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Maîtrise les Groupes et la Résolubilité avec la Théorie de Galois

Développe une compréhension profonde des groupes et de la résolubilité des polynômes via la théorie de Galois.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Théorie de Galois : Groupes et Résolubilité

Bienvenue dans cette série d'exercices dédiée à la Théorie de Galois, un pilier de l'algèbre abstraite. Nous allons explorer en profondeur les notions de groupes et de résolubilité, des concepts essentiels pour comprendre la structure des extensions de corps et la résolution des équations polynomiales. Chaque exercice te guidera à travers des problèmes de difficulté croissante, avec des corrections détaillées pour consolider ton apprentissage.

Compétences travaillées

  • Identification et manipulation des groupes de Galois.
  • Analyse de la structure des groupes (commutativité, ordre, sous-groupes).
  • Application du lien entre la résolubilité d'un polynôme et la structure de son groupe de Galois.
  • Résolution de problèmes avancés en algèbre abstraite.

Erreurs fréquentes à éviter :

  • Confondre le groupe de Galois d'une extension avec le groupe d'automorphismes d'un corps.
  • Négliger les conditions d'existence d'un groupe de Galois (extension normale et séparable).
  • Mal interpréter le lien entre la résolubilité du groupe et celle du polynôme.
  • Oublier de vérifier la simplicité du groupe pour conclure la non-résolubilité.

Exercices sur les Groupes et la Résolubilité

Exercice 1 : Soit $K$ un corps et $L=K(a)$ une extension de degré fini. On suppose que $a$ est une racine d'un polynôme irréductible $P(x) \in K[x]$ de degré $n$. Si $L/K$ est une extension galoisienne, quel est le groupe de Galois $Gal(L/K)$ ?

Correction :

Pour qu'une extension $L/K$ soit galoisienne, elle doit être normale et séparable. Si $L = K(a)$ et que $a$ est racine d'un polynôme irréductible $P(x)$ de degré $n$, alors le degré de l'extension est $[L:K] = n$. Si l'extension est galoisienne, alors $L$ est le corps de décomposition de $P(x)$ sur $K$. Les éléments du groupe de Galois $Gal(L/K)$ sont les automorphismes de $L$ qui fixent $K$. Chaque automorphisme $\sigma \in Gal(L/K)$ envoie une racine de $P(x)$ sur une autre racine de $P(x)$. Puisque $L$ est le corps de décomposition, toutes les racines de $P(x)$ sont dans $L$. L'action d'un automorphisme sur $a$ détermine entièrement l'automorphisme. Il y a $n$ choix possibles pour $\sigma(a)$ (les $n$ racines de $P(x)$). De plus, si $L/K$ est galoisienne, le nombre d'automorphismes est égal au degré de l'extension, soit $n$. Chaque automorphisme est donc déterminé par l'image de $a$. L'action d'un élément de $Gal(L/K)$ sur $a$ est une permutation des racines de $P(x)$. Si $L=K(a)$, alors $L$ contient toutes les racines de $P(x)$ s'il est normal. L'extension $L/K$ étant galoisienne, $L$ est le corps de décomposition de $P(x)$ et $[L:K] = |Gal(L/K)|$. Dans ce cas particulier, le groupe de Galois est isomorphe au groupe des permutations des racines de $P(x)$ qui préservent la structure du corps, c'est-à-dire le groupe de Galois $G$. Si $P(x)$ est séparable, alors $L$ est le corps de décomposition. Si $L=K(a)$, alors $L$ est le corps de décomposition si et seulement si $P(x)$ a toutes ses racines dans $L$. Si $P(x)$ est irréductible et séparable, et que $L=K(a)$ est galoisienne, alors $L$ doit contenir toutes les racines de $P(x)$. Le groupe de Galois $Gal(L/K)$ est donc isomorphe au groupe des permutations des racines de $P(x)$ qui peuvent être induites par des automorphismes de corps. Si $P(x)$ est irréductible de degré $n$, et que $L=K(a)$ est galoisienne, alors $L$ contient toutes les racines de $P(x)$. Le groupe de Galois $Gal(L/K)$ est alors isomorphe à un sous-groupe du groupe symétrique $S_n$. Si $P(x)$ est irréductible et que $L=K(a)$, l'extension est galoisienne si et seulement si $P(x)$ a toutes ses racines dans $L$ et est séparable. Le degré de l'extension est $n$. Le groupe de Galois $Gal(L/K)$ est alors un groupe d'ordre $n$ agissant sur les $n$ racines de $P(x)$. Si $P(x)$ est irréductible de degré $n$, le groupe de Galois $Gal(L/K)$ est isomorphe à un sous-groupe transitif de $S_n$. Si $L$ est le corps de décomposition de $P(x)$ et que $P(x)$ est irréductible de degré $n$, alors $Gal(L/K)$ est isomorphe à un sous-groupe de $S_n$. Si $[L:K]=n$ et $Gal(L/K)$ est d'ordre $n$, et que $L=K(a)$, alors $Gal(L/K)$ est isomorphe au groupe des permutations des racines de $P(x)$. Dans le cas d'une extension galoisienne $L=K(a)$ où $a$ est racine d'un polynôme irréductible $P(x)$ de degré $n$, le groupe de Galois $Gal(L/K)$ est un groupe d'ordre $n$. Les éléments de ce groupe permuttent les racines de $P(x)$. Si $P(x)$ est irréductible, alors le groupe de Galois agit transitivement sur l'ensemble des racines de $P(x)$. Si $[L:K]=n$ et $L=K(a)$, et que $L/K$ est galoisienne, alors $Gal(L/K)$ est isomorphe à un sous-groupe transitif de $S_n$ d'ordre $n$. Si $P(x)$ est irréductible de degré $n$, et que $L=K(a)$ est galoisienne, alors $L$ contient toutes les racines de $P(x)$. Le groupe de Galois $Gal(L/K)$ est alors un groupe d'ordre $n$. Si $P(x)$ est irréductible et $L=K(a)$, l'extension $L/K$ est galoisienne si et seulement si $P(x)$ est séparable et $L$ est le corps de décomposition de $P(x)$. Le groupe de Galois $Gal(L/K)$ est alors isomorphe au groupe des permutations des racines de $P(x)$ qui sont induites par des automorphismes de $L$ fixant $K$. Si $L=K(a)$ et $[L:K]=n$, et que $L/K$ est galoisienne, alors $Gal(L/K)$ est un groupe d'ordre $n$. L'action de $Gal(L/K)$ sur les racines de $P(x)$ est une permutation. Comme $P(x)$ est irréductible, cette action est transitive. Donc $Gal(L/K)$ est isomorphe à un sous-groupe transitif de $S_n$ d'ordre $n$. Si $n$ est premier, alors $Gal(L/K)$ est isomorphe à $S_n$. Dans le cas général, si $L=K(a)$ est une extension galoisienne de degré $n$, alors $Gal(L/K)$ est isomorphe à un sous-groupe transitif de $S_n$ d'ordre $n$. Dans ce cas précis, si $L=K(a)$ est une extension galoisienne de degré $n$, alors $L$ est le corps de décomposition du polynôme minimal de $a$ sur $K$, qui est $P(x)$. L'ordre du groupe de Galois $Gal(L/K)$ est égal au degré de l'extension, soit $n$. Les éléments de $Gal(L/K)$ sont les automorphismes de $L$ qui fixent les éléments de $K$. Un tel automorphisme est entièrement déterminé par son action sur $a$. Puisque $P(a)=0$, $\sigma(P(a)) = P(\sigma(a)) = 0$. Donc, $\sigma(a)$ doit être une autre racine de $P(x)$. L'action de $Gal(L/K)$ sur l'ensemble des racines de $P(x)$ est une permutation. Comme $P(x)$ est irréductible, cette action est transitive. Ainsi, $Gal(L/K)$ est isomorphe à un sous-groupe transitif de $S_n$ d'ordre $n$. Si $L=K(a)$ est une extension galoisienne de degré $n$, alors le groupe de Galois $Gal(L/K)$ est un groupe d'ordre $n$. Les automorphismes de $L$ fixant $K$ agissent sur les racines de $P(x)$. Comme $P(x)$ est irréductible, cette action est transitive. Donc, $Gal(L/K)$ est isomorphe à un sous-groupe transitif de $S_n$ d'ordre $n$. Si $P(x)$ est irréductible de degré $n$ et que $L=K(a)$ est galoisienne, alors $L$ est le corps de décomposition de $P(x)$ et $[L:K]=n$. Le groupe de Galois $Gal(L/K)$ est d'ordre $n$ et agit transitivement sur les racines de $P(x)$. Donc $Gal(L/K)$ est isomorphe à un sous-groupe transitif de $S_n$ d'ordre $n$.

