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Génétique des populations : Hardy-Weinberg et dérive

Apprends les bases de l'évolution génétique et de la diversité des populations.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Génétique des populations : Hardy-Weinberg et dérive

Cette série d'exercices t'emmène au cœur de la génétique des populations. Tu vas étudier les principes qui régissent la fréquence des allèles et des génotypes au sein d'une population, en particulier le modèle d'équilibre de Hardy-Weinberg et les forces évolutives qui en dévient, telles que la dérive génétique, la sélection naturelle, les mutations et le flux génique. Ces exercices te permettront de quantifier les changements évolutifs et de comprendre leurs impacts sur la biodiversité.

Compétences travaillées

  • Comprendre et appliquer le principe d'Hardy-Weinberg.
  • Calculer les fréquences alléliques et génotypiques.
  • Analyser l'impact de la dérive génétique sur les petites populations.
  • Identifier les effets de la sélection naturelle sur les fréquences alléliques.
  • Comprendre le rôle des mutations et du flux génique dans la variation génétique.
  • Appliquer ces concepts à des scénarios écologiques et évolutifs.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Confondre fréquence allélique et fréquence génotypique.
  • Assumer à tort qu'une population est en équilibre de Hardy-Weinberg sans vérification.
  • Sous-estimer l'impact de la dérive génétique dans les petites populations.
  • Négliger l'interaction entre les différentes forces évolutives (sélection, dérive, mutation, flux génique).
  • Mal interpréter les résultats des calculs, surtout lorsqu'il s'agit de probabilités.

Exercice 1 : Principe d'Hardy-Weinberg

Dans une population d'une espèce d'oiseau, la couleur du plumage est déterminée par un seul gène à deux allèles : un allèle dominant (R) pour le plumage roux et un allèle récessif (r) pour le plumage rayé. Dans une population de 1000 individus, on observe 160 individus au plumage roux homozygote (RR).

En supposant que cette population est à l'équilibre de Hardy-Weinberg :

a) Calcule la fréquence de l'allèle r dans la population.

b) Calcule la fréquence de l'allèle R dans la population.

c) Calcule la fréquence des génotypes RR, Rr et rr attendue à l'équilibre.

d) Combien d'individus hétérozygotes (Rr) sont attendus dans cette population ?

Correction :

Le principe d'Hardy-Weinberg (HW) décrit les conditions sous lesquelles les fréquences alléliques et génotypiques d'une population restent constantes de génération en génération en l'absence de forces évolutives.

Soit $p$ la fréquence de l'allèle R et $q$ la fréquence de l'allèle r.

Les fréquences génotypiques attendues à l'équilibre sont :

  • $p^2$ pour RR
  • $2pq$ pour Rr
  • $q^2$ pour rr

Et $p + q = 1$.

a) Fréquence de l'allèle r ($q$) :

On sait que la fréquence des individus RR est $p^2 = 0.16$ (160 individus sur 1000). Ce n'est pas la fréquence de l'allèle r.

Il faut d'abord trouver $p$. Si $p^2 = 0.16$, alors $p = \sqrt{0.16} = 0.4$.

Maintenant, on utilise $p + q = 1$ pour trouver $q$ :

$0.4 + q = 1 \implies q = 1 - 0.4 = 0.6$.

La fréquence de l'allèle r ($q$) est de 0.6.

b) Fréquence de l'allèle R ($p$) :

Comme calculé précédemment :

La fréquence de l'allèle R ($p$) est de 0.4.

c) Fréquences génotypiques attendues :

$p^2 = (0.4)^2 = 0.16$ pour RR.

$q^2 = (0.6)^2 = 0.36$ pour rr.

$2pq = 2 \times 0.4 \times 0.6 = 0.48$ pour Rr.

Vérification : $0.16 + 0.48 + 0.36 = 1.00$.

Fréquences attendues : RR = 0.16, Rr = 0.48, rr = 0.36.

d) Nombre d'individus hétérozygotes (Rr) attendus :

Nombre attendu = Fréquence génotypique × Taille totale de la population.

