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Quiz : Le Contrat Social (Hobbes, Locke, Rousseau)

Quinze questions pour distinguer l'état de nature, le contrat et la souveraineté chez Hobbes, Locke et Rousseau, jusqu'aux pièges classiques.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

L'essentiel à connaître

Les trois auteurs répondent à la même question : pourquoi obéir à un pouvoir politique ? Chacun imagine l'état de nature, les hommes sans aucun pouvoir commun, puis le contrat qui fonde l'État. Exemple : chez Hobbes, sans État, c'est la guerre de chacun contre chacun ; on accepte donc un souverain pour vivre en sécurité.

ThèmeHobbes, Léviathan (1651)Locke, Second Traité du gouvernement civilRousseau, Du contrat social (1762)
État de natureGuerre de chacun contre chacunLiberté réglée par la raisonLiberté naturelle, droit illimité à ce qui tente
Pouvoir confié àUn homme ou une assemblée, qui ne promet rienUn gouvernement, en dépôt de confianceToute la communauté, avec tous ses droits
But de l'ÉtatLa paix et la sécuritéConserver la vie, la liberté et les biensLa liberté civile
Loi faite parLe souverainLe pouvoir législatifLe peuple en personne

Pour Locke, il manque à l'état de nature une loi établie, un juge impartial et une force pour exécuter les sentences. Si le gouvernement trahit la confiance du peuple, celui-ci peut en établir un nouveau. Hobbes refuse ce droit de révolte, même s'il laisse au sujet la liberté de refuser l'ordre de se tuer.

Définition : La volonté générale « ne regarde qu'à l'intérêt commun », alors que la volonté de tous n'est « qu'une somme de volontés particulières » (Rousseau, livre II, chapitre 3). La souveraineté, exercice de cette volonté, est inaliénable : le peuple ne peut pas la céder.

Piège classique : « L'homme est un loup pour l'homme » vient de l'épître dédicatoire (la lettre d'hommage) du Citoyen de Hobbes, non du Léviathan, et vise les relations entre cités. Autre piège : chez Rousseau aussi, la souveraineté est absolue et indivisible, mais elle reste au peuple, sans représentants.

Les trois figurent dans la liste d'auteurs du programme de philosophie de terminale générale, dont les notions comprennent l'État, la justice et la liberté.

Quiz : teste tes connaissances

La difficulté monte : les trois dernières questions sont les plus piégeuses.

Question 1 : Chez ces trois auteurs, qu'est-ce que l'état de nature ?

A. Une période préhistorique bien réelle
B. Les hommes imaginés sans pouvoir commun
C. La vie des peuples éloignés des villes
D. Une société d'avant l'écriture

Réponse : B. Ils retirent l'État par la pensée pour voir ce qu'il apporte. Le piège A confond cette hypothèse avec une période de l'histoire.

Question 2 : Selon Hobbes, comment vivent les hommes à l'état de nature ?

A. En paix, sous une loi de raison
B. En familles isolées, sans lois
C. Sous l'autorité des plus âgés
D. En guerre de chacun contre chacun

Réponse : D. Sans pouvoir commun qui les tienne en respect, leur vie est solitaire, pauvre et brève (Léviathan, chapitre 13). La proposition A décrit l'état de nature selon Locke.

Question 3 : Et pour Locke, à quoi ressemble l'état de nature ?

A. Une liberté réglée par la raison
B. Une guerre où rien n'est injuste
C. Une solitude où chacun s'ignore
D. Une servitude imposée par les forts

Réponse : A. La raison y fait loi : nul ne doit nuire à autrui dans sa vie, sa santé, sa liberté ou ses biens (Second Traité, § 6). Le piège B, c'est Hobbes.

Question 4 : Quelle association entre un auteur et une œuvre est juste ?

A. Hobbes : Second Traité du gouvernement civil
B. Rousseau : Le Citoyen
C. Locke : Second Traité du gouvernement civil
D. Locke : Léviathan

Réponse : C. Le Second Traité est de Locke ; Léviathan et Le Citoyen sont de Hobbes. Le piège A prête à Hobbes le livre de Locke.

Question 5 : Pour Locke, quel est le but principal du gouvernement ?

A. Conserver la vie, la liberté et les biens
B. Garantir la paix au prix de la liberté
C. Appliquer la volonté générale du peuple
D. Partager également les richesses

Réponse : A. On s'unit pour conserver sa « propriété », mot qui chez Locke réunit la vie, la liberté et les biens (§ 123 et 124). Le piège D confond conserver les biens et les partager.

Question 6 : Chez Rousseau, que donne chaque associé en entrant dans le pacte ?

A. Une partie de ses droits seulement
B. Tous ses droits, à toute la communauté
C. Tous ses droits, à un chef protecteur
D. Ses biens, pour la défense commune

Réponse : B. Le pacte exige « l'aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté » (livre I, chapitre 6) ; aliéner, c'est céder. Le piège C, c'est Hobbes : chez Rousseau, on ne se donne à aucun maître.

