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Les Bases de la Microéconomie : Offre, Demande et Équilibre

Demande, offre, équilibre, taxe et surplus expliqués pas à pas, avec une méthode et trois exercices corrigés.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Sur un marché, la quantité demandée baisse quand le prix monte, la quantité offerte augmente, et le prix d'équilibre est celui qui rend les deux égales. Un exemple aux chiffres inventés : à 3 € la barquette, les clients d'un marché aux fraises en veulent 300 et les producteurs en apportent 300. À 4 €, des barquettes resteraient invendues ; à 2 €, il en manquerait.

La demande

Un marché réunit des offreurs, qui vendent un bien, et des demandeurs, qui l'achètent. C'est une institution : il repose sur des règles, comme la propriété ou les moyens de paiement.

Sur un marché concurrentiel, acheteurs et vendeurs sont si nombreux qu'aucun ne peut imposer son prix : chacun est preneur de prix. Un monopole, seul vendeur, fixe au contraire le sien.

La demande, c'est la quantité que les acheteurs veulent acheter à chaque prix. Chaque client a un prix maximal, sa disposition à payer. Plus le prix monte, plus de clients renoncent ou achètent moins : la courbe de demande est décroissante.

L'offre et le coût marginal

L'offre, c'est la quantité que les vendeurs veulent vendre à chaque prix. Elle monte avec le prix à cause du coût marginal, le coût de la dernière unité produite. Passé un certain volume, ce coût grimpe (heures supplémentaires, parcelles moins bonnes).

Un producteur qui cherche le plus grand profit produit une unité de plus tant qu'elle lui rapporte au moins ce qu'elle lui coûte. Exemple inventé : produire la 10e barquette coûte 1 € à un maraîcher, la 20e 2 € et la 30e 3 €. À 2 € la barquette, il s'arrête à 20 ; à 3 €, il va jusqu'à 30.

Règle : le producteur produit la quantité pour laquelle son coût marginal égale le prix, $\text{Cm} = P$. Un prix plus haut rend rentables des unités plus coûteuses : la courbe d'offre est croissante.

Le coût marginal et le surplus sont au programme de la spécialité SES de première, pas de seconde (programmes de seconde et de première).

L'équilibre

Sur le marché aux fraises (chiffres inventés), la demande s'écrit $Q_d = 600 - 100P$ et l'offre $Q_o = 100P$, avec $P$ le prix de la barquette en euros.

PrixQuantité demandéeQuantité offerte
1 €500100
2 €400200
3 €300300
4 €200400
5 €100500

Au-dessus de 3 €, la quantité offerte dépasse la quantité demandée : cet excédent d'offre pousse les vendeurs à baisser leur prix. En dessous de 3 €, c'est une pénurie, ou excédent de demande : des clients prêts à payer plus repartent sans rien, et le prix monte. Il ne s'arrête qu'au niveau où les deux quantités sont égales.

Formule : à l'équilibre, $Q_d = Q_o$. Ici, $600 - 100P = 100P$ donne $P = 3$ : 3 € la barquette et 300 barquettes échangées.

Sur un graphique, le prix va en ordonnée (axe vertical) et la quantité en abscisse (axe horizontal). L'équilibre est au croisement des deux courbes.

Glisser ou déplacer une courbe

Chaque courbe est tracée toutes choses égales par ailleurs, c'est-à-dire en supposant que seul le prix du bien change. Quand ce prix change, on glisse le long des courbes. Quand autre chose change (goûts, revenus, coûts, météo), une courbe entière se déplace : à droite si l'on veut acheter ou vendre plus à chaque prix, à gauche sinon.

ÉvénementCourbeSensPrixQuantité
Les fraises deviennent à la modedemandedroitehaussehausse
Une gelée détruit des récoltesoffregauchehaussebaisse
Les coûts de production baissentoffredroitebaissehausse

Une taxe forfaitaire prélève un montant fixe sur chaque unité vendue. Si les vendeurs versent 1 € par barquette, ils réclament 1 € de plus pour chaque quantité : la courbe d'offre monte de 1 €, ce qui revient à la décaler vers la gauche. Le prix payé monte et la quantité échangée baisse (exercice 2). Une subvention par unité fait l'inverse.

Piège classique : quand le prix du bien monte, ne dis pas que « la demande baisse ». La demande, c'est la courbe entière ; la quantité demandée, un point dessus. Le prix fait glisser le long de la courbe sans jamais la déplacer. Garde « la demande baisse » pour une courbe décalée vers la gauche.

Surplus et efficacité

À 3 € la barquette, une cliente prête à payer 5 € gagne 2 € : c'est son surplus. Un producteur dont la barquette coûte 1 € à produire gagne aussi 2 € : c'est le surplus du producteur.

Définition : le surplus du consommateur est l'écart entre ce qu'il était prêt à payer et le prix payé ; le surplus du producteur, l'écart entre le prix reçu et son coût marginal. Leur somme mesure les gains à l'échange.

