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Maîtriser la Continuité Uniforme et la Complétude : Exercices Corrigés

Consolide tes acquis en analyse avec des exercices progressifs sur la continuité uniforme et la complétude des espaces métriques.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Exercices Corrigés : Continuité Uniforme et Complétude

Compétences travaillées

  • Comprendre et appliquer la définition de la continuité uniforme.
  • Distinguer continuité ponctuelle et continuité uniforme.
  • Identifier et démontrer la continuité uniforme de fonctions.
  • Comprendre la notion de suite de Cauchy.
  • Comprendre la définition de la complétude d'un espace métrique.
  • Démontrer la complétude ou non-complétude d'espaces métriques spécifiques.
  • Relier continuité uniforme et complétude.

Erreurs fréquentes à éviter :

  • Confondre continuité ponctuelle et continuité uniforme.
  • Oublier de spécifier l'espace métrique sur lequel on travaille.
  • Mal utiliser le quantificateur universel ($\forall$) et existentiel ($\exists$) dans les définitions.
  • Ne pas vérifier que la suite est bien une suite de Cauchy avant de conclure à la convergence dans un espace complet.
  • Négliger les cas limites ou les conditions d'application des théorèmes.

Exercice 1 : Soit $f : [0, 1] \to \mathbb{R}$ définie par $f(x) = x^2$. Montre que $f$ est uniformément continue sur $[0, 1]$.

Barème indicatif : 4 points

Correction :

Pour montrer que $f(x) = x^2$ est uniformément continue sur $[0, 1]$, nous devons montrer que pour tout $\epsilon > 0$, il existe un $\delta > 0$ tel que pour tous $x, y \in [0, 1]$, si $|x - y| < \delta$, alors $|f(x) - f(y)| < \epsilon$.

On a $|f(x) - f(y)| = |x^2 - y^2| = |(x - y)(x + y)| = |x - y| |x + y|$.

Puisque $x, y \in [0, 1]$, on a $0 \le x \le 1$ et $0 \le y \le 1$, donc $0 \le x + y \le 2$. Ainsi, $|x + y| \le 2$.

Donc, $|f(x) - f(y)| \le |x - y| \cdot 2$.

Si nous choisissons $\delta = \frac{\epsilon}{2}$, alors pour $|x - y| < \delta$, nous avons $|f(x) - f(y)| < \delta \cdot 2 = \frac{\epsilon}{2} \cdot 2 = \epsilon$.

Ainsi, $f$ est uniformément continue sur $[0, 1]$.

Point méthode : Pour les fonctions polynomiales sur un intervalle fermé et borné, la borne de $|x+y|$ est essentielle pour trouver $\delta$ en fonction de $\epsilon$.

Barème indicatif : 4 points

Exercice 2 : Soit $g : \mathbb{R} \to \mathbb{R}$ définie par $g(x) = x^2$. Montre que $g$ n'est pas uniformément continue sur $\mathbb{R}$.

Barème indicatif : 4 points

Correction :

Pour montrer que $g(x) = x^2$ n'est pas uniformément continue sur $\mathbb{R}$, nous devons montrer qu'il existe un $\epsilon > 0$ tel que pour tout $\delta > 0$, il existe des $x, y \in \mathbb{R}$ avec $|x - y| < \delta$ mais $|g(x) - g(y)| \ge \epsilon$.

Choisissons $\epsilon = 1$.

Soit $\delta > 0$ quelconque. Nous devons trouver $x, y$ tels que $|x - y| < \delta$ et $|x^2 - y^2| \ge 1$.

Considérons la suite $y_n = n$ et $x_n = n + \frac{1}{n}$ pour $n \in \mathbb{N}$ grand. Alors $|x_n - y_n| = \frac{1}{n}$. Pour $n$ suffisamment grand, $\frac{1}{n} < \delta$.

