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Les Katakana : Maîtriser l'alphabet étranger

Les 46 signes, la barre et le petit ッ, la méthode pour transcrire un mot étranger et quatre exercices corrigés.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Les katakana forment le deuxième syllabaire du japonais, un jeu de signes où chacun note un son, le plus souvent une syllabe comme ka ou mi. Leurs 46 signes de base ont la même lecture que les hiragana mais des traits plus droits, et ils écrivent surtout les mots venus d'autres langues. Ainsi コーヒー se lit ko, puis ー qui allonge le o, puis hi et encore ー : kōhī, « café ». Pour les maîtriser, apprends la grille en partant des hiragana, retiens les signes propres aux mots étrangers, puis lis de vrais mots dès le premier jour.

À quoi servent les katakana

Le japonais mêle trois écritures, souvent dans la même phrase : les kanji, caractères venus du chinois qui portent le sens, les hiragana et les katakana. Hiragana et katakana notent les mêmes sons, seul le dessin change : あ et ア se lisent a, か et カ se lisent ka.

Le rôle principal des katakana est d'écrire les gairaigo (外来語, « mots venus de l'extérieur »), c'est-à-dire les mots empruntés à d'autres langues, ainsi que les noms propres étrangers : フランス (Furansu, France), ロンドン (Rondon, Londres). Leur écriture suit un texte de référence du gouvernement japonais publié en 1991, « L'écriture des mots étrangers ».

On les voit aussi dans beaucoup d'onomatopées de mangas, comme ワンワン (wanwan, l'aboiement du chien).

Le tableau des 46 katakana

La grille est celle des hiragana : les cinq voyelles, puis chaque consonne suivie de a, i, u, e, o. Chaque case donne le signe et sa lecture en lettres latines, les romaji.

aiueo
voyellesア aイ iウ uエ eオ o
kカ kaキ kiク kuケ keコ ko
sサ saシ shiス suセ seソ so
tタ taチ chiツ tsuテ teト to
nナ naニ niヌ nuネ neノ no
hハ haヒ hiフ fuヘ heホ ho
mマ maミ miム muメ meモ mo
yヤ yaユ yuヨ yo
rラ raリ riル ruレ reロ ro
wワ waヲ o
n finalン n

Comme en hiragana, quatre lectures sortent du rang : シ shi, チ chi, ツ tsu et フ fu. Le ン note un n qui ferme une syllabe, comme à la fin de ロンドン. ヲ (o) est rare : le texte de 1991 ne le retient même pas pour les mots étrangers.

Conseil : commence par les signes proches de leur hiragana (カ か, キ き, セ せ, ヘ へ, モ も, ヤ や, リ り), puis ajoute une ligne par jour, en disant chaque signe à voix haute pendant que tu l'écris.

Les sons dérivés

Deux petits traits en haut à droite, le dakuten (゛), transforment la consonne : k devient g, s devient z, t devient d, h devient b. Un petit rond, le handakuten (゜), change h en p. Tu lis ainsi バス (basu, bus) et ピザ (piza, pizza).

Attention : ジ se dit ji, et ヂ, ヅ se lisent comme ジ, ズ ; pour les mots étrangers, le texte de 1991 ne retient que ジ et ズ.

Enfin, un petit ャ, ュ ou ョ placé après un signe de la colonne i fusionne avec lui en une seule syllabe : キャ kya, シュ shu, チョ cho. Exemple : ジュース (jūsu, jus de fruits). La taille compte : シユ, avec un grand ユ, se lirait shi-yu.

La barre, le petit ッ et les petites voyelles

La barre ー, appelée chōonpu (« signe de son long »), allonge la voyelle qui la précède : ケーキ (kēki, gâteau), ノート (nōto, cahier). En hiragana, on allonge une voyelle en en ajoutant une autre ; en katakana, la règle est la barre.

Le petit ッ ne se lit pas tsu, contrairement au grand ツ : il marque une courte pause qui double la consonne suivante. カップ se lit kappu (tasse).

Les petites voyelles ァ, ィ, ゥ, ェ, ォ fabriquent des sons que le japonais n'avait pas : ティ (ti) dans パーティー (pātī, fête), ファ (fa) dans ファイル (fairu, fichier), チェ (che) dans チェス (chesu, échecs). Pour le v, il existe ヴ, un ウ avec ゛ : « violon » s'écrit ヴァイオリン ou バイオリン, et le texte de 1991 admet les deux.

Piège classique : une barre oubliée, et c'est un autre mot. ビール (bīru) veut dire « bière », ビル (biru) « immeuble ». Quand tu écris, prononce le mot lentement : chaque voyelle est-elle courte ou longue ?

