Ton corps se défend contre les microbes en trois temps. La peau et les muqueuses empêchent la plupart d'entrer ; ceux qui passent sont avalés en quelques heures par des globules blancs, les phagocytes ; s'ils résistent, d'autres globules blancs, les lymphocytes, montent en quelques jours une riposte taillée pour ce microbe précis, et en gardent la mémoire. Exemple : une écharde fait entrer des bactéries sous ta peau, et quelques heures plus tard la zone est rouge et gonflée : c'est la réaction rapide qui travaille.
Les microbes et les barrières
Un microbe ne se voit qu'au microscope : bactérie, champignon microscopique ou virus, le plus petit, qui ne se multiplie qu'à l'intérieur de nos cellules. La plupart sont inoffensifs, comme les bactéries de ton intestin, ton microbiote, qui aident à digérer. Seuls certains sont pathogènes, c'est-à-dire capables de provoquer une maladie.
Pour te rendre malade, un microbe pathogène doit d'abord franchir tes barrières naturelles. La peau forme un mur continu. Les muqueuses, la paroi humide du nez ou de l'intestin, piègent les microbes dans leur mucus. Les larmes et la salive en détruisent une partie, l'acidité de l'estomac aussi.
Définition : la contamination est l'entrée d'un microbe dans le corps. L'infection commence quand il s'y multiplie.
Les mesures d'hygiène agissent à ce stade : se laver les mains, tousser dans son coude, nettoyer une plaie. Elles réduisent le nombre de microbes qui entrent.
La réaction rapide : inflammation et phagocytose
Reprends l'écharde. Dès que des bactéries entrent, la zone réagit : c'est la réaction inflammatoire. Les vaisseaux sanguins se dilatent, d'où la rougeur et la chaleur. Du liquide sort du sang vers les tissus : la zone gonfle, ce qui appuie sur les nerfs et fait mal.
Ces signes montrent que la défense s'organise. Des globules blancs quittent aussi le sang pour rejoindre la zone : les phagocytes. Ils détruisent les microbes en les avalant, c'est la phagocytose.
Étape 1 : adhésion, le phagocyte se colle au microbe.
Étape 2 : ingestion, il l'enferme dans une poche à l'intérieur de la cellule.
Étape 3 : digestion, il le détruit grâce à des enzymes, des molécules qui découpent d'autres molécules.
Le pus qui se forme parfois est fait de phagocytes morts, de microbes et de débris. Le plus souvent, l'affaire s'arrête là. Si les microbes sont trop nombreux, ou cachés dans tes cellules comme les virus, une deuxième défense prend le relais.
La réaction lente : les lymphocytes
Les lymphocytes sont d'autres globules blancs, et chacun ne reconnaît qu'un seul antigène.
Définition : un antigène est une molécule reconnue comme étrangère par le système immunitaire, par exemple à la surface d'un microbe. Il déclenche une réaction dirigée contre lui.
Pour un microbe donné, seuls quelques lymphocytes le reconnaissent. Ils doivent le rencontrer, souvent dans les ganglions lymphatiques (les petites boules qui gonflent dans ton cou pendant une angine), puis se multiplier. C'est ce qui prend plusieurs jours.
Les lymphocytes B fabriquent alors des anticorps, des molécules libérées dans le sang. Un anticorps s'accroche à son antigène comme une clé à sa serrure : celui fabriqué contre la rougeole ne reconnaît pas la varicelle. En se fixant sur les microbes, les anticorps les neutralisent et les regroupent en amas, les complexes immuns.
Piège classique : un anticorps ne tue pas le microbe. Il le neutralise, puis ce sont les phagocytes qui avalent et détruisent les complexes immuns.
Les lymphocytes T, eux, s'occupent des virus cachés dans tes cellules, là où les anticorps n'ont pas accès. Ils reconnaissent les cellules infectées et les détruisent, ce qui arrête la fabrication de nouveaux virus.
| Critère | Réaction rapide | Réaction lente |
|---|---|---|
| Acteurs | Phagocytes | Lymphocytes B et T |
| Délai | Quelques heures | Plusieurs jours au premier contact |
| Cible | Tout microbe | Un seul antigène |
| Mémoire | Non | Oui |
La mémoire et les vaccins
Une fois le microbe éliminé, certains lymphocytes restent : les lymphocytes mémoire. Si le même microbe revient, ils sont plus nombreux qu'au premier contact et déjà prêts. La réponse est plus rapide et plus forte, et le microbe est souvent éliminé avant que tu tombes malade. C'est pour ça que la varicelle ne s'attrape en général qu'une fois.
Un vaccin utilise ce mécanisme. Il contient un microbe rendu inoffensif, ou seulement une partie de microbe (Vaccination Info Service). Ton corps fabrique contre lui des anticorps et des lymphocytes mémoire, sans tomber malade. Le jour où le vrai microbe arrive, c'est déjà ton deuxième contact.