Calculons $|g(x_n) - g(y_n)| = |(n + \frac{1}{n})^2 - n^2| = |n^2 + 2n\frac{1}{n} + \frac{1}{n^2} - n^2| = |2 + \frac{1}{n^2}| = 2 + \frac{1}{n^2}$.

Pour $n$ suffisamment grand, $2 + \frac{1}{n^2} \ge 2$. Donc $|g(x_n) - g(y_n)| \ge 1 = \epsilon$.

Comme nous avons trouvé un $\epsilon > 0$ et pour tout $\delta > 0$, des points $x, y$ tels que $|x - y| < \delta$ mais $|g(x) - g(y)| \ge \epsilon$, $g$ n'est pas uniformément continue sur $\mathbb{R}$.

Point méthode : Pour prouver la non-continuité uniforme, il est souvent utile de considérer des suites ou des familles de points qui s'éloignent les uns des autres de plus en plus lentement. Ici, l'augmentation de $|x+y|$ est la clé.

Barème indicatif : 4 points

Exercice 3 : Soit $(E, d)$ un espace métrique compact et $f : E \to \mathbb{R}$ une fonction continue. Montre que $f$ est uniformément continue sur $E$.

Barème indicatif : 5 points

Correction :

Soit $f : E \to \mathbb{R}$ une fonction continue sur un espace métrique compact $(E, d)$. Nous voulons montrer que $f$ est uniformément continue.

Pour tout $x \in E$, considérons la fonction $g_x : E \to \mathbb{R}$ définie par $g_x(y) = d(x, y)$. Comme $d$ est continue, $g_x$ est continue.

Pour un $\epsilon > 0$ donné, et pour chaque $x \in E$, il existe $\delta_x > 0$ tel que si $y \in E$ et $d(x, y) < \delta_x$, alors $|f(x) - f(y)| < \epsilon$.

Considérons l'ensemble des boules ouvertes $B(x, \delta_x/2)$ pour tout $x \in E$. Ces boules forment un recouvrement ouvert de $E$. Comme $E$ est compact, il existe un sous-recouvrement fini, disons $B(x_1, \delta_{x_1}/2), \dots, B(x_n, \delta_{x_n}/2)$.

Posons $\delta = \min(\delta_{x_1}/2, \dots, \delta_{x_n}/2)$.

Soient maintenant $u, v \in E$ tels que $d(u, v) < \delta$. Il existe un $i \in \{1, \dots, n\}$ tel que $u \in B(x_i, \delta_{x_i}/2)$. Cela signifie que $d(u, x_i) < \delta_{x_i}/2$.

Alors, $d(v, x_i) \le d(v, u) + d(u, x_i) < \delta + \delta_{x_i}/2 < \delta_{x_i}/2 + \delta_{x_i}/2 = \delta_{x_i}$.

Puisque $d(u, x_i) < \delta_{x_i}/2 < \delta_{x_i}$ et $d(v, x_i) < \delta_{x_i}$, par la définition de $\delta_{x_i}$, nous avons $|f(u) - f(x_i)| < \epsilon$ et $|f(v) - f(x_i)| < \epsilon$.

Par l'inégalité triangulaire, $|f(u) - f(v)| \le |f(u) - f(x_i)| + |f(x_i) - f(v)| < \epsilon + \epsilon = 2\epsilon$.

Si on choisit $\epsilon$ dans la définition initiale de $\delta_x$ comme $\epsilon/2$, alors on obtiendrait $|f(u)-f(v)| < \epsilon$. L'argument utilisant le recouvrement ouvert est une preuve standard pour la continuité uniforme sur un compact.

