L'essentiel à connaître
De 1940 à 1944, la France vaincue se partage entre deux choix : collaborer avec l'Allemagne nazie, comme le régime de Vichy, ou refuser la défaite, comme la France libre et la Résistance. Exemple : le 17 juin 1940, le maréchal Pétain annonce à la radio qu'il faut cesser le combat ; le lendemain, depuis Londres, le général de Gaulle appelle sur la BBC à continuer la guerre.
L'armistice, qui arrête les combats, est signé le 22 juin 1940. Une ligne de démarcation coupe le pays : au nord et à l'ouest, la zone occupée par l'armée allemande, avec Paris et toute la côte atlantique ; au sud, la zone libre. Le 10 juillet 1940, à Vichy, les députés et les sénateurs votent les pleins pouvoirs à Pétain, et seuls 80 votent contre. Pétain prend la tête de l'« État français », un régime autoritaire (un chef y concentre les pouvoirs) dont la devise est « Travail, Famille, Patrie ».
Vichy choisit la collaboration. Après sa rencontre avec Hitler à Montoire, le 24 octobre 1940, Pétain annonce à la radio qu'il en accepte le principe. Le même mois, sans que l'occupant l'ait exigé, Vichy adopte un statut des Juifs qui les chasse de la fonction publique, de l'armée, de l'enseignement et de la presse. Les 16 et 17 juillet 1942, des policiers et des gendarmes français arrêtent près de 13 000 Juifs à Paris et en banlieue, selon le ministère des Armées : c'est la rafle du Vél' d'Hiv. Le 11 novembre 1942, l'armée allemande envahit la zone libre.
En face, la Résistance naît dès 1940, par petits groupes. Envoyé par de Gaulle, l'ancien préfet Jean Moulin réunit à Paris, le 27 mai 1943, le Conseil national de la Résistance (CNR) : huit mouvements, six partis et deux syndicats. Le STO (Service du travail obligatoire), créé le 16 février 1943, envoie de jeunes Français travailler en Allemagne ; beaucoup refusent et gagnent les maquis, des groupes de résistants cachés dans les forêts et les montagnes. Après les débarquements de Normandie (6 juin 1944) et de Provence (15 août 1944), Paris est libéré le 25 août 1944. La France est alors dirigée par le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), présidé par de Gaulle.
Définition : la collaboration d'État est la politique d'entente avec l'Allemagne nazie, librement choisie par le gouvernement de Vichy.
Piège classique : l'ordonnance du 21 avril 1944 donne aux femmes le droit de voter et d'être élues, mais elles votent pour la première fois aux élections municipales du 29 avril 1945.
Quiz : teste tes connaissances
Les questions vont des plus simples aux plus piégeuses : garde ton attention pour les trois dernières.
Question 1 : Quelle est la devise de l'État français dirigé par Pétain ?
Réponse : B. Vichy rejette la République et remplace sa devise par « Travail, Famille, Patrie ». Le piège A, « Liberté, Égalité, Fraternité », c'est justement la devise républicaine qu'il abandonne.
Question 2 : D'où le général de Gaulle lance-t-il son appel du 18 juin 1940 ?
Réponse : A. De Gaulle quitte Bordeaux en avion pour l'Angleterre le 17 juin et parle le lendemain à la BBC. Le piège C est tentant : le gouvernement est bien à Bordeaux, mais c'est lui qui demande l'armistice.
Question 3 : Que crée l'armistice signé le 22 juin 1940 ?
Réponse : D. La ligne de démarcation sépare la zone occupée, au nord et à l'ouest, de la zone libre, au sud, où siège le gouvernement de Vichy. Le piège C confond avec novembre 1942 : en 1940, le sud n'est pas occupé.
Question 4 : Qui de Gaulle charge-t-il d'unifier la Résistance intérieure ?
Réponse : C. Ancien préfet, Jean Moulin est envoyé en France par de Gaulle et préside la première réunion du CNR, le 27 mai 1943. Le piège A, Leclerc, est un chef militaire : c'est sa 2e division blindée qui entre dans Paris en août 1944.
Question 5 : Qu'est-ce que le STO, créé par une loi du 16 février 1943 ?
Réponse : A. Le STO force de jeunes hommes à partir travailler en Allemagne ; beaucoup refusent et gagnent les maquis. Le piège B décrit la Relève de juin 1942, fondée sur le volontariat, alors que le STO est obligatoire.
Question 6 : Que décide Pétain après sa rencontre avec Hitler à Montoire, en octobre 1940 ?
Réponse : D. Le 30 octobre 1940, à la radio, Pétain annonce qu'il accepte le principe d'une collaboration avec l'Allemagne : c'est un choix de Vichy. Le piège A mélange les dates, car l'armistice est signé dès le 22 juin 1940.
Question 7 : Qui procède aux arrestations de la rafle du Vél' d'Hiv, les 16 et 17 juillet 1942 ?
Réponse : B. Près de 13 000 Juifs, dont plus de 4 000 enfants, sont arrêtés par des policiers et des gendarmes français. La rafle montre la participation de l'État français à la Shoah, l'extermination des Juifs d'Europe par les nazis. Le piège C est impossible : la Milice n'est créée qu'en janvier 1943.
Question 8 : Quand Vichy adopte-t-il son premier statut des Juifs ?
Réponse : C. Dès octobre 1940, Vichy exclut de lui-même les Juifs de la fonction publique, de l'armée, de l'enseignement et de la presse. Le piège B suppose une contrainte allemande : ces lois antisémites (dirigées contre les Juifs) précèdent de deux ans l'invasion de la zone libre.
Question 9 : Quel gouvernement dirige la France à la Libération, en août 1944 ?
Réponse : D. Présidé par de Gaulle, le GPRF porte ce nom depuis le 3 juin 1944 et rétablit la légalité républicaine. Le piège A est tentant, mais le CNR rassemble des mouvements, des partis et des syndicats : ce n'est pas un gouvernement.
Question 10 : Le 10 juillet 1940, qui donne les pleins pouvoirs à Pétain ?
Réponse : A. Réunis à Vichy, les parlementaires votent les pleins pouvoirs à Pétain pour qu'il prépare une nouvelle constitution ; seuls 80 votent contre. Le régime de Vichy naît donc d'un vote du Parlement français, pas d'un ordre allemand : c'est le piège B.
Question 11 : Jusqu'à quand la zone libre échappe-t-elle à l'occupation allemande ?
Réponse : C. Trois jours après le débarquement allié en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, l'armée allemande envahit la zone libre en violant l'armistice. Le piège D vient du nom « zone libre » : le sud reste occupé près de deux ans avant la Libération.
Question 12 : En quelle année les Françaises votent-elles pour la première fois ?
Réponse : B. L'ordonnance du 21 avril 1944 rend les femmes électrices et éligibles comme les hommes, mais il faut attendre une élection : elles votent pour la première fois aux municipales du 29 avril 1945. Le piège A confond la date du droit avec celle du premier vote.
Sources
Ministère des Armées, Chemins de mémoire : « 1940. Répondre à l'Appel » et « Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français ».
Assemblée nationale : « Vers la reconnaissance de la citoyenneté des femmes ».