Question 7 : Chez Rousseau, qu'est-ce que la volonté générale ?

A. La somme des volontés particulières
B. La volonté du chef élu
C. L'avis des citoyens les plus instruits
D. La volonté tournée vers l'intérêt commun

Réponse : D. Elle « ne regarde qu'à l'intérêt commun » (livre II, chapitre 3). Le piège A décrit la volonté de tous, qui n'est « qu'une somme de volontés particulières ».

Question 8 : Pour Locke, que manque-t-il à l'état de nature ?

A. Une religion commune à tous
B. Un chef militaire pour la défense
C. Une loi établie, un juge, une force
D. La liberté, que seul l'État donne

Réponse : C. Il manque une loi établie et connue, un juge impartial et un pouvoir pour faire exécuter les sentences (§ 124 à 126). Le piège D oublie que l'homme y est déjà libre.

Question 9 : Selon Rousseau, que gagne l'homme en passant à l'état civil, la vie sous des lois ?

A. Un droit illimité à ce qui le tente
B. La liberté civile et la propriété
C. Sa liberté naturelle, enfin protégée
D. L'égalité parfaite des richesses

Réponse : B. Il gagne « la liberté civile et la propriété de tout ce qu'il possède » (livre I, chapitre 8). Le piège C inverse tout : la liberté naturelle est ce qu'il perd.

Question 10 : Chez Hobbes, pourquoi le souverain ne peut-il pas rompre le contrat ?

A. Seuls les sujets s'engagent, entre eux
B. Dieu l'a placé au-dessus des lois
C. La majorité l'a élu pour toujours
D. Le contrat ne fixe aucune durée

Réponse : A. Les sujets s'engagent entre eux ; le souverain ne promet rien, il ne peut donc rien rompre (Léviathan, chapitre 18). Le piège B prête à Hobbes le droit divin : chez lui, l'État naît d'une convention entre les hommes.

Question 11 : Pour Locke, que peut faire le peuple si le pouvoir législatif cherche à l'asservir ?

A. Rien, car le souverain n'a rien promis
B. Obéir, puis adresser une pétition
C. Vivre sans aucun gouvernement
D. Établir un nouveau pouvoir législatif

Réponse : D. Le pouvoir n'est qu'un dépôt de confiance : en le trahissant, le législatif délie le peuple de l'obéissance, et celui-ci peut en établir un nouveau (§ 222). Le piège A, c'est Hobbes.

Question 12 : Pour Rousseau, la souveraineté est inaliénable. Qu'est-ce que cela signifie ?

A. Le peuple peut la confier à un roi
B. Elle revient aux propriétaires
C. Le peuple ne peut la céder à personne
D. Elle passe aux élus lors du vote

Réponse : C. La souveraineté « ne peut jamais s'aliéner », c'est-à-dire se céder (livre II, chapitre 1). Le piège A est justement ce qu'il refuse : la confier à un roi, ce serait l'aliéner.

Question 13 : Hobbes écrit que l'homme est un loup pour l'homme. Dans quel cas ?

A. Toujours, l'homme étant méchant par nature
B. Entre citoyens d'un même État
C. Entre le souverain et ses sujets
D. Quand on compare les cités entre elles

Réponse : D. Dans l'épître dédicatoire du Citoyen, l'homme est une sorte de dieu pour l'homme entre concitoyens, et un loup quand on compare les cités. Le piège A en fait une loi universelle.

Question 14 : Qui donne au souverain un pouvoir absolu et indivisible ?

A. Hobbes et Rousseau
B. Hobbes seulement
C. Hobbes et Locke
D. Rousseau seulement

Réponse : A. Hobbes déclare indivisibles les droits du souverain (Léviathan, chapitre 18). Rousseau aussi : la souveraineté est indivisible, et le pacte donne au corps politique « un pouvoir absolu sur tous les siens » (livre II, chapitres 2 et 4). Le piège B oublie Rousseau, chez qui ce souverain est le peuple lui-même.

Question 15 : Pour Rousseau, des députés élus peuvent-ils faire la loi à la place du peuple ?

A. Oui, ils expriment la volonté générale
B. Non, le peuple doit ratifier la loi lui-même
C. Oui, s'ils sont réélus régulièrement
D. Non, seul un monarque fait la loi

Réponse : B. « La souveraineté ne peut être représentée », et « toute loi que le peuple en personne n'a pas ratifiée est nulle » (livre III, chapitre 15). Le piège A fait de Rousseau un partisan de la démocratie représentative, qu'il rejette.

Sources

Programme de philosophie de terminale générale : texte officiel sur Éduscol.

Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, édition de 1762 : texte intégral sur Wikisource.

Thomas Hobbes, Leviathan, 1651 : texte original anglais sur le Projet Gutenberg.

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