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Maîtrise les Espaces Vectoriels : Bases et Dimensions

Consolide tes acquis sur les espaces vectoriels, trouve des bases et détermine leurs dimensions avec ces exercices pratiques.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Compétences travaillées : Savoir définir et manipuler les espaces vectoriels, identifier et construire des bases, calculer et interpréter les dimensions, comprendre les notions de sous-espaces vectoriels et de leurs propriétés.

Introduction

Bienvenue dans cette série d'exercices dédiée aux espaces vectoriels, un pilier fondamental de l'algèbre linéaire. Tu vas y explorer les notions de bases et de dimensions, compétences essentielles pour aborder sereinement tes études supérieures en mathématiques, en physique, en ingénierie ou en informatique. Ces exercices, de difficulté progressive, te permettront de consolider ta compréhension et de développer tes capacités de résolution.

Erreurs fréquentes à éviter : Confondre une famille génératrice avec une base, ne pas vérifier l'indépendance linéaire des vecteurs, oublier de préciser le corps sur lequel l'espace vectoriel est défini, mal interpréter la dimension d'un espace.

Exercices sur les Espaces Vectoriels : Bases et Dimensions

Exercice 1 : Soit $E = \mathbb{R}^3$ l'espace vectoriel usuel. Considère les vecteurs $u = (1, 2, 3)$ et $v = (2, 4, 6)$.

a) Montre que la famille $(u, v)$ est liée.

b) Que peux-tu dire de l'espace vectoriel engendré par cette famille ?

Barème indicatif : 2 points

Correction :

a) Une famille de vecteurs est liée s'il existe des scalaires non tous nuls tels qu'une combinaison linéaire de ces vecteurs soit le vecteur nul. Ici, on observe que $v = 2u$. Donc, $2u - v = 0$. Les scalaires sont $2$ et $-1$, qui ne sont pas tous nuls. La famille $(u, v)$ est donc liée.

b) L'espace vectoriel engendré par une famille liée et non nulle est une droite vectorielle passant par l'origine, dirigée par l'un des vecteurs (non nul).

Résultat : L'espace engendré par $(u, v)$ est la droite vectorielle de direction $(1, 2, 3)$ dans $\mathbb{R}^3$.

Point méthode : Pour vérifier si une famille est liée, cherche une relation de proportionnalité entre les vecteurs si leur nombre est petit, ou une combinaison linéaire égale au vecteur nul.

Exercice 2 : Soit $E = \mathbb{R}^2$. La famille $F = \{ (1, 0), (0, 1) \}$ est-elle une base de $E$ ? Justifie ta réponse.

Barème indicatif : 2 points

Correction :

Pour qu'une famille soit une base d'un espace vectoriel, elle doit satisfaire deux conditions : être libre et engendrer l'espace vectoriel.

1. Liberté : Soient $\alpha, \beta \in \mathbb{R}$ tels que $\alpha(1, 0) + \beta(0, 1) = (0, 0)$. Cela donne $(\alpha, 0) + (0, \beta) = (0, 0)$, donc $(\alpha, \beta) = (0, 0)$. Cela implique $\alpha = 0$ et $\beta = 0$. La famille $F$ est donc libre.

2. Condition de génération : Pour tout vecteur $(x, y) \in \mathbb{R}^2$, on cherche $\alpha, \beta \in \mathbb{R}$ tels que $\alpha(1, 0) + \beta(0, 1) = (x, y)$. Cela conduit à $(\alpha, \beta) = (x, y)$, donc $\alpha = x$ et $\beta = y$. Ainsi, tout vecteur de $\mathbb{R}^2$ peut s'écrire comme une combinaison linéaire des vecteurs de $F$. La famille $F$ engendre $\mathbb{R}^2$.

Comme $F$ est libre et engendre $\mathbb{R}^2$, c'est une base de $\mathbb{R}^2$.

Résultat : Oui, $F$ est une base de $\mathbb{R}^2$.

Astuce : La famille canonique (vecteurs avec un seul 1 et des 0 ailleurs) est souvent une base pour les espaces $\mathbb{R}^n$. Son cardinal est égal à la dimension.