Nombre d'individus Rr = $0.48 \times 1000 = 480$.

Il y a 480 individus hétérozygotes (Rr) attendus.

Point méthode : N'oublie pas que $p$ et $q$ sont des fréquences alléliques, tandis que $p^2$, $2pq$, et $q^2$ sont des fréquences génotypiques.

Exercice 2 : Dérive génétique

Une petite population d'une espèce d'insecte compte seulement 10 individus. Un allèle M est présent avec une fréquence de 0.7 et l'allèle m avec une fréquence de 0.3.

a) Calcule la fréquence attendue de chaque allèle dans la génération suivante si aucun événement aléatoire ne survient (hypothèse HW).

b) Décris ce qu'est la dérive génétique et pourquoi elle est plus marquée dans les petites populations.

c) Donne un exemple de scénario où la dérive génétique pourrait significativement modifier les fréquences alléliques dans cette population.

Correction :

La dérive génétique est le changement aléatoire des fréquences alléliques d'une génération à l'autre, dû au hasard de la reproduction et de la survie.

a) Fréquences alléliques attendues (hypothèse HW) :

Si la population était en équilibre HW et que la reproduction était panmictique sans biais, les fréquences alléliques de la génération suivante resteraient les mêmes :

Fréquence de M = 0.7.

Fréquence de m = 0.3.

b) Dérive génétique :

La dérive génétique est un processus aléatoire. Dans chaque génération, seuls certains individus se reproduisent, et parmi eux, seuls certains allèles sont transmis à la génération suivante. Ce processus est comme un "échantillonnage" aléatoire des allèles parentaux. Dans les petites populations, les fluctuations aléatoires dues à cet échantillonnage ont un impact proportionnellement plus important sur les fréquences alléliques que dans les grandes populations. Par exemple, si dans une population de 10 individus, un allèle est présent chez 3 individus, un événement aléatoire (un seul individu ne se reproduit pas) peut faire passer sa fréquence de 0.3 à 0 ou 0.2, ce qui est une variation significative.

c) Scénario de dérive génétique :

Imaginons que seulement 5 individus sur les 10 survivent et se reproduisent de manière aléatoire. Il est possible, par pur hasard, que ces 5 individus ne portent que l'allèle M, ou qu'ils portent une proportion d'allèles m très différente de 0.3 (par exemple, que 4 sur 5 portent l'allèle m, faisant passer sa fréquence à 0.8 dans la génération suivante).

Un autre scénario est un événement catastrophique (une maladie soudaine, un désastre naturel limité) qui élimine aléatoirement une partie de la population. Les allèles des survivants, qui ne sont pas nécessairement représentatifs de la diversité génétique initiale, formeront la base de la nouvelle population.

Astuce : La dérive génétique peut conduire à la fixation d'un allèle (sa fréquence atteint 1) et à la perte d'autres allèles, même si ces allèles n'ont pas d'avantage ou de désavantage sélectif.

Exercice 3 : Sélection naturelle

Dans une population de papillons, la couleur des ailes est déterminée par un gène avec deux allèles : A (couleur claire, dominant) et a (couleur foncée, récessif).

Les individus AA et Aa sont clairs, les individus aa sont foncés.

Dans un environnement où les prédateurs repèrent plus facilement les papillons clairs sur un fond sombre, les papillons foncés sont mieux camouflés.

a) Quelle est la pression de sélection dans cet environnement ?

b) Comment cette pression de sélection affectera-t-elle les fréquences alléliques (A et a) et génotypiques (AA, Aa, aa) sur plusieurs générations ?

c) Si les conditions environnementales changent (le fond devient clair), comment la pression de sélection évoluerait-elle et quel serait son effet ?

Correction :

La sélection naturelle est le processus par lequel les individus les mieux adaptés à leur environnement ont plus de chances de survivre et de se reproduire, transmettant ainsi leurs allèles avantageux à la génération suivante.

a) Pression de sélection :

La pression de sélection est dirigée contre les individus clairs (AA et Aa), car ils sont plus facilement repérés par les prédateurs sur fond sombre. Les individus foncés (aa), étant mieux camouflés, ont une meilleure survie.

b) Effet sur les fréquences :

Avec le temps, la survie et la reproduction des papillons foncés (aa) seront favorisées par rapport aux papillons clairs (AA, Aa). Cela signifie que les allèles 'a' seront transmis à la génération suivante plus fréquemment que les allèles 'A'.

