Niveau : seconde à terminale. Durée estimée : 80 min. 9 exercices avec corrections détaillées.
Rappel des notions clés
En science politique, définis chaque notion en une phrase, puis illustre-la par un exemple précis. Exemple : la démocratie est un régime où le pouvoir vient du peuple ; en France, « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum » (article 3 de la Constitution de 1958). Le peuple décide donc parfois lui-même (démocratie directe), le plus souvent par ses élus (démocratie représentative).
Une démocratie libérale ajoute la séparation des pouvoirs (qui fait la loi ne l'applique pas et ne juge pas), l'État de droit (les gouvernants obéissent aussi au droit) et le pluralisme (plusieurs partis, des opinions libres). Aux élections, les votants sont les inscrits (sur les listes électorales) qui ont déposé un bulletin, même blanc ou nul ; les suffrages exprimés sont les bulletins qui désignent un candidat.
Formules à retenir :
- $\text{taux de participation} = \dfrac{\text{votants}}{\text{inscrits}} \times 100$
- $\text{taux d'abstention} = \dfrac{\text{inscrits} - \text{votants}}{\text{inscrits}} \times 100$
- $\text{exprimés} = \text{votants} - \text{blancs} - \text{nuls}$
- $\text{score d'un candidat} = \dfrac{\text{voix obtenues}}{\text{exprimés}} \times 100$
Piège classique : un pourcentage électoral se lit avec sa base. Participation et abstention se calculent sur les inscrits, le score d'un candidat sur les exprimés : un élu avec plus de 50 % des exprimés peut réunir bien moins de la moitié des inscrits. Et voter blanc n'est pas s'abstenir : c'est voter, sans que le bulletin compte dans les exprimés.
Exercices : niveau facile
Exercice 1 : Définis en une ou deux phrases : a) la démocratie ; b) la citoyenneté ; c) un régime politique.
Correction :
Une définition dit ce qu'est la notion, puis ce qui la distingue.
a) La démocratie est un régime politique où le pouvoir vient du peuple, qui l'exerce directement ou par des représentants élus.
b) La citoyenneté est le statut qui donne des droits politiques (voter, être élu) et des devoirs (respecter la loi, contribuer aux dépenses publiques).
c) Un régime politique est la façon dont le pouvoir est organisé dans un État : qui le détient et comment il est contrôlé. La démocratie en est un, la dictature un autre.
Exercice 2 : Cite trois principes d'une démocratie libérale et illustre chacun par un exemple français.
Correction :
Cite trois principes distincts, chacun avec son exemple.
Le suffrage universel : sont électeurs « tous les nationaux français majeurs des deux sexes » (article 3 de la Constitution).
Le pluralisme : les partis « se forment et exercent leur activité librement » (article 4).
L'État de droit : une loi jugée contraire à la Constitution par le Conseil constitutionnel ne peut pas s'appliquer (article 62).
Réponse attendue : suffrage universel, pluralisme, État de droit. La séparation des pouvoirs (exercice 4) compte aussi.
Exercice 3 : Classe chaque situation, démocratie directe ou représentative : a) dans l'Athènes antique, les citoyens réunis en assemblée votent les lois ; b) les députés votent une loi ; c) les électeurs approuvent ou rejettent un projet de loi par référendum. Puis, avec l'article 3 de la Constitution, classe la France.
Correction :
Demande-toi qui décide : le peuple lui-même, ou des élus en son nom.
a) Directe : les citoyens décident eux-mêmes. b) Représentative : des élus décident au nom des électeurs. c) Directe : le peuple tranche sans intermédiaire.
La France combine les deux (article 3) : c'est une démocratie représentative qui garde un outil de démocratie directe, le référendum.
Erreur à éviter : élire un député n'est pas de la démocratie directe, c'est choisir un représentant.
Exercices : niveau moyen
Exercice 4 : Pour chacun des trois pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire), donne sa fonction et qui l'exerce en France. Explique ensuite pourquoi on les sépare.
Correction :
Pour chaque pouvoir : sa fonction, puis l'institution qui l'exerce.
Le législatif vote la loi et contrôle le Gouvernement : c'est le Parlement, Assemblée nationale et Sénat (article 24).
L'exécutif applique la loi et gouverne : le Président de la République et le Gouvernement, qui « détermine et conduit la politique de la Nation » (article 20).
Le judiciaire juge les litiges et les infractions : ce sont les juges et les tribunaux, que la Constitution appelle « autorité judiciaire » (article 64).
Pourquoi séparer : si la même personne fait la loi, l'applique et juge, rien ne l'arrête (Montesquieu, XVIIIe siècle). La séparation des pouvoirs protège les libertés contre l'abus de pouvoir.
Exercice 5 : L'article 4 de la Constitution dit que « les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage ». Explique deux rôles des partis qui illustrent cette phrase, avec un exemple pour chacun.
Correction :
Concourir à l'expression du suffrage, c'est aider les électeurs à choisir.
Sélectionner les candidats : un parti choisit qui il présente (il lui donne son investiture) et l'aide à faire campagne, par exemple dans une circonscription aux élections législatives.
Proposer un programme : un parti réunit des attentes dispersées (sur l'emploi ou l'environnement, par exemple) en un projet cohérent, ce qui rend le choix des électeurs lisible.