Plus rigoureusement, on utilise la compacité pour montrer que pour tout $\epsilon > 0$, il existe $\delta > 0$ tel que si $d(x,y) < \delta$, alors $|f(x)-f(y)| < \epsilon$. On peut montrer que pour tout $x \in E$, il existe $\delta_x > 0$ tel que pour tout $y \in B(x, \delta_x)$, on a $|f(x)-f(y)| < \epsilon$. Le recouvrement ouvert $\{B(x, \delta_x/2)\}_{x \in E}$ admet un sous-recouvrement fini. Soit $\delta = \min \{ \delta_{x_i}/2 \}$. Si $u, v$ sont tels que $d(u,v) < \delta$, on peut montrer qu'ils sont dans une même boule $B(x_i, \delta_{x_i})$, ce qui implique $|f(u)-f(v)| < 2\epsilon$. En ajustant le choix initial de $\delta_x$ (par exemple, en prenant $\delta_x$ tel que pour $y \in B(x, \delta_x)$, $|f(x)-f(y)| < \epsilon/2$), on obtient $|f(u)-f(v)| < \epsilon$.

Théorème clé : Une fonction continue sur un espace métrique compact est toujours uniformément continue.

Barème indicatif : 5 points

Exercice 4 : Soit $(E, d)$ un espace métrique. Une suite $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ dans $E$ est dite de Cauchy si pour tout $\epsilon > 0$, il existe un entier $N$ tel que pour tous $n, m \ge N$, on a $d(x_n, x_m) < \epsilon$. Montre que toute suite convergente dans un espace métrique est une suite de Cauchy.

Barème indicatif : 4 points

Correction :

Soit $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ une suite convergente dans un espace métrique $(E, d)$. Supposons que $x_n \to L$ quand $n \to \infty$. Cela signifie que pour tout $\epsilon' > 0$, il existe un entier $N$ tel que pour tout $n \ge N$, on a $d(x_n, L) < \epsilon'$.

Nous voulons montrer que $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ est une suite de Cauchy. Pour ce faire, prenons un $\epsilon > 0$ quelconque.

Comme $x_n \to L$, il existe un entier $N$ tel que pour tout $n \ge N$, on a $d(x_n, L) < \frac{\epsilon}{2}$.

Maintenant, considérons deux indices $n, m \ge N$. Nous avons alors $d(x_n, L) < \frac{\epsilon}{2}$ et $d(x_m, L) < \frac{\epsilon}{2}$.

Par l'inégalité triangulaire, nous avons :

$d(x_n, x_m) \le d(x_n, L) + d(L, x_m) = d(x_n, L) + d(x_m, L)$.

En substituant les inégalités :

$d(x_n, x_m) < \frac{\epsilon}{2} + \frac{\epsilon}{2} = \epsilon$.

Donc, pour tout $\epsilon > 0$, il existe un $N$ tel que pour tous $n, m \ge N$, $d(x_n, x_m) < \epsilon$. Ceci est la définition d'une suite de Cauchy.

Astuce : Pour prouver qu'une suite est de Cauchy, on utilise souvent l'inégalité triangulaire en introduisant un point intermédiaire (ici, la limite $L$) pour relier les termes de la suite.

Barème indicatif : 4 points

Exercice 5 : Montre que la réciproque de l'exercice 4 n'est pas toujours vraie : donne un exemple d'espace métrique et d'une suite de Cauchy qui ne converge pas.

Barème indicatif : 5 points

Correction :

Considérons l'espace métrique $(E, d) = (\mathbb{Q}, |\cdot|)$, c'est-à-dire l'ensemble des nombres rationnels muni de la distance usuelle induite par la valeur absolue. Cet espace n'est pas complet.

Considérons la suite $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ de nombres rationnels qui converge vers $\sqrt{2}$ dans $\mathbb{R}$. Par exemple, prenons la suite des décimales de $\sqrt{2}$ :

$x_1 = 1$

$x_2 = 1.4$

$x_3 = 1.41$

$x_4 = 1.414$

.

Cette suite $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ est une suite de nombres rationnels.

Dans $\mathbb{R}$, cette suite converge vers $\sqrt{2}$. D'après l'exercice 4, $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ est donc une suite de Cauchy dans $\mathbb{R}$.

