Niveau : licence, du facile au difficile. Durée estimée : 1 h 30. 9 exercices avec corrections détaillées.
Rappel des notions clés
Le solde commercial, c'est la valeur des exportations de biens moins celle des importations ; négatif, c'est un déficit. Un pays qui exporte 120 Md€ et importe 150 Md€ a un solde de $-30$ Md€ et un taux de couverture de $\frac{120}{150} \times 100 = 80\,\%$. Les deux flux se comparent en valeur FAB (franco à bord) ; une importation CAF (coût, assurance, fret) inclut en plus le transport et l'assurance jusqu'à la frontière (Insee).
La balance des paiements range les opérations entre résidents et non-résidents : transactions courantes (biens, services, revenus primaires comme les dividendes, revenus secondaires comme les envois d'argent aux familles), compte de capital (remises de dette), compte financier (investissements, prêts, placements), d'après la Banque de France.
Formules à retenir :
- Coût d'opportunité du bien 1 : $\dfrac{a_1}{a_2}$ unité de bien 2 ($a_i$ : heures de travail par unité du bien $i$).
- Termes de l'échange : $\dfrac{\text{indice des prix à l'exportation}}{\text{indice des prix à l'importation}} \times 100$.
- Heckscher-Ohlin : on exporte le bien intensif dans son facteur relativement abondant. Stolper-Samuelson : l'ouverture enrichit les détenteurs de ce facteur et appauvrit ceux de l'autre.
- Balance des paiements : $\text{courant} + \text{capital} - \text{financier} + \text{erreurs et omissions} = 0$, le solde financier valant la variation des avoirs moins celle des engagements. Courant plus capital : capacité de financement si positif, besoin si négatif.
- Droit de douane au taux $t$, petit pays : $P = P_m(1+t)$, où $P_m$ est le prix mondial.
- Marshall-Lerner : partant de l'équilibre, une dépréciation améliore le solde si $|\varepsilon_X| + |\varepsilon_M| > 1$ (élasticités-prix à l'export et à l'import).
Piège classique : un pays plus productif dans les deux biens gagne quand même à échanger, en se spécialisant là où son coût d'opportunité est le plus faible. L'avantage comparatif décide, pas l'avantage absolu.
Exercices : niveau facile
Exercice 1 : En 2025, selon les douanes, la France a exporté 614,7 Md€ de biens et en a importé 703,6 Md€ en valeur CAF ; son solde commercial FAB/FAB est de $-69{,}2$ Md€.
a) Calcule ses importations en valeur FAB.
b) Déduis-en le coût du transport et de l'assurance.
c) Calcule le taux de couverture.
Correction :
On part de $\text{solde} = \text{exportations} - \text{importations}$.
a) $614{,}7 - (-69{,}2) = 683{,}9$, soit 683,9 Md€.
b) $703{,}6 - 683{,}9 = 19{,}7$, soit 19,7 Md€.
c) $\frac{614{,}7}{683{,}9} \times 100 \approx 89{,}9$, soit 89,9 %. Avec la valeur CAF, tu ajouterais le transport et l'assurance aux seules importations : le solde tomberait à $-88{,}9$ Md€.
Exercice 2 : Heures de travail pour produire une unité : vin, 10 au pays A et 12 au pays B ; tissu, 8 en A et 9 en B.
a) Qui a l'avantage absolu dans chaque bien ?
b) Calcule le coût d'opportunité de chaque bien dans chaque pays.
c) Qui doit se spécialiser dans quoi ?
d) Entre quelles bornes le prix $p$ d'une unité de vin, payé en tissu, profite-t-il aux deux pays ?
Correction :
a) Moins d'heures partout : A a l'avantage absolu dans les deux biens.
b) Vin : $\frac{10}{8} = 1{,}25$ tissu en A, $\frac{12}{9} \approx 1{,}33$ tissu en B. Tissu : $\frac{8}{10} = 0{,}8$ vin en A, $\frac{9}{12} = 0{,}75$ vin en B.
c) Le vin coûte relativement moins en A, le tissu en B : A se spécialise dans le vin, B dans le tissu.
d) A doit recevoir plus que son coût, B payer moins que le sien : $1{,}25 < p < \frac{4}{3}$ unité de tissu.
Exercice 3 : Un pays exporte surtout du pétrole et importe des machines. D'une année sur l'autre, l'indice des prix de ses exportations passe de 100 à 120, celui de ses importations de 100 à 110.
a) Calcule ses termes de l'échange (base 100 la première année) et interprète-les.
b) Son solde commercial s'est-il forcément amélioré ? Justifie.
Correction :
a) $\frac{120}{110} \times 100 \approx 109{,}1$, soit 109,1 : les termes de l'échange s'améliorent ; une même quantité de pétrole paie environ 9 % de machines en plus.
b) Non. L'indice ne mesure que des prix : si les clients achètent beaucoup moins de ce pétrole plus cher, la valeur exportée peut baisser.
Exercices : niveau moyen
Exercice 4 : Range chaque opération dans la balance des paiements de la France (compte, poste, sens).
a) Une entreprise française vend des avions en Inde.
b) Un touriste japonais paie son hôtel à Paris.
c) Un ménage français touche des dividendes d'une société américaine.
d) Un salarié résidant en France envoie de l'argent à sa famille au Maroc.
e) La France accorde une remise de dette à un autre pays.
f) Une entreprise française crée une filiale en Espagne.
Correction :
Cherche la nature de l'opération : échange, revenu, transfert ou placement.
a) à d), transactions courantes : a) biens, crédit ; b) services, crédit ; c) revenus primaires, crédit ; d) revenus secondaires, débit, car cet argent ne rémunère ni travail ni placement.
e) Compte de capital, débit.
f) Compte financier, investissement direct : hausse des avoirs de la France.
