Retour au blog

Écriture japonaise : Hiragana, Katakana, Kanji

Reconnais les trois écritures dans une vraie phrase, sache laquelle écrit quoi, et lis les petits signes sans te tromper.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Une phrase japonaise mélange trois écritures, et chacune a son travail : les kanji portent le sens, les hiragana la grammaire, les katakana les mots venus d'ailleurs. Dans 私はパンを食べます (watashi wa pan o tabemasu, « je mange du pain »), 私 (je) et 食 (manger) sont des kanji, パン, emprunté au portugais pão, est en katakana, et は, を, べます sont en hiragana.

Reconnaître les trois écritures

Définition : les hiragana et les katakana (les kana) sont des syllabaires : chaque signe note une syllabe entière. か se lit « ka » d'un seul bloc, sans morceau pour le « k ».

Chaque syllabaire compte 46 signes de base : les cinq voyelles, sept séries de cinq syllabes (en k, s, t, n, h, m et r), trois syllabes en y, deux dans la série w (わ et を), et ん, seul signe qui note une consonne sans voyelle. Le compte tombe juste : $5+35+3+2+1=46$.

Les deux syllabaires notent les mêmes sons de base : か et カ se lisent tous deux « ka ». Seul le tracé change : des courbes pour les hiragana, des traits droits et des angles pour les katakana. Tous deux viennent des kanji : か est le kanji 加 écrit en cursive rapide, カ n'en garde que la partie gauche. D'où leur air de famille.

Un kanji, lui, ne note pas un son mais un mot ou un morceau de mot, avec son sens : 山 veut dire « montagne », 水 « eau ». Il compte souvent plus de traits, et il en existe des milliers.

Qui écrit quoi dans une phrase

Une particule est un petit mot placé juste après un nom pour dire son rôle : は marque le thème (ce dont on parle), を le complément d'objet, で le lieu où se passe l'action.

ÉcritureCe qu'elle écritExemples
Kanjiles noms, la partie fixe des verbes et des adjectifs, les noms propres japonais水 (mizu, eau), 食 dans 食べる (taberu, manger), 富士山 (Fujisan, le mont Fuji)
Hiraganales particules, les terminaisons des verbes et des adjectifs, les mots dont le kanji est rareは, を, で ; べる dans 食べる
Katakanales mots empruntés à d'autres langues, les noms étrangers, beaucoup d'onomatopéesパン (pan, pain), ゲーム (gēmu, jeu), フランス (Furansu, France)

D'où vient ce partage ? Un verbe japonais se conjugue : 食べる (taberu, manger), 食べない (tabenai, ne pas manger), 食べた (tabeta, a mangé). Or un kanji ne change jamais de forme. Le kanji 食 porte donc le sens, et tout ce qui varie s'écrit en hiragana derrière lui. Ces hiragana accrochés au kanji s'appellent les okurigana.

Pourquoi garder les kanji, si les hiragana peuvent tout noter ? Le japonais ne met pas d'espace entre les mots : un kanji signale en général le début d'un mot porteur de sens. Il départage aussi les homonymes : はし (hashi) peut être 橋, le pont, ou 箸, les baguettes.

Conseil : devant une phrase inconnue, repère d'abord les particules. Elles découpent la phrase en morceaux qui se comprennent un par un.

Les petits signes qui changent la lecture

Quelques marques complètent les 46 signes de base.

Deux petits traits en haut à droite, le dakuten, changent la consonne : k devient g, s devient z, t devient d, h devient b. Ainsi か (ka) donne が (ga). Un petit rond sur la série h donne un p : ぱ (pa).

Un っ écrit en petit ne se lit pas « tsu » : il double la consonne qui suit. さか (saka, la pente) et さっか (sakka, l'écrivain) ne diffèrent que par lui. Un ゃ, ゅ ou ょ écrit en petit, lui, se fond avec le signe d'avant : き (ki) suivi d'un petit ゃ donne きゃ (kya), une seule syllabe.

Reste la voyelle longue, qui dure deux temps. En hiragana, on ajoute une voyelle : おかあさん (okāsan, la mère). Pour un o long, la règle officielle de 1986 (現代仮名遣い) fait en général ajouter う : おとうさん (otōsan, le père). En katakana, la règle des mots étrangers (外来語の表記, 1991) utilise en principe un trait, ー : ゲーム (gēmu, le jeu).

Piège classique : trois particules ne s'écrivent pas comme elles se prononcent. On écrit は mais on dit « wa », へ mais « e », を mais « o », alors que ces sons s'écrivent d'habitude わ, え et お. La règle de 1986 garde ces graphies par tradition, et seulement pour les particules : dans はな (hana, la fleur), は se lit bien « ha ».