Comme la distance est la même sur $\mathbb{Q}$ et $\mathbb{R}$ (pour les éléments dans $\mathbb{Q}$), $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ est aussi une suite de Cauchy dans $(\mathbb{Q}, |\cdot|)$.

Cependant, $\sqrt{2}$ n'est pas un nombre rationnel ($\sqrt{2} \notin \mathbb{Q}$). Donc, la suite $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ ne converge pas dans $(\mathbb{Q}, |\cdot|)$.

Cet exemple montre qu'une suite de Cauchy dans un espace métrique non complet ne converge pas nécessairement dans cet espace.

Définition : Un espace métrique $(E, d)$ est dit complet si toute suite de Cauchy dans $E$ converge dans $E$. L'espace $(\mathbb{Q}, |\cdot|)$ est un exemple classique d'espace métrique non complet.

Barème indicatif : 5 points

Exercice 6 : Soit $(E, d)$ un espace métrique complet. Montre que si $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ est une suite de Cauchy dans $E$, alors $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ converge dans $E$. (Ceci est la définition de la complétude)

Barème indicatif : 4 points

Correction :

Soit $(E, d)$ un espace métrique complet et $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ une suite de Cauchy dans $E$. Par définition, un espace métrique est complet si toute suite de Cauchy dans cet espace converge.

L'énoncé de l'exercice est la définition même de la complétude. Donc, par définition, si $(E, d)$ est complet et $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ est une suite de Cauchy dans $E$, alors $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ converge nécessairement dans $E$. Il n'y a pas de démonstration à faire ici, c'est une application directe de la définition.

Point de méthode : Comprendre les définitions est crucial. Ici, la question teste la compréhension de ce qu'est un espace complet.

Barème indicatif : 4 points

Exercice 7 : Soit $f: [0, 1] \to [0, 1]$ une fonction telle que pour tous $x, y \in [0, 1]$, on a $|f(x) - f(y)| \le \frac{1}{2} |x - y|$. Montre que $f$ possèd'un unique point fixe.

Barème indicatif : 6 points

Correction :

L'espace $[0, 1]$ muni de la distance usuelle est un espace métrique complet.

La fonction $f: [0, 1] \to [0, 1]$ satisfait $|f(x) - f(y)| \le \frac{1}{2} |x - y|$ pour tous $x, y \in [0, 1]$. Le coefficient $\frac{1}{2}$ est strictement inférieur à 1. Cela signifie que $f$ est une contraction sur $[0, 1]$.

Nous allons utiliser le théorème du point fixe de Banach (ou théorème de contraction).

Existence :

Considérons une suite $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ définie par $x_0 \in [0, 1]$ et $x_{n+1} = f(x_n)$ pour tout $n \ge 0$.

Montrons que cette suite est de Cauchy.

Pour tout $n \ge 1$, $|x_{n+1} - x_n| = |f(x_n) - f(x_{n-1})| \le \frac{1}{2} |x_n - x_{n-1}|$.

En itérant, on obtient $|x_{n+1} - x_n| \le \left(\frac{1}{2}\right)^n |x_1 - x_0|$.

Soient $n, m \in \mathbb{N}$ avec $m > n \ge 0$. Alors :

$|x_m - x_n| \le |x_m - x_{m-1}| + |x_{m-1} - x_{m-2}| + \dots + |x_{n+1} - x_n|$

$|x_m - x_n| \le \left(\frac{1}{2}\right)^{m-1} |x_1 - x_0| + \left(\frac{1}{2}\right)^{m-2} |x_1 - x_0| + \dots + \left(\frac{1}{2}\right)^n |x_1 - x_0|$

$|x_m - x_n| \le |x_1 - x_0| \left[ \left(\frac{1}{2}\right)^{m-1} + \left(\frac{1}{2}\right)^{m-2} + \dots + \left(\frac{1}{2}\right)^n \right]$

$|x_m - x_n| \le |x_1 - x_0| \left(\frac{1}{2}\right)^n \left[ 1 + \frac{1}{2} + \dots + \left(\frac{1}{2}\right)^{m-n-1} \right]$

La somme géométrique dans le crochet vaut $\frac{1 - (1/2)^{m-n}}{1 - 1/2} = 2(1 - (1/2)^{m-n}) < 2$.