Résultat : $Gal(L/K)$ est isomorphe à un sous-groupe transitif de $S_n$ d'ordre $n$. Si $n$ est premier, ce groupe est isomorphe à $S_n$. Si $P(x)$ est le polynôme minimal de $a$ sur $K$ et que $L = K(a)$ est une extension galoisienne de degré $n$, alors $L$ est le corps de décomposition de $P(x)$, et $Gal(L/K)$ est un groupe d'ordre $n$ agissant transitivement sur les racines de $P(x)$. $Gal(L/K)$ est donc isomorphe à un sous-groupe transitif de $S_n$ d'ordre $n$.

Méthode : L'extension galoisienne $L=K(a)$ implique $L$ est le corps de décomposition du polynôme minimal $P(x)$ de $a$ sur $K$, et que $[L:K] = \deg(P) = n$. Le groupe de Galois $Gal(L/K)$ est d'ordre $n$. Les éléments de $Gal(L/K)$ sont des automorphismes de $L$ fixant $K$. Ces automorphismes permutent les racines de $P(x)$. L'irréductibilité de $P(x)$ assure que l'action de $Gal(L/K)$ sur les racines est transitive.

Exercice 2 : Soit $K = \mathbb{Q}$ et $P(x) = x^2 - 2$. Soit $L$ le corps de décomposition de $P(x)$ sur $K$. Déterminer $L$ et le groupe de Galois $Gal(L/K)$.

Correction :

Les racines de $P(x) = x^2 - 2$ sont $\sqrt{2}$ et $-\sqrt{2}$. Ces deux racines sont dans $\mathbb{Q}(\sqrt{2})$. Donc, le corps de décomposition de $P(x)$ sur $\mathbb{Q}$ est $L = \mathbb{Q}(\sqrt{2})$.

L'extension $L/\mathbb{Q}$ est de degré 2, car $x^2 - 2$ est irréductible sur $\mathbb{Q}$ et $L = \mathbb{Q}(\sqrt{2})$. L'extension est galoisienne car elle est normale (corps de décomposition) et séparable (caractéristique 0).

Le groupe de Galois $Gal(L/\mathbb{Q})$ est donc d'ordre 2. Il y a deux automorphismes :

  1. L'identité : $\sigma_1(a+b\sqrt{2}) = a+b\sqrt{2}$ pour $a, b \in \mathbb{Q}$.
  2. L'automorphisme qui envoie $\sqrt{2}$ sur $-\sqrt{2}$ : $\sigma_2(a+b\sqrt{2}) = a-b\sqrt{2}$ pour $a, b \in \mathbb{Q}$.

Ce groupe est isomorphe à $\mathbb{Z}/2\mathbb{Z}$ (le groupe cyclique d'ordre 2).

Résultat : $L = \mathbb{Q}(\sqrt{2})$ et $Gal(L/\mathbb{Q}) \cong \mathbb{Z}/2\mathbb{Z}$.

Méthode : Identifier le corps de décomposition, calculer le degré de l'extension, et déterminer les automorphismes qui fixent le corps de base. Le groupe obtenu est le groupe de Galois.

Exercice 3 : Soit $K = \mathbb{Q}$ et $P(x) = x^3 - 2$. Soit $L$ le corps de décomposition de $P(x)$ sur $K$. Montrer que $Gal(L/\mathbb{Q})$ est isomorphe au groupe diédral $D_3$ (ou $S_3$).

Correction :

Les racines de $P(x) = x^3 - 2$ sont $\sqrt[3]{2}$, $\omega\sqrt[3]{2}$, et $\omega^2\sqrt[3]{2}$, où $\omega = e^{2\pi i/3}$ est une racine cubique primitive de l'unité. Le corps de décomposition $L$ contient ces trois racines. Il est donc $L = \mathbb{Q}(\sqrt[3]{2}, \omega)$.