Exercice 3 : Soit $E$ un espace vectoriel de dimension 4. Soit $F$ un sous-espace vectoriel de $E$ de dimension 2. Soit $G$ un sous-espace vectoriel de $E$ de dimension 3.

Quel est le cardinal possible pour la dimension de $F \cap G$ ?

Barème indicatif : 3 points

Correction :

Nous utilisons la formule de Grassmann pour les sous-espaces vectoriels : $\dim(F + G) = \dim(F) + \dim(G) - \dim(F \cap G)$.

On sait que $F + G$ est un sous-espace vectoriel de $E$. Donc, $\dim(F + G) \le \dim(E)$.

Ici, $\dim(F) = 2$, $\dim(G) = 3$, $\dim(E) = 4$. La formule devient : $\dim(F + G) = 2 + 3 - \dim(F \cap G) = 5 - \dim(F \cap G)$.

Comme $\dim(F + G) \le 4$, on a $5 - \dim(F \cap G) \le 4$. Ceci implique $\dim(F \cap G) \ge 5 - 4 = 1$.

De plus, l'intersection de deux sous-espaces $F$ et $G$ est un sous-espace de chacun d'eux. Donc, $\dim(F \cap G) \le \min(\dim(F), \dim(G))$. Ici, $\dim(F \cap G) \le \min(2, 3) = 2$.

En combinant les deux inégalités, on obtient $1 \le \dim(F \cap G) \le 2$.

Résultat : La dimension de $F \cap G$ peut être 1 ou 2.

Point méthode : La formule de Grassmann est un outil puissant pour relier les dimensions de sous-espaces et de leurs sommes/intersections.

Exercice 4 : Soit $E = \{ (x, y, z) \in \mathbb{R}^3 \mid x - y + z = 0 \}$.

a) Montre que $E$ est un sous-espace vectoriel de $\mathbb{R}^3$.

b) Détermine une base de $E$ et sa dimension.

Barème indicatif : 4 points

Correction :

a) Pour montrer que $E$ est un sous-espace vectoriel, il faut vérifier trois points :

1. Le vecteur nul $(0, 0, 0)$ appartient à $E$ : $0 - 0 + 0 = 0$. C'est vrai.

2. Stabilité par addition : Soient $u = (x_1, y_1, z_1) \in E$ et $v = (x_2, y_2, z_2) \in E$. Alors $x_1 - y_1 + z_1 = 0$ et $x_2 - y_2 + z_2 = 0$. Pour $u+v = (x_1+x_2, y_1+y_2, z_1+z_2)$, on a $(x_1+x_2) - (y_1+y_2) + (z_1+z_2) = (x_1 - y_1 + z_1) + (x_2 - y_2 + z_2) = 0 + 0 = 0$. Donc $u+v \in E$. C'est vrai.

3. Stabilité par multiplication par un scalaire : Soit $u = (x, y, z) \in E$ et $\lambda \in \mathbb{R}$. Alors $x - y + z = 0$. Pour $\lambda u = (\lambda x, \lambda y, \lambda z)$, on a $\lambda x - \lambda y + \lambda z = \lambda(x - y + z) = \lambda(0) = 0$. Donc $\lambda u \in E$. C'est vrai.

Ainsi, $E$ est un sous-espace vectoriel de $\mathbb{R}^3$.

b) L'équation définissant $E$ est $x - y + z = 0$. On peut exprimer une variable en fonction des deux autres, par exemple $x = y - z$.

Un vecteur $(x, y, z)$ de $E$ s'écrit donc sous la forme $(y - z, y, z)$, où $y, z \in \mathbb{R}$.

On peut décomposer ce vecteur : $(y - z, y, z) = (y, y, 0) + (-z, 0, z) = y(1, 1, 0) + z(-1, 0, 1)$.

Les vecteurs $v_1 = (1, 1, 0)$ et $v_2 = (-1, 0, 1)$ engendrent $E$. Il reste à vérifier s'ils sont libres.

Pour cela, on résout $\alpha(1, 1, 0) + \beta(-1, 0, 1) = (0, 0, 0)$.

Cela donne $(\alpha - \beta, \alpha, \beta) = (0, 0, 0)$.

On obtient $\alpha = 0$ et $\beta = 0$. La famille $(v_1, v_2)$ est donc libre.

