L'essentiel à connaître
Chez Pavlov, un son entendu juste avant la nourriture finit par faire saliver le chien à lui seul : c'est le conditionnement classique, qui associe deux stimulus (ce qui provoque une réaction). Chez Skinner, un rat qui obtient de la nourriture en appuyant sur un levier appuie de plus en plus souvent : c'est le conditionnement opérant, qui associe un comportement à sa conséquence. Chez Piaget, l'enfant construit ses connaissances en agissant, à travers quatre stades.
Pavlov était physiologiste et étudiait la digestion. La nourriture, stimulus inconditionnel (SI), provoque sans apprentissage la salivation, réponse inconditionnelle (RI). Le son du métronome, d'abord stimulus neutre (SN), devient après plusieurs présentations stimulus conditionnel (SC, on lit aussi « conditionné ») et déclenche seul la salivation, réponse conditionnelle (RC) : la même salivation est RI ou RC selon ce qui la déclenche. Le son doit précéder la nourriture : dans l'ordre inverse, Pavlov n'obtient aucun réflexe conditionnel (1927, leçon II).
Définition : l'extinction est l'affaiblissement de la RC quand le SC revient sans nourriture ; la récupération spontanée, le retour de la RC éteinte après un repos ; la généralisation, une RC déclenchée aussi par un son voisin ; la discrimination, une RC réservée au seul son suivi de nourriture.
Skinner prolonge la loi de l'effet de Thorndike : un comportement suivi d'une conséquence satisfaisante tend à se répéter. Devant chaque cas, pose-toi deux questions : ajoute-t-on ou retire-t-on un stimulus, et le comportement augmente-t-il ou diminue-t-il ? Le renforcement continu, à chaque réponse, fait apprendre le plus vite ; le ratio variable, une récompense après un nombre imprévisible de réponses comme aux machines à sous, rend le comportement le plus résistant à l'extinction (OpenStax, 2020).
| Ce qu'on fait | Le comportement augmente | Le comportement diminue |
|---|---|---|
| On ajoute un stimulus | Renforcement positif : une friandise après le tour réussi | Punition positive : une réprimande après un retard |
| On retire un stimulus | Renforcement négatif : le bip cesse quand tu attaches ta ceinture | Punition négative : un privilège supprimé après une insolence |
Pour Piaget, l'enfant range ce qu'il découvre dans ses schèmes, des façons d'agir ou de penser qu'il répète : c'est l'assimilation (il appelle « chien » un mouton). Quand ça ne colle plus, il modifie ses schèmes : c'est l'accommodation. Le développement avance ainsi par équilibrations successives, des « marches vers l'équilibre » (Piaget, 1956).
À retenir : sensori-moteur, de la naissance à 2 ans environ (permanence de l'objet : un objet caché existe toujours) ; préopératoire, de 2 à 7 ans (symboles, égocentrisme, c'est-à-dire peine à adopter le point de vue d'autrui, pas de conservation) ; opératoire concret, de 7 à 11-12 ans (conservation : une quantité reste la même quand sa forme change) ; opératoire formel, dès 11-12 ans (raisonnement sur des hypothèses). L'ordre est constant et chaque stade s'intègre au suivant ; les âges, eux, varient selon le milieu, qui peut avancer ou retarder un stade.
Quiz : teste tes connaissances
Les questions montent en difficulté, et les trois dernières sont les plus piégeuses.
Question 1 : Avant tout conditionnement, que représente le son du métronome pour le chien de Pavlov ?
Réponse : C. Au départ, le son ne fait pas saliver : il est neutre. Il ne devient conditionnel (piège B) qu'après plusieurs présentations juste avant la nourriture.
Question 2 : Un pigeon picore un disque, obtient du grain, puis picore de plus en plus souvent. Quel apprentissage observes-tu ?
Réponse : A. Le grain, conséquence de son geste, rend ce geste plus fréquent : c'est le conditionnement opérant. Le classique (piège B) associe deux stimulus autour d'un réflexe.
Question 3 : Une enfant de 2 ans qui connaît les oiseaux voit un avion et dit « oiseau ». Quel mécanisme de Piaget est à l'œuvre ?
Réponse : D. Elle range l'avion dans son schème « oiseau » sans le modifier : elle assimile. L'accommodation (piège A) viendra quand elle créera un schème « avion ».