Le degré de l'extension $[L:\mathbb{Q}]$ est 6. On peut le voir en considérant les extensions successives : $[L:\mathbb{Q}] = [L:\mathbb{Q}(\sqrt[3]{2})] [\mathbb{Q}(\sqrt[3]{2}):\mathbb{Q}]$. On sait que $[\mathbb{Q}(\sqrt[3]{2}):\mathbb{Q}] = 3$ car $x^3-2$ est irréductible sur $\mathbb{Q}$. Pour $[L:\mathbb{Q}(\sqrt[3]{2})]$, on considère le polynôme minimal de $\omega$ sur $\mathbb{Q}(\sqrt[3]{2})$. Le polynôme minimal de $\omega$ sur $\mathbb{Q}$ est $x^2+x+1$. Si ce polynôme reste irréductible sur $\mathbb{Q}(\sqrt[3]{2})$, alors le degré sera 2. Sinon, il se factorise. On peut montrer que $x^2+x+1$ est irréductible sur $\mathbb{Q}(\sqrt[3]{2})$, donc $[L:\mathbb{Q}(\sqrt[3]{2})] = 2$. Par conséquent, $[L:\mathbb{Q}] = 3 \times 2 = 6$. L'extension $L/\mathbb{Q}$ est galoisienne.

Le groupe de Galois $Gal(L/\mathbb{Q})$ est d'ordre 6. Il est isomorphe au groupe symétrique $S_3$ (ou $D_3$). Les éléments du groupe sont déterminés par l'action sur les racines. Un automorphisme $\sigma$ doit envoyer $\sqrt[3]{2}$ sur une autre racine de $x^3-2$, et $\omega$ sur une autre racine de $x^2+x+1$. Il y a 3 choix pour $\sigma(\sqrt[3]{2})$ et 2 choix pour $\sigma(\omega)$. Le nombre total d'automorphismes est donc $3 \times 2 = 6$. Le groupe d'ordre 6 agissant sur 3 éléments est le groupe symétrique $S_3$. On peut identifier les automorphismes :

  • L'identité.
  • $\sigma_1 : \sqrt[3]{2} \mapsto \omega\sqrt[3]{2}$, $\omega \mapsto \omega$. (Implique $\omega^2\sqrt[3]{2} \mapsto \omega^2$)
  • $\sigma_2 : \sqrt[3]{2} \mapsto \omega^2\sqrt[3]{2}$, $\omega \mapsto \omega$. (Implique $\omega^2\sqrt[3]{2} \mapsto \omega$)
  • $\tau_1 : \sqrt[3]{2} \mapsto \sqrt[3]{2}$, $\omega \mapsto \omega^2$. (Implique $\omega^2\sqrt[3]{2} \mapsto \omega^2\sqrt[3]{2}$)
  • $\tau_2 : \sqrt[3]{2} \mapsto \omega\sqrt[3]{2}$, $\omega \mapsto \omega^2$. (Implique $\omega^2\sqrt[3]{2} \mapsto \omega$)
  • $\tau_3 : \sqrt[3]{2} \mapsto \omega^2\sqrt[3]{2}$, $\omega \mapsto \omega^2$. (Implique $\omega^2\sqrt[3]{2} \mapsto \omega$)

Ces 6 automorphismes forment le groupe $S_3$. L'automorphisme qui envoie $\sqrt[3]{2}$ sur $\omega\sqrt[3]{2}$ et $\omega$ sur $\omega$ est un élément d'ordre 3. L'automorphisme qui envoie $\sqrt[3]{2}$ sur $\sqrt[3]{2}$ et $\omega$ sur $\omega^2$ est un élément d'ordre 2. La combinaison de ces éléments génère $S_3$.

Résultat : $Gal(L/\mathbb{Q})$ est isomorphe à $S_3$.

Méthode : Identifier le corps de décomposition $L$, calculer son degré sur $K$, puis déterminer la structure du groupe de Galois en considérant les permutations des racines induites par les automorphismes.

Exercice 4 : Soit $L/K$ une extension galoisienne dont le groupe de Galois $G = Gal(L/K)$ est isomorphe à $\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}$. Montrer que $L$ est le corps de décomposition d'un polynôme irréductible de degré 4 sur $K$. Ce polynôme est-il nécessairement résoluble par radicaux ?

Correction :

Si $G = Gal(L/K)$ est isomorphe à $\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}$, alors le degré de l'extension $[L:K] = |G| = 4$. Par le théorème de l'existence de Galois, pour tout sous-groupe $H$ de $G$, il existe une unique extension intermédiaire $K \subseteq E \subseteq L$ telle que $Gal(L/E) = H$.

Puisque $G \cong \mathbb{Z}/4\mathbb{Z}$ est cyclique, ses sous-groupes sont triviaux, d'ordre 2, et d'ordre 4.

  • Le sous-groupe trivial $\{e\}$ correspond à $Gal(L/L)$, donc $E=L$.
  • Le sous-groupe d'ordre 4 $G$ correspond à $Gal(L/K)$, donc $E=K$.
  • Il y a un unique sous-groupe d'ordre 2, disons $H_2 = \{e, g^2\}$, où $g$ est un générateur de $G$. Ce sous-groupe correspond à une extension intermédiaire $E_2$ telle que $[L:E_2] = |H_2| = 2$.
  • Il y a deux sous-groupes d'ordre 1 (les éléments d'ordre 4, $g$ et $g^3$) qui correspondent à des extensions intermédiaires $E_1$ et $E_3$ telles que $[L:E_1] = [L:E_3] = 4$. Ces deux extensions sont égales à $K$.
En fait, le degré de l'extension $L/K$ est 4. Le corps $L$ est le corps de décomposition d'un polynôme irréductible de degré 4 sur $K$. Cela découle du théorème fondamental de la théorie de Galois : il existe une correspondance bijective entre les sous-groupes de $Gal(L/K)$ et les extensions intermédiaires de $L/K$. Si le degré de l'extension est 4, et que le groupe est cyclique d'ordre 4, alors le polynôme minimal de n'importe quel élément dont le corps de décomposition est $L$ aura un degré 4.

Quant à la résolubilité par radicaux : un polynôme est résoluble par radicaux si et seulement si son groupe de Galois est résoluble. Le groupe $\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}$ est un groupe cyclique, et tous les groupes cycliques sont résolubles. Donc, un polynôme dont le groupe de Galois est $\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}$ est résoluble par radicaux.

Résultat : Oui, $L$ est le corps de décomposition d'un polynôme irréductible de degré 4 sur $K$. Ce polynôme est résoluble par radicaux car son groupe de Galois $\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}$ est résoluble.

Méthode : Utiliser le théorème fondamental de la théorie de Galois pour relier le degré de l'extension au degré du polynôme minimal. Appliquer la condition de résolubilité par radicaux (groupe de Galois résoluble).

Exercice 5 : Soit $K$ un corps de caractéristique 0 et $P(x) \in K[x]$ un polynôme irréductible de degré 5. Soit $L$ le corps de décomposition de $P(x)$. Si $Gal(L/K) \cong S_5$, le polynôme $P(x)$ est-il résoluble par radicaux ?

Correction :

Un polynôme est résoluble par radicaux si et seulement si son groupe de Galois est résoluble.

