Ton cœur est une double pompe : sa moitié droite envoie le sang aux poumons, sa moitié gauche l'envoie dans tout le corps. Pose deux doigts à l'intérieur de ton poignet, côté pouce : chaque petit choc, c'est ton artère qui se dilate sous le sang que ton ventricule gauche vient d'éjecter. Retiens le sens du trafic : les artères partent du cœur, les veines y reviennent, et entre les deux, les capillaires échangent avec tes cellules.
Le cœur, une double pompe
Le cœur est un muscle creux, logé au milieu de la poitrine, entre les poumons. Le tissu musculaire de sa paroi s'appelle le myocarde. Une cloison le coupe en deux moitiés qui ne communiquent pas : le cœur droit et le cœur gauche.
Chaque moitié a deux cavités. En haut, l'oreillette reçoit le sang des veines. En bas, le ventricule, plus musclé, l'éjecte dans une artère.
Des valvules, petits clapets qui ne s'ouvrent que dans un sens, empêchent le sang de refluer. Les valvules auriculo-ventriculaires séparent chaque oreillette de son ventricule. Les valvules sigmoïdes ferment la sortie des ventricules, au départ de l'aorte et de l'artère pulmonaire.
La paroi du ventricule gauche est bien plus épaisse que celle du droit. Le droit n'envoie le sang qu'aux poumons, tout proches. Le gauche le pousse jusqu'à tes pieds et ton cerveau, avec une pression bien plus forte : il lui faut plus de muscle.
Un battement, temps par temps
Un battement complet s'appelle une révolution cardiaque, ou cycle cardiaque. Le muscle y alterne la systole, quand il se contracte, et la diastole, quand il se relâche.
Étape 1 : Diastole. Le cœur est relâché ; le sang des veines remplit les oreillettes et coule déjà dans les ventricules.
Étape 2 : Systole des oreillettes. Elles se contractent et finissent de remplir les ventricules.
Étape 3 : Systole des ventricules. Leur pression ferme les valvules auriculo-ventriculaires et ouvre les sigmoïdes : le sang part dans l'aorte et l'artère pulmonaire. Puis les ventricules se relâchent, les sigmoïdes se referment, et tout recommence.
Chaque battement naît dans le cœur lui-même, au nœud sinusal, un petit groupe de cellules de la paroi de l'oreillette droite. Ces cellules produisent toutes seules un signal électrique, qui parcourt le cœur et fait contracter les oreillettes, puis les ventricules : on dit que le cœur est automatique. La preuve : un cœur greffé, dont les nerfs ont été coupés, bat quand même.
Le système nerveux règle seulement la cadence. Des nerfs ordonnent au nœud sinusal d'accélérer ou de ralentir (Manuel MSD), et l'adrénaline, une hormone transportée par le sang, l'accélère aussi.
Piège classique : le nœud sinusal n'est pas un nerf, et son signal n'est pas un message nerveux. Écrire « le cerveau déclenche chaque battement » est faux : il modifie seulement la fréquence.
Artères, veines et capillaires
Définition : une artère emmène le sang du cœur vers les organes ; une veine le ramène des organes vers le cœur. Seul le sens compte, pas la quantité de dioxygène.
Les artères reçoivent le sang par à-coups, à chaque systole. Leur paroi épaisse et élastique se dilate, puis revient sur elle-même et pousse encore le sang entre deux battements. Cette dilatation, c'est le pouls que tu sens au poignet.
Dans les veines, la pression est faible. Celles des jambes ont des valvules qui empêchent le sang de redescendre, et les muscles qui se contractent autour d'elles le poussent vers le cœur.
Les capillaires relient artères et veines à l'intérieur des organes. Leur paroi n'a qu'une couche de cellules, et c'est à travers elle que le sang échange avec les cellules : le dioxygène et les nutriments, comme le glucose, en sortent ; le dioxyde de carbone et les autres déchets y entrent.
La double circulation
Suis le sang depuis ton orteil.
Étape 1 : Pauvre en dioxygène, le sang remonte par les veines caves jusqu'à l'oreillette droite, puis passe dans le ventricule droit.
Étape 2 : Le ventricule droit l'éjecte dans l'artère pulmonaire. Dans les capillaires des poumons, le sang rejette du dioxyde de carbone et se charge en dioxygène.
Étape 3 : Riche en dioxygène, il revient par les veines pulmonaires dans l'oreillette gauche, puis passe dans le ventricule gauche.
Étape 4 : Le ventricule gauche l'éjecte dans l'aorte, qui se divise en artères vers tous les organes. Dans leurs capillaires, il cède son dioxygène, puis repart par les veines vers le cœur.
Du ventricule droit à l'oreillette gauche, en passant par les poumons, c'est la petite circulation, ou circulation pulmonaire. Du ventricule gauche à l'oreillette droite, en passant par les autres organes, c'est la grande circulation, ou circulation générale.
Cette circulation est fermée, car le sang reste dans des vaisseaux, et double, car il passe deux fois par le cœur à chaque tour. Grâce à la cloison, le sang riche en dioxygène ne se mélange jamais au sang pauvre.
Piège classique : l'artère pulmonaire part du cœur, c'est donc une artère, et pourtant elle transporte du sang pauvre en dioxygène. Les veines pulmonaires, elles, rapportent du sang riche. Et le bleu des schémas n'est qu'un code : le sang pauvre en dioxygène est rouge sombre.
Le débit cardiaque à l'effort
Quand tu cours, tes muscles consomment bien plus de dioxygène et de glucose. Le cœur suit en augmentant son débit cardiaque : le volume de sang qu'un ventricule éjecte chaque minute.