Sur le graphique, ce sont deux triangles de part et d'autre de la droite du prix : sous la demande pour les consommateurs, au-dessus de l'offre pour les producteurs. Ici, la demande s'annule à 6 € et l'offre part de 0 € :

Surplus des consommateurs : $\dfrac{(6 - 3) \times 300}{2} = 450$ €. Surplus des producteurs : $\dfrac{(3 - 0) \times 300}{2} = 450$ €. Gains à l'échange : 900 €.

L'équilibre est dit efficace parce que cette somme y est maximale. Jusqu'à la 300e barquette, chacune vaut plus pour son acheteur qu'elle ne coûte à produire ; au-delà, ce serait l'inverse. Bloquer les échanges à 200 barquettes ferait perdre les 100 suivantes : à la 200e, l'acheteur paierait jusqu'à 4 € pour un coût marginal de 2 €, d'où $\dfrac{(4 - 2) \times 100}{2} = 100$ € de surplus perdu.

Efficace ne veut pas dire juste : le total ne dit rien de qui en profite. Ce résultat suppose aussi que l'échange ne touche personne d'autre que les deux parties : la pollution, par exemple, relève des défaillances du marché, vues en première.

Piège classique : « surplus » ne veut pas dire « excédent ». Un excédent d'offre, ce sont des invendus ; un surplus, c'est un gain. En anglais, surplus désigne aussi un excédent.

Méthode pour un exercice

Étape 1 : Trace les axes, prix en ordonnée, et place l'équilibre de départ.

Étape 2 : Trouve la courbe touchée : un changement chez les acheteurs déplace la demande, un changement de coûts ou une taxe déplace l'offre, le prix du bien seul n'en déplace aucune.

Étape 3 : Décale-la à droite ou à gauche.

Étape 4 : Lis le nouvel équilibre au croisement, ou calcule-le en posant $Q_d = Q_o$.

Étape 5 : Conclus en une phrase : le prix et la quantité montent ou baissent, de combien, avec leurs unités.

Exercices corrigés

Les données sont fictives. Cherche sur ta feuille avant d'ouvrir la correction.

Exercice 1 : Sur le marché des paniers de légumes d'une ville, avec $P$ le prix d'un panier en euros et les quantités en paniers par semaine, $Q_d = 400 - 20P$ et $Q_o = 20P - 80$. Calcule le prix et la quantité d'équilibre, puis le surplus des consommateurs et celui des producteurs.

Correction :

$400 - 20P = 20P - 80$ donne $480 = 40P$, donc $P = 12$. Le panier vaut 12 € et il s'en échange $400 - 20 \times 12 = 160$ par semaine.

La demande s'annule à 20 € et l'offre à 4 €. Surplus des consommateurs : $\dfrac{(20 - 12) \times 160}{2} = 640$ €. Surplus des producteurs : $\dfrac{(12 - 4) \times 160}{2} = 640$ €. Les gains à l'échange atteignent 1 280 € par semaine.

Exercice 2 : Sur le marché aux fraises, $Q_d = 600 - 100P$ et $Q_o = 100P$, avec $P$ en euros. L'État crée une taxe forfaitaire de 1 € par barquette, versée par les vendeurs. Trouve la nouvelle offre et le nouvel équilibre, puis ce que paient les acheteurs, ce que gardent les vendeurs et ce que rapporte la taxe.

Correction :

Quand l'acheteur paie $P$, le vendeur ne garde que $P - 1$. La nouvelle offre est donc $Q_o = 100(P - 1) = 100P - 100$.

À l'équilibre, $600 - 100P = 100P - 100$ donne $700 = 200P$, donc $P = 3{,}5$. Il s'échange $600 - 100 \times 3{,}5 = 250$ barquettes.

Les acheteurs paient 3,50 € la barquette, soit 0,50 € de plus qu'avant la taxe. Les vendeurs gardent 2,50 €, soit 0,50 € de moins. La taxe rapporte $1 \times 250 = 250$ €.

Exercice 3 : Un élève écrit : « Les fraises deviennent à la mode, donc la demande augmente et le prix monte. Mais quand le prix monte, la demande baisse, donc le prix revient à son niveau de départ. » Où est l'erreur ?

Correction :

La deuxième phrase confond demande et quantité demandée. La mode décale la courbe de demande vers la droite : au prix de départ, la quantité demandée dépasse la quantité offerte, et le prix monte.

Cette hausse fait seulement glisser les acheteurs le long de la nouvelle courbe, sans la ramener en arrière. Le nouvel équilibre a un prix plus haut et une quantité échangée plus grande.

À retenir

À retenir :

  • Quand le prix monte, la quantité demandée baisse et la quantité offerte augmente.
  • Le producteur produit jusqu'à ce que $\text{Cm} = P$.
  • À l'équilibre, $Q_d = Q_o$ ; au-dessus, excédent d'offre ; en dessous, pénurie.
  • Le prix du bien fait glisser le long des courbes ; tout autre changement en déplace une.
  • Une taxe forfaitaire décale l'offre vers la gauche : le prix payé monte, la quantité échangée baisse.
  • La somme des surplus est maximale à l'équilibre d'un marché concurrentiel.

Sources

  • Programme de sciences économiques et sociales de seconde générale et technologique, annexe du Bulletin officiel : texte sur eduscol.
  • Programme de sciences économiques et sociales de première générale, annexe du Bulletin officiel : texte sur eduscol.

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