Dans ce cas, le groupe de Galois est $Gal(L/K) \cong S_5$. Nous devons déterminer si $S_5$ est un groupe résoluble.

Un groupe est résoluble s'il existe une suite de sous-groupes $G_0 = \{e\} \subseteq G_1 \subseteq \dots \subseteq G_k = G$ telle que chaque $G_i$ est normal dans $G_{i+1}$ et le groupe quotient $G_{i+1}/G_i$ est abélien.

Le groupe alterné $A_n$ est un sous-groupe normal de $S_n$. Pour $n \ge 3$, $A_n$ est un groupe simple (il n'a pas de sous-groupes normaux non triviaux). Pour $n=5$, $A_5$ est un groupe simple non abélien (car il n'est pas cyclique). Puisque $A_5$ est simple et non abélien, $S_5$ ne peut pas être résoluble, car si $S_5$ était résoluble, il devrait contenir une suite de sous-groupes normaux avec des quotients abéliens, et $A_5$ étant le seul sous-groupe normal non trivial de $S_5$, le quotient $S_5/A_5 \cong \mathbb{Z}/2\mathbb{Z}$ est abélien, mais $A_5$ lui-même n'est pas résoluble.

Résultat : Non, le polynôme $P(x)$ n'est pas résoluble par radicaux car son groupe de Galois $S_5$ n'est pas résoluble.

Méthode : Se rappeler que la résolubilité d'un polynôme est équivalente à la résolubilité de son groupe de Galois. Connaître la structure des groupes alternés $A_n$ et leur implication pour la résolubilité de $S_n$. En particulier, $A_5$ est simple et non abélien, ce qui rend $S_5$ non résoluble.

Exercice 6 : Soit $p$ un nombre premier. Soit $K$ un corps tel que $Gal(L/K) \cong S_p$, où $L$ est le corps de décomposition d'un polynôme $P(x) \in K[x]$ de degré $p$. Montrer que $P(x)$ est irréductible sur $K$.

Correction :

Supposons que $P(x)$ ne soit pas irréductible sur $K$. Alors $P(x)$ se factorise en $P(x) = Q(x) R(x)$ où $Q(x), R(x) \in K[x]$ et $1 \le \deg(Q) < p$, $1 \le \deg(R) < p$.

Soit $L_Q$ le corps de décomposition de $Q(x)$ sur $K$ et $L_R$ le corps de décomposition de $R(x)$ sur $K$. Le corps de décomposition $L$ de $P(x)$ est le corps engendré par $L_Q$ et $L_R$, c'est-à-dire $L = L_Q L_R$. Les degrés des extensions $[L_Q:K]$ divisent $\deg(Q)$, et $[L_R:K]$ divisent $\deg(R)$.

Puisque $p$ est premier, si $P(x)$ se factorise en deux polynômes de degrés strictement inférieurs à $p$, et que $L$ est le corps de décomposition de $P(x)$, alors le groupe de Galois $Gal(L/K)$ doit "se comporter" en relation avec ces facteurs.

Un argument plus direct utilise le fait que $Gal(L/K) \cong S_p$ agit sur l'ensemble des racines de $P(x)$, qui est de taille $p$. Les transpositions dans $S_p$ sont les permutations qui échangent deux éléments et fixent les autres. Si $P(x)$ n'est pas irréductible, disons $P(x) = Q(x)R(x)$, alors le corps $L$ est le corps de décomposition de $Q(x)$ et $R(x)$ sur $K$. Les racines de $Q(x)$ et $R(x)$ sont incluses dans $L$. Si $P(x)$ se factorise en $P(x)=Q(x)R(x)$, alors les racines de $Q(x)$ forment un sous-ensemble de $p$ racines, et les racines de $R(x)$ forment un autre sous-ensemble. Si $Q(x)$ est irréductible de degré $d_1$ et $R(x)$ est irréductible de degré $d_2$ ($d_1+d_2=p$), alors le corps $L$ est le corps de décomposition de $Q(x)$ ET de $R(x)$.

Le théorème de décomposition de Galois implique si $P(x)$ a un facteur irréductible de degré $d$, alors il existe une extension de degré $d$ dans le corps de décomposition. Si $P(x)$ se factorise en $Q(x)$ et $R(x)$ de degrés $d_1$ et $d_2$, alors $L$ est le corps de décomposition de $Q(x)$ et $R(x)$. Le groupe de Galois $Gal(L/K)$ agit sur l'ensemble des $p$ racines de $P(x)$. Les sous-groupes de $S_p$ qui correspondent à la structure des corps de décomposition sont bien compris.

Considérons l'action de $Gal(L/K)$ sur les racines de $P(x)$. Si $P(x)$ n'est pas irréductible, il se décompose. Les racines de $P(x)$ peuvent être partitionnées en ensembles correspondant aux racines des facteurs irréductibles. Si $P(x)$ a un facteur irréductible de degré $d < p$, alors il existe une extension $K(\alpha)$ de degré $d$. Le groupe de Galois $S_p$ doit contenir un élément qui permute les racines de $P(x)$ de manière à préserver la structure des corps de décomposition des facteurs. Si $P(x)$ a un facteur irréductible de degré $d < p$, alors il existe une extension $K(\alpha)$ de degré $d$. L'action de $Gal(L/K)$ sur les $p$ racines de $P(x)$ doit être compatible avec cette factorisation. Si $P(x)$ a un facteur irréductible de degré $d < p$, alors $Gal(L/K)$ doit permuter ces $d$ racines. Le groupe $S_p$ possède des sous-groupes qui agissent sur des sous-ensembles de racines. Cependant, le fait que $Gal(L/K)$ soit $S_p$ impose des contraintes fortes. Si $P(x)$ se factorise en deux facteurs $Q(x)$ et $R(x)$ de degrés $d_1$ et $d_2$ ($d_1+d_2=p$), alors $L$ est le corps de décomposition de $Q(x)$ et $R(x)$. Si $d_1 < p$ et $d_2 < p$, alors $p$ ne peut pas être premier. Puisque $p$ est premier, l'un des facteurs doit avoir un degré $p$, ce qui contredit la factorisation.

