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Quiz : Pouvoir et Violence (Weber vs Arendt)

Weber définit l'État par la violence légitime, Arendt oppose pouvoir et violence : quinze questions pour ne plus les confondre.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

L'essentiel à connaître

Weber définit l'État par son moyen : c'est la communauté humaine qui, sur un territoire, « revendique avec succès le monopole de la violence physique légitime ». Arendt répond que pouvoir et violence s'opposent. Pense à des soldats qui refusent de tirer sur la foule : dès que les ordres ne sont plus obéis, explique-t-elle, les armes ne servent plus à rien.

Dans Politik als Beruf (Munich, 1919), traduit dans Le Savant et le politique, Weber ne définit pas l'État par ses buts : aucune tâche ne lui a toujours été réservée. La violence n'est ni son moyen normal ni son seul moyen, mais son moyen spécifique. « Légitime » veut dire : tenue pour légitime par ceux qui obéissent. Une domination (les uns commandent, les autres obéissent) a trois fondements purs de légitimité : la tradition, le charisme (les dons extraordinaires d'un chef) et la légalité (des règles établies rationnellement). Enfin, qui fait de la politique pactise, par la violence, avec des puissances diaboliques.

Définition : l'éthique de conviction agit selon ses principes, comme le chrétien qui s'en remet à Dieu du résultat ; l'éthique de responsabilité répond des conséquences prévisibles de ses actes. Pour Weber, les deux se complètent.

Arendt (Sur la violence, 1970) range Weber dans un large accord, de la gauche à la droite, qui voit dans la violence la manifestation la plus flagrante du pouvoir. Pour elle, le pouvoir naît quand des personnes agissent de concert : il a besoin du nombre et tire sa légitimité de ce rassemblement. La violence est instrumentale : elle a besoin d'outils, et d'un but qui la justifie. Du canon d'un fusil sort l'ordre le plus efficace, jamais le pouvoir. Même le chef totalitaire a besoin d'une base de pouvoir. Et la terreur naît quand la violence, ayant détruit tout pouvoir, garde la main.

Piège classique : chez Weber, « légitime » ne veut dire ni « juste » ni « légal ». Chez Arendt, l'exclusion n'est totale qu'aux extrêmes : là où l'un règne absolument, l'autre est absent.

Quiz : teste tes connaissances

Les questions montent en difficulté : les trois dernières sont les plus piégeuses.

Question 1 : Comment Weber définit-il l'État ?

A. Par ses buts : la sécurité et le bien commun
B. Par son moyen : la violence physique légitime
C. Par sa forme : l'élection de ses dirigeants
D. Par son outil : une administration de fonctionnaires

Réponse : B. Weber définit l'État par son moyen spécifique, le monopole de la violence physique légitime. Le piège A est ce qu'il écarte : aucune tâche n'a toujours été réservée à l'État.

Question 2 : Pour Arendt, d'où naît le pouvoir ?

A. De la possession d'armes
B. Du talent d'un chef
C. De la peur de la sanction
D. De l'action menée de concert

Réponse : D. Le pouvoir naît quand des personnes agissent ensemble. Le piège A confond pouvoir et violence : les armes sont les outils de la violence.

Question 3 : Selon Weber, sur quoi peut reposer la légitimité d'une domination ?

A. La tradition, le charisme et la légalité
B. La tradition, le contrat et la légalité
C. Le charisme, la peur et la légalité
D. La tradition, le charisme et la force

Réponse : A. Ce sont les trois fondements purs. Le piège C : la peur fait obéir, Weber l'admet, mais ce n'est pas un fondement de légitimité.

Question 4 : Tu obéis à un agent des impôts parce qu'il applique des règles que tu tiens pour valides. De quelle domination s'agit-il ?

A. Traditionnelle
B. Charismatique
C. Légale
D. Démocratique

Réponse : C. Tu obéis à des règles établies rationnellement, pas à la coutume ni à une personne. Le piège D sonne bien, mais « démocratique » n'est pas l'un des trois types de Weber.

Question 5 : Selon Arendt, qu'est-ce qui caractérise la violence ?

A. Elle a besoin d'outils
B. Elle a besoin du nombre
C. Elle se fonde sur le rassemblement
D. Elle est une fin en soi

Réponse : A. La violence est instrumentale : elle dépend d'outils. Le piège B décrit le pouvoir : c'est lui qui a besoin du nombre.

Question 6 : Pour Weber, quelle place la violence tient-elle parmi les moyens de l'État ?

A. Son moyen normal, utilisé chaque jour
B. Son seul moyen, faute d'autres leviers
C. Un moyen partagé à égalité avec d'autres
D. Son moyen spécifique, ni normal ni unique

Réponse : D. La violence n'est ni le moyen normal ni le seul moyen de l'État, mais son moyen propre. Le piège A lui prête un État qui gouverne surtout par la force.