Donc, $|x_m - x_n| \le |x_1 - x_0| \left(\frac{1}{2}\right)^n \cdot 2 = 2|x_1 - x_0| \left(\frac{1}{2}\right)^n$.

Lorsque $n \to \infty$, $\left(\frac{1}{2}\right)^n \to 0$. Donc, pour tout $\epsilon > 0$, on peut trouver $N$ tel que pour $n \ge N$, $2|x_1 - x_0| \left(\frac{1}{2}\right)^n < \epsilon$.

Ainsi, $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ est une suite de Cauchy dans $[0, 1]$.

Puisque $[0, 1]$ est complet, il existe un unique $c \in [0, 1]$ tel que $x_n \to c$.

Montrons maintenant que $c$ est un point fixe de $f$, c'est-à-dire $f(c) = c$.

On a $x_{n+1} = f(x_n)$. Comme $f$ est uniformément continue (car c'est une contraction), on peut passer à la limite :

$f(c) = f(\lim_{n \to \infty} x_n) = \lim_{n \to \infty} f(x_n) = \lim_{n \to \infty} x_{n+1} = c$.

Donc, $c$ est un point fixe de $f$.

Unicité :

Supposons qu'il existe deux points fixes distincts, $c_1$ et $c_2$, tels que $f(c_1) = c_1$ et $f(c_2) = c_2$, avec $c_1 \ne c_2$.

Alors $|c_1 - c_2| = |f(c_1) - f(c_2)| \le \frac{1}{2} |c_1 - c_2|$.

Ceci implique $|c_1 - c_2| - \frac{1}{2} |c_1 - c_2| \le 0$, soit $\frac{1}{2} |c_1 - c_2| \le 0$.

Comme $|c_1 - c_2| > 0$ (car $c_1 \ne c_2$), cette inégalité est impossible.

Par conséquent, il ne peut y avoir qu'un seul point fixe.

Théorème du point fixe de Banach : Soit $(E, d)$ un espace métrique complet et $f: E \to E$ une contraction (c'est-à-dire qu'il existe $k \in [0, 1[$ tel que pour tout $x, y \in E$, $d(f(x), f(y)) \le k d(x, y)$). Alors $f$ admet un unique point fixe.

Barème indicatif : 6 points

Exercice 8 : Montre que l'espace $(\mathbb{R}^2, d_2)$ avec $d_2((x_1, x_2), (y_1, y_2)) = \sqrt{(x_1-y_1)^2 + (x_2-y_2)^2}$ est complet.

Barème indicatif : 6 points

Correction :

Pour montrer que $(\mathbb{R}^2, d_2)$ est complet, nous devons montrer que toute suite de Cauchy $(u_n)_{n \in \mathbb{N}}$ dans $\mathbb{R}^2$ converge dans $\mathbb{R}^2$.

Soit $(u_n)_{n \in \mathbb{N}}$ une suite de Cauchy dans $\mathbb{R}^2$, où $u_n = (x_n, y_n)$.

La condition de Cauchy s'écrit : pour tout $\epsilon > 0$, il existe $N$ tel que pour $n, m \ge N$, $d_2(u_n, u_m) < \epsilon$.

Cela signifie que $\sqrt{(x_n - x_m)^2 + (y_n - y_m)^2} < \epsilon$ pour $n, m \ge N$.

En élevant au carré, on obtient $(x_n - x_m)^2 + (y_n - y_m)^2 < \epsilon^2$ pour $n, m \ge N$.

