La langue étrangère la plus demandée au travail en France est l'anglais, et de loin : début 2022, 84 % des actifs qui travaillent dans une autre langue que le français citent l'anglais. Derrière viennent l'allemand, l'espagnol et l'italien, côté entreprises comme côté salariés. En LEA, l'anglais est donc attendu presque partout, et c'est ta deuxième langue qui fait la différence, si elle correspond aux pays avec lesquels travaille le métier que tu vises.
Le classement, chiffres à l'appui
Côté entreprises, l'enquête LEMP (Langues et employabilité), menée notamment avec le ministère de l'Éducation nationale, le Céreq et CCI France, a demandé en 2014 à 801 entreprises quelles langues étrangères elles utilisent.
| Langue | Entreprises qui l'utilisent (2014) |
|---|---|
| Anglais | 76 % |
| Allemand | 39 % |
| Espagnol | 35 % |
| Italien | 21 % |
| Portugais | 9 % |
| Néerlandais, russe | 6 % chacun |
| Arabe | 5 % |
| Chinois, polonais | 4 % chacun |
Une entreprise pouvait citer plusieurs langues, d'où un total au-dessus de 100 % : chaque ligne se lit seule.
Côté salariés, le Crédoc a interrogé 3 392 personnes de 15 ans et plus entre décembre 2021 et janvier 2022, pour le ministère de la Culture. 31 % des actifs disent avoir déjà dû travailler dans une autre langue que le français, et 47 % des actifs diplômés du supérieur. Chez ceux qui l'ont fait, l'anglais domine (84 %), devant l'espagnol, l'allemand et l'italien.
Les deux enquêtes, à plusieurs années d'écart et auprès de publics différents, donnent le même quatuor de tête. Seul l'ordre entre l'allemand et l'espagnol change : l'allemand passe devant chez les entreprises, l'espagnol chez les salariés.
Pourquoi ces langues-là
Une langue sert au travail quand l'entreprise échange avec un pays qui la parle. Regarde les chiffres du commerce extérieur publiés par le Trésor en février 2026 : en 2025, le premier client de la France est l'Allemagne, avec 81,5 milliards d'euros de biens, devant les États-Unis (48,3 milliards) et l'Italie (48,0 milliards). L'Union européenne, principale zone d'échange du pays, reçoit 53,7 % des exportations françaises de biens.
Tu retrouves l'allemand et l'italien du classement. L'anglais sert avec les États-Unis et le Royaume-Uni, mais aussi entre partenaires qui n'ont pas la même langue. Côté achats, le deuxième fournisseur de la France est la Chine, Hong Kong compris (75,0 milliards d'euros) : regarde les fournisseurs autant que les clients.
Ces échanges bougent : en 2025, les exportations françaises vers la Russie ne pesaient plus que 29 % de leur niveau de 2021. Si tu choisis une langue pour l'emploi, regarde les derniers chiffres publiés pour les pays qui la parlent.
Utilisée, souhaitée, demandée : ne mélange pas les chiffres
Avant de croire un chiffre sur « les langues qui recrutent », demande-toi qui a répondu, et à quelle question.
Les deux classements ci-dessus mesurent un usage, ce qui se pratique vraiment. Le Crédoc pose aussi une question d'opinion : 76 % des personnes interrogées jugent qu'une langue étrangère autre que l'anglais est un atout professionnel. Parmi elles, 60 % citent l'espagnol, 41 % l'allemand, 34 % le chinois et 17 % l'italien.
La demande au sens strict se lit dans les offres d'emploi. L'étude LEMP a analysé 1 529 offres publiées en 2014 sur les sites de Pôle emploi (devenu France Travail) et de l'Apec, l'association pour l'emploi des cadres. Quand une annonce exige une langue, elle en demande deux dans deux cas sur cinq, avec un niveau élevé pour la deuxième aussi. Et plus le poste est qualifié, plus la langue est exigée.
Piège classique : lire « 60 % citent l'espagnol » comme « 60 % des recruteurs veulent de l'espagnol ». Ce chiffre vient de particuliers qui donnent leur avis, et d'une partie d'entre eux seulement. Un avis dit ce qui attire ; l'usage en entreprise et les offres disent ce qui est demandé. L'exercice 3 revient dessus.
Piège classique : croire qu'une langue rare vaut forcément plus. Rare chez les candidats ne veut pas dire recherchée par les entreprises : en 2014, le chinois était utilisé par 4 % des entreprises interrogées. Une langue moins répandue devient un atout quand le secteur ou la région que tu vises en a besoin.
Choisir ta combinaison en LEA
En LEA, tu étudies en profondeur deux langues étrangères, avec des matières appliquées comme l'économie et le droit. Comme l'anglais est attendu presque partout, le vrai choix porte souvent sur l'autre langue. Pars du métier, pas de la langue.
Étape 1 : Choisis un type de poste. Dans l'enquête LEMP, les services qui utilisent le plus les langues sont la vente et la prospection (61 % des entreprises), le service client (51 %) et les achats (45 %).
