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Préparation de Commandes et Expédition : Les Opérations Clés du Logisticien

Du bon de préparation au camion qui part : les six opérations, les documents de transport et les indicateurs à savoir calculer, avec trois exercices corrigés.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Une commande devient un colis prêt à partir en six opérations : lancer la préparation, prélever les articles, contrôler, emballer et étiqueter, constituer l'unité de charge, puis charger le véhicule avec ses documents. Exemple : pour une pharmacie qui commande trois produits, tu prends les boîtes en rayon, tu les scannes, tu les mets dans un carton étiqueté, et le carton rejoint une palette sur le quai.

Les six opérations

Tout part du bon de préparation, ou liste de prélèvement. Il sort du WMS, le logiciel de gestion de l'entrepôt, et donne pour chaque ligne la référence, la quantité et l'emplacement. Une ligne, c'est une référence dans une commande : 5 boîtes du même produit font une seule ligne.

Étape 1 : Lancer : le WMS édite les bons de préparation.

Étape 2 : Prélever chaque article à son emplacement : c'est le picking.

Étape 3 : Contrôler les quantités et l'état, avant de fermer.

Étape 4 : Emballer et étiqueter : c'est le packing.

Étape 5 : Regrouper les colis sur une palette filmée : c'est l'unité de charge.

Étape 6 : Charger le véhicule, avec ses documents.

Au bac pro, ces opérations relèvent du bloc 2 de la spécialité « métiers de la logistique » (arrêté du 8 janvier 2025, première session en 2028) ; l'ancienne spécialité « logistique » a sa dernière session en 2027.

Prélever : les méthodes de picking

À pied, chaque mètre parcouru est du temps sans rien prélever : l'organisation du picking vise d'abord à raccourcir les trajets. Premier réflexe : ranger près du quai les articles qui sortent le plus (classement ABC, où les A sont les plus demandés).

MéthodePrincipeAdaptée à
Commande par commandeUne commande entière, puis la suivantePeu de commandes, beaucoup de lignes
Par lot, puis triUn seul trajet pour plusieurs commandes, réparties ensuiteBeaucoup de petites commandes, comme en vente en ligne
Par zoneChacun reste dans sa zone, la commande passe de l'une à l'autreLes grands entrepôts aux nombreuses références

Le préparateur suit un bon papier ou un terminal radiofréquence, qui affiche l'emplacement et attend le scan du code-barres. Autres outils : le pick-to-light (un voyant s'allume sur le casier à vider) et la préparation vocale (consignes au casque, réponses à la voix).

Contrôler, emballer, étiqueter

Le contrôle vérifie la quantité de chaque référence et l'état des articles, date de péremption comprise. En général, on scanne chaque article et le WMS compare avec la commande. Certains postes pèsent aussi le colis : un écart avec le poids théorique, tiré des fiches produits, trahit un article en trop ou en moins.

Pour le packing, choisis un carton à la taille du contenu. Trop grand, il faut beaucoup de calage et tu paies le transport du vide ; trop petit, les produits s'écrasent. Cale pour que rien ne bouge, puis ferme.

L'étiquette porte l'adresse du destinataire et un code-barres que le transporteur scanne à chaque étape : c'est ce qui permet de suivre le colis.

Constituer l'unité de charge

Une unité de charge regroupe des colis qu'on manipule d'un seul bloc, en général une palette, déplacée au transpalette (le chariot à fourches qui la soulève juste assez pour la rouler). Le format à connaître est la palette Europe : 1 200 × 800 mm au sol, 144 mm de haut, environ 25 kg à vide, 1 500 kg de charge au plus.

Le plan de palettisation fixe le nombre de cartons par couche, leur sens et le nombre de couches. Les cartons lourds vont en bas, rien ne dépasse du bord, puis un film étirable tient la pile.

Piège classique : une couche se calcule côté par côté, et dans les deux sens. Un carton de 60 × 25 cm, ses 60 cm le long des 120 cm de la palette, donne 2 × 3 = 6 cartons par couche ; tourné d'un quart de tour, 4 × 1 = 4. Chaque division s'arrondit vers le bas : 80 ÷ 60 = 1,33 veut dire un seul carton.

Charger et expédier

Un camion en tournée qui se charge par l'arrière se remplit dans l'ordre inverse des livraisons : le dernier client livré au fond, le premier près des portes. Sinon, le chauffeur doit décharger d'autres palettes pour atteindre la bonne. Le chargement est ensuite arrimé, c'est-à-dire attaché par des sangles ou des barres, pour ne pas glisser au freinage.

