L'essentiel à connaître
Un taux, c'est un nombre d'événements divisé par la bonne population, puis multiplié par 1 000 ou 100 000 pour être lisible. Exemple : 270 naissances pour 30 000 habitants donnent $\frac{270}{30\,000}\times1\,000=9$, soit 9 naissances pour 1 000 habitants (9 ‰). L'erreur classique : se tromper de dénominateur, le nombre du bas.
Formule : taux de natalité $=\dfrac{\text{naissances vivantes}}{\text{population moyenne}}\times1\,000$
Taux de mortalité infantile $=\dfrac{\text{décès avant 1 an}}{\text{naissances vivantes}}\times1\,000$
Taux d'incidence $=\dfrac{\text{nouveaux cas}}{\text{population}}\times100\,000$ ; prévalence $=\dfrac{\text{malades à une date}}{\text{population}}\times100$
Létalité $=\dfrac{\text{décès dus à la maladie}}{\text{nombre de malades}}\times100$
En démographie (l'étude des populations), le nombre d'habitants varie avec le solde naturel (naissances moins décès) et le solde migratoire (arrivées moins départs) : l'un peut compenser l'autre. Sur une pyramide des âges (la répartition des habitants par âge et par sexe), une base étroite et un sommet large signalent une population vieillissante.
L'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est le nombre moyen d'enfants par femme si la fécondité de chaque âge restait celle de l'année. L'espérance de vie à la naissance est la durée de vie moyenne d'une génération fictive (imaginaire), soumise toute sa vie aux risques de décès de l'année. Ce sont deux photos d'une année, pas des prédictions.
L'épidémiologie étudie la fréquence des maladies et leurs causes. L'incidence compte les nouveaux cas d'une période ; la prévalence, tous les malades présents à une date. Une maladie qui dure longtemps accumule donc les malades, même avec peu de nouveaux cas. L'épidémiologie descriptive dit qui est malade, où et quand ; l'analytique compare des groupes pour trouver les facteurs de risque (ce qui rend une maladie plus probable) ; l'évaluative mesure l'effet d'une action de santé.
Définition : l'endémie est la présence habituelle d'une maladie dans une région ; l'épidémie, une hausse rapide et inhabituelle du nombre de cas ; la pandémie, une épidémie qui gagne plusieurs continents.
Piège classique : un taux brut de mortalité monte avec l'âge des habitants. Pour comparer deux régions, on prend le taux standardisé, recalculé comme si elles avaient la même structure par âge.
Quiz : teste tes connaissances
Les questions montent en difficulté : les trois dernières sont les plus piégeuses.
Question 1 : Que mesure l'incidence d'une maladie ?
Réponse : B. L'incidence ne compte que les cas apparus pendant la période, souvent une année. Le piège A décrit la prévalence, qui compte aussi les anciens malades.
Question 2 : La mortalité infantile compte les décès d'enfants nés vivants survenus avant quel âge ?
Réponse : D. Ce sont les décès avant le premier anniversaire : 4,0 pour 1 000 naissances vivantes en France en 2025 (Insee). Le piège « 5 ans » renvoie à un autre indicateur, la mortalité des moins de 5 ans.
Question 3 : Le solde naturel d'un territoire est la différence entre :
Réponse : A. On retranche les décès des naissances. Le piège B, arrivées et départs, donne le solde migratoire.
Question 4 : Une ville compte en moyenne 40 000 habitants et 480 naissances vivantes dans l'année (données fictives). Quel est son taux de natalité ?
Réponse : C. $\frac{480}{40\,000}\times1\,000=12$, soit 12 naissances pour 1 000 habitants. Le piège D garde la fraction $0{,}012$ sans la multiplier par 1 000.
Question 5 : Une pyramide des âges a une base étroite et un sommet large. Que montre-t-elle ?
Réponse : D. Base étroite : peu de naissances ; sommet large : beaucoup de personnes âgées. Le piège A inverse la lecture : une population jeune a au contraire une base large.