Par conséquent :

  • La fréquence de l'allèle 'a' augmentera.
  • La fréquence de l'allèle 'A' diminuera.
  • La fréquence du génotype 'aa' augmentera, tandis que les fréquences des génotypes 'AA' et 'Aa' diminueront.

Sur plusieurs générations, on observera une tendance à l'augmentation de la fréquence de l'allèle récessif 'a' et une diminution de la fréquence de l'allèle dominant 'A', conduisant potentiellement à la fixation de l'allèle 'a' si la sélection est suffisamment forte et continue.

c) Changement de l'environnement :

Si le fond devient clair, la pression de sélection s'inverserait. Les papillons clairs (AA, Aa) seraient alors mieux camouflés que les papillons foncés (aa). La survie et la reproduction des individus clairs seraient favorisées.

Dans ce nouveau scénario :

  • La fréquence de l'allèle 'A' augmenterait.
  • La fréquence de l'allèle 'a' diminuerait.
  • La fréquence des génotypes 'AA' et 'Aa' augmenterait, et celle de 'aa' diminuerait.

La sélection naturelle est donc une force évolutive adaptative qui favorise les traits qui augmentent la survie et la reproduction dans un environnement donné.

Point méthode : La sélection naturelle agit sur les phénotypes, mais ses conséquences sont mesurées en termes de changements des fréquences alléliques et génotypiques dans la population.

Exercice 4 : Flux génique

Deux populations isolées d'une même espèce de plante sont séparées par une chaîne de montagnes. La population A a une fréquence de l'allèle 'X' de 0.2, et la population B a une fréquence de 'X' de 0.8.

Des graines de la population A sont transportées aléatoirement par des oiseaux et parviennent à s'implanter dans la population B.

a) Explique le concept de flux génique.

b) Si 10% des individus de la population B sont remplacés par des immigrants de la population A chaque génération, calcule la nouvelle fréquence de l'allèle 'X' dans la population B après une génération.

c) Quel serait l'effet sur la différenciation génétique entre les deux populations si le flux génique était très important (par exemple, 50% de remplacement par génération) ?

Correction :

Le flux génique est le mouvement d'allèles d'une population à une autre, généralement par la migration d'individus ou la dispersion de gamètes (pollen, spores).

a) Concept de flux génique :

Le flux génique a pour effet de mélanger les pools génétiques des populations. Il tend à réduire les différences génétiques entre les populations, agissant ainsi comme une force homogénéisante. Il peut aussi introduire de nouveaux allèles dans une population ou modifier les fréquences des allèles existants.

b) Nouvelle fréquence de 'X' dans la population B après une génération :

Population B originale : fréquence de 'X' = 0.8.

Population A (source des immigrants) : fréquence de 'X' = 0.2.

10% des individus de B sont remplacés par des immigrants de A.

Cela signifie que la majorité.

Nouvelle fréquence de 'X' dans B = (Fréquence de 'X' dans la population B inchangée × Proportion de B inchangée) + (Fréquence de 'X' dans la population A × Proportion d'immigrants de A)

Nouvelle fréquence de 'X' = $(0.8 \times 0.9) + (0.2 \times 0.1)$

Nouvelle fréquence de 'X' = $0.72 + 0.02 = 0.74$.

La nouvelle fréquence de l'allèle 'X' dans la population B est de 0.74.

c) Effet d'un flux génique important :

Si le flux génique est très important (50% de remplacement), l'influence de la population A sur la population B sera beaucoup plus forte. Les deux populations convergeraient rapidement vers des fréquences alléliques similaires. La différenciation génétique entre A et B diminuerait drastiquement, car le pool génétique de B serait fortement influencé par celui de A.

