Les dix dates clés de la Révolution française se rangent en trois temps : en 1789, le roi perd son pouvoir absolu ; en 1792 et 1793, la monarchie tombe ; de 1794 à 1799, la Terreur s'arrête, puis Bonaparte prend le pouvoir. Prends le 14 juillet 1789 : la Bastille tombe, mais Louis XVI reste roi encore trois ans. Pour chaque date, retiens dans quel temps elle tombe et ce qu'elle change pour le pouvoir : c'est ce qui te la fera retrouver le jour du contrôle.
Les 10 dates en un tableau
Les voici dans l'ordre. La dernière colonne compte plus que la date : c'est elle qu'on te demandera d'expliquer.
| Date | Événement | Ce qui change |
|---|---|---|
| 5 mai 1789 | Ouverture des États généraux | Le roi réunit les trois ordres face à la crise financière. |
| 20 juin 1789 | Serment du Jeu de paume | Les députés du tiers état exigent une Constitution. |
| 14 juillet 1789 | Prise de la Bastille | Le peuple de Paris entre dans la Révolution. |
| 4 août 1789 | Abolition des privilèges | La société d'ordres commence à disparaître. |
| 26 août 1789 | Déclaration des droits de l'homme et du citoyen | Égalité en droits, pouvoir à la nation. |
| 10 août 1792 | Prise des Tuileries | Le roi est suspendu. |
| 21 septembre 1792 | Abolition de la royauté | La République commence. |
| 21 janvier 1793 | Exécution de Louis XVI | L'ancien roi est guillotiné. |
| 27 juillet 1794 (9 thermidor an II) | Chute de Robespierre | Fin de la Terreur. |
| 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII) | Coup d'État de Bonaparte | Fin du Directoire, début du Consulat. |
1789 : le roi perd le pouvoir absolu
Au début de 1789, la France est une monarchie absolue : Louis XVI concentre tous les pouvoirs et dit tenir le sien de Dieu.
Définition : une société d'ordres répartit la population en trois groupes : le clergé, la noblesse et le tiers état, c'est-à-dire tous les autres. Le clergé et la noblesse ont des privilèges, des droits que la loi réserve à certains.
5 mai 1789 : l'ouverture des États généraux
Le royaume manque d'argent et le pain est cher. Louis XVI réunit à Versailles les États généraux, les députés des trois ordres, porteurs des cahiers de doléances où le pays a écrit ses plaintes. Tout bloque sur le vote : avec une voix par ordre, clergé et noblesse gagnent à deux contre un ; le tiers état veut une voix par député.
20 juin 1789 : le serment du Jeu de paume
Le 17 juin, les députés du tiers état se proclament Assemblée nationale. Le 20, trouvant leur salle fermée sur ordre du roi, ils se réunissent dans une salle de jeu de paume et jurent de ne pas se séparer avant d'avoir donné à la France une Constitution, un texte qui fixe qui fait les lois et qui gouverne (Assemblée nationale). C'est la première rupture : contre le roi, des députés décident que la nation fera la loi.
14 juillet 1789 : la prise de la Bastille
Paris craint les troupes massées par le roi autour de la ville, et le prix du pain s'envole. Le 14 au matin, la foule prend trente mille fusils et douze canons aux Invalides, puis va chercher de la poudre à la Bastille, une forteresse qui avait servi de prison. Elle n'y trouve que sept prisonniers (Élysée). Mais le peuple de Paris est entré dans la Révolution, les armes à la main.
4 août 1789 : l'abolition des privilèges
Dans la nuit du 4 août, l'Assemblée proclame l'abolition des droits féodaux, ces charges que les paysans devaient à leur seigneur, comme la corvée, et de nombreux privilèges. La société d'ordres commence à tomber.
Piège classique : la nuit du 4 août ne supprime pas tout. Les droits qui pèsent sur la terre sont seulement déclarés rachetables : le paysan doit payer, et cher, pour s'en libérer. L'abolition définitive des droits féodaux ne vient qu'avec un décret de la Convention du 17 juillet 1793 (Assemblée nationale).
26 août 1789 : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen
L'Assemblée adopte la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC), qui fait toujours partie du droit français (Légifrance). Son article 1er pose l'égalité : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. » Son article 3 donne la souveraineté, le pouvoir suprême de décider, à la nation, et non plus au roi.
1792-1793 : la chute de la monarchie
En juin 1791, Louis XVI tente de fuir à l'étranger avec sa famille. Arrêté à Varennes, il est ramené à Paris, et cette fuite fait naître les premières convictions républicaines. Il garde pourtant son trône.
La Constitution du 3 septembre 1791, la première du pays, fait de la France une monarchie constitutionnelle : le roi gouverne, mais une Assemblée élue vote les lois, que son veto peut seulement retarder. Seuls votent les hommes qui paient assez d'impôts : c'est le suffrage censitaire. En avril 1792, la guerre contre l'Autriche commence ; à l'été, la peur d'une invasion fait monter la colère contre le roi.
10 août 1792 : la prise des Tuileries
Les sections parisiennes, c'est-à-dire les assemblées des quartiers de Paris, et des fédérés, volontaires venus de Bretagne et de Marseille, attaquent le palais des Tuileries, où vit la famille royale. L'Assemblée suspend le roi, bientôt enfermé au Temple, et fait élire une nouvelle assemblée, la Convention.
21 septembre 1792 : l'abolition de la royauté
Première assemblée élue au suffrage universel masculin, sans condition de fortune, la Convention abolit la royauté à l'unanimité dès sa première séance, au lendemain de la victoire de Valmy. Le 22, elle décide de dater les actes publics de « l'an premier de la République française » : la Première République est née.