Comme $(v_1, v_2)$ est libre et engendre $E$, c'est une base de $E$. La dimension de $E$ est le nombre de vecteurs dans la base, soit 2.

Résultat : Une base de $E$ est $\{ (1, 1, 0), (-1, 0, 1) \}$ et $\dim(E) = 2$.

Point méthode : Pour trouver une base d'un sous-espace défini par une équation, exprime une variable en fonction des autres, puis factorise pour identifier les vecteurs générateurs. Vérifie ensuite leur liberté.

Exercice 5 : Soit $E = \mathbb{R}_2[X]$ l'espace vectoriel des polynômes de degré au plus 2. Considère la famille de polynômes $B = \{ P_1(X) = X^2 + 1, P_2(X) = X - 1, P_3(X) = 2X^2 - X \}$.

a) Montre que $B$ est une base de $E$. (Indice : le cardinal de $B$ est-il compatible avec la dimension de $E$ ?)

b) Exprime le polynôme $Q(X) = X^2 + 2X + 3$ dans la base $B$.

Barème indicatif : 4 points

Correction :

a) L'espace $E = \mathbb{R}_2[X]$ est de dimension 3. La famille $B$ contient 3 polynômes. Pour que $B$ soit une base, il suffit de montrer qu'elle est libre ou qu'elle engendre $E$. Montrons qu'elle est libre.

Soient $\alpha, \beta, \gamma \in \mathbb{R}$ tels que $\alpha P_1(X) + \beta P_2(X) + \gamma P_3(X) = 0$.

$\alpha(X^2 + 1) + \beta(X - 1) + \gamma(2X^2 - X) = 0$

$(\alpha + 2\gamma ) X^2 + (\beta - \gamma ) X + (\alpha - \beta ) = 0$

En identifiant les coefficients des puissances de $X$ à zéro, on obtient le système suivant :

1) $\alpha + 2\gamma = 0$

2) $\beta - \gamma = 0$

3) $\alpha - \beta = 0$

De (2), $\beta = \gamma$. De (3), $\alpha = \beta$. Donc $\alpha = \beta = \gamma$.

En substituant dans (1) : $\alpha + 2\alpha = 0 \implies 3\alpha = 0 \implies \alpha = 0$.

Par conséquent, $\alpha = \beta = \gamma = 0$. La famille $B$ est libre.

Comme $B$ est une famille libre de 3 vecteurs dans un espace de dimension 3, c'est une base de $E$.

b) On cherche $\alpha, \beta, \gamma \in \mathbb{R}$ tels que $Q(X) = \alpha P_1(X) + \beta P_2(X) + \gamma P_3(X)$.

C'est exactement le système d'équations obtenu à la question a), mais avec le second membre égal à $Q(X)$ au lieu de 0. Le polynôme $Q(X) = X^2 + 2X + 3$ doit donc être égal à $(\alpha + 2\gamma)X^2 + (\beta - \gamma)X + (\alpha - \beta)$.

En identifiant les coefficients :

1) $\alpha + 2\gamma = 1$

2) $\beta - \gamma = 2$

3) $\alpha - \beta = 3$

De (2), $\beta = \gamma + 2$. De (3), $\alpha = \beta + 3 = (\gamma + 2) + 3 = \gamma + 5$.

En substituant $\alpha$ dans (1) : $(\gamma + 5) + 2\gamma = 1 \implies 3\gamma + 5 = 1 \implies 3\gamma = -4 \implies \gamma = -4/3$.

Alors $\beta = \gamma + 2 = -4/3 + 2 = -4/3 + 6/3 = 2/3$.

Et $\alpha = \beta + 3 = 2/3 + 3 = 2/3 + 9/3 = 11/3$.

Résultat : $Q(X) = \frac{11}{3} P_1(X) + \frac{2}{3} P_2(X) - \frac{4}{3} P_3(X)$.

Astuce : Pour exprimer un vecteur dans une base, il faut résoudre un système linéaire dont les coefficients dépendent de la base.

Exercice 6 : Soit $E = \mathbb{R}^4$ et soit $V = \{ (x, y, z, t) \in \mathbb{R}^4 \mid x+y=0 \text{ et } z-t=0 \}$.

a) Montre que $V$ est un sous-espace vectoriel de $\mathbb{R}^4$.

b) Détermine une base de $V$ et sa dimension.