Inversement, si le flux génique est très faible ou nul, les populations divergeraient davantage sous l'effet d'autres forces évolutives comme la dérive génétique et la sélection naturelle, adaptées à leurs environnements locaux.

Astuce : Le flux génique peut contrer les effets de la dérive génétique et de la sélection divergente en maintenant une similarité génétique entre les populations.

Exercice 5 : Effet fondateur

Une petite population de colons humains quitte une grande population continentale pour s'installer sur une nouvelle île isolée. La population continentale a une grande diversité génétique, avec plusieurs allèles rares pour certains gènes.

a) Décris ce qu'est l'effet fondateur.

b) Comment la diversité génétique de la nouvelle population insulaire sera-t-elle probablement différente de celle de la population continentale d'origine ? Justifie.

c) Quel autre processus évolutif pourrait être particulièrement actif dans cette petite population insulaire nouvellement établie ?

Correction :

L'effet fondateur est un cas particulier de dérive génétique qui se produit lorsqu'une nouvelle population est établie par un petit nombre d'individus (les fondateurs) issus d'une population plus large.

a) Description de l'effet fondateur :

Lorsqu'un petit groupe d'individus quitte une population plus grande pour fonder une nouvelle population, il n'emporte avec lui qu'une fraction de la diversité génétique de la population d'origine. La composition génétique de la population fondatrice peut donc être significativement différente de celle de la population mère, simplement en raison du hasard de l'échantillonnage.

b) Différence de diversité génétique :

La nouvelle population insulaire aura probablement une diversité génétique plus faible et une composition allélique différente de celle de la population continentale d'origine.

Justification :

  • Perte d'allèles rares : Les allèles rares présents dans la population continentale ont une faible probabilité d'être représentés dans le petit groupe de fondateurs. Ils risquent donc d'être absents de la nouvelle population ou d'avoir une fréquence très faible.
  • Fréquences alléliques différentes : Même les allèles communs peuvent avoir des fréquences différentes dans la population fondatrice par rapport à la population d'origine, toujours à cause du hasard de l'échantillonnage.
  • Augmentation de la dérive : La petite taille de la population insulaire initiale rendra la dérive génétique plus forte, amplifiant ces différences initiales au fil des générations.

c) Autre processus évolutif actif :

Outre l'effet fondateur et la dérive génétique accrue, la sélection naturelle pourrait être un processus évolutif particulièrement actif. Les conditions environnementales de la nouvelle île (climat, ressources, prédateurs, maladies) peuvent être différentes de celles du continent. Les allèles qui confèrent un avantage dans ce nouvel environnement seront favorisés par la sélection, conduisant à une adaptation locale.

Astuce : L'effet fondateur explique pourquoi certaines maladies génétiques rares sont plus fréquentes dans certaines populations humaines isolées (par exemple, la maladie de Huntington chez les Amérindiens de la tribu Hutterite ou la mucoviscidose dans certaines populations d'Europe du Nord).

Exercice 6 : Mutation et équilibre HW

Dans une population d'une espèce de mammifère, le gène responsable de la couleur du pelage est polymorphic avec deux allèles : C (couleur normale) et c (couleur albinos, récessif).

On observe que de nouvelles mutations de C vers c se produisent à un taux de $\mu = 10^{-5}$ par génération.

La population est supposée être suffisamment grande pour que la dérive génétique soit négligeable. Il n'y a pas de sélection connue contre les allèles C ou c, et pas de flux génique.

a) Quel est l'effet principal de la mutation sur les fréquences alléliques dans cette population ?

b) Si la fréquence initiale de l'allèle c est de 0.01, calcule sa fréquence après une génération due uniquement à la mutation.

c) Explique pourquoi l'équilibre de Hardy-Weinberg ne peut être parfaitement atteint dans une population réelle en raison des mutations.