La quantité d'anticorps peut baisser avec le temps, d'où les rappels de certains vaccins. Un vaccin prépare tes défenses, il ne soigne pas une maladie déjà déclarée. Te vacciner protège aussi ceux qui ne peuvent pas l'être ou que le vaccin protège moins bien, comme les nourrissons (Vaccination Info Service).
Antiseptiques et antibiotiques
Un antiseptique s'applique sur la peau ou une plaie : il tue ou freine les microbes en surface, avant qu'ils entrent. C'est une mesure d'hygiène, pas le traitement d'une infection installée.
Un antibiotique est un médicament qui soigne une infection installée, mais seulement si elle est due à des bactéries. Il est sans effet sur les virus, donc inutile contre une grippe ou une angine virale (Assurance maladie).
Autre limite : dans une population de bactéries, quelques-unes résistent parfois à un antibiotique. Le traitement tue les autres, les résistantes survivent et se multiplient. Chaque prise inutile favorise ce tri sans rien soigner. Un antibiotique se prend donc sur prescription d'un médecin, et ne se réutilise ni ne se prête.
Piège classique : ne confonds pas anticorps et antibiotique. L'anticorps est fabriqué par tes lymphocytes B contre un antigène précis. L'antibiotique est un médicament contre les bactéries, et il ne fait fabriquer aucun anticorps.
Exercices corrigés
Le programme de SVT aborde ces défenses de la 5e à la 3e, et leur explication complète arrive en 3e (programme du cycle 4).
Exercice 1 : Réaction rapide ou réaction lente ? Nomme aussi les cellules en jeu.
a) Une heure après une coupure, des cellules avalent des bactéries.
b) Plusieurs jours après une contamination par un virus, le sang contient des anticorps contre ce virus.
c) Des cellules infectées par un virus sont détruites.
Correction :
a) Réaction rapide : les phagocytes, par phagocytose.
b) Réaction lente : les anticorps viennent des lymphocytes B, et le délai de plusieurs jours le confirme.
c) Réaction lente : les lymphocytes T.
Exercice 2 : (données fictives) On mesure les anticorps dirigés contre un microbe dans le sang d'une personne, en unités arbitraires (u.a.). Elle reçoit deux injections du même vaccin, au jour 0 puis au jour 60.
Sept jours après la première injection, son sang contient 2 u.a. d'anticorps ; le maximum, au jour 14, est de 10 u.a. Au jour 60, il en reste 3 u.a. Sept jours après la deuxième injection, il y en a 40 u.a. ; le maximum, au jour 74, est de 100 u.a.
a) Combien de fois plus d'anticorps a-t-elle sept jours après la deuxième injection que sept jours après la première ?
b) Même question pour les maximums.
c) Explique ces différences.
Correction :
a) 40 u.a. contre 2 u.a. : $40 \div 2 = 20$, soit 20 fois plus d'anticorps.
b) 100 u.a. contre 10 u.a. : $100 \div 10 = 10$, soit 10 fois plus.
c) À la première injection, peu de lymphocytes B reconnaissaient l'antigène du vaccin : ils ont dû se multiplier, d'où une réponse lente et faible. Certains sont devenus des lymphocytes mémoire. À la deuxième injection, ces lymphocytes, nombreux et prêts, répondent plus vite et plus fort. Comme les anticorps étaient retombés à 3 u.a., cette injection relance la protection : c'est le principe des rappels.
Exercice 3 : Hugo a la grippe, due à un virus. Sa sœur lui propose les antibiotiques qui lui restent d'une angine bactérienne. Hugo accepte : « Ça va m'aider à fabriquer des anticorps. » Relève ses deux erreurs, puis dis ce qui va le guérir.
Correction :
Première erreur : un antibiotique agit seulement contre les bactéries, il est inutile contre le virus de la grippe. Le prendre sans raison favorise les bactéries résistantes, et un traitement ne se prête pas.
Deuxième erreur : un antibiotique ne fait fabriquer aucun anticorps. Ce sont les lymphocytes B de Hugo qui en produisent contre l'antigène du virus, pendant que ses lymphocytes T détruisent ses cellules infectées.
C'est donc son système immunitaire qui le guérit. Si son état inquiète, c'est au médecin de décider d'un traitement.
À retenir
À retenir :
- Peau et muqueuses arrêtent la plupart des microbes ; l'hygiène limite la contamination.
- Réaction rapide, en quelques heures, contre tout microbe : inflammation et phagocytose (adhésion, ingestion, digestion).
- Réaction lente, en plusieurs jours, contre un seul antigène : les lymphocytes B produisent les anticorps, les lymphocytes T détruisent les cellules infectées.
- Les anticorps neutralisent, les phagocytes éliminent les complexes immuns.
- Les lymphocytes mémoire rendent le deuxième contact plus rapide et plus fort : c'est le principe du vaccin.
- Antiseptique sur la peau, antibiotique contre les bactéries seulement, jamais contre un virus.
Sources
- Programme du cycle 4 (SVT), Bulletin officiel n° 31 du 30 juillet 2020 : texte sur eduscol.
- Assurance maladie : antibiotiques et antiviraux, sur ameli.fr.
- Vaccination Info Service : action des vaccins et protection des autres.