Question 6 : Le paludisme sévit de façon durable dans certaines régions tropicales. Comment appelle-t-on cette situation ?
Réponse : A. L'endémie est la présence habituelle d'une maladie dans une région. Le piège B, l'épidémie, est une hausse rapide et inhabituelle du nombre de cas.
Question 7 : Une étude compare fumeurs et non-fumeurs pour savoir lesquels ont plus souvent un cancer du poumon. De quelle épidémiologie s'agit-il ?
Réponse : B. Comparer des exposés et des non-exposés au tabac pour trouver un facteur de risque, c'est le rôle de l'épidémiologie analytique. Le piège A s'arrête au comptage, sans chercher pourquoi.
Question 8 : En France en 2025 : 645 000 naissances, 651 000 décès et un solde migratoire estimé à $+176\,000$ (Insee, chiffres provisoires). Quelle affirmation est juste ?
Réponse : C. $645\,000-651\,000=-6\,000$, premier solde naturel négatif depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais le solde migratoire compense largement : la population augmente. Le piège A oublie les migrations.
Question 9 : Une ville de 20 000 habitants (données fictives) compte 50 nouveaux cas d'une maladie en un an, et 150 malades au 31 décembre. Quel est le taux d'incidence annuel ?
Réponse : A. $\frac{50}{20\,000}\times100\,000=250$ : seuls les nouveaux cas comptent. Le piège B prend les 150 malades du 31 décembre, c'est-à-dire la prévalence.
Question 10 : En 2025, l'indicateur conjoncturel de fécondité de la France est de 1,56 (Insee). Que signifie ce chiffre ?
Réponse : B. C'est le nombre moyen d'enfants par femme si la fécondité de chaque âge restait celle de 2025. Les pièges A et C décrivent un taux de natalité, rapporté à toute la population.
Question 11 : Une région de 50 000 habitants compte dans l'année 600 naissances vivantes et 3 décès d'enfants de moins d'un an (données fictives). Quel est son taux de mortalité infantile ?
Réponse : C. $\frac{3}{600}\times1\,000=5$ décès pour 1 000 naissances vivantes. Le piège A divise par toute la population ($\frac{3}{50\,000}\times1\,000=0{,}06$), alors que ce taux se calcule sur les naissances.
Question 12 : Dans un département de 100 000 habitants (données fictives), 400 personnes ont une maladie et 20 en meurent dans l'année. Quelle est la létalité de cette maladie ?
Réponse : A. La létalité se calcule sur les malades : $\frac{20}{400}\times100=5$, soit 5 %. Le piège B divise par tous les habitants ($\frac{20}{100\,000}\times100=0{,}02$) : c'est la mortalité due à la maladie.
Question 13 : Un traitement allonge la vie des malades d'une maladie chronique (qui dure des années) sans les guérir. L'incidence ne change pas. Que devient la prévalence ?
Réponse : C. Les malades arrivent au même rythme mais le restent plus longtemps : leur nombre total grossit. Le piège A confond bon traitement et baisse du nombre de malades.
Question 14 : La région X a un taux brut de mortalité de 11 ‰, la région Y de 7 ‰ (données fictives). X compte beaucoup plus de personnes âgées. Que peux-tu conclure ?
Réponse : D. Une population âgée compte plus de décès, même si, à âge égal, on n'y meurt pas plus qu'ailleurs : seuls des taux standardisés permettent de comparer. Le piège A lit le taux brut comme une mesure de la santé.
Question 15 : En 2025, l'espérance de vie à la naissance des femmes en France est de 85,9 ans (Insee). Que représente ce chiffre ?
Réponse : B. C'est la durée de vie moyenne d'une génération fictive soumise toute sa vie aux risques de décès de 2025. Le piège A en fait une prédiction, or ces filles vivront avec la mortalité des prochaines décennies, encore inconnue.
Sources
Insee, « Bilan démographique 2025 », Insee Première n° 2087, 13 janvier 2026 (chiffres provisoires).
Insee, définitions du taux de natalité et de l'indicateur conjoncturel de fécondité.