaque membre confie une partie de ses forces.

Au même moment, la guerre d'Indochine (1946-1954) change de nature. Commencée comme une guerre coloniale contre le Viêt Minh, mouvement indépendantiste mené par les communistes vietnamiens, elle devient un front de la guerre froide quand la Chine, communiste depuis 1949, et l'URSS aident le Viêt Minh.

Après la chute de Diên Biên Phu, le 7 mai 1954, Pierre Mendès France, chef du gouvernement depuis juin, conclut en juillet les accords de Genève : le Vietnam est coupé provisoirement au 17e parallèle, entre un Nord communiste et un Sud pro-occidental.

Piège classique : l'Indochine n'est pas soit une guerre de décolonisation, soit un épisode de la guerre froide. C'est les deux à la fois, et ta copie doit le montrer.

1954-1958 : les limites d'une puissance moyenne

Une puissance moyenne compte dans le monde sans pouvoir imposer sa volonté aux deux Grands, les États-Unis et l'URSS. La France l'apprend à Suez.

En juillet 1956, le dirigeant égyptien Nasser nationalise la Compagnie du canal de Suez, aux actionnaires surtout français et britanniques. Paris lui reproche aussi d'aider les insurgés algériens, en guerre contre la France depuis 1954. À l'automne, la France, le Royaume-Uni et Israël attaquent l'Égypte et l'emportent militairement.

Mais l'URSS menace Paris et Londres de représailles nucléaires, et les États-Unis, qui n'ont pas été consultés, font pression à travers l'ONU sur les finances britanniques. Le corps expéditionnaire franco-britannique doit se retirer.

Exemple : après Suez, la France tient plus que jamais à sa propre bombe atomique, préparée depuis le début des années 1950. Et elle mise sur l'Europe : le 25 mars 1957, elle signe avec cinq partenaires les traités de Rome, qui créent la Communauté économique européenne (CEE).

1958-1969 : alliée, mais pas alignée

Le 1er juin 1958, en pleine guerre d'Algérie, de Gaulle revient au pouvoir, puis fait adopter la Constitution de la Ve République. Il veut que la France décide seule de sa défense.

Son outil : la dissuasion nucléaire, c'est-à-dire menacer tout agresseur de destructions si lourdes qu'il renonce à attaquer. La première bombe atomique française explose le 13 février 1960 à Reggane, dans le Sahara algérien. En janvier 1964, la France crée ses forces aériennes stratégiques : sa dissuasion ne dépend pas des États-Unis.

Il reste pourtant un allié. Le 22 octobre 1962, quand l'envoyé de Kennedy lui expose la crise de Cuba, de Gaulle répond que la France n'a pas d'objection, puisqu'un pays a le droit de se défendre quand il est en danger. En cas de guerre mondiale, confie-t-il ensuite au secrétaire d'État américain, la France aurait été aux côtés des États-Unis.

En revanche, il refuse que des forces françaises obéissent à des chefs qu'il ne choisit pas. Dès 1958, il propose de réformer l'Alliance, sans succès. Le 7 mars 1966, il annonce au président américain Johnson que la France quitte les commandements intégrés de l'OTAN. Près de 30 000 soldats alliés sont alors installés en France : bases et états-majors doivent partir au plus tard le 1er avril 1967.

Piège classique : n'écris pas « en 1966, la France quitte l'OTAN ». Elle quitte le commandement intégré, pas l'Alliance : elle n'a jamais quitté sa place au Conseil atlantique, l'instance qui dirige l'organisation. Elle ne revient dans le commandement intégré qu'en 2009.

De Gaulle critique aussi Washington en public : le 1er septembre 1966, à Phnom Penh, au Cambodge, il demande aux États-Unis de retirer leurs troupes du Vietnam dans un délai fixé, car seul un accord politique peut y ramener la paix.

Piège classique : indépendante ne veut pas dire neutre. La France n'a jamais rejoint les non-alignés, ces États, surtout du tiers-monde (les pays pauvres, souvent issus de la décolonisation), qui refusaient de choisir entre les deux blocs.

1969-1991 : la même ligne

Les successeurs de de Gaulle gardent la dissuasion et la place à part dans l'OTAN, sans quitter le camp occidental. Les missiles soviétiques SS-20 portent à 5 000 km : assez pour frapper l'Europe, pas le continent américain. Le 20 janvier 1983, devant le Bundestag, le Parlement ouest-allemand, François Mitterrand met donc en garde contre tout « découplage » entre l'Europe et l'Amérique, c'est-à-dire une Europe menacée seule. Quand l'URSS disparaît, en décembre 1991, la France est toujours dans le camp occidental.