Un kanji, plusieurs lectures

Un kanji a souvent deux sortes de lectures. La lecture on vient de la prononciation chinoise, empruntée avec le caractère. La lecture kun est le mot japonais qu'on a attaché à son sens.

Seul, 山 se lit yama (lecture kun) ; dans 富士山, le mont Fuji, il se lit san (lecture on). D'où un repère : kanji seul ou suivi de hiragana, lecture kun ; kanji collé à d'autres kanji, lecture on. C'est une tendance, pas une loi.

La liste officielle des kanji d'usage courant au Japon, les jōyō kanji, en compte 2 136 depuis 2010. Elle note les lectures on en katakana et les lectures kun en hiragana.

Quand un kanji risque d'être inconnu du lecteur, on imprime sa lecture en petits kana à côté de lui : ce sont les furigana. Les textes pour débutants en mettent beaucoup.

Exercices corrigés

Cherche sur ta feuille avant d'ouvrir chaque correction.

Exercice 1 : Dans 母はスーパーで野菜を買いました。 (haha wa sūpā de yasai o kaimashita, « ma mère a acheté des légumes au supermarché »), classe chaque morceau : kanji, hiragana ou katakana ? Dis à quoi sert chaque groupe de hiragana.

Correction :

Kanji : 母 (haha, la mère), 野菜 (yasai, les légumes) et 買, partie fixe du verbe « acheter ».

Katakana : スーパー (sūpā), raccourci de l'anglais supermarket ; les deux ー allongent le u et le a.

Hiragana : は, particule du thème, lue « wa » ; で, lieu de l'action ; を, complément d'objet, lue « o » ; いました, terminaison du verbe au passé poli.

Exercice 2 : Cette phrase est écrite tout en hiragana, avec un espace pour t'aider : がっこうへ いきます。 Elle veut dire « je vais à l'école ». Écris-la en lettres latines, comme elle se prononce.

Correction :

が donne ga. Le petit っ double la consonne suivante, le k de こ (ko), et le う allonge ce o : gakkō, « l'école ».

へ est ici la particule de direction : elle se lit « e ». いきます donne ikimasu, « aller » à la forme polie.

Résultat : gakkō e ikimasu. Les deux erreurs visées : lire っ comme un « tsu » (gatsukō) et lire la particule « he ».

Exercice 3 : Tu écris une carte à ton correspondant japonais et tu veux y mettre en japonais ta ville, Paris, et ton prénom, Louis. Quelle écriture choisis-tu ? Écris les deux noms avec ces katakana : パ (pa), リ (ri), ル (ru), イ (i), ス (su).

Correction :

Ce sont des noms étrangers : on les écrit en katakana.

Le s de Paris est muet : パリス transcrirait l'orthographe, pas le son. Paris donne donc パリ (Pari).

Le japonais n'a pas de « l » : dans les mots étrangers, la série r le remplace, comme dans ロンドン (Rondon, Londres). Louis donne ルイ (Rui).

Exercice 4 : Le verbe « boire » s'écrit 飲む (nomu), et son kanji 飲 se lit « no ». Écris en japonais « ne pas boire » (nomanai) et « a bu » (nonda) avec ces hiragana : ま (ma), な (na), い (i), ん (n), だ (da). Explique ensuite pourquoi on n'écrit pas tout le verbe en kanji.

Correction :

Le kanji 飲 garde le sens « boire » et la lecture « no » ; ce qui suit s'écrit en hiragana : 飲まない (no-ma-na-i) et 飲んだ (no-n-da).

Un kanji ne change jamais de forme, alors qu'un verbe se conjugue. La partie qui varie (む, まない, んだ) ne peut donc s'écrire qu'en hiragana : ce sont les okurigana.

À retenir

À retenir :

  • Kanji : le sens (noms, partie fixe des verbes). Hiragana : la grammaire (particules, okurigana). Katakana : les mots et les noms venus d'ailleurs.
  • Hiragana et katakana : 46 signes de base chacun, mêmes sons, tracés différents.
  • Petit っ : consonne doublée. Petit ゃ, ゅ, ょ : une seule syllabe. ー : voyelle longue en katakana.
  • Les particules は, へ, を se disent « wa », « e », « o ».
  • Kanji seul : souvent la lecture kun. Kanji en composé : souvent la lecture on.

Sources

  • Liste des kanji d'usage courant (常用漢字表), avis du Cabinet n° 2 du 30 novembre 2010, Agence pour les affaires culturelles du Japon : texte sur bunka.go.jp (en japonais).
  • Règles d'écriture des kana (現代仮名遣い), avis du Cabinet n° 1 de 1986 : texte sur bunka.go.jp (en japonais).
  • Règles d'écriture des mots étrangers (外来語の表記), avis du Cabinet de 1991 : texte sur bunka.go.jp (en japonais).

Tu peux partager cette page librement, en citant ORBITECH AI Academy avec son lien.