Barème indicatif : 4 points

Correction :

a) On vérifie les trois conditions pour un sous-espace vectoriel :

1. Le vecteur nul $(0, 0, 0, 0)$ appartient à $V$ car $0+0=0$ et $0-0=0$. C'est vérifié.

2. Stabilité par addition : Soient $u=(x_1, y_1, z_1, t_1)$ et $v=(x_2, y_2, z_2, t_2)$ deux vecteurs de $V$. Alors $x_1+y_1=0$, $z_1-t_1=0$, et $x_2+y_2=0$, $z_2-t_2=0$. Pour $u+v = (x_1+x_2, y_1+y_2, z_1+z_2, t_1+t_2)$, on a $(x_1+x_2) + (y_1+y_2) = (x_1+y_1) + (x_2+y_2) = 0+0=0$, et $(z_1+z_2) - (t_1+t_2) = (z_1-t_1) + (z_2-t_2) = 0+0=0$. Donc $u+v \in V$. C'est vérifié.

3. Stabilité par multiplication par un scalaire : Soit $u=(x, y, z, t) \in V$ et $\lambda \in \mathbb{R}$. Alors $x+y=0$ et $z-t=0$. Pour $\lambda u = (\lambda x, \lambda y, \lambda z, \lambda t)$, on a $\lambda x + \lambda y = \lambda(x+y) = \lambda(0) = 0$, et $\lambda z - \lambda t = \lambda(z-t) = \lambda(0) = 0$. Donc $\lambda u \in V$. C'est vérifié.

Ainsi, $V$ est un sous-espace vectoriel de $\mathbb{R}^4$.

b) Les conditions définissant $V$ sont $y = -x$ et $t = z$. Un vecteur $(x, y, z, t)$ de $V$ s'écrit donc sous la forme $(x, -x, z, z)$, où $x, z \in \mathbb{R}$.

On peut décomposer ce vecteur : $(x, -x, z, z) = (x, -x, 0, 0) + (0, 0, z, z) = x(1, -1, 0, 0) + z(0, 0, 1, 1)$.

Les vecteurs $v_1 = (1, -1, 0, 0)$ et $v_2 = (0, 0, 1, 1)$ engendrent $V$. Il reste à vérifier leur liberté.

Soient $\alpha, \beta \in \mathbb{R}$ tels que $\alpha v_1 + \beta v_2 = (0, 0, 0, 0)$.

$\alpha(1, -1, 0, 0) + \beta(0, 0, 1, 1) = (0, 0, 0, 0)$

$(\alpha, -\alpha, \beta, \beta) = (0, 0, 0, 0)$.

On obtient $\alpha = 0$ et $\beta = 0$. La famille $(v_1, v_2)$ est donc libre.

Comme $(v_1, v_2)$ est libre et engendre $V$, c'est une base de $V$. La dimension de $V$ est le nombre de vecteurs dans la base, soit 2.

Résultat : Une base de $V$ est $\{ (1, -1, 0, 0), (0, 0, 1, 1) \}$ et $\dim(V) = 2$.

Point méthode : Un sous-espace défini par des égalités linéaires correspond à un système d'équations. La dimension est le nombre de variables libres après résolution du système.

Exercice 7 : Soit $E = \mathcal{M}_{2,2}(\mathbb{R})$ l'espace vectoriel des matrices carrées d'ordre 2 à coefficients réels. Soit $V$ le sous-ensemble des matrices symétriques de $E$ (c'est-à-dire $M^T = M$).

a) Montre que $V$ est un sous-espace vectoriel de $E$.

b) Détermine une base de $V$ et sa dimension.

Barème indicatif : 4 points

Correction :

a) Vérifions les trois conditions pour $V$ :

1. La matrice nulle $0 = \begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}$ est symétrique car $0^T = 0$. Elle appartient donc à $V$. C'est vérifié.