Question 4 : À quel stade de Piaget se construit la permanence de l'objet ?
Réponse : B. Savoir qu'un jouet caché sous un mouchoir existe toujours s'acquiert avant 2 ans. Au stade préopératoire (piège A), c'est déjà acquis.
Question 5 : Après une bêtise, un parent confisque la console pour que l'enfant ne recommence pas. De quoi s'agit-il ?
Réponse : B. On retire un plaisir (négatif) pour faire baisser un comportement (punition). Un renforcement négatif (piège C) fait au contraire augmenter un comportement.
Question 6 : Après le conditionnement, Pavlov fait entendre le métronome plusieurs fois sans nourriture, et la salivation s'affaiblit. Comment s'appelle ce phénomène ?
Réponse : D. Répété sans nourriture, le stimulus conditionnel perd son effet : c'est l'extinction. La récupération spontanée (piège C) est le retour de la réponse après un repos.
Question 7 : Un chien conditionné à un son précis salive aussi à un autre son, proche du premier. Comment s'appelle ce phénomène ?
Réponse : A. Un son voisin déclenche aussi la réponse : c'est la généralisation. La discrimination (piège B) est l'inverse : le chien ne salive plus qu'au son suivi de nourriture.
Question 8 : On verse l'eau d'un verre large dans un verre haut et étroit. Un enfant de 5 ans dit qu'il y en a plus. Que lui manque-t-il ?
Réponse : C. Il juge sur la hauteur, pas sur la quantité, qui reste la même : la conservation arrive vers 7 ans. La permanence de l'objet (piège A) est acquise avant 2 ans.
Question 9 : À quel stade devient-on capable de tirer des conclusions de pures hypothèses ?
Réponse : A. Vers 11-12 ans, la pensée raisonne sur des hypothèses. Au stade opératoire concret (piège B), la logique existe déjà, mais seulement sur du concret.
Question 10 : Qu'est-ce qui distingue le conditionnement opérant du conditionnement classique ?
Réponse : D. Chez Skinner, la conséquence d'un acte en change la fréquence. Associer deux stimulus (piège B), c'est le conditionnement classique de Pavlov.
Question 11 : Quel programme de renforcement rend un comportement le plus résistant à l'extinction ?
Réponse : C. Une récompense après un nombre imprévisible de réponses, comme aux machines à sous, rend le comportement très difficile à éteindre. Le renforcement continu (piège A) fait apprendre plus vite, pas plus durablement.
Question 12 : Pavlov fait retentir une sonnerie 5 à 10 secondes après la nourriture, des centaines de fois. Qu'obtient-il ?
Réponse : B. La sonnerie doit commencer avant la nourriture, qu'elle annonce. Répéter (piège C) n'y change rien : même après 374 essais, Pavlov n'obtient aucun réflexe conditionnel (leçon II).
Question 13 : Hugo met des bouchons d'oreille pour ne plus entendre les travaux du voisin. Depuis, il les met dès que le bruit commence. Qu'est-ce qui a agi ?
Réponse : D. Mettre les bouchons devient plus fréquent : c'est un renforcement, négatif car le bruit désagréable disparaît. Le retrait fait penser au piège B, mais une punition fait baisser un comportement.
Question 14 : Laquelle de ces affirmations sur les stades de Piaget est juste ?
Réponse : A. Pour Piaget, l'ordre est constant, mais le milieu peut avancer ou retarder un stade. Le piège B prend des âges repères pour des dates fixes.
Question 15 : Après le conditionnement, on met de la nourriture dans la gueule du chien de Pavlov, et il salive. Cette salivation est :
Réponse : C. La nourriture la déclenche sans apprentissage : c'est une réponse inconditionnelle, même après le conditionnement. Le piège A vient du mot « après » : elle n'est conditionnelle que lorsque le son la déclenche.
Sources
Ivan Pavlov, Conditioned Reflexes, 1927, leçons II, IV et VII, traduction de G. V. Anrep, université York.
Jean Piaget, « Les stades du développement intellectuel de l'enfant et de l'adolescent », 1956, repris dans Problèmes de psychologie génétique, 1972, université de Genève.
Rose M. Spielman et al., Psychology 2e, OpenStax, 2020, chapitres 6.2, 6.3 et 9.2.