Puisque les termes sont positifs, on a :

$(x_n - x_m)^2 \le (x_n - x_m)^2 + (y_n - y_m)^2 < \epsilon^2$, ce qui implique $|x_n - x_m| < \epsilon$.

De même, $(y_n - y_m)^2 \le (x_n - x_m)^2 + (y_n - y_m)^2 < \epsilon^2$, ce qui implique $|y_n - y_m| < \epsilon$.

Cela montre que la suite $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ est une suite de Cauchy dans $\mathbb{R}$ (muni de la distance usuelle), et que la suite $(y_n)_{n \in \mathbb{N}}$ est une suite de Cauchy dans $\mathbb{R}$.

Comme $\mathbb{R}$ est complet, $(x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ converge vers une limite $x \in \mathbb{R}$, et $(y_n)_{n \in \mathbb{N}}$ converge vers une limite $y \in \mathbb{R}$.

Nous devons maintenant montrer que la suite $(u_n)_{n \in \mathbb{N}}$ converge vers $u = (x, y)$ dans $\mathbb{R}^2$.

On a $d_2(u_n, u) = \sqrt{(x_n - x)^2 + (y_n - y)^2}$.

Puisque $x_n \to x$ et $y_n \to y$, on a $(x_n - x)^2 \to 0$ et $(y_n - y)^2 \to 0$.

Par conséquent, $(x_n - x)^2 + (y_n - y)^2 \to 0$.

Donc, $\sqrt{(x_n - x)^2 + (y_n - y)^2} \to 0$, c'est-à-dire $d_2(u_n, u) \to 0$.

Ainsi, la suite $(u_n)_{n \in \mathbb{N}}$ converge vers $u = (x, y)$ dans $\mathbb{R}^2$.

Cela prouve que $(\mathbb{R}^2, d_2)$ est complet.

Généralisation : De manière générale, pour tout $n \in \mathbb{N}$, l'espace $\mathbb{R}^n$ muni de la distance euclidienne $d_2$ est complet. Ceci découle du fait que chaque composante est une suite de Cauchy dans $\mathbb{R}$ et que $\mathbb{R}$ est complet.

Barème indicatif : 6 points

Exercice 9 : Soit $E = C([0, 1])$ l'espace des fonctions continues sur $[0, 1]$. On munit $E$ de la norme de la convergence uniforme, notée $\| \cdot \|_\infty$, définie par $\|f\|_\infty = \sup_{x \in [0, 1]} |f(x)|$. Montre que $(E, \| \cdot \|_\infty)$ est un espace de Banach (c'est-à-dire un espace vectoriel normé complet).

Barème indicatif : 7 points

Correction :

Pour montrer que $(C([0, 1]), \| \cdot \|_\infty)$ est un espace de Banach, nous devons prouver que cet espace est complet. Nous allons utiliser la même stratégie que pour $\mathbb{R}^n$ : montrer qu'une suite de Cauchy dans $C([0, 1])$ converge vers une fonction dans $C([0, 1])$.

Soit $(f_n)_{n \in \mathbb{N}}$ une suite de Cauchy dans $C([0, 1])$ pour la norme $\| \cdot \|_\infty$. Cela signifie que pour tout $\epsilon > 0$, il existe un entier $N$ tel que pour tous $n, m \ge N$, on a $\|f_n - f_m\|_\infty < \epsilon$.

La norme $\|f_n - f_m\|_\infty = \sup_{x \in [0, 1]} |f_n(x) - f_m(x)|$. Donc, pour $n, m \ge N$, on a $|f_n(x) - f_m(x)| < \epsilon$ pour tout $x \in [0, 1]$.

Fixons un $x \in [0, 1]$. La suite de nombres réels $(f_n(x))_{n \in \mathbb{N}}$ est une suite de Cauchy dans $\mathbb{R}$, car pour tout $n, m \ge N$, $|f_n(x) - f_m(x)| < \epsilon$.