21 janvier 1793 : l'exécution de Louis XVI
Devenu un simple citoyen, « Louis Capet », l'ancien roi est jugé par la Convention ; 387 députés votent la mort, chacun publiquement. Il est guillotiné le 21 janvier 1793, place de la Révolution, à Paris.
Piège classique : la République date de 1792, pas de 1789. Entre les deux, Louis XVI reste roi : d'abord sans Constitution écrite, puis, à partir du 3 septembre 1791, dans une monarchie constitutionnelle.
1794-1799 : de Robespierre à Bonaparte
En 1793, face à la guerre aux frontières et à des révoltes intérieures, comme en Vendée, la Convention gouverne par la Terreur.
Définition : la Terreur (1793-1794) est un régime d'exception, qui suspend des libertés. Le Comité de salut public, formé de députés, gouverne ; la loi des suspects du 17 septembre 1793 permet d'arrêter toute personne soupçonnée d'être hostile à la Révolution. Pendant les quarante-sept jours de la « Grande Terreur », à l'été 1794, 1 376 condamnés sont exécutés (Assemblée nationale).
27 juillet 1794 (9 thermidor an II) : la chute de Robespierre
Robespierre, le membre le plus en vue du Comité de salut public, est mis en minorité à la Convention, arrêté, puis guillotiné le lendemain : la Terreur prend fin. En 1795, une nouvelle Constitution confie le gouvernement à cinq directeurs, d'où le nom de Directoire. Pendant quatre ans, les tentatives de coups d'État se succèdent.
9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII) : le coup d'État de Bonaparte
Un coup d'État est une prise du pouvoir par la force. Le 18 brumaire, sous prétexte d'un complot, les deux assemblées sont envoyées au palais de Saint-Cloud. Le lendemain, des soldats y chassent les députés qui s'opposent au général Bonaparte, et trois consuls remplacent le Directoire : c'est le Consulat. En présentant leur Constitution, le 15 décembre 1799, les consuls concluent (Assemblée nationale) : « Citoyens, la révolution est fixée aux principes qui l'ont commencée. Elle est finie. » En 1804, Bonaparte devient l'empereur Napoléon Ier.
Conseil : à partir de l'automne 1793, les dates officielles suivent le calendrier républicain, dont les années se comptent depuis le 22 septembre 1792. Pour un mois d'automne (vendémiaire, brumaire, frimaire), ajoute 1791 au numéro de l'an ; pour un mois de printemps ou d'été (de germinal à fructidor), ajoute 1792. Ainsi, le 9 thermidor an II tombe en 1794 (2 + 1792).
Exercices corrigés
Cherche chacun sur ta feuille avant d'ouvrir la correction.
Exercice 1 : Pour chacune de ces dates, dis si la France est une monarchie absolue, une monarchie constitutionnelle ou une république, et justifie par un événement daté : mars 1789, janvier 1792, mars 1793.
Correction :
Mars 1789 : monarchie absolue, car les États généraux ne s'ouvrent que le 5 mai 1789.
Janvier 1792 : monarchie constitutionnelle, car la Constitution du 3 septembre 1791 s'applique et Louis XVI est toujours roi. Répondre « république » parce que la Révolution a commencé, c'est le piège.
Mars 1793 : république, car la royauté est abolie depuis le 21 septembre 1792.
Exercice 2 : Voici l'article 1er de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. » En trois phrases, explique ce que cet article change par rapport à la société d'ordres.
Correction :
Dans la société d'ordres, les droits dépendent de l'ordre auquel on appartient, le plus souvent par la naissance : un noble a des privilèges qu'un paysan n'a pas. L'article 1er donne au contraire les mêmes droits à tous, dès la naissance et pour toute la vie (« naissent et demeurent »). Des différences restent possibles, mais seulement si elles servent à tous (« l'utilité commune »), et non parce qu'on est né noble.
Exercice 3 : Dans un manuel, tu lis « coup d'État du 18 brumaire an VIII ». Ton voisin en conclut que Bonaparte a pris le pouvoir un 18 novembre, huit ans après 1789. Corrige ses deux erreurs.
Correction :
Première erreur : brumaire n'est pas novembre. C'est le deuxième mois du calendrier républicain, en automne, et le 18 brumaire an VIII correspond au 9 novembre 1799.
Seconde erreur : les années ne se comptent pas depuis 1789, mais depuis le 22 septembre 1792, début de la République. Brumaire est un mois d'automne, donc on ajoute 1791 : 8 + 1791 = 1799, et non 1789 + 8 = 1797.
À retenir
À retenir :
- Trois temps : 1789, le roi perd le pouvoir absolu ; 1792-1793, la monarchie tombe ; 1794-1799, la Terreur s'arrête, puis Bonaparte prend le pouvoir.
- Jusqu'en septembre 1792, la France a un roi, encadré par une Constitution à partir du 3 septembre 1791.
- La nuit du 4 août 1789 abolit les privilèges, mais les derniers droits féodaux ne disparaissent qu'en 1793.
- Les années républicaines partent du 22 septembre 1792 : le 18 brumaire an VIII, c'est le 9 novembre 1799.
Sources
- Assemblée nationale, dossier historique « Révolution française » : assemblee-nationale.fr.
- Déclaration du 26 août 1789 des droits de l'homme et du citoyen : texte sur Légifrance.
- Présidence de la République, « La fête nationale du 14 juillet » : elysee.fr.