Les partis relient les citoyens au pouvoir en leur proposant des candidats et des programmes. Autres rôles acceptés : former des élus, animer le débat au Parlement.
Exercice 6 : Second tour de l'élection présidentielle d'avril 2022 (Conseil constitutionnel) : $48\,752\,339$ inscrits, $35\,096\,478$ votants, $2\,233\,904$ bulletins blancs, $805\,249$ bulletins nuls. Le candidat élu a obtenu $18\,768\,639$ voix.
a) Calcule le taux de participation et le taux d'abstention, arrondis au centième.
b) Calcule le nombre de suffrages exprimés.
c) Calcule la part des voix du candidat élu dans les exprimés, puis dans les inscrits. A-t-il été choisi par plus de la moitié des inscrits ?
Correction :
Avant chaque calcul, écris la base : inscrits ou exprimés.
a) $\dfrac{35\,096\,478}{48\,752\,339} \times 100 \approx 71{,}99$ et $100 - 71{,}99 = 28{,}01$. Participation : 71,99 % ; abstention : 28,01 % des inscrits.
b) $35\,096\,478 - 2\,233\,904 - 805\,249 = 32\,057\,325$. Il y a $32\,057\,325$ suffrages exprimés.
c) $\dfrac{18\,768\,639}{32\,057\,325} \times 100 \approx 58{,}55$ et $\dfrac{18\,768\,639}{48\,752\,339} \times 100 \approx 38{,}50$. Non : 58,55 % des exprimés, mais 38,50 % des inscrits.
L'élection reste régulière : la Constitution exige « la majorité absolue des suffrages exprimés » (article 7). Erreur à éviter : comparer deux pourcentages de bases différentes.
Exercices : niveau difficile
Exercice 7 : Un sondage auprès de $1\,000$ personnes donne 52 % des intentions de vote au candidat A et 48 % au candidat B (données fictives), avec une marge d'erreur de 3 points.
a) Un journal titre « A nettement en tête ». Ce titre est-il justifié ?
b) Donne un effet positif et un risque des sondages pour la démocratie.
Correction :
a) Avec la marge d'erreur, chaque résultat devient une fourchette, en % : $[49\,;\,55]$ pour A, $[45\,;\,51]$ pour B. Les fourchettes se chevauchent : B pourrait être devant. Titre non justifié : 4 points d'écart ne suffisent pas pour conclure. Un sondage photographie un moment, il ne prédit pas.
b) Effet positif : entre deux élections, les gouvernants connaissent les attentes des citoyens. Risque : la « démocratie d'opinion », où l'on gouverne au rythme des sondages ; un sondage peut aussi influencer le vote, en poussant à rejoindre le favori.
Exercice 8 : Au-delà du vote, présente deux formes d'engagement politique, avec un exemple pour chacune. Montre ensuite qu'elles n'ont pas les mêmes effets sur la démocratie.
Correction :
Pour chaque forme : ce qu'elle apporte, puis sa limite.
La pétition, souvent en ligne : elle peut réunir vite beaucoup de signataires et mettre un sujet dans le débat public. Limite : l'engagement est faible, et rien n'oblige les élus à agir.
Le budget participatif : une commune laisse ses habitants choisir des projets financés sur une part de son budget. Les citoyens décident vraiment, mais sur des sommes limitées, et les participants ne ressemblent pas toujours à l'ensemble des habitants.
Ces formes élargissent la participation sans remplacer le vote. Autres réponses acceptées : militer, manifester, pratiquer la consommation engagée (acheter ou boycotter un produit pour des raisons politiques).
Exercice 9 : « La démocratie est en crise. » Discute cette affirmation : deux arguments pour, deux contre, puis une conclusion.
Correction :
Deux temps, un exemple par argument, puis une conclusion nuancée.
Pour : l'abstention, 28,01 % des inscrits au second tour de la présidentielle de 2022 (exercice 6), affaiblit la légitimité des élus. Ensuite, la défiance envers les partis : moins d'électeurs s'identifient durablement à l'un d'eux, et le vote devient plus volatil (on change de vote d'une élection à l'autre).
Contre : l'engagement se déplace plus qu'il ne disparaît, vers les pétitions ou les budgets participatifs (exercice 8). Et les institutions tiennent : les élections ont lieu régulièrement, et les juges comme la presse contrôlent les gouvernants.
Conclusion possible : plutôt qu'un rejet de la démocratie, une crise de la représentation, c'est-à-dire une défiance envers les élus et les partis. Erreur à éviter : n'argumenter que d'un côté.
Bilan et conseils
En seconde, la question « Comment s'organise la vie politique ? » porte notamment sur les institutions de la Ve République et la séparation des pouvoirs (programme de SES, eduscol).
Ce qu'il faut retenir : une notion se définit, puis s'illustre par un exemple français précis. Un pourcentage électoral se lit toujours avec sa base, inscrits ou exprimés.
Si un calcul te bloque, écris la formule en mots, puis remplace par les nombres.
Sources
- Constitution du 4 octobre 1958 : Légifrance.
- Conseil constitutionnel, décision n° 2022-197 PDR du 27 avril 2022 (résultats du second tour) : conseil-constitutionnel.fr.
- Programme de SES de seconde générale et technologique : eduscol.