Correction :

Les mutations sont la source primaire de nouvelle variation génétique.

a) Effet principal de la mutation :

Le taux de mutation ($\mu$) décrit la probabilité qu'un allèle change en un autre allèle par génération. Dans ce cas, la mutation de C vers c fait diminuer la fréquence de l'allèle C et augmenter celle de l'allèle c.

b) Fréquence de 'c' après une génération :

Soit $q_0$ la fréquence de l'allèle c à la génération 0 ($q_0 = 0.01$).

Le taux de mutation de C vers c est $\mu = 10^{-5}$. Cela signifie qu'une fraction $\mu$ de l'allèle C se transforme en allèle c.

La fréquence de l'allèle C est $p_0 = 1 - q_0 = 1 - 0.01 = 0.99$.

Le changement dans la fréquence de c ($\Delta q$) dû à la mutation de C vers c est approximativement :

$\Delta q \approx \mu \times p_0$ (si on néglige la mutation inverse c vers C).

$\Delta q \approx 10^{-5} \times 0.99 \approx 0.0000099$.

La nouvelle fréquence de c ($q_1$) est :

$q_1 = q_0 + \Delta q = 0.01 + 0.0000099 = 0.0100099$.

La fréquence de l'allèle c après une génération due à la mutation est d'environ 0.0100099.

c) Mutations et équilibre HW :

L'équilibre de Hardy-Weinberg suppose qu'il n'y a pas de changement dans les fréquences alléliques. Cependant, les mutations créent de nouveaux allèles et modifient les fréquences des allèles existants, même à des taux très faibles. Par conséquent, les fréquences alléliques ne peuvent jamais rester parfaitement stables dans une population réelle sur de longues périodes si des mutations se produisent. Les mutations sont donc une force évolutive qui empêche d'atteindre un état d'équilibre HW parfait et constant.

Astuce : Les mutations sont lentes mais sont la source de toute nouvelle variation génétique, sur laquelle les autres forces évolutives (sélection, dérive) peuvent agir.

Exercice 7 : Interaction des forces évolutives

Considérons une population d'une plante où un gène contrôle la résistance à un champignon pathogène. Il y a deux allèles : R (résistant) et r (sensible).

On observe les conditions suivantes :

  • Le champignon est présent dans l'environnement et exerce une pression sélective contre les plantes sensibles.
  • La population est de taille moyenne (quelques milliers d'individus), donc la dérive génétique est faible.
  • Le taux de mutation de r vers R est très faible ($10^{-6}$), et inversement de R vers r est négligeable.
  • Il n'y a pas de flux génique avec d'autres populations.

a) Quelle est la force évolutive dominante dans cette population ?

b) Si la fréquence de l'allèle r (sensible) est de 0.05, comment cette fréquence est-elle susceptible d'évoluer au fil des générations ? Justifie en considérant les forces évolutives en jeu.

c) Que se passerait-il si la pression du champignon disparaissait soudainement (par exemple, si le champignon était éradiqué) ?

Correction :

Comprendre comment les différentes forces évolutives interagissent est essentiel pour prédire l'évolution des populations.

a) Force évolutive dominante :

Étant donné que :

  • La dérive génétique est faible (grande population).
  • Le flux génique est nul.
  • Le taux de mutation est très faible.
  • Il y a une pression de sélection claire contre l'allèle sensible (r).

La sélection naturelle est la force évolutive dominante qui influencera le changement des fréquences alléliques.

b) Évolution de la fréquence de 'r' :

La pression sélective est contre l'allèle 'r' (sensible au champignon). Cela signifie que les plantes portant l'allèle 'r' (homozygotes rr, et potentiellement hétérozygotes Rr si la sensibilité est dominante ou partielle) auront une survie et une reproduction moindres que celles portant l'allèle 'R'.

Par conséquent, la fréquence de l'allèle 'r' devrait diminuer au fil des générations. La vitesse de cette diminution dépendra de la force de la sélection (c'est-à-dire à quel point les plantes 'r' sont désavantagées par rapport aux plantes 'R'). Le taux de mutation de r vers R est très faible et ne pourra pas compenser la perte due à la sélection.

c) Disparition de la pression du champignon :

Si la pression du champignon disparaît, la sélection contre l'allèle 'r' cesse. Les plantes sensibles (r) ne sont plus désavantagées.