Puisque $\mathbb{R}$ est complet, $(f_n(x))_{n \in \mathbb{N}}$ converge vers une limite que nous noterons $f(x)$. Cette limite dépend de $x$, donc on définit une fonction $f: [0, 1] \to \mathbb{R}$ par $f(x) = \lim_{n \to \infty} f_n(x)$.

Il reste à montrer que cette fonction $f$ est continue sur $[0, 1]$ et que $\|f_n - f\|_\infty \to 0$ quand $n \to \infty$.

Continuité de $f$ :

Soit $\epsilon > 0$. Il existe $N$ tel que pour $n \ge N$, $\|f_n - f\|_\infty < \epsilon/2$. En particulier, pour tout $x \in [0, 1]$, $|f_n(x) - f(x)| < \epsilon/2$.

Prenons un $x_0 \in [0, 1]$. Comme $f_N$ est continue, il existe $\delta > 0$ tel que si $x \in [0, 1]$ et $|x - x_0| < \delta$, alors $|f_N(x) - f_N(x_0)| < \epsilon/2$.

Alors, pour $|x - x_0| < \delta$, on a :

$|f(x) - f(x_0)| \le |f(x) - f_N(x)| + |f_N(x) - f_N(x_0)| + |f_N(x_0) - f(x_0)|$.

En utilisant les inégalités établies :

$|f(x) - f(x_0)| < \epsilon/2 + \epsilon/2 + \epsilon/2 = 3\epsilon/2$.

Si nous avions pris $N$ tel que $\|f_n - f\|_\infty < \epsilon/3$ et $|f_N(x) - f_N(x_0)| < \epsilon/3$, alors $|f(x) - f(x_0)| < \epsilon$. Cela montre que $f$ est continue.

Convergence dans $C([0, 1])$ :

Pour $n \ge N$, nous avons $|f_n(x) - f(x)| < \epsilon/2$ pour tout $x \in [0, 1]$.

Donc, $\|f_n - f\|_\infty = \sup_{x \in [0, 1]} |f_n(x) - f(x)| \le \epsilon/2 < \epsilon$.

Cela montre que la suite $(f_n)_{n \in \mathbb{N}}$ converge vers $f$ dans l'espace $C([0, 1])$ pour la norme $\| \cdot \|_\infty$.

Puisque toute suite de Cauchy dans $C([0, 1])$ pour la norme de la convergence uniforme converge dans $C([0, 1])$, l'espace est complet.

Point clé : La complétude de $C([0, 1])$ pour la norme $\| \cdot \|_\infty$ est une propriété fondamentale en analyse fonctionnelle. Elle permet de garantir que les limites de suites de fonctions continues "raisonnables" sont elles-mêmes des fonctions continues.

Barème indicatif : 7 points

Exercice 10 : Soit $E = \ell^1(\mathbb{N})$ l'espace des suites $x = (x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ de nombres réels telles que $\sum_{n=1}^{\infty} |x_n| < \infty$. On munit $E$ de la norme $\|x\|_1 = \sum_{n=1}^{\infty} |x_n|$. Montre que $(E, \| \cdot \|_1)$ est un espace de Banach.

Barème indicatif : 7 points

Correction :

Pour montrer que $(\ell^1(\mathbb{N}), \| \cdot \|_1)$ est un espace de Banach, nous devons montrer qu'il est complet. Utilisons la stratégie habituelle : toute suite de Cauchy dans $\ell^1(\mathbb{N})$ converge dans $\ell^1(\mathbb{N})$.

Soit $(x^{(k)})_{k \in \mathbb{N}}$ une suite de Cauchy dans $\ell^1(\mathbb{N})$, où $x^{(k)} = (x_1^{(k)}, x_2^{(k)}, \dots)$. Cela signifie que pour tout $\epsilon > 0$, il existe $K$ tel que pour tous $k, l_k \ge K$, on a $\|x^{(k)} - x^{(l)}\|_1 < \epsilon$.