Exercices corrigés

Ces exercices suivent le chapitre « La France : une nouvelle place dans le monde » du programme d'histoire de terminale générale (ressource d'eduscol). Cherche avant d'ouvrir chaque correction.

Exercice 1 : Date ces six événements, puis range-les dans l'ordre : la sortie du commandement intégré ; Diên Biên Phu ; l'Alliance atlantique ; la première bombe française ; les traités de Rome ; Suez.

Correction :

1949, Alliance atlantique ; 1954, Diên Biên Phu ; 1956, Suez ; 1957, traités de Rome ; 1960, première bombe ; 1966, sortie du commandement intégré.

La charnière est 1958 : avant, la France subit (Diên Biên Phu, Suez) ; après, elle s'affirme (la bombe, 1966).

Exercice 2 : Le 7 mars 1966, de Gaulle écrit au président Johnson que « la France se propose de recouvrer sur son territoire l'entier exercice de sa souveraineté, [...] entamé par la présence permanente d'éléments militaires alliés [...], de cesser sa participation aux commandements “intégrés” et de ne plus mettre de forces à la disposition de l'OTAN ».

Quelles décisions annonce-t-il, et pour quelle raison ? Cette lettre fait-elle sortir la France du camp occidental ?

Correction :

Deux décisions : quitter les commandements intégrés et ne plus confier de forces françaises à l'OTAN.

La raison tient dans le mot « souveraineté », le pouvoir d'un État de décider seul chez lui : de Gaulle juge que la présence permanente de soldats alliés la réduit.

Non : la lettre ne parle ni de quitter l'Alliance ni de se rapprocher de l'URSS. Et quatre ans plus tôt, pendant la crise de Cuba, de Gaulle a soutenu Kennedy.

Exercice 3 : Un camarade écrit : « Sous de Gaulle, la France choisit la neutralité ; en 1966, elle quitte l'OTAN, puis elle fonde l'Union européenne. » Corrige ses trois erreurs.

Correction :

La France n'est pas neutre : en 1962, elle soutient les États-Unis pendant la crise de Cuba.

En 1966, elle quitte le commandement intégré de l'OTAN, pas l'Alliance atlantique.

Enfin, la CEE naît des traités de Rome, en 1957, avant le retour de de Gaulle ; l'Union européenne vient du traité de Maastricht, signé en 1992.

Exercice 4 : Sujet de contrôle : « La France dans le monde bipolaire, de 1945 au début des années 1970. » Propose une problématique et un plan en deux parties, avec trois exemples datés par partie.

Correction :

Problématique : comment la France, affaiblie et ancrée dans le camp occidental, retrouve-t-elle une politique indépendante face aux deux Grands ?

I. 1945-1958, une puissance moyenne arrimée à l'Ouest : renvoi des ministres communistes (1947), Alliance atlantique (1949), Diên Biên Phu (1954), Suez (1956).

II. 1958-1969, l'indépendance sans changer de camp : première bombe (1960), soutien à Kennedy (1962), sortie du commandement intégré et discours de Phnom Penh (1966).

Conclusion : reprends la formule « alliée, mais pas alignée ».

À retenir

À retenir :

  • 1947-1949 : la France choisit l'Ouest (ministres communistes renvoyés, plan Marshall, Alliance atlantique).
  • L'Indochine (1946-1954) est une guerre coloniale devenue front de la guerre froide.
  • Suez (1956) montre les limites d'une puissance moyenne : la France mise alors sur la bombe et sur l'Europe.
  • De Gaulle : bombe en 1960, soutien à Kennedy en 1962, sortie du commandement intégré de l'OTAN en 1966.
  • Alliée, mais pas alignée : jamais neutre, jamais hors de l'Alliance.

Sources

  • Ressource d'eduscol pour le thème 2 du programme d'histoire de terminale générale : document sur eduscol.
  • Jenny Raflik, « Les consultations politiques en matière de défense après la sortie de la France du commandement intégré de l'OTAN », CVCE, Université du Luxembourg, 2016 : texte sur cvce.eu.
  • Réponse du ministère de la Défense à la question écrite n° 47091, Assemblée nationale, 14 juillet 2009 : texte sur assemblee-nationale.fr.

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