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Quiz : Connais-tu les Grands Philosophes, de Platon à Sartre ?

Douze questions pour vérifier que tu sais relier chaque grand philosophe à son idée clé, et l'expliquer sans contresens.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

L'essentiel à connaître

Connaître un philosophe, c'est pouvoir dire en une phrase l'idée qui le résume, puis l'expliquer. Exemple : Descartes doute de tout, non pour rester dans le doute, mais pour trouver une première certitude, « je pense, donc je suis ». Le tableau donne ce repère pour chaque auteur, du plus ancien au plus récent.

Tous, sauf Socrate, figurent dans la liste d'auteurs du programme de terminale générale (Bulletin officiel spécial n° 8 du 25 juillet 2019).

PhilosopheL'idée à savoir expliquer
SocrateIl n'a rien écrit. Sa maïeutique fait « accoucher » les esprits par des questions.
PlatonSortir de la caverne, c'est monter du monde visible vers le monde intelligible, connu par la raison.
ÉpicureLe plaisir qu'il vise, c'est l'absence de douleur du corps et de trouble de l'âme.
HobbesSans pouvoir commun, c'est la guerre de chacun contre chacun.
DescartesLe doute méthodique mène à « je pense, donc je suis ».
SpinozaLe libre arbitre, pouvoir de choisir sans cause, est une illusion ; être libre, c'est agir par la seule nécessité de sa nature.
RousseauLe contrat social place chacun sous la direction de la volonté générale, celle du peuple dont il fait partie, sans lui ôter sa liberté.
KantL'impératif catégorique commande sans condition ; l'hypothétique dépend d'un but.
MarxL'histoire des sociétés est celle des luttes de classes.
Nietzsche« Dieu est mort » : la croyance qui fondait nos valeurs s'effondre.
SartreL'existence précède l'essence (ce qui définit une chose) : l'homme se définit par ce qu'il fait.

Définition : l'ataraxie (du grec ataraxia, « absence de trouble ») est la paix de l'âme. Chez Épicure, avec l'absence de douleur du corps, elle forme le plaisir le plus haut.

Quiz : teste tes connaissances

Les questions vont de la plus simple à la plus piégeuse : les trois dernières sont les plus difficiles.

Question 1 : Lequel de ces philosophes grecs n'a laissé aucune œuvre écrite ?

A. Platon
B. Aristote
C. Socrate
D. Épicure

Réponse : C. Socrate philosophait en conversant et n'a rien écrit. Sa pensée nous vient surtout de son disciple Platon, qui le fait parler dans ses dialogues : d'où le piège A.

Question 2 : Selon Marx et Engels, de quoi l'histoire de toute société a-t-elle été faite jusqu'ici ?

A. De luttes de classes.
B. De progrès de la raison.
C. De décisions de grands hommes.
D. Des desseins de la Providence.

Réponse : A. La première partie du Manifeste du parti communiste commence ainsi : « L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire des luttes de classes. » Ni les idées (B) ni quelques grands hommes (C) : ce sont des groupes aux intérêts opposés qui, en s'affrontant, font l'histoire.

Question 3 : Dans l'allégorie de la caverne (La République, livre VII), que représente la sortie hors de la caverne ?

A. Le passage de l'enfance à l'âge adulte.
B. La montée de l'âme vers le monde intelligible.
C. Le voyage de l'âme vers le monde des morts.
D. La découverte du monde sensible, connu par les sens.

Réponse : B. La caverne est le monde visible ; la montée est celle « de l'âme dans le monde intelligible » (trad. Chambry). D est le piège : le monde sensible, c'est la caverne elle-même, où l'on prend des ombres pour la réalité.

Question 4 : Socrate se dit fils d'une sage-femme et pratique un art semblable, la maïeutique. En quoi consiste-t-il ?

A. Persuader par des discours habiles et bien construits.
B. Transmettre au disciple un savoir que le maître possède.
C. Douter de tout pour trouver une première certitude.
D. Faire naître, par des questions, les idées que l'autre porte.

Réponse : D. Dans le Théétète, Socrate dit soigner « non les corps, mais les âmes en mal d'enfant » (trad. Cousin). B est le piège : par lui-même, dit-il, il n'enfante aucune sagesse ; celui qu'il interroge trouve les idées en lui-même.

Question 5 : Pourquoi Descartes décide-t-il, dans le Discours de la méthode, de douter de tout ?

A. Pour montrer qu'aucune vérité n'est vraiment certaine.
B. Pour trouver une première certitude qui résiste au doute.
C. Pour remplacer les vérités de la raison par la foi.
D. Pour prouver que les sens ne nous trompent jamais.

Réponse : B. Il rejette comme faux ce qui laisse « le moindre doute », pour voir ce qui résiste : « je pense, donc je suis ». A est le piège : il n'imite pas les sceptiques, « qui ne doutent que pour douter ». Son doute est un outil provisoire.