La norme $\|x^{(k)} - x^{(l)}\|_1 = \sum_{n=1}^{\infty} |x_n^{(k)} - x_n^{(l)}|$. Donc, pour $k, l \ge K$, $\sum_{n=1}^{\infty} |x_n^{(k)} - x_n^{(l)}| < \epsilon$.

Pour chaque entier $n \ge 1$, la suite de nombres réels $(x_n^{(k)})_{k \in \mathbb{N}}$ est une suite de Cauchy dans $\mathbb{R}$. En effet, pour $k, l \ge K$, on a $|x_n^{(k)} - x_n^{(l)}| \le \sum_{i=1}^{\infty} |x_i^{(k)} - x_i^{(l)}| < \epsilon$.

Comme $\mathbb{R}$ est complet, pour chaque $n$, la suite $(x_n^{(k)})_{k \in \mathbb{N}}$ converge vers une limite $x_n \in \mathbb{R}$.

Définissons une suite $x = (x_n)_{n \in \mathbb{N}}$ où $x_n = \lim_{k \to \infty} x_n^{(k)}$.

Il reste à montrer que $x \in \ell^1(\mathbb{N})$ (c'est-à-dire que $\sum_{n=1}^{\infty} |x_n| < \infty$) et que $\|x^{(k)} - x\|_1 \to 0$ quand $k \to \infty$.

Convergence de la somme :

Soit $M$ un entier fixé. Pour $k, l \ge K$, on a :

$\sum_{n=1}^{M} |x_n^{(k)} - x_n^{(l)}| \le \sum_{n=1}^{\infty} |x_n^{(k)} - x_n^{(l)}| < \epsilon$.

Passons à la limite $l \to \infty$ pour un $k \ge K$ fixé. Puisque $x_n^{(l)} \to x_n$, on obtient :

$\sum_{n=1}^{M} |x_n^{(k)} - x_n| \le \epsilon$ pour tout $M \ge 1$ et tout $k \ge K$.

Maintenant, faisons tendre $M \to \infty$. On obtient :

$\sum_{n=1}^{\infty} |x_n^{(k)} - x_n| \le \epsilon$ pour tout $k \ge K$.

Cela signifie que $\|x^{(k)} - x\|_1 \le \epsilon$ pour tout $k \ge K$.

Cela montre que la suite $(x^{(k)})_{k \in \mathbb{N}}$ converge vers $x$ dans $\ell^1(\mathbb{N})$.

De plus, comme $\sum_{n=1}^{\infty} |x_n^{(k)} - x_n| \le \epsilon$, on a :

$|\sum_{n=1}^{\infty} |x_n^{(k)}| - \sum_{n=1}^{\infty} |x_n|| = |\sum_{n=1}^{\infty} (|x_n^{(k)}| - |x_n|)|$

Il faut être plus rigoureux. Pour $k \ge K$, $\|x^{(k)} - x\|_1 \le \epsilon$. Comme $x^{(k)} \in \ell^1$, on sait que $\|x^{(k)}\|_1 < \infty$. Donc, $\|x\|_1 = \|x - x^{(k)} + x^{(k)}\|_1 \le \|x - x^{(k)}\|_1 + \|x^{(k)}\|_1 \le \epsilon + \|x^{(k)}\|_1$. Donc $\|x\|_1$ est fini, et $x \in \ell^1(\mathbb{N})$.

Ainsi, $(\ell^1(\mathbb{N}), \| \cdot \|_1)$ est complet.

Point méthode : Pour montrer la complétude d'espaces de suites ou de fonctions, on utilise souvent le fait que $\mathbb{R}$ est complet pour montrer la convergence de chaque composante ou de chaque valeur, puis on utilise l'inégalité triangulaire et la compacité implicite des sommes ou des intégrales pour montrer la convergence de la norme globale.

Barème indicatif : 7 points

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