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Licence Professionnelle : Le Guide Complet du Diplôme Bac+3 Orienté Emploi

Qui peut y entrer, comment la formation est organisée, ce que change l'alternance et ce que deviennent les diplômés : les règles nationales et les chiffres du ministère.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

La licence professionnelle est un diplôme national de niveau bac+3, conçu pour mener directement à un métier. Dans sa forme en un an, tu as déjà validé deux années d'études supérieures et tu prépares la dernière, dont au moins un tiers des crédits en situation de métier. Exemple : avec une L2 validée, tu peux candidater en licence pro « Logistique et transports internationaux » et, si tu es retenu, en sortir diplômé bac+3 un an plus tard.

Ce qu'est une licence professionnelle

Les règles viennent de l'arrêté du 6 décembre 2019, qui a réformé le diplôme. Il en fait un diplôme national qui confère le grade de licence, comme une licence générale, et qui correspond à 180 crédits européens.

Définition : un crédit européen, ou ECTS, mesure une quantité de travail validée. Une année d'études réussie en rapporte 60, donc 180 crédits correspondent à trois ans après le bac.

Tu n'as pas à faire ces trois ans en licence pro. Un parcours de licence pro compte de 60 à 180 crédits, donc dure d'un à trois ans selon ton point d'entrée.

Le BUT en est un cas particulier. Quand un IUT (institut universitaire de technologie, une composante de l'université) organise une licence pro en 180 crédits, elle prend le nom d'usage de « bachelor universitaire de technologie ». Juridiquement, un BUT est donc une licence professionnelle en trois ans.

L'intitulé du diplôme associe un domaine et une mention, c'est-à-dire la spécialité écrite sur le diplôme. Par exemple « Commerce et distribution », « Métiers du BTP : bâtiment et construction » ou « Optique professionnelle ».

Qui peut y entrer

Règle : pour un parcours en 180 crédits, il faut le bac ou un titre de niveau 4, le niveau du bac. Pour un parcours plus court, il faut avoir validé de 30 à 120 crédits dans le premier cycle du supérieur (les années qui mènent à la licence), ou obtenir une validation de tes études ou de ton expérience qui en tient lieu (article 5 de l'arrêté).

Pour la licence pro en un an, le calcul est direct : elle apporte les 60 derniers crédits, donc tu entres avec $180 - 60 = 120$ crédits validés. Une L2 réussie ou deux années de BUT te les donnent. Si tu sors d'un BTS, le texte te cite : l'université doit prévoir pour toi des passerelles et des enseignements d'adaptation.

Piège classique : ce sont les crédits validés qui comptent, pas les années passées sur les bancs. Une L2 suivie en entier mais validée à moitié te laisse à 90 crédits, pas à 120.

En t'inscrivant, tu signes un « contrat pédagogique pour la réussite étudiante » qui décrit ton parcours, l'accompagnement prévu et vos engagements réciproques. Le nombre de places et le calendrier de candidature, eux, ne sont pas fixés au niveau national : ils figurent sur la page de chaque formation.

Comment la formation est organisée

Les mises en situation professionnelle, c'est-à-dire le stage et le projet tuteuré, valent au moins un tiers des crédits du parcours (article 10). Le projet tuteuré est un travail concret sur une situation du métier, mené sous la conduite d'un enseignant, ton tuteur. Sur une année de 60 crédits, cela fait au moins 20 crédits.

Le stage ou le projet débouche sur un mémoire, un écrit qui présente et analyse ton travail, que tu défends ensuite à l'oral : c'est la soutenance.

Au moins 25 % du volume des cours est assuré par des professionnels dont l'activité principale relève du secteur de la licence. Une partie de tes enseignants exercent donc le métier qu'ils t'apprennent.

L'arrêté ne donne pas de durée de stage en semaines pour la licence pro en un an : cette durée figure dans le règlement de ta formation, à lire dès la rentrée.

Conseil : choisis ton stage et ton sujet de projet en pensant au poste que tu viseras ensuite. C'est ce que tu raconteras en entretien d'embauche.

La préparer en alternance

L'alternance partage ton temps entre l'établissement et une entreprise. Pour la licence pro, l'arrêté permet un contrat d'apprentissage ou un contrat de professionnalisation (article 7), et tes périodes en entreprise remplacent alors le stage.

Le contrat d'apprentissage est un contrat de travail. Tu le signes avec un employeur, qui te verse un salaire et s'engage à te former, en partie dans l'entreprise, en partie en centre de formation. Cette formation est gratuite pour toi.