Transcrire un mot étranger

On écrit ce qu'on entend, pas ce qu'on lit. Et comme les syllabes japonaises finissent presque toutes par une voyelle, sauf avec ン et ッ, le mot étranger doit entrer dans ce moule.

Étape 1 : Prononce le mot et découpe-le en sons. Paris se dit pa-ri, le s ne s'entend pas : パリ.

Étape 2 : Ajoute une voyelle après chaque consonne seule, u le plus souvent, o après t et d ; un n en fin de syllabe devient ン. « France » donne fu-ra-n-su : フランス.

Étape 3 : Remplace les sons absents : l et r passent tous deux par la ligne r, le v souvent par la ligne b. « Golf » donne go-ru-fu : ゴルフ.

Étape 4 : Marque les voyelles longues avec ー et les consonnes doubles avec ッ. L'anglais « party » donne パーティー.

Pour un mot courant, l'usage a souvent fixé la forme, et le texte de 1991 dit de le suivre : vérifie au dictionnaire. Garde la méthode pour les noms propres, comme ton prénom.

Ne plus confondre シ, ツ, ソ et ン

Deux indices séparent ces quatre signes : la place des petits traits et le sens du long trait, tracé en dernier.

SigneLecturePetits traitsDernier trait
シshideux, à gauchede bas en haut
ツtsudeux, en hautde haut en bas
ソsoun, en hautde haut en bas
ンnun, à gauchede bas en haut

Retiens la paire : シ et ン montent, ツ et ソ descendent. Respecte le sens du tracé, même en écrivant vite, et la bonne forme vient seule.

Exercices corrigés

Du plus simple au plus proche d'un contrôle. Cherche sur ta feuille avant d'ouvrir la correction.

Exercice 1 : Lis ces trois mots et donne leur sens : テレビ, ホテル, ゲーム.

Correction :

テレビ se lit te-re-bi : terebi, « télévision ». ホテル se lit ho-te-ru : hoteru, « hôtel » ; le l final est passé par la ligne r et a pris un u.

ゲーム, c'est ケ avec ゛ (k devient g), puis ー et ム : gēmu, « jeu ».

Exercice 2 : Dans un café à Tokyo, la carte propose オレンジジュース, サンドイッチ et ホットドッグ. Lis chaque mot et dis ce que tu peux commander.

Correction :

オレンジジュース : o-re-n-ji, puis ジュ (le petit ュ fusionne avec ジ), ー et su : orenji jūsu, « jus d'orange ».

サンドイッチ : sa-n-do-i, puis le petit ッ qui double le son suivant, puis chi : sandoitchi, « sandwich ». Le w anglais disparaît : c'est l'usage.

ホットドッグ : ho, ッ, to, puis do, ッ, gu : hottodoggu, « hot-dog ».

Exercice 3 : Écris en katakana le nom « Canada » et le mot anglais « test ».

Correction :

Canada se découpe en ka-na-da, trois syllabes qui existent déjà en japonais : カナダ.

Test : te, puis le s seul qui prend un u (su), puis le t final qui prend un o (to) : テスト, tesuto.

Exercice 4 : Un camarade a écrit trois mots, chacun avec une erreur : « fromage » チズ, « football » サカー, « sauce » ンース. Corrige-les.

Correction :

« Fromage » se dit chīzu, avec un i long : チーズ. Sans la barre, on entend chizu, un mot japonais qui veut dire « carte » (de géographie).

« Football » se dit sakkā : il manque le petit ッ qui double le k. La bonne forme est サッカー.

« Sauce » se dit sōsu. Le premier signe doit être ソ (so), dont le long trait descend ; ン ne se lit que n. La bonne forme est ソース.

À retenir

À retenir :

  • 46 katakana de base : les sons des hiragana, avec des traits droits.
  • Ils écrivent surtout les mots et les noms étrangers.
  • ゛ change k, s, t, h en g, z, d, b ; ゜ change h en p.
  • ー allonge la voyelle, le petit ッ double la consonne, les petites voyelles créent ti, fa ou che.
  • On transcrit le son, pas l'orthographe : une consonne seule prend u, ou o après t et d.
  • シ et ン montent, ツ et ソ descendent.

Sources

  • « Gairaigo no hyōki » (外来語の表記, « L'écriture des mots étrangers »), notification n° 2 du Cabinet japonais du 28 juin 1991, publiée par l'Agence pour les affaires culturelles : texte sur bunka.go.jp (en japonais).

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