Question 7 : Selon Arendt, que valent les armes d'un gouvernement à qui plus personne n'obéit ?

A. Elles suffisent à rétablir l'obéissance
B. Elles ne lui servent plus à rien
C. Elles deviennent sa seule source de pouvoir
D. Elles lui donnent une légitimité nouvelle

Réponse : B. Les armes ne servent que si l'armée et la police obéissent ; sinon, elles changent de mains. Le piège A oublie que l'obéissance dépend de l'opinion, pas des ordres.

Question 8 : Chez Weber, que demande l'éthique de responsabilité ?

A. Agir selon ses principes et s'en remettre à Dieu
B. Renoncer à toute violence, quoi qu'il arrive
C. Répondre des conséquences prévisibles de ses actes
D. Appliquer la règle sans examiner ses effets

Réponse : C. On répond de ce que ses actes vont, de façon prévisible, produire. Le piège A décrit l'éthique de conviction, celle du chrétien qui s'en remet à Dieu du résultat.

Question 9 : Selon Weber, pourquoi l'homme politique pactise-t-il avec des puissances diaboliques ?

A. Parce qu'il doit mentir pour être élu
B. Parce que l'argent gouverne la politique
C. Parce que le pouvoir corrompt toujours
D. Parce que la politique a la violence pour moyen

Réponse : D. Ces puissances guettent dans toute violence, et la violence légitime est le moyen propre de la politique. Le piège C est une maxime courante, pas l'argument de Weber.

Question 10 : Arendt discute la formule de Mao : le pouvoir naît du canon d'un fusil. Qu'en sort-il, selon elle ?

A. L'ordre le plus efficace, jamais le pouvoir
B. Le pouvoir, mais pour peu de temps
C. Le pouvoir, s'il est jugé légitime
D. Ni ordre efficace ni obéissance

Réponse : A. Du fusil sort l'ordre le plus efficace, suivi de l'obéissance la plus immédiate, mais jamais le pouvoir. Le piège B oublie que la violence peut détruire le pouvoir, jamais le créer.

Question 11 : Selon Arendt, de quoi le pouvoir et la violence ont-ils chacun besoin ?

A. Le pouvoir de justification, la violence du nombre
B. Tous deux d'une justification par leurs résultats
C. Le pouvoir de légitimité, la violence de justification
D. Le pouvoir de justification, la violence de légitimité

Réponse : C. Le pouvoir n'a pas à se justifier : il lui faut une légitimité, née du rassemblement. La violence, simple moyen, doit être justifiée par un but. Le piège D inverse les termes.

Question 12 : Selon Arendt, qu'est-ce que la terreur ?

A. Le pouvoir d'un État à son plus haut degré
B. Le régime de la violence qui a détruit tout pouvoir
C. Un autre nom de toute violence exercée par l'État
D. Une violence passagère d'où naît un pouvoir nouveau

Réponse : B. La terreur n'est pas la violence : c'est la forme de gouvernement qui naît quand la violence, ayant détruit tout pouvoir, garde la main. Le piège C confond les deux.

Question 13 : Dans la définition de Weber, que veut dire « légitime » ?

A. Conforme à la justice, quoi qu'en pensent les citoyens
B. Prévue par une loi votée par le Parlement
C. Approuvée par une majorité lors d'une élection
D. Tenue pour légitime par ceux qui obéissent

Réponse : D. Weber précise : légitime, c'est-à-dire tenue pour légitime. Il décrit une croyance sans la juger. Le piège B confond légitimité et légalité, qui n'est qu'un des trois fondements.

Question 14 : Comment Arendt situe-t-elle la définition de l'État de Weber ?

A. Comme une thèse voisine, qu'elle se borne à nuancer
B. Comme la preuve que pouvoir et violence s'opposent
C. Dans un large accord qui assimile violence et pouvoir
D. Comme une exception dans la pensée politique

Réponse : C. Pour Arendt, Weber illustre un accord de la gauche à la droite : la violence serait la manifestation la plus flagrante du pouvoir. Le piège A oublie qu'elle combat cet accord.

Question 15 : Un dictateur tient son pays par l'armée et la police. Que dirait Arendt ?

A. Il dépend d'une base de pouvoir : ceux qui le servent
B. Il a tout pouvoir, puisqu'on lui obéit par force
C. Il n'a aucun pouvoir, seulement de la violence
D. Son pouvoir est légitime tant que l'ordre règne

Réponse : A. Même le chef totalitaire a besoin d'une base de pouvoir, sa police secrète et ses informateurs. Le piège C oublie que l'un n'exclut l'autre que là où il règne absolument.

Sources

Max Weber, Politik als Beruf (Munich, 1919), texte allemand.

Hannah Arendt, « Reflections on Violence », The New York Review of Books, 27 février 1969, première version de On Violence (1970).

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