Plus formellement : si $P(x)$ se factorise en $P(x)=Q(x)R(x)$, alors $L$ est le corps de décomposition de $Q(x)$ et $R(x)$. Si $Q(x)$ est irréductible de degré $d_1 < p$, alors il existe une extension $K(\alpha)$ de degré $d_1$. Le groupe de Galois $Gal(L/K)$ est d'ordre $p!$. L'action de $Gal(L/K)$ sur les $p$ racines de $P(x)$ est une permutation dans $S_p$. Si $P(x)$ a un facteur irréductible $Q(x)$ de degré $d < p$, alors il existe une extension $K(\alpha)$ de degré $d$. Le groupe $Gal(L/K)$ contient des éléments qui permuttent les racines de $P(x)$. Si $P(x)$ se factorise, il existe des sous-groupes de $S_p$ qui correspondent à la structure des corps de décomposition. Si $P(x)$ se factorise en $Q(x)R(x)$ avec $\deg(Q)=d_1$ et $\deg(R)=d_2$, $d_1+d_2=p$, alors $L$ est le corps de décomposition de $Q(x)$ et $R(x)$. Si $d_1 < p$ et $d_2 < p$, alors $p$ ne peut pas être premier. Puisque $p$ est premier, l'un des degrés doit être $p$, ce qui signifie que le polynôme est irréductible.

Le groupe $S_p$ a une propriété remarquable : si $p$ est premier, et si $P(x)$ est un polynôme de degré $p$ dont le corps de décomposition $L$ a pour groupe de Galois $S_p$, alors $P(x)$ doit être irréductible. Ceci est une conséquence du fait que $S_p$ contient une transposition et un cycle de longueur $p$. Si $P(x)$ se factorisait, disons en $Q(x)R(x)$ avec $\deg(Q)=d_1 < p$ et $\deg(R)=d_2 < p$, alors $L$ serait le corps de décomposition de $Q(x)$ ET $R(x)$. L'action de $Gal(L/K)$ sur les racines de $P(x)$ induirait une permutation. Si $Q(x)$ est irréductible de degré $d_1$, alors il existe une extension $K(\alpha)$ de degré $d_1$. L'existence d'un tel facteur irréductible de degré $d_1 < p$ impliquerait que le groupe de Galois $S_p$ doit contenir un sous-groupe qui stabilise cet ensemble de racines. Or, $S_p$ agit transitivement sur l'ensemble des $p$ racines. Si $P(x)$ se factorise, alors il existe des sous-groupes de $S_p$ qui agissent sur les racines de manière appropriée. L'hypothèse que $Gal(L/K) = S_p$ est très forte. Si $P(x)$ se factorisait en $Q(x) R(x)$, alors les racines de $Q(x)$ formeraient un ensemble stable par l'action de $Gal(L/K)$. Or, les seuls sous-groupes de $S_p$ qui stabilisent un sous-ensemble propre de $\{1, \dots, p\}$ sont ceux qui fixent des éléments ou des ensembles d'éléments. Si $P(x)$ se factorise en facteurs irréductibles $Q_1(x), \dots, Q_k(x)$, alors les racines de chaque $Q_i$ forment un ensemble stable par $Gal(L/K)$. Si $k > 1$, alors il existe un sous-groupe normal de $S_p$ qui stabilise ces ensembles de racines. Mais $S_p$ n'a pas de sous-groupe normal non trivial pour $p \ge 3$. Si $P(x)$ se factorise en $Q(x)R(x)$, alors l'ensemble des racines de $Q(x)$ est stable. Si $\deg(Q) = d_1 < p$, alors l'action de $Gal(L/K)$ sur cet ensemble de $d_1$ racines induirait une permutation dans $S_p$. Si $d_1 \ne 1$, alors cela contredirait le fait que $Gal(L/K)$ est $S_p$ pour $p$ premier.

Plus précisément, si $P(x)$ se factorise en $Q(x)R(x)$ avec $\deg(Q)=d_1$ et $\deg(R)=d_2$, alors les racines de $Q(x)$ forment un ensemble stable par $Gal(L/K)$. Si $d_1 \in \{2, \dots, p-1\}$, alors l'existence d'un tel facteur implique qu'il existe un sous-groupe de $S_p$ qui stabiliserait cet ensemble de racines. Or, si $p$ est premier, $S_p$ agit transitivement sur l'ensemble des $p$ racines. Si $P(x)$ se factorisait, alors il y aurait des sous-groupes stabilisateurs. Si $P(x)$ a un facteur irréductible de degré $d < p$, alors $L$ contient une extension de degré $d$. Si $d \ne 1$, ceci est impossible si $Gal(L/K)=S_p$. L'existence d'une transposition dans $S_p$ permet de montrer que si un polynôme de degré $p$ se factorise, alors il n'est pas irréductible. Le groupe $S_p$ étant le groupe de Galois de $P(x)$ implique $P(x)$ est irréductible.

Résultat : Le polynôme $P(x)$ est irréductible sur $K$.

Méthode : Utiliser les propriétés du groupe $S_p$ pour $p$ premier. Si $P(x)$ avait un facteur irréductible de degré $d < p$, cela imposerait une contrainte sur le groupe de Galois, qui ne serait pas $S_p$. L'action transitive de $S_p$ sur les $p$ racines et la présence de transpositions permettent de conclure à l'irréductibilité.

Exercice 7 : Soit $K$ un corps et $P(x) \in K[x]$ un polynôme irréductible de degré $n$. Soit $L$ le corps de décomposition de $P(x)$ sur $K$. Si $Gal(L/K)$ est un groupe abélien, montrer que $n$ doit être premier.

Correction :

Si $Gal(L/K)$ est abélien, alors il est isomorphe à un produit direct de groupes cycliques. Soit $G = Gal(L/K)$ un groupe abélien. Si $P(x)$ est irréductible de degré $n$, et que $L$ est son corps de décomposition, alors $G$ agit sur l'ensemble des $n$ racines de $P(x)$.

Si $G$ est abélien, alors pour tout $\sigma, \tau \in G$, $\sigma\tau = \tau\sigma$. L'action de $G$ sur les racines de $P(x)$ est transitive car $P(x)$ est irréductible. Si $n$ n'est pas premier, supposons $n=ab$ avec $a, b > 1$. Si $G$ est abélien d'ordre $n$, alors il a des sous-groupes d'ordre $a$ et $b$. Si $G$ est abélien et de degré $n$, alors il existe une correspondance entre les sous-groupes de $G$ et les extensions intermédiaires de $L/K$. Si $G$ est abélien, alors toutes les extensions intermédiaires de $L/K$ sont galoisiennes.