Question 6 : Pour Hobbes, comment vivent les hommes dans l'état de nature, sans pouvoir commun pour les tenir en respect ?

A. Dans une guerre de chacun contre chacun.
B. Dans une paix naturelle que la société corrompra.
C. Dans des tribus guidées par les plus sages.
D. Sous un souverain à qui chacun a confié son pouvoir.

Réponse : A. Dans le Léviathan (1651), Hobbes décrit cet état comme une guerre de chacun contre chacun, où la vie est misérable et brève. D est le piège : le souverain à qui chacun confie sa puissance, c'est la sortie de l'état de nature.

Question 7 : Selon Rousseau, dans Du contrat social, quel problème le pacte doit-il résoudre ?

A. Garantir la sécurité en donnant tout pouvoir à un roi.
B. Confier le gouvernement aux citoyens les plus instruits.
C. S'unir à tous en n'obéissant qu'à soi-même, et rester libre.
D. Revenir à l'état de nature en supprimant les lois.

Réponse : C. Rousseau cherche une association où chacun, en s'unissant à tous, n'obéisse « qu'à lui-même » et reste « aussi libre qu'auparavant ». A décrit plutôt Hobbes : chez Rousseau, le souverain est le peuple, pas un roi.

Question 8 : Dans Le Gai Savoir, un insensé crie : « Dieu est mort ! » Que veut dire Nietzsche ?

A. Il donne une preuve logique que Dieu n'a jamais existé.
B. Il annonce une religion nouvelle, plus fidèle que l'ancienne.
C. Il constate la disparition d'un culte antique bien précis.
D. Il constate que la croyance qui fondait nos valeurs s'effondre.

Réponse : D. L'insensé ajoute : « Et c'est nous qui l'avons tué ! » Ce n'est pas une démonstration (A), mais un diagnostic : si l'on ne croit plus en Dieu, sur quoi reposent le bien et le mal ?

Question 9 : Laquelle de ces règles a la forme d'un impératif catégorique au sens de Kant ?

A. « Ne fais pas de fausse promesse, de peur de perdre ton crédit. »
B. « Si tu veux être cru, ne fais pas de fausse promesse. »
C. « Ne fais pas de fausse promesse, quoi qu'il puisse t'en coûter. »
D. « Si tu veux être heureux, tiens les promesses que tu fais. »

Réponse : C. Un impératif catégorique commande une action pour elle-même, sans condition. A est le piège : pas de « si », mais la règle dépend d'un but (garder ton crédit), c'est donc un impératif hypothétique. Kant prend cet exemple dans les Fondements de la métaphysique des mœurs.

Question 10 : Pour Épicure, en quoi consiste le plaisir qui rend la vie heureuse ?

A. Goûter les plaisirs intenses, comme la fête et la bonne table.
B. Ne plus souffrir dans son corps ni être troublé dans son âme.
C. Renoncer à tout plaisir pour ne vivre que selon la vertu.
D. Contempler par la raison les Idées éternelles.

Réponse : B. Dans la Lettre à Ménécée, Épicure écarte le luxe et l'excès des bonnes tables : le plaisir, c'est avoir l'esprit « sans aucune agitation » et le corps « exempt de douleur » (trad. Chauffepié). Ce calme de l'âme, c'est l'ataraxie. A est le piège du mot « épicurien » pris au sens courant.

Question 11 : Pour Spinoza, qu'est-ce qu'être vraiment libre ?

A. Pouvoir choisir sans être déterminé par aucune cause.
B. Obéir aux seules lois que l'on s'est soi-même données.
C. Agir sans connaître les causes qui nous font agir.
D. Agir par la seule nécessité de sa propre nature.

Réponse : D. Dans l'Éthique, est libre ce qui existe par la seule nécessité de sa nature et n'est déterminé à agir que par soi. A est le piège : ce libre arbitre est l'illusion de ceux qui « ont conscience de leurs actions et ignorent les causes qui les déterminent » (trad. Saisset).

Question 12 : Dans L'existentialisme est un humanisme, Sartre oppose l'homme à un objet fabriqué, le coupe-papier. Qu'est-ce qui les distingue ?

A. L'objet est défini avant d'être fabriqué ; l'homme existe avant de se définir.
B. L'objet existe avant d'être défini ; l'homme est défini avant d'exister.
C. L'objet dépend de son artisan ; l'homme dépend de sa nature humaine.
D. L'objet obéit à des causes ; l'homme échappe à toute cause.

Réponse : A. L'artisan sait à quoi servira le coupe-papier avant de le produire : son essence précède son existence. L'homme, lui, « existe d'abord » et n'est « rien d'autre que ce qu'il se fait ». B inverse les deux termes : c'est le contresens à éviter.

Sources

Programme de philosophie de terminale générale, Bulletin officiel spécial n° 8 du 25 juillet 2019, annexe 1 : eduscol.

Épicure, Lettre à Ménécée, traduction Chauffepié : Wikisource.

Platon, Théétète, traduction Victor Cousin : Wikisource.

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