Dans ce cas :

  • La dérive génétique, même faible, pourrait devenir le moteur principal des changements alléliques. La fréquence de 'r' pourrait alors augmenter ou diminuer aléatoirement.
  • Si l'allèle 'r' est présent en fréquence significative, il pourrait persister dans la population, voire être maintenu à une certaine fréquence si le polymorphisme est stabilisant (par exemple, si les hétérozygotes ont un avantage).
  • Les mutations de r vers R continueraient à se produire, mais sans sélection, la diminution de 'r' serait beaucoup plus lente, voire inexistante si la dérive ou d'autres facteurs le maintiennent.

Sans la pression de sélection, l'évolution de la fréquence de 'r' deviendrait beaucoup plus erratique et moins prévisible.

Point méthode : Pour prédire l'évolution d'une population, il faut considérer l'ensemble des forces évolutives agissant sur elle et identifier la plus influente dans un contexte donné.

Exercice 8 : Adaptation locale et dérive

Deux populations de moucherons vivent sur des îles voisines, A et B, séparées par un bras de mer. Les deux îles ont des conditions environnementales légèrement différentes.

  • Sur l'île A, la température est plus élevée et il y a peu de prédateurs de moucherons.
  • Sur l'île B, la température est plus basse et les oiseaux insectivores sont abondants.

Pour un gène impliqué dans la tolérance thermique, l'île A a une fréquence élevée de l'allèle 'T1' (haute tolérance thermique), tandis que l'île B a une fréquence élevée de l'allèle 'T2' (basse tolérance thermique).

Les populations sont petites et isolées, rendant la dérive génétique significative.

a) Comment la sélection naturelle a-t-elle probablement conduit aux fréquences alléliques différentes observées sur chaque île ?

b) Explique comment la dérive génétique peut amplifier ou contrecarrer les effets de la sélection naturelle dans ces populations.

c) Si un événement naturel (une tempête) transportait quelques moucherons de l'île A vers l'île B, quel serait l'effet sur la différenciation génétique entre les deux populations, en considérant à la fois le flux génique et la dérive ?

Correction :

Cet exercice examine l'interaction entre la sélection naturelle et la dérive génétique dans des populations isolées.

a) Rôle de la sélection naturelle :

Sur l'île A, où la température est élevée et les prédateurs rares, l'allèle 'T1' (haute tolérance thermique) confère un avantage adaptatif. Les moucherons portant 'T1' survivent et se reproduisent mieux, transmettant cet allèle. L'allèle 'T2' pourrait même être désavantageux à haute température. Inversement, sur l'île B, où la température est plus basse et les prédateurs abondants, l'allèle 'T2' (basse tolérance thermique) est probablement plus avantageux pour la survie (par exemple, meilleure survie à basse température ou camouflage). La sélection naturelle a donc favorisé des allèles différents dans chaque environnement, conduisant aux fréquences observées.

b) Dérive génétique et sélection :

Dans ces petites populations isolées :

  • Amplification par la dérive : La dérive génétique, étant aléatoire, peut accentuer les tendances initiées par la sélection. Par exemple, si la sélection favorise légèrement 'T1' sur A, la dérive peut aider cet allèle à atteindre une fréquence plus élevée plus rapidement, ou au contraire, par hasard, faire disparaître 'T1' même s'il est légèrement avantageux.
  • Contrecarrer la sélection : La dérive peut aussi aller à l'encontre de la sélection. Par exemple, si 'T1' est bénéfique sur l'île A, mais qu'une forte dérive élimine aléatoirement cet allèle, la sélection ne pourra pas agir efficacement pour l'établir. Dans des populations très petites, la dérive peut même conduire à la fixation d'un allèle désavantageux.

La combinaison de sélection et de dérive peut mener à des différences génétiques rapides entre populations isolées.

c) Effet du flux génique :

L'arrivée de quelques moucherons de l'île A sur l'île B (flux génique) introduirait l'allèle 'T1' (fréquent sur A) dans la population de l'île B (où 'T2' est fréquent).