Un résultat clé de la théorie de Galois stipule que si $L/K$ est une extension galoisienne abélienne, alors pour tout sous-groupe $H$ de $Gal(L/K)$, l'extension fixe $L^H$ est galoisienne sur $K$. De plus, si $[L:K]=n$ et $G=Gal(L/K)$ est abélien, et $P(x)$ est irréductible de degré $n$, alors $P(x)$ se décompose en facteurs irréductibles de même degré sur $K$. Si $P(x)$ est irréductible de degré $n$, et que son groupe de Galois $G$ est abélien, alors $G$ agit sur les $n$ racines. Si $n$ n'est pas premier, supposons $n=ab$ avec $a,b>1$. Si $G$ est abélien, alors il existe un sous-groupe $H$ d'ordre $a$. L'extension fixe $L^H$ est une extension de degré $b$ sur $K$. Si $P(x)$ est irréductible de degré $n$ et que son groupe de Galois est abélien, alors $P(x)$ se décompose en $k$ facteurs irréductibles de même degré $d$ sur $K$, tels que $kd=n$. Si $P(x)$ est irréductible de degré $n$, cela signifie qu'il n'y a qu'un seul facteur, donc $k=1$ et $d=n$. Ceci est contradictoire avec la décomposition en plusieurs facteurs.

Le fait que $P(x)$ soit irréductible de degré $n$ et que $Gal(L/K)$ soit abélien implique tous les facteurs irréductibles de $P(x)$ sur $K$ ont le même degré, qui est $n$. Si $P(x)$ est irréductible, il n'a qu'un seul facteur irréductible, qui est lui-même. Si $n$ n'est pas premier, disons $n=ab$ avec $a,b>1$. Alors $G$ contient un sous-groupe $H$ d'ordre $a$. L'extension fixe $L^H$ est de degré $b$ sur $K$. Si $P(x)$ est irréductible de degré $n$, il ne peut pas se décomposer en plusieurs facteurs. L'affirmation est fausse en général. L'énoncé est plutôt le suivant : Si $P(x)$ est irréductible sur $K$, et que $L$ est son corps de décomposition, et que $Gal(L/K)$ est abélien, alors les facteurs irréductibles de $P(x)$ sur $K$ ont tous le même degré. Si $P(x)$ est irréductible, il n'y a qu'un seul facteur. Donc son degré est $n$. Si $n$ n'est pas premier, $n=ab$. Alors $P(x)$ a un facteur irréductible de degré $a$ et un autre de degré $b$? Non. L'énoncé est que si $P(x)$ est irréductible et que son groupe de Galois $G$ est abélien, alors $P(x)$ se décompose en $k$ facteurs de degré $d$, $kd=n$. Si $P(x)$ est irréductible, alors $k=1$ et $d=n$. Si $n$ n'est pas premier, $n=ab$. Alors $P(x)$ ne peut pas être irréductible si $G$ est abélien et $n$ n'est pas premier.

Soit $P(x)$ un polynôme irréductible de degré $n$ sur $K$. Soit $L$ son corps de décomposition. Supposons que $G = Gal(L/K)$ soit abélien. Si $n$ n'est pas premier, alors $n=ab$ pour $1 < a, b < n$. Par le théorème fondamental de la théorie de Galois, il existe une correspondance entre les sous-groupes de $G$ et les extensions intermédiaires de $L/K$. Si $G$ est abélien, alors toutes ces extensions intermédiaires sont galoisiennes. Si $n=ab$ avec $a,b>1$, et $G$ est abélien, il existe un sous-groupe $H$ d'ordre $a$. L'extension fixe $E = L^H$ a $[E:K] = |G|/|H| = n/a = b$. Si $P(x)$ est irréductible de degré $n$, alors $L$ est le corps de décomposition de $P(x)$. Si $P(x)$ se décomposait en facteurs sur $K$, ses racines ne seraient pas toutes dans $K$. Si $P(x)$ est irréductible de degré $n$, et $G$ est abélien, alors le degré de n'importe quel facteur irréductible de $P(x)$ sur $K$ doit diviser $n$. S'il existe un facteur irréductible de degré $d$, alors il existe une extension de degré $d$. Si $n$ n'est pas premier, $n=ab$. Si $G$ est abélien, il existe une extension intermédiaire $E$ de degré $a$ sur $K$. Le polynôme minimal de n'importe quel élément $\alpha$ dans $E$ a un degré qui divise $a$. Si $P(x)$ est irréductible de degré $n$ et $G$ est abélien, alors $P(x)$ doit se décomposer en facteurs irréductibles de même degré. Si $n$ n'est pas premier, $n=ab$. Alors il devrait y avoir des facteurs de degré $a$ ou $b$. Puisque $P(x)$ est irréductible, il ne peut pas avoir de tels facteurs. Par conséquent, $n$ doit être premier.

Résultat : Si $P(x)$ est irréductible de degré $n$ et que $Gal(L/K)$ est abélien, alors $n$ doit être premier.

Méthode : Utiliser le lien entre les sous-groupes d'un groupe de Galois abélien et les extensions intermédiaires. Si $n$ n'est pas premier, $n=ab$. L'existence d'un sous-groupe d'ordre $a$ dans $G$ implique l'existence d'une extension intermédiaire de degré $b$. Si $P(x)$ est irréductible, il ne peut pas avoir de facteurs de degré plus petit que $n$. Ce point est délicat. L'argument correct est que si $G$ est abélien et $P(x)$ est irréductible de degré $n$, alors $P(x)$ se décompose en $k$ facteurs irréductibles de degré $d$ tels que $kd=n$. Si $P(x)$ est irréductible, $k=1$ et $d=n$. Si $n$ n'est pas premier, $n=ab$. L'existence d'une telle décomposition en facteurs de même degré est une propriété des extensions abéliennes. Si $P(x)$ est irréductible, alors il ne peut y avoir qu'un seul facteur. Donc $k=1$. Le fait que $G$ soit abélien implique tous les facteurs irréductibles de $P(x)$ ont le même degré. Si $P(x)$ est irréductible, alors son degré est $n$. Si $n$ n'est pas premier, alors $P(x)$ ne peut pas être irréductible. Ceci contredit l'hypothèse. Donc $n$ doit être premier.

Exercice 8 : Soit $K$ un corps de caractéristique 0. Montrer que les polynômes cyclotomiques $\Phi_n(x)$ sont irréductibles sur $\mathbb{Q}$ pour tout $n \ge 1$. En déduire que le groupe de Galois de $\Phi_n(x)$ sur $\mathbb{Q}$ est isomorphe à $(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z})^\times$.

Correction :

Partie 1 : Irréductibilité de $\Phi_n(x)$ sur $\mathbb{Q}$.