Le bon de livraison liste ce qui est livré ; le client le signe à la réception. La lettre de voiture est le document de transport : selon l'article L132-8 du Code de commerce, elle forme un contrat entre l'expéditeur, le voiturier (le transporteur) et le destinataire. Elle est datée et précise notamment la marchandise, son poids ou son volume, le délai et le transporteur (article L132-9).

En transport routier international, c'est la lettre de voiture CMR, du nom de la convention signée à Genève le 19 mai 1956. Elle s'établit en trois exemplaires originaux signés par l'expéditeur et le transporteur : un pour l'expéditeur, un qui voyage avec la marchandise, un que garde le transporteur.

Les palettes et bacs consignés, qui doivent revenir ou être échangés, se comptent au départ.

Les indicateurs à calculer

Formule :

Productivité (en lignes par heure) = lignes préparées ÷ heures de préparation

Taux d'erreur (en %) = commandes erronées ÷ commandes expédiées × 100

Taux de remplissage (en %) = place occupée ÷ place disponible × 100

Piège classique : un taux compare des choses de même nature. Les lignes erronées se divisent par les lignes préparées, les commandes erronées par les commandes expédiées. Diviser des lignes par des commandes donne un pourcentage qui ne veut rien dire.

Exercices corrigés

Cherche sur ta feuille avant d'ouvrir chaque correction.

Exercice 1 : Données fictives. En une semaine, un entrepôt a expédié 1 250 commandes, soit 9 000 lignes, en 120 heures de préparation. Le service client a relevé 18 lignes erronées, réparties dans 15 commandes. Calcule la productivité, le taux d'erreur par commande et le taux d'erreur par ligne. Lequel des deux taux compte pour le client ?

Correction :

Productivité : 9 000 ÷ 120 = 75 lignes par heure.

Par commande : 15 ÷ 1 250 × 100 = 1,2 %. Par ligne : 18 ÷ 9 000 × 100 = 0,2 %. Le calcul 18 ÷ 1 250 × 100 = 1,44 % est le piège : il divise des lignes par des commandes.

Pour le client, c'est le taux par commande : une seule ligne fausse suffit à rendre sa commande erronée.

Exercice 2 : Données fictives. Un camion dont le plancher accueille 18 palettes Europe, chargé uniquement par l'arrière, part en tournée. Il livre dans l'ordre le client A (4 palettes), le client B (6 palettes), puis le client C (5 palettes). Dans quel ordre charges-tu les palettes ? Quel est le taux de remplissage du plancher, au dixième près ?

Correction :

On charge dans l'ordre inverse des livraisons : d'abord les 5 palettes de C, au fond, puis les 6 de B, enfin les 4 de A, près des portes.

Palettes chargées : 4 + 6 + 5 = 15. Taux de remplissage : 15 ÷ 18 × 100 ≈ 83,3 %.

Exercice 3 : Tu palettises des cartons de 40 × 30 × 25 cm, de 12 kg chacun, sur une palette Europe (120 × 80 cm au sol, 14,4 cm de haut, 25 kg à vide). Le client veut 1,20 m de hauteur au plus, palette comprise, sans carton qui dépasse du bord. Cartons et consigne du client : données fictives. Combien de cartons par couche, combien de couches, et quel poids total ?

Correction :

Par couche, on teste les deux sens. Les 40 cm le long des 120 cm : 120 ÷ 40 = 3 et 80 ÷ 30 = 2,67, donc 2, soit 3 × 2 = 6 cartons. Les 30 cm le long des 120 cm : 120 ÷ 30 = 4 et 80 ÷ 40 = 2, soit 4 × 2 = 8 cartons. On garde 8.

En hauteur, 1,20 m = 120 cm, donc il reste 120 − 14,4 = 105,6 cm. Puis 105,6 ÷ 25 = 4,22, donc 4 couches, pour une hauteur totale de 4 × 25 + 14,4 = 114,4 cm.

La palette porte 8 × 4 = 32 cartons. Poids total : 32 × 12 + 25 = 384 + 25 = 409 kg.

À retenir

À retenir :

  • Six opérations : lancer, prélever, contrôler, emballer et étiqueter, constituer l'unité de charge, charger.
  • Une ligne, c'est une référence dans une commande, quelle que soit la quantité.
  • Palette Europe : 1 200 × 800 mm, environ 25 kg à vide ; une couche se calcule dans les deux sens.
  • On charge dans l'ordre inverse de la tournée.
  • La lettre de voiture forme le contrat de transport ; par la route à l'international, c'est la CMR, en trois exemplaires.
  • Un taux compare des choses de même nature.

Sources

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