Étape 2 : Repère les pays avec lesquels travaille ce secteur, clients comme fournisseurs. Le rapport annuel du commerce extérieur de la France donne ses grands partenaires.
Étape 3 : Vérifie sur de vraies offres. Sur le site de France Travail ou de l'Apec, cherche ton métier avec le nom d'une langue, dans la région où tu veux travailler, et compare le nombre d'annonces d'une langue à l'autre.
Étape 4 : Vise un niveau que tu peux prouver dans tes deux langues. Une certification te situe sur le CECRL, le cadre européen qui classe les niveaux de langue de A1 (débutant) à C2 (maîtrise).
Ce que tu feras dans ces langues
Au travail, une langue étrangère sert surtout aux échanges courants. Les entreprises de l'enquête LEMP citent en tête le téléphone (69 %), les courriels (61 %) et l'accueil de visiteurs étrangers (59 %), devant la rédaction de synthèses (41 %).
Les outils de traduction automatique sont entrés dans les habitudes : début 2022, 84 % des actifs qui travaillent dans une autre langue s'en servent à l'écrit, souvent ou parfois. Ils ne règlent pas tout, puisque 43 % de ces actifs se disent gênés de ne pas maîtriser tout à fait la langue. Un logiciel traduit un courriel, mais il ne tient pas un appel à ta place, et il faut un bon niveau pour repérer ses erreurs : entraîne l'oral en direct autant que l'écrit.
Exercices corrigés
Ils entraînent la lecture des pourcentages, qui te servira en économie comme en entreprise. Cherche chacun avant d'ouvrir la correction.
Exercice 1 : Début 2022, 31 % des actifs déclarent avoir déjà dû travailler dans une autre langue que le français, et 84 % de ces actifs citent l'anglais. Quelle part de l'ensemble des actifs a déjà dû travailler en anglais ? Arrondis au pour cent.
Correction :
Les 84 % portent sur les actifs qui travaillent dans une autre langue, pas sur tous les actifs. On prend donc 84 % de 31 % : $0{,}84 \times 0{,}31 = 0{,}2604$.
Environ 26 % des actifs, un peu plus d'un sur quatre, ont déjà dû travailler en anglais.
Exercice 2 : En 2025, la France a exporté 615 milliards d'euros de biens, dont 81,5 milliards vers l'Allemagne et 48,3 milliards vers les États-Unis. Calcule la part de chacun de ces deux pays dans ces exportations, au dixième de pour cent, puis le quotient du montant allemand par le montant américain.
Correction :
Part de l'Allemagne : $\dfrac{81{,}5}{615} \approx 0{,}1325$, soit environ 13,3 %.
Part des États-Unis : $\dfrac{48{,}3}{615} \approx 0{,}0785$, soit environ 7,9 %.
Quotient : $\dfrac{81{,}5}{48{,}3} \approx 1{,}7$. L'Allemagne achète à la France environ 1,7 fois plus de biens que les États-Unis : un argument chiffré pour l'allemand dans les métiers de l'export.
Exercice 3 : Dans l'enquête du Crédoc, 76 % des personnes interrogées jugent qu'une langue étrangère autre que l'anglais est un atout professionnel, et 60 % de ces personnes citent l'espagnol. Un camarade en conclut : « 60 % des recruteurs veulent de l'espagnol. » Trouve ses deux erreurs, puis calcule la part de l'ensemble des personnes interrogées qui citent l'espagnol.
Correction :
Première erreur : les personnes interrogées sont des habitants de 15 ans et plus, pas des recruteurs. Deuxième erreur : les 60 % portent seulement sur les 76 % qui voient un atout dans une autre langue que l'anglais.
Sur l'ensemble : $0{,}76 \times 0{,}60 = 0{,}456$, soit environ 46 % des personnes interrogées. Ce chiffre reste une opinion : il dit que l'espagnol attire, pas combien d'offres d'emploi le demandent.
À retenir
À retenir :
- L'anglais domine : 84 % des actifs qui travaillent dans une autre langue le citent (Crédoc, début 2022).
- Derrière reviennent l'allemand, l'espagnol et l'italien, côté entreprises comme côté salariés.
- Une langue suit les échanges : en 2025, l'Allemagne est le premier client de la France.
- Usage, opinion et offres d'emploi sont trois mesures différentes : vérifie toujours qui a répondu.
- Choisis ta deuxième langue à partir du métier et des pays visés, puis vérifie sur de vraies offres.
Sources
- Crédoc pour le ministère de la Culture, enquête sur l'utilisation des langues étrangères dans le cadre professionnel, décembre 2021 à janvier 2022 : rapport sur culture.gouv.fr.
- Projet LEMP, « Analyse des besoins des employeurs français au regard des compétences en langues vivantes étrangères », synthèse de juin 2015 : synthèse sur cereq.fr.
- Direction générale du Trésor, rapport annuel 2026 sur le commerce extérieur de la France (données 2025), février 2026 : rapport sur vie-publique.fr.