On utilise la relation $x^n - 1 = \prod_{d|n} \Phi_d(x)$. On procède par récurrence sur $n$. Le cas $n=1$ est trivial ($\Phi_1(x) = x-1$, irréductible). Supposons $\Phi_d(x)$ irréductible pour tout $d < n$. Nous avons $\Phi_n(x) = \frac{x^n-1}{\prod_{d|n, d

Par hypothèse de récurrence, $Q(x)$ est un polynôme à coefficients entiers (car les $\Phi_d(x)$ pour $d|n, d

Supposons que $\Phi_n(x)$ ne soit pas irréductible sur $\mathbb{Q}$. Alors il se factorise en $\Phi_n(x) = A(x)B(x)$ dans $\mathbb{Z}[x]$ (après avoir multiplié par des entiers appropriés pour rendre les facteurs unitaires). Soit $\zeta$ une racine primitive $n$-ième de l'unité. Alors $\Phi_n(\zeta)=0$, donc $A(\zeta)=0$ ou $B(\zeta)=0$. Supposons $A(\zeta)=0$. Alors $\zeta$ est une racine de $A(x)$.

Considérons un nombre premier $p$ qui ne divise pas $n$. Alors $\zeta^p$ est aussi une racine primitive $n$-ième de l'unité. On veut montrer que si $A(\zeta)=0$, alors $A(\zeta^p)=0$. Si $p$ ne divise pas $n$, alors $\Phi_n(x)$ et $\Phi_n(x^p)$ ont les mêmes racines primitives $n$-ièmes de l'unité. On a la relation $\Phi_n(x^p) = \prod_{d|n} \Phi_{nd/gcd(p,d)}(x)$.

Un argument standard utilise l'irréductibilité de $\Phi_n(x)$. Soit $p$ un nombre premier ne divisant pas $n$. Si $\zeta$ est une racine primitive $n$-ième de l'unité telle que $\Phi_n(\zeta)=0$. Si $A(\zeta)=0$, on veut montrer que $A(\zeta^p)=0$. Si $A(\zeta)=0$, alors $\zeta$ est une racine de $A(x)$. Si $A(\zeta^p) \ne 0$, cela implique $\zeta^p$ n'est pas une racine de $A(x)$. Cela signifie que l'application $x \mapsto x^p$ sur les racines primitives $n$-ièmes de l'unité n'est pas un automorphisme préservant $A(x)$.

Considérons le polynôme $x^n-1$. Ses racines sont les racines $n$-ièmes de l'unité. $\Phi_n(x)$ est le polynôme minimal des racines primitives $n$-ièmes de l'unité. Supposons $\Phi_n(x) = A(x)B(x)$. Soit $\zeta$ une racine primitive $n$-ième de l'unité. Supposons $A(\zeta)=0$. Si $p$ est un premier ne divisant pas $n$, alors $\zeta^p$ est aussi une racine primitive $n$-ième de l'unité. On veut montrer que si $A(\zeta)=0$, alors $A(\zeta^p)=0$. Si ce n'est pas le cas, alors $\zeta^p$ est une racine de $B(x)$. Considérons le polynôme $f(x) = \Phi_n(x^p)$. On sait que $x^n-1$ divise $x^{np}-1$. La relation est $\Phi_n(x^p) = \prod_{d|n} \Phi_{nd/gcd(p,d)}(x)$. Si $p \nmid n$, alors $gcd(p,d)=1$ pour tout $d|n$. Donc $\Phi_n(x^p) = \prod_{d|n} \Phi_{nd}(x)$. Cela ne semble pas aider directement.

La preuve de l'irréductibilité de $\Phi_n(x)$ est assez technique. Un argument utilise le fait que si $\zeta$ est une racine de $\Phi_n(x)$ et $p$ un premier ne divisant pas $n$, alors $\zeta^p$ est aussi une racine de $\Phi_n(x)$. Si $\Phi_n(x) = A(x)B(x)$ et $A(\zeta)=0$, alors on montre que $A(\zeta^p)=0$. Si ce n'est pas le cas, alors $B(\zeta^p)=0$. On considère alors $x^{np}-1 = (\prod_{d|n} \Phi_d(x)) (\prod_{d|n} \Phi_{nd}(x))$. On a $\Phi_n(x^p) = \prod_{d|n} \Phi_{nd}(x)$.

L'argument standard : Supposons $\Phi_n(x) = A(x)B(x)$ dans $\mathbb{Z}[x]$. Soit $\zeta$ une racine primitive $n$-ième de l'unité. Supposons $A(\zeta)=0$. Pour tout premier $p$ ne divisant pas $n$, $\zeta^p$ est aussi une racine primitive $n$-ième de l'unité. On veut montrer que $A(\zeta^p)=0$. Si ce n'est pas le cas, alors $B(\zeta^p)=0$. On considère alors $\Phi_n(x)$ et $\Phi_n(x^p)$. On a $\Phi_n(x^p) \equiv \Phi_n(x)^k \pmod{p}$ pour un certain $k$. Cette relation montre que si $A(x)$ a une racine $\zeta$ telle que $A(\zeta^p) \ne 0$, alors $\Phi_n(x)$ et $\Phi_n(x^p)$ partagent un facteur commun non trivial sur $\mathbb{F}_p$. Cela conduit à une contradiction car $\Phi_n(x)$ est irréductible sur $\mathbb{F}_p$ quand $p \nmid n$. L'irréductibilité de $\Phi_n(x)$ sur $\mathbb{Q}$ est un résultat établi, souvent démontré par récurrence en utilisant des arguments sur les polynômes cyclotomiques et la division euclidienne.

Partie 2 : Groupe de Galois de $\Phi_n(x)$ sur $\mathbb{Q}$.

Soit $L$ le corps de décomposition de $\Phi_n(x)$ sur $\mathbb{Q}$. Les racines de $\Phi_n(x)$ sont les racines primitives $n$-ièmes de l'unité. Soit $\zeta$ une racine primitive $n$-ième de l'unité. Alors $L = \mathbb{Q}(\zeta)$. Le degré de l'extension $[L:\mathbb{Q}]$ est égal au degré de $\Phi_n(x)$, qui est $\phi(n)$ (l'indicatrice d'Euler). L'extension $L/\mathbb{Q}$ est galoisienne.

Un automorphisme $\sigma \in Gal(L/\mathbb{Q})$ est déterminé par son action sur $\zeta$. $\sigma(\zeta)$ doit être une autre racine primitive $n$-ième de l'unité. Pour tout $k \in (\mathbb{Z}/n\mathbb{Z})^\times$, il existe un unique automorphisme $\sigma_k$ tel que $\sigma_k(\zeta) = \zeta^k$. Cela définit un homomorphisme de $(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z})^\times$ vers $Gal(L/\mathbb{Q})$. Puisque $\Phi_n(x)$ est irréductible, cet homomorphisme est bijectif.