2. Stabilité par addition : Soient $A = \begin{pmatrix} a & b \\ b & d \end{pmatrix}$ et $B = \begin{pmatrix} e & f \\ f & g \end{pmatrix}$ deux matrices symétriques dans $V$. Leur somme $A+B = \begin{pmatrix} a+e & b+f \\ b+f & d+g \end{pmatrix}$. La transposée de $A+B$ est $(A+B)^T = \begin{pmatrix} a+e & b+f \\ b+f & d+g \end{pmatrix}$. Donc $(A+B)^T = A+B$, ce qui signifie que $A+B$ est symétrique et appartient à $V$. C'est vérifié.

3. Stabilité par multiplication par un scalaire : Soit $A = \begin{pmatrix} a & b \\ b & d \end{pmatrix} \in V$ et $\lambda \in \mathbb{R}$. La matrice $\lambda A = \begin{pmatrix} \lambda a & \lambda b \\ \lambda b & \lambda d \end{pmatrix}$. La transposée de $\lambda A$ est $(\lambda A)^T = \begin{pmatrix} \lambda a & \lambda b \\ \lambda b & \lambda d \end{pmatrix}$. Donc $(\lambda A)^T = \lambda A$, ce qui signifie que $\lambda A$ est symétrique et appartient à $V$. C'est vérifié.

Ainsi, $V$ est un sous-espace vectoriel de $\mathcal{M}_{2,2}(\mathbb{R})$.

b) Une matrice $M = \begin{pmatrix} a & b \\ c & d \end{pmatrix}$ est symétrique si $M^T = M$.

$M^T = \begin{pmatrix} a & c \\ b & d \end{pmatrix}$.

Pour que $M^T = M$, il faut que $b = c$. Les autres coefficients $a$ et $d$ peuvent être n'importe quels réels.

Ainsi, une matrice symétrique $M$ de taille $2 \times 2$ s'écrit sous la forme $M = \begin{pmatrix} a & b \\ b & d \end{pmatrix}$, où $a, b, d \in \mathbb{R}$.

On peut décomposer cette matrice :

$M = \begin{pmatrix} a & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix} + \begin{pmatrix} 0 & b \\ b & 0 \end{pmatrix} + \begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & d \end{pmatrix} = a \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix} + b \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix} + d \begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}$.

Les matrices $M_1 = \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}$, $M_2 = \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}$, et $M_3 = \begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}$ engendrent $V$. Il reste à vérifier leur liberté.

Soient $\alpha, \beta, \gamma \in \mathbb{R}$ tels que $\alpha M_1 + \beta M_2 + \gamma M_3 = 0$.

$\alpha \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix} + \beta \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix} + \gamma \begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}$.

$\begin{pmatrix} \alpha & \beta \\ \beta & \gamma \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}$.

On obtient $\alpha = 0$, $\beta = 0$, et $\gamma = 0$. La famille $(M_1, M_2, M_3)$ est donc libre.

Comme cette famille est libre et engendre $V$, c'est une base de $V$. La dimension de $V$ est 3.

Résultat : Une base de $V$ est $\{ \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}, \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}, \begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} \}$ et $\dim(V) = 3$.

Astuce : Les espaces de matrices avec des conditions de symétrie, d'antisymétrie ou de diagonalité ont souvent des bases dont les éléments sont des matrices "types" représentant ces propriétés.

Exercice 8 : Soit $E$ un espace vectoriel de dimension finie $n$. Soit $u_1, \dots, u_p$ une famille de vecteurs de $E$. On note $F = \text{Vect}(u_1, \dots, u_p)$ le sous-espace vectoriel engendré par cette famille.

a) Si $p < n$, peut-on affirmer que $F \neq E$ ? Justifie.

b) Si $p > n$, peut-on affirmer que la famille $(u_1, \dots, u_p)$ est liée ? Justifie.

Barème indicatif : 4 points

Correction :

a) Si $p < n$, alors $\dim(F) = \text{rang}(u_1, \dots, u_p) \le p$. Comme $p < n$, on a $\dim(F) < n$. La dimension de $E$ est $n$. Si $F=E$, alors $\dim(F) = \dim(E) = n$. Puisque $\dim(F) < n$, on ne peut pas avoir $F=E$. Donc, $F \neq E$.