Exercice 5 : Libre-échange ou protectionnisme ? Classe chaque argument et nomme la théorie associée.
a) Une jeune industrie doit être protégée le temps de devenir compétitive.
b) En se spécialisant, chaque pays produit plus avec les mêmes ressources.
c) Un marché plus vaste permet des économies d'échelle (coût unitaire qui baisse quand on produit plus) et offre plus de variétés.
d) Un grand pays qui taxe ses importations peut faire baisser leur prix mondial.
Correction :
Cherche ce que l'argument justifie : ouvrir ou protéger.
a) Protectionnisme : protection des industries naissantes (Friedrich List).
b) Libre-échange : avantages comparatifs (David Ricardo).
c) Libre-échange : nouvelle théorie du commerce international (Paul Krugman).
d) Protectionnisme : droit de douane optimal, qui améliore les termes de l'échange du grand pays.
Exercice 6 : Données fictives. Le florin, monnaie de la Florinie, se déprécie (perd de sa valeur) face au ducat : 1 florin valait 2 ducats, il n'en vaut plus que 1,6.
a) Quel est, avant et après, le prix en ducats d'un produit vendu 50 florins ?
b) Élasticités-prix en valeur absolue (variation en % de la quantité pour 1 % de variation du prix) : exportations 0,4 et importations 0,3 à court terme ; 0,9 et 0,6 à long terme. Le solde commercial de la Florinie, d'abord équilibré, s'améliore-t-il ?
Correction :
a) On multiplie par le cours : $50 \times 2 = 100$ ducats avant, $50 \times 1{,}6 = 80$ ducats après, soit 20 % moins cher pour l'acheteur étranger.
b) On applique Marshall-Lerner. Court terme : $0{,}4 + 0{,}3 = 0{,}7 < 1$, le solde se dégrade, car les importations renchérissent avant que les volumes réagissent. Long terme : $0{,}9 + 0{,}6 = 1{,}5 > 1$, il s'améliore. C'est la courbe en J.
Exercices : niveau difficile
Exercice 7 : Données fictives. Nord : 600 unités de capital, 200 travailleurs. Sud : 900 unités de capital, 1 500 travailleurs. L'automobile utilise beaucoup de capital par travailleur, le textile beaucoup de travail.
a) Quel pays est abondant en capital au sens de Heckscher-Ohlin ?
b) Qui exporte quoi ?
c) Au Nord, qui gagne et qui perd à l'ouverture selon Stolper-Samuelson ?
Correction :
a) On compare le capital par travailleur, $\frac{K}{L}$ : $\frac{600}{200} = 3$ au Nord, $\frac{900}{1\,500} = 0{,}6$ au Sud. Le Nord est abondant en capital, même si le Sud en possède plus au total.
b) Le Nord exporte des automobiles, le Sud du textile.
c) Au Nord, le prix relatif de l'automobile monte : les détenteurs du capital gagnent, les salariés perdent, en termes réels.
Exercice 8 : Données fictives. Zetaland, petit pays (ses achats ne changent pas le prix mondial de 50 €), importe des montres : demande $Q_d = 300 - 2P$, offre nationale $Q_s = 2P - 40$ (milliers de montres, $P$ en euros). L'État taxe les importations à 20 %.
a) Calcule le prix intérieur et les importations, avant et après.
b) Calcule les recettes douanières.
c) Calcule la perte sèche (perte de bien-être que rien ne compense).
Correction :
a) Avant, $P = 50$ € : $Q_d = 200$ et $Q_s = 60$, soit 140 milliers importées. Après, $P = 50 \times 1{,}2 = 60$ € : $Q_d = 180$ et $Q_s = 80$, donc 100 milliers de montres importées.
b) Le droit vaut 10 € par montre : $10 \times 100 = 1\,000$ milliers d'euros, soit 1 million d'euros.
c) Deux triangles : surcoût de la production nationale, $\frac{1}{2} \times 10 \times (80 - 60) = 100$, et consommation perdue, $\frac{1}{2} \times 10 \times (200 - 180) = 100$. Perte sèche : 200 milliers d'euros. Contrôle par les surplus : $-1\,900 + 700 + 1\,000 = -200$ (consommateurs, producteurs, État).
Exercice 9 : Données fictives, en milliards d'euros : biens $-80$, services $+30$, revenus primaires $+10$, revenus secondaires $-5$, compte de capital $+2$, compte financier $-40$.
a) Calcule le solde des transactions courantes.
b) Capacité ou besoin de financement : de combien ?
c) Calcule les erreurs et omissions.
d) Que signifie le signe du compte financier ?
Correction :
a) $-80 + 30 + 10 - 5 = -45$ : déficit courant de 45 Md€.
b) $-45 + 2 = -43$ : besoin de financement de 43 Md€.
c) On applique l'égalité comptable : $-45 + 2 - (-40) + \text{EO} = 0$, donc erreurs et omissions de $+3$ Md€.
d) Négatif, il signale des entrées nettes de capitaux : les engagements envers l'étranger ont crû plus que les avoirs. Le reste du monde finance le pays.
Bilan et conseils
Ce qu'il faut retenir : compare des coûts d'opportunité, pas des heures ; calcule le solde en FAB/FAB ; pose l'égalité comptable avant de lire le signe du compte financier.
Sources
- Douanes, résultats du commerce extérieur pour 2025, 9 février 2026.
- Insee, définition du solde du commerce extérieur.
- Banque de France, « La balance des paiements et la position extérieure », janvier 2025.