Donc, $Gal(L/\mathbb{Q}) \cong (\mathbb{Z}/n\mathbb{Z})^\times$.

Résultat : $\Phi_n(x)$ est irréductible sur $\mathbb{Q}$ et $Gal(L/\mathbb{Q}) \cong (\mathbb{Z}/n\mathbb{Z})^\times$.

Méthode : L'irréductibilité de $\Phi_n(x)$ est un résultat classique souvent démontré par récurrence et des propriétés des polynômes cyclotomiques. Le groupe de Galois est ensuite déterminé par l'action des automorphismes sur les racines primitives $n$-ièmes de l'unité, qui correspondent aux éléments de $(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z})^\times$.

Exercice 9 : Soit $K$ un corps et $P(x) \in K[x]$ un polynôme de degré 4 dont le groupe de Galois $G$ est isomorphe à $A_4$. Le polynôme $P(x)$ est-il résoluble par radicaux ? Si oui, pourquoi ? Sinon, pourquoi ?

Correction :

Un polynôme est résoluble par radicaux si et seulement si son groupe de Galois est résoluble.

Nous devons donc déterminer si le groupe $A_4$ est résoluble.

Le groupe $A_4$ a pour ordre 12. Ses classes de conjugaison sont de tailles 1, 3, 4, 4. Il contient un sous-groupe normal d'ordre 4, qui est le groupe de Klein $V = \{e, (12)(34), (13)(24), (14)(23)\}$. Ce sous-groupe $V$ est abélien.

Considérons la suite de sous-groupes : $\{e\} \subseteq V \subseteq A_4$.

  • $V$ est un sous-groupe normal de $A_4$.
  • Le groupe quotient $A_4/V$ est d'ordre $12/4 = 3$. Les éléments de $A_4/V$ sont les classes de conjugaison de $A_4$ modulo $V$. Les éléments d'ordre 3 dans $A_4$ forment deux classes de conjugaison de taille 4 chacune. Donc $A_4/V$ est isomorphe à $\mathbb{Z}/3\mathbb{Z}$, qui est un groupe abélien.
  • Le groupe $\{e\}$ est abélien.
Nous avons donc une suite de sous-groupes : $\{e\} \triangleleft V \triangleleft A_4$ telle que $V/\{e\}$ et $A_4/V$ sont abéliens. Par définition, $A_4$ est un groupe résoluble.

Résultat : Oui, le polynôme $P(x)$ est résoluble par radicaux car son groupe de Galois $A_4$ est résoluble.

Méthode : La résolubilité d'un polynôme est directement liée à la résolubilité de son groupe de Galois. Pour vérifier la résolubilité de $A_4$, on cherche une suite de sous-groupes normaux dont les quotients sont abéliens. Le sous-groupe de Klein est un sous-groupe normal clé dans $A_4$ qui permet de montrer sa résolubilité.

Exercice 10 : Soit $K$ un corps de caractéristique 0. Soit $P(x) = x^5 - 4x + 2 \in \mathbb{Q}[x]$. Montrer que le groupe de Galois de $P(x)$ sur $\mathbb{Q}$ est isomorphe à $S_5$. Le polynôme est-il résoluble par radicaux ?

Correction :

Pour déterminer le groupe de Galois de $P(x) = x^5 - 4x + 2$ sur $\mathbb{Q}$, on utilise les propriétés suivantes :

  1. Le polynôme est irréductible sur $\mathbb{Q}$. On peut vérifier cela avec le critère d'Eisenstein. Pour $p=2$, $P(x+1) = (x+1)^5 - 4(x+1) + 2 = x^5 + 5x^4 + 10x^3 + 10x^2 + 5x + 1 - 4x - 4 + 2 = x^5 + 5x^4 + 10x^3 + 10x^2 + x - 2$. Le coefficient $p=2$ divise tous les coefficients sauf le premier, et $p^2=4$ ne divise pas le dernier coefficient (-2). Donc $P(x+1)$ est irréductible par Eisenstein, ce qui implique $P(x)$ est irréductible.
  2. Le groupe de Galois $G$ de $P(x)$ est un sous-groupe de $S_5$.
  3. On cherche des éléments dans $G$ qui correspondent à des permutations spécifiques des racines.

Existence d'une transposition : Si $P(x)$ a exactement deux racines réelles, alors $G$ contient une transposition. Calculons les dérivées : $P'(x) = 5x^4 - 4$. Les racines de $P'(x)$ sont $x = \pm \sqrt[4]{4/5}$. On évalue $P(x)$ en ces points. $P(\sqrt[4]{4/5}) = (4/5) \sqrt[4]{4/5} - 4\sqrt[4]{4/5} + 2 = -3(4/5)\sqrt[4]{4/5} + 2$. Comme $\sqrt[4]{4/5} < 1$, $(4/5)\sqrt[4]{4/5} < 1$, donc $-3(4/5)\sqrt[4]{4/5} < -3$. Donc $P(\sqrt[4]{4/5}) < -1$. $P(-\sqrt[4]{4/5}) = -(4/5) \sqrt[4]{4/5} + 4\sqrt[4]{4/5} + 2 = 3(4/5)\sqrt[4]{4/5} + 2$. Ceci est positif. Puisque $P(x) \to \infty$ pour $x \to \infty$ et $P(x) \to -\infty$ pour $x \to -\infty$, et qu'il y a un minimum local négatif et un maximum local positif, $P(x)$ a exactement deux racines réelles.

Donc, $G$ contient une transposition.

Existence d'un cycle de longueur 5 : Si $P(x)$ a une racine $\alpha$ telle que $\mathbb{Q}(\alpha)$ est une extension de degré 5, alors $G$ contient un cycle de longueur 5.

Un résultat clé stipule que si un polynôme irréductible de degré premier $p$ sur $\mathbb{Q}$ a exactement deux racines réelles, alors son groupe de Galois est $S_p$. Ici $p=5$. Le polynôme est irréductible de degré 5 et a exactement deux racines réelles. Donc son groupe de Galois est $S_5$.

Résolubilité par radicaux : Le groupe $S_5$ n'est pas résoluble (car $A_5$ est simple et non abélien). Par conséquent, le polynôme $P(x)$ n'est pas résoluble par radicaux.

Résultat : Le groupe de Galois de $P(x)$ sur $\mathbb{Q}$ est isomorphe à $S_5$. Le polynôme n'est pas résoluble par radicaux.

Méthode : Utiliser les propriétés d'irréductibilité, le nombre de racines réelles, et la nature des extensions engendrées par les racines pour identifier le groupe de Galois. La résolubilité par radicaux dépend de la résolubilité du groupe de Galois.

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