L'essentiel à connaître
Pour classer un trouble, regarde ce qui le déclenche et depuis quand il dure. La peur répond à une menace immédiate, l'anxiété anticipe une menace à venir : trembler devant un chien qui aboie, c'est de la peur ; redouter des jours à l'avance un rendez-vous chez le dentiste, c'est de l'anxiété. Elle devient un trouble quand elle est forte, durable et gêne le quotidien (Inserm).
Les critères viennent du DSM-5, le manuel de l'Association américaine de psychiatrie (APA). Le trouble anxieux généralisé (TAG) associe des soucis excessifs sur plusieurs sujets, difficiles à contrôler, depuis au moins six mois, et au moins trois symptômes sur six : agitation, fatigabilité, concentration difficile, irritabilité, tension musculaire, sommeil perturbé. Le trouble panique, ce sont des attaques de panique répétées et inattendues, puis au moins un mois d'inquiétude ou de changement de comportement.
L'anxiété sociale vise le jugement des autres ; l'agoraphobie, au moins deux types de situations d'où fuir ou être secouru serait difficile (transports, espaces ouverts, lieux clos, foule, être seul dehors). Le DSM-5 ne classe plus le trouble obsessionnel compulsif (TOC) ni le trouble de stress post-traumatique parmi les troubles anxieux. Les phobies se soignent surtout par l'exposition graduée des thérapies cognitives et comportementales (TCC).
Définition : Une phobie spécifique est une peur marquée d'un objet ou d'une situation précis, hors de proportion avec le danger réel, qui entraîne évitement et gêne, et dure en général six mois ou plus. L'adulte n'a pas à reconnaître sa peur comme excessive. Dans la phobie du sang ou des piqûres, un réflexe nerveux dit vasovagal peut ralentir le cœur et faire chuter la tension.
Un épisode dépressif caractérisé dure au moins deux semaines, presque tous les jours, et tranche avec l'état d'avant (HAS). Le DSM-5 exige au moins cinq symptômes sur neuf, dont l'humeur dépressive ou l'anhédonie, la perte d'intérêt ou de plaisir. Un seul épisode maniaque, soit au moins une semaine d'humeur exaltée ou irritable et d'énergie débordante, suffit pour un trouble bipolaire de type I.
Piège classique : Le DSM-IV écartait la dépression dans les deux mois suivant un décès ; le DSM-5 a supprimé cette exclusion.
Quiz : teste tes connaissances
La difficulté monte au fil du quiz : les trois dernières questions sont les plus piégeuses.
Question 1 : Comment appelle-t-on la perte d'intérêt ou de plaisir pour des activités qui plaisaient avant ?
Réponse : C. L'anhédonie est, avec l'humeur dépressive, l'un des deux symptômes clés de la dépression. Le piège est l'asthénie, qui désigne la fatigue. L'aboulie est une perte de volonté, l'alexithymie une difficulté à nommer ses émotions.
Question 2 : Avant chaque partiel, Léa ne dort plus et imagine le pire. Selon le DSM-5, que ressent-elle ?
Réponse : A. La peur répond à une menace immédiate, l'anxiété anticipe une menace future. La B tente, mais une menace réelle ne suffit pas : c'est l'immédiateté qui fait la peur.
Question 3 : Quelle durée minimale faut-il pour parler d'épisode dépressif caractérisé ?
Réponse : D. Il faut des symptômes presque tous les jours pendant au moins deux semaines. Six mois, c'est la durée du TAG : ne mélange pas les deux.
Question 4 : Hugo évite le métro, la foule et les grandes places, de peur de ne pas pouvoir fuir s'il se sent mal. Quel trouble ?
Réponse : B. L'agoraphobie vise au moins deux types de situations d'où fuir serait difficile, ici transports, foule et espaces ouverts. La claustrophobie, elle, ne vise que les lieux clos.
Question 5 : Sarah fuit les exposés et ne pose jamais de question en TD, de peur d'être jugée ridicule. Quel trouble ?