On peut être engagé comme apprenti jusqu'à 29 ans révolus au début de l'apprentissage, c'est-à-dire jusqu'à la veille de ses 30 ans, sauf exceptions prévues par le code du travail.

Piège classique : être admis dans une licence pro proposée en alternance ne fait pas de toi un apprenti. Sans contrat signé avec un employeur, tu ne l'es pas. Cherche ton entreprise en même temps que tu candidates, et demande à la formation ce qui se passe si tu n'as rien signé à la rentrée.

Après le diplôme : emploi ou master

La licence pro vise l'emploi : selon l'article 1 de l'arrêté, la poursuite d'études en master « n'est pas de droit ». Tu peux candidater, mais ton diplôme ne te garantit aucune place.

Pour suivre les diplômés, le ministère utilise le dispositif InserSup, qui croise les fichiers d'inscription avec les déclarations sociales envoyées chaque mois par les employeurs. Pour la promotion 2024, parmi les diplômés de licence pro sortis des études, 73 % avaient un emploi salarié en France 18 mois après le diplôme, et 79 % chez ceux qui l'avaient préparée en apprentissage.

Ce taux ne compte que l'emploi salarié en France : un diplômé à son compte ou parti travailler à l'étranger n'y entre pas.

Une bonne partie des diplômés continue pourtant ses études. Pour la même promotion, InserSup compte 8 415 diplômés qui ont poursuivi des études, pour 12 624 qui en sont sortis : à peu près 4 sur 10 ont donc continué.

Exercices corrigés

Du plus direct au plus proche d'une vraie décision. Cherche chacun avant d'ouvrir la correction.

Exercice 1 : Inès a validé sa première année de licence (60 crédits) et seulement le premier semestre de sa deuxième année (30 crédits). Elle vise une licence pro en un an, qui apporte 60 crédits. Remplit-elle la condition d'entrée ? Sinon, que lui manque-t-il ?

Correction :

Elle a validé $60 + 30 = 90$ crédits. La licence pro en un an apporte les 60 derniers des 180 crédits : il faut donc entrer avec $180 - 60 = 120$ crédits.

Il lui manque $120 - 90 = 30$ crédits, soit le second semestre de L2. Autre piste : le texte permet aussi des parcours plus longs, ouverts avec moins de 120 crédits, si un établissement en propose un dans le domaine visé.

Exercice 2 : Une licence pro en un an vaut 60 crédits. Combien de crédits, au minimum, reviennent au stage et au projet tuteuré ? Même question pour un parcours de 180 crédits.

Correction :

Les mises en situation professionnelle valent au moins un tiers des crédits du parcours.

Sur un an : $\dfrac{1}{3} \times 60 = 20$ crédits au minimum. Sur le parcours de trois ans : $\dfrac{1}{3} \times 180 = 60$ crédits au minimum.

Exercice 3 : Sur un forum, tu lis : « 73 % des diplômés de licence pro travaillent, donc 27 % sont au chômage. » Le chiffre est celui de la promotion 2024, 18 mois après le diplôme. Sur 1 000 diplômés sortis des études, combien avaient un emploi salarié en France ? Le raisonnement du forum est-il juste ?

Correction :

$0{,}73 \times 1\,000 = 730$ diplômés avaient un emploi salarié en France.

Le forum se trompe deux fois. Parmi les 270 autres, il peut y avoir des chômeurs, mais aussi des indépendants, des diplômés partis travailler à l'étranger ou des personnes qui ne cherchent pas d'emploi. Et le chiffre ne porte que sur les diplômés sortis des études : ceux qui ont continué n'y sont pas.

À retenir

À retenir :

  • Diplôme national, grade de licence, 180 crédits ; un parcours en compte de 60 à 180.
  • En un an : entrée avec 120 crédits validés, pas avec deux années simplement suivies.
  • Au moins un tiers des crédits en stage et projet tuteuré ; au moins 25 % des cours assurés par des professionnels.
  • En alternance, il faut un contrat signé avec un employeur ; l'apprentissage se signe jusqu'à 29 ans révolus, sauf exceptions.
  • Le master n'est pas de droit. Promotion 2024 : 73 % des diplômés sortis des études en emploi salarié en France à 18 mois.

Sources

  • Arrêté du 6 décembre 2019 portant réforme de la licence professionnelle, version en vigueur : texte sur Légifrance.
  • Insertion professionnelle des diplômés, dispositif InserSup, ministère chargé de l'Enseignement supérieur, données mises à jour en juillet 2026 : jeu de données.
  • Code du travail, articles L6211-1, L6221-1 et L6222-1 sur l'apprentissage.

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