Formule : débit cardiaque = fréquence cardiaque × volume d'éjection systolique.
La fréquence cardiaque est le nombre de battements par minute. Le volume d'éjection systolique est le volume de sang éjecté par un ventricule à chaque battement. Un cœur qui bat 60 fois par minute en éjectant 80 mL à chaque fois débite 60 × 80 = 4 800 mL/min, soit 4,8 L/min une fois divisé par 1 000.
En temps normal, le cœur bat environ 70 fois par minute (Manuel MSD). À l'effort, les nerfs et l'adrénaline l'accélèrent, et il éjecte plus de sang à chaque battement. Les deux facteurs augmentent ensemble : le débit grimpe bien plus vite que la fréquence.
Le sang est aussi mieux réparti : les artères des muscles qui travaillent s'élargissent, celles du tube digestif se resserrent.
Pression artérielle et santé des artères
La pression artérielle, ou « tension », est la pression du sang sur la paroi des artères. Elle s'écrit avec deux nombres, en millimètres de mercure (mmHg) : la pression systolique, quand le cœur se contracte, puis la diastolique, quand il se relâche. « 12/8 », c'est la même mesure en centimètres de mercure : 120/80 mmHg.
Selon l'Assurance maladie, on parle d'hypertension quand la systolique atteint 140 mmHg ou plus, ou la diastolique 90 mmHg ou plus, lors de plusieurs consultations. Elle ne provoque pas de symptômes mais, non soignée, elle favorise l'infarctus, l'accident vasculaire cérébral (AVC) et les maladies des reins. Le sel en excès, l'alcool, le surpoids, la sédentarité et le tabac comptent parmi ses facteurs.
L'athérosclérose abîme aussi les artères : des lipides, c'est-à-dire des graisses, se déposent sur leur paroi interne et forment une plaque qui gêne la circulation. Si la plaque se rompt, un caillot se forme et peut boucher l'artère (Inserm). Sur une artère coronaire, qui nourrit le myocarde, c'est l'infarctus : une partie du muscle cardiaque, privée de dioxygène, meurt. Sur une carotide, qui apporte le sang au cerveau, c'est un AVC.
Exercices corrigés
Du plus direct au plus proche d'un contrôle. Cherche chacun sur ta feuille avant d'ouvrir la correction.
Exercice 1 : Une molécule de dioxygène entre dans le sang au niveau d'un capillaire des poumons. Elle sera utilisée par une cellule d'un muscle de la cuisse. Écris dans l'ordre les vaisseaux et les cavités du cœur qu'elle traverse entre les deux.
Correction :
Capillaire des poumons, veine pulmonaire, oreillette gauche, ventricule gauche, aorte, artère de la cuisse, capillaire du muscle, puis la cellule.
Elle ne passe que par le cœur gauche, celui qui reçoit le sang des poumons.
Exercice 2 : Vrai ou faux ? Justifie chaque réponse.
a) Les artères transportent toujours du sang riche en dioxygène.
b) La paroi du ventricule gauche est plus épaisse que celle du ventricule droit.
c) Le cerveau déclenche chaque battement du cœur.
Correction :
a) Faux : l'artère pulmonaire part du cœur, c'est donc une artère, mais elle transporte du sang pauvre en dioxygène.
b) Vrai : le ventricule gauche envoie le sang dans tout le corps, avec une pression bien plus forte que le droit.
c) Faux : chaque battement part du nœud sinusal, dans le cœur ; les nerfs ne font que modifier la fréquence.
Exercice 3 : Données fictives. Au repos, Malik compte 17 battements en 15 secondes à son poignet, et son volume d'éjection systolique est de 70 mL. Pendant une course, sa fréquence cardiaque monte à 170 battements par minute et son volume d'éjection systolique à 110 mL.
a) Calcule sa fréquence cardiaque au repos, en battements par minute.
b) Calcule son débit cardiaque au repos, puis pendant la course, en L/min.
c) Par combien son débit est-il multiplié ? Arrondis au dixième.
Correction :
a) Une minute, c'est 4 fois 15 secondes : 17 × 4 = 68 battements par minute.
b) Au repos : 68 × 70 = 4 760 mL/min, soit 4,76 L/min. Pendant la course : 170 × 110 = 18 700 mL/min, soit 18,7 L/min.
c) 18,7 ÷ 4,76 ≈ 3,9 : le débit est multiplié par environ 3,9, alors que la fréquence ne l'est que par 170 ÷ 68 = 2,5. La hausse du volume d'éjection systolique s'ajoute à celle de la fréquence.
À retenir
À retenir :
- Le cœur droit envoie le sang aux poumons, le cœur gauche dans tout le corps, sans mélange.
- Oreillettes en haut, ventricules en bas ; les valvules imposent un sens unique.
- Un battement : diastole, systole des oreillettes, systole des ventricules.
- Le nœud sinusal déclenche chaque battement ; les nerfs et l'adrénaline règlent la fréquence.
- Une artère part du cœur, une veine y revient ; les échanges se font dans les capillaires.
- Débit cardiaque = fréquence cardiaque × volume d'éjection systolique.
- L'hypertension ne se sent pas ; avec l'athérosclérose, elle abîme les artères.
Sources
- Assurance maladie, « Définition et causes de l'hypertension artérielle », mise à jour du 24 juillet 2026 : texte sur ameli.fr.
- Inserm, dossier « Athérosclérose », mis à jour le 15 mai 2025 : texte sur inserm.fr.
- Manuel MSD, version grand public, « Biologie du cœur », revu en janvier 2026 : texte sur msdmanuals.com.