Conclusion : Oui, si $p < n$, alors $F \neq E$.

b) Si $p > n$, alors on a une famille de $p$ vecteurs dans un espace de dimension $n$. La dimension de l'espace engendré par ces vecteurs, $\dim(F)$, est au plus égale au nombre de vecteurs indépendants, qui ne peut pas dépasser $n$ (car $F$ est un sous-espace de $E$ de dimension $n$). Donc $\dim(F) \le n$. Si la famille $(u_1, \dots, u_p)$ était libre, alors sa taille $p$ devrait être inférieure ou égale à la dimension de l'espace, soit $p \le n$. Or, on a $p > n$. Par conséquent, la famille ne peut pas être libre, elle est donc liée.

Conclusion : Oui, si $p > n$, alors la famille $(u_1, \dots, u_p)$ est liée.

Résultat : Les propriétés de la dimension des espaces vectoriels et des familles de vecteurs sont cruciales pour ces raisonnements.

Point méthode : Il est fondamental de connaître la relation entre le cardinal d'une famille de vecteurs, sa liberté/liason, l'espace qu'elle engendre et la dimension de l'espace ambiant.

Exercice 9 : Soit $E = \mathbb{R}^3$. Soit $u = (1, 1, 0)$, $v = (0, 1, 1)$, $w = (1, 0, -1)$.

a) Montre que la famille $(u, v, w)$ est liée.

b) Détermine la dimension de l'espace $F = \text{Vect}(u, v, w)$.

c) On considère $G = \text{Vect}(u, v)$. Quelle est la relation entre $F$ et $G$ ?

Barème indicatif : 5 points

Correction :

a) Pour montrer que la famille est liée, cherchons $\alpha, \beta, \gamma \in \mathbb{R}$, non tous nuls, tels que $\alpha u + \beta v + \gamma w = 0$.

$\alpha(1, 1, 0) + \beta(0, 1, 1) + \gamma(1, 0, -1) = (0, 0, 0)$

$(\alpha + \gamma, \alpha + \beta, \beta - \gamma) = (0, 0, 0)$

On obtient le système :

1) $\alpha + \gamma = 0 \implies \gamma = -\alpha$

2) $\alpha + \beta = 0 \implies \beta = -\alpha$

3) $\beta - \gamma = 0$. Substituons $\beta = -\alpha$ et $\gamma = -\alpha$ dans (3) : $(-\alpha) - (-\alpha) = 0$, ce qui donne $0 = 0$.

Cette équation est toujours vérifiée, ce qui signifie qu'il y a une infinité de solutions. Il suffit d'en trouver une où $\alpha, \beta, \gamma$ ne sont pas tous nuls. Prenons $\alpha = 1$. Alors $\beta = -1$ et $\gamma = -1$.

Ainsi, $1u - 1v - 1w = 0$. La famille $(u, v, w)$ est liée.

b) La dimension de $F = \text{Vect}(u, v, w)$ est le rang de la famille $(u, v, w)$. Comme la famille est liée, le rang est strictement inférieur au nombre de vecteurs (3).

La dimension est donc au plus 2. Regardons si $(u, v)$ est une famille libre.

Soient $\alpha, \beta \in \mathbb{R}$ tels que $\alpha u + \beta v = 0$.

$\alpha(1, 1, 0) + \beta(0, 1, 1) = (0, 0, 0)$

$(\alpha, \alpha + \beta, \beta) = (0, 0, 0)$

On obtient $\alpha = 0$ et $\beta = 0$. La famille $(u, v)$ est libre.

Comme $(u, v)$ est une famille libre de vecteurs et que $w$ est une combinaison linéaire de $u$ et $v$ (puisque la famille $(u, v, w)$ est liée et $(u, v)$ est libre, $w$ doit être dans $\text{Vect}(u, v)$), le rang de $(u, v, w)$ est égal au rang de $(u, v)$.

La dimension de $F$ est donc 2.

c) Puisque $G = \text{Vect}(u, v)$ et que $u, v$ sont linéairement indépendants, $\dim(G) = 2$. Comme $u$ et $v$ appartiennent à $F = \text{Vect}(u, v, w)$, on a $G \subseteq F$. De plus, comme $\dim(G) = 2$ et $\dim(F) = 2$, on peut conclure que $F = G$.