Effets combinés :

  • Réduction de la différenciation : Le flux génique tend à homogénéiser les populations. L'introduction de 'T1' réduirait la fréquence de 'T2' sur l'île B et augmenterait celle de 'T1', diminuant ainsi la différence génétique entre A et B.
  • Dérive : La dérive génétique continuerait d'agir sur la petite population de l'île B. L'effet de la dérive sur la nouvelle fréquence allèlique serait probablement plus important que l'effet du faible flux génique, rendant l'évolution imprévisible. La dérive pourrait soit aider l'allèle 'T1' introduit à se fixer (si les conditions sur B le favorisent plus tard), soit le faire disparaître par hasard malgré son introduction.
  • Interaction avec la sélection : La sélection sur l'île B continuerait de favoriser 'T2' (basse tolérance thermique). L'allèle 'T1' introduit pourrait être désavantagé et donc éliminé par sélection, ou s'il confère un avantage inattendu, il pourrait être favorisé.

En résumé, le flux génique agirait pour réduire la différenciation, mais la dérive et la sélection locales continueraient d'influencer fortement les fréquences alléliques, rendant l'issue incertaine.

Astuce : Les populations isolées sont sujettes à des processus évolutifs distincts qui peuvent mener à une spéciation, tandis que le flux génique entre populations favorise leur maintien comme sous-espèces ou espèces similaires.

Exercice 9 : Goulot d'étranglement

Une population d'une espèce d'oiseau chanteur a été sévèrement réduite en nombre suite à une épidémie, passant de 10 000 individus à seulement 50.

a) Décris ce qu'est un goulot d'étranglement génétique.

b) Quelles seront les conséquences génétiques probables de cet événement sur la population d'oiseaux une fois qu'elle commencera à se rétablir ?

c) Comment cette réduction du patrimoine génétique pourrait-elle rendre la population plus vulnérable à de futures menaces environnementales ?

Correction :

Le goulot d'étranglement est un événement qui réduit drastiquement la taille d'une population, entraînant une perte significative de diversité génétique.

a) Goulot d'étranglement génétique :

Un goulot d'étranglement se produit lorsque la taille d'une population est soudainement et sévèrement réduite, souvent à cause d'un événement catastrophique (maladie, catastrophe naturelle, chasse excessive). Les survivants, qui constituent une petite fraction de la population originale, ne représentent pas la diversité génétique complète de la population d'origine. La population fondatrice qui se rétablit est donc génétiquement appauvrie par rapport à la population pré-catastrophe.

b) Conséquences génétiques probables :

Une fois que la population commencera à se rétablir à partir de seulement 50 individus :

  • Perte de diversité génétique : La diversité allélique sera considérablement réduite. De nombreux allèles, en particulier les rares, présents dans la population de 10 000 individus, seront probablement perdus.
  • Changement des fréquences alléliques : Les fréquences alléliques de la nouvelle population de 50 survivants peuvent être très différentes de celles de la population d'origine, par pur hasard d'échantillonnage.
  • Augmentation de la dérive génétique : La petite taille de la population survivante rendra la dérive génétique plus prononcée, entraînant des changements aléatoires plus importants dans les fréquences alléliques au fil des générations.
  • Augmentation de l'homozygotie : La réduction de la diversité peut entraîner une augmentation des génotypes homozygotes, potentiellement ceux associés à des allèles délétères (qui étaient masqués par les hétérozygotes dans la population plus grande).

c) Vulnérabilité accrue :

La réduction du patrimoine génétique rend la population plus vulnérable à plusieurs égards :

  • Moins d'adaptabilité : Avec une diversité génétique limitée, la population dispose de moins de "matériaux bruts" pour que la sélection naturelle puisse agir. Si l'environnement change (par exemple, apparition d'une nouvelle maladie, modification du climat), il y aura moins d'individus portant des allèles avantageux pour faire face à ces changements.
  • Accumulation d'allèles délétères : La dérive génétique dans une petite population peut entraîner la fixation d'allèles qui sont neutres ou légèrement délétères, car le hasard l'emporte sur la sélection. L'hétérozygotie peut diminuer, révélant des allèles récessifs potentiellement néfastes et réduisant la vigueur de la population (dépression consanguine).
  • Moins de résilience : Une population moins diversifiée est moins résiliente face aux perturbations environnementales ou aux maladies.