Réponse : B. L'anxiété sociale est la peur du jugement des autres. L'agoraphobie tente à cause du public, mais elle porte sur l'impossibilité de fuir.
Question 6 : Depuis huit mois, Paul s'inquiète chaque jour pour ses notes, sa santé et l'argent, sans pouvoir s'arrêter. Tendu et fatigué, il dort mal. Quel trouble ?
Réponse : A. Des soucis excessifs sur plusieurs sujets, difficiles à contrôler, depuis plus de six mois, avec trois symptômes sur six : c'est le TAG. La B tente, mais rien n'indique d'humeur dépressive ni d'anhédonie.
Question 7 : Pendant un oral, Yanis fait sa première attaque de panique, puis n'y pense plus les jours suivants. Que conclure ?
Réponse : D. Le trouble panique exige des attaques répétées et inattendues, puis au moins un mois d'inquiétude ou de changement de comportement. La violence d'une crise ne fait pas le diagnostic.
Question 8 : Selon le DSM-5, combien de temps dure en général la peur dans une phobie spécifique ?
Réponse : C. Le DSM-5 retient six mois ou plus, à tout âge. Un mois est le piège : c'est le critère du trouble panique.
Question 9 : Comment la thérapie d'exposition agit-elle contre une phobie ?
Réponse : A. La personne affronte les situations de la moins à la plus angoissante et s'y habitue ; fuir soulage mais entretient la peur. La D décrit le travail sur les pensées, autre volet des TCC.
Question 10 : Pour un épisode dépressif caractérisé, le DSM-5 exige au moins cinq symptômes sur neuf, dont au moins un parmi :
Réponse : C. Sans humeur dépressive ni anhédonie, pas d'épisode au sens du DSM-5. La A tente : la CIM-10 de l'OMS, reprise par la HAS, range la fatigue parmi les symptômes principaux.
Question 11 : Pendant une prise de sang, une personne qui a la phobie du sang et des piqûres fait un malaise. Quelle est l'explication propre à cette phobie ?
Réponse : D. Cette phobie peut déclencher un réflexe vasovagal excessif : le cœur ralentit, la tension baisse. La A décrit la réaction habituelle de peur, celle des autres phobies.
Question 12 : Tom a fait un seul épisode maniaque, de dix jours, et jamais d'épisode dépressif. Peut-on parler de trouble bipolaire de type I ?
Réponse : B. Le type I se définit par au moins un épisode maniaque d'au moins une semaine. L'alternance est le piège : fréquente, elle n'est pas exigée.
Question 13 : Dans le DSM-5, lequel de ces troubles fait encore partie du chapitre des troubles anxieux ?
Réponse : C. Le DSM-5 a rangé le TOC et les troubles de stress (post-traumatique, aigu) dans d'autres chapitres. Le TOC est le piège : il en faisait partie dans le DSM-IV.
Question 14 : Six semaines après la mort de sa mère, Inès remplit tous les critères d'un épisode dépressif caractérisé. Selon le DSM-5 :
Réponse : A. Le DSM-5 a supprimé l'exclusion du deuil : si les critères sont remplis, le diagnostic se pose. La B est l'ancienne règle du DSM-IV.
Question 15 : Selon le DSM-5, un adulte doit-il reconnaître que sa peur est excessive pour qu'on parle de phobie spécifique ?
Réponse : D. Le DSM-5 a supprimé ce critère du DSM-IV : les personnes atteintes surestiment souvent le danger, c'est donc le clinicien qui juge la disproportion. La B est le piège : ce qui fait la phobie, c'est la disproportion, la durée et la gêne.
Sources
Haute Autorité de santé, « Épisode dépressif caractérisé de l'adulte : prise en charge en soins de premier recours », synthèse Diagnostic, octobre 2017.
Inserm, dossier « Troubles anxieux », 2 mars 2021.
American Psychiatric Association, « Highlights of Changes from DSM-IV-TR to DSM-5 », en anglais.