Résultat : a) La famille $(u, v, w)$ est liée. b) $\dim(F) = 2$. c) $F = G$.

Point méthode : Pour trouver la dimension d'un espace engendré par une famille de vecteurs, on cherche une sous-famille libre maximale de cette famille, ou on utilise le rang.

Exercice 10 : Soit $E = \mathbb{R}^3$. Soit $u = (1, 1, 1)$, $v = (1, -1, 0)$, $w = (2, 0, 1)$.

a) Détermine une base de $F = \text{Vect}(u, v, w)$.

b) Soit $x = (3, 1, 2)$. Appartient-il à $F$ ? Si oui, exprime $x$ dans la base de $F$ trouvée en a).

Barème indicatif : 5 points

Correction :

a) Pour trouver une base de $F$, nous allons déterminer si la famille $(u, v, w)$ est libre. Si elle est liée, nous allons trouver une sous-famille libre.

Cherchons $\alpha, \beta, \gamma \in \mathbb{R}$, non tous nuls, tels que $\alpha u + \beta v + \gamma w = 0$.

$\alpha(1, 1, 1) + \beta(1, -1, 0) + \gamma(2, 0, 1) = (0, 0, 0)$

$(\alpha + \beta + 2\gamma, \alpha - \beta, \alpha + \gamma) = (0, 0, 0)$

On obtient le système :

1) $\alpha + \beta + 2\gamma = 0$

2) $\alpha - \beta = 0 \implies \alpha = \beta$

3) $\alpha + \gamma = 0 \implies \gamma = -\alpha$

Substituons $\beta = \alpha$ et $\gamma = -\alpha$ dans (1) :

$\alpha + \alpha + 2(-\alpha) = 0 \implies 2\alpha - 2\alpha = 0 \implies 0 = 0$.

Le système a des solutions non nulles. Par exemple, si $\alpha=1$, alors $\beta=1$ et $\gamma=-1$. Ainsi, $1u + 1v - 1w = 0$. La famille $(u, v, w)$ est liée.

Comme elle est liée, sa dimension est inférieure à 3. Regardons si $(u, v)$ est libre.

Soient $\alpha, \beta \in \mathbb{R}$ tels que $\alpha u + \beta v = 0$.

$\alpha(1, 1, 1) + \beta(1, -1, 0) = (0, 0, 0)$

$(\alpha + \beta, \alpha - \beta, \alpha) = (0, 0, 0)$

De la troisième équation, $\alpha = 0$. De la deuxième équation, $0 - \beta = 0 \implies \beta = 0$. La famille $(u, v)$ est libre.

Comme $(u, v)$ est libre et engendre $F$ (car $w$ est dans $\text{Vect}(u, v)$ puisque la famille $(u, v, w)$ est liée), $(u, v)$ est une base de $F$.

b) Pour savoir si $x = (3, 1, 2)$ appartient à $F$, il faut vérifier s'il peut s'écrire comme combinaison linéaire de la base $(u, v)$.

Cherchons $\lambda, \mu \in \mathbb{R}$ tels que $x = \lambda u + \mu v$.

$(3, 1, 2) = \lambda(1, 1, 1) + \mu(1, -1, 0)$

$(3, 1, 2) = (\lambda + \mu, \lambda - \mu, \lambda)$

On obtient le système :

1) $\lambda + \mu = 3$

2) $\lambda - \mu = 1$

3) $\lambda = 2$

De (3), $\lambda = 2$. Substituons dans (1) : $2 + \mu = 3 \implies \mu = 1$.

Vérifions avec (2) : $\lambda - \mu = 2 - 1 = 1$. Cela correspond à l'équation (2).

Le système a une solution unique $(\lambda, \mu) = (2, 1)$. Donc $x$ appartient à $F$.

De plus, $x$ s'exprime dans la base $(u, v)$ comme $x = 2u + 1v$.

Résultat : a) Une base de $F$ est $\{ (1, 1, 1), (1, -1, 0) \}$. b) Oui, $x \in F$ et $x = 2u + v$.

Point méthode : Pour déterminer une base d'un espace engendré, on commence par vérifier la liberté de la famille génératrice. Si elle est liée, on la réduit pour trouver une sous-famille libre maximale.

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