Astuce : Les goulots d'étranglement sont une cause majeure de déclin des populations et peuvent avoir des conséquences évolutives à long terme, rendant les espèces plus susceptibles à l'extinction.

Exercice 10 : Analyse de données génétiques

On étudie une population d'une espèce de coléoptère et on analyse les fréquences alléliques d'un gène impliqué dans la résistance à un insecticide.

AllèleFréquence dans la population (génération 0)Fréquence dans la population (génération 1)
R (résistant)0.60.7
s (sensible)0.40.3

La population compte 1000 individus à la génération 0, et 800 individus à la génération 1. On suppose qu'il n'y a pas de mutation ni de flux génique.

a) Calcule les fréquences génotypiques attendues à la génération 0 sous l'hypothèse de Hardy-Weinberg.

b) Calcule les fréquences génotypiques observées à la génération 1, en supposant que la population est maintenant panmictique.

c) Si la seule différence entre les individus est leur résistance à l'insecticide (les individus 's' meurent avant de se reproduire), quelle force évolutive est probablement à l'œuvre, et comment se manifeste-t-elle dans ces données ?

Correction :

Cet exercice combine l'application de HW et l'interprétation de changements de fréquences alléliques.

a) Fréquences génotypiques attendues à la génération 0 (HW) :

Fréquence de R ($p_0$) = 0.6, Fréquence de s ($q_0$) = 0.4.

Fréquence RR = $p_0^2 = (0.6)^2 = 0.36$.

Fréquence Rs = $2p_0q_0 = 2 \times 0.6 \times 0.4 = 0.48$.

Fréquence ss = $q_0^2 = (0.4)^2 = 0.16$.

Génération 0 : RR = 0.36, Rs = 0.48, ss = 0.16.

b) Fréquences génotypiques observées à la génération 1 :

Fréquence de R ($p_1$) = 0.7, Fréquence de s ($q_1$) = 0.3.

On suppose que la population de 800 individus à la génération 1 est le résultat de la reproduction de la génération 0, et que le panmixie a eu lieu. Les fréquences alléliques de la génération 1 sont données, on peut donc calculer les fréquences génotypiques attendues par HW pour cette génération :

Fréquence RR = $p_1^2 = (0.7)^2 = 0.49$.

Fréquence Rs = $2p_1q_1 = 2 \times 0.7 \times 0.3 = 0.42$.

Fréquence ss = $q_1^2 = (0.3)^2 = 0.09$.

Vérification : $0.49 + 0.42 + 0.09 = 1.00$.

Génération 1 : RR = 0.49, Rs = 0.42, ss = 0.09.

Note : Les fréquences génotypiques observées à la génération 1 pourraient être calculées si on connaissait le nombre d'individus pour chaque génotype. Ici, nous calculons les fréquences HW attendues basées sur les fréquences alléliques de la génération 1.

c) Force évolutive à l'œuvre :

On observe une augmentation de la fréquence de l'allèle 'R' (résistant) de 0.6 à 0.7 et une diminution de la fréquence de l'allèle 's' (sensible) de 0.4 à 0.3.

L'énoncé mentionne que les individus 's' meurent avant de se reproduire. Ceci est la manifestation de la sélection naturelle. La pression de sélection est dirigée contre les individus sensibles (portant l'allèle 's'). Ils ont une survie plus faible, donc ils contribuent moins à la génération suivante.

Ce mécanisme explique l'augmentation de la fréquence de l'allèle 'R' et la diminution de 's', car les porteurs de 'R' survivent mieux et transmettent cet allèle plus efficacement.

Point méthode : La comparaison des fréquences alléliques entre deux générations successives, dans un contexte où d'autres forces évolutives sont écartées, permet de détecter la présence et la direction de la sélection naturelle.

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