Retour au blog

Colocation Étudiante : Bail, Charges, Règles de Vie et Comment Bien la Choisir

Ce que tu paieras vraiment, et ce que tu risques si un colocataire part : la colocation côté bail et côté argent, avec trois exercices corrigés.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

Une colocation se juge sur deux montants : ce que tu paieras chaque mois, et ce que tu risques si un colocataire ne paie plus. Les deux se lisent dans le bail : le mode de paiement des charges et la clause de solidarité. Exemple : à trois dans un bail unique avec clause de solidarité, si un colocataire arrête de payer, le propriétaire peut te réclamer sa part en plus de la tienne.

Ce que coûte vraiment ta chambre

Ta part réelle additionne loyer, charges, contrats du groupe (électricité, internet) et assurance habitation, divisés selon la règle fixée entre colocataires.

Les charges locatives sont les dépenses que le propriétaire avance puis se fait rembourser, comme l'eau ou l'entretien des parties communes. En colocation, le bail fixe leur mode de paiement : des provisions ou un forfait (article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989).

Avec des provisions, tu verses une avance chaque mois. Au moins une fois par an, le propriétaire la compare aux dépenses réelles : c'est la régularisation, qui se solde par un remboursement ou un complément à payer. Demande le montant de la dernière : une provision basse peut cacher un complément salé.

Avec un forfait, le montant écrit dans le bail est définitif : aucune régularisation, seulement une révision possible chaque année, aux mêmes conditions que le loyer. Ce forfait ne doit pas être manifestement disproportionné par rapport aux charges réelles.

L'assurance habitation est obligatoire, au minimum contre les risques locatifs (incendie, explosion, dégâts des eaux), en contrat commun ou chacun la sienne.

Piège classique : comparer les annonces sur le loyer hors charges. Une chambre à 370 € plus 45 € de provision coûte déjà 15 € de plus par mois qu'une chambre à 400 € charges comprises au forfait.

Le bail : ce que tu signes pour les autres

Une colocation se signe par un bail unique pour tout le groupe, ou par un bail par colocataire. Dans un bail unique, tout dépend de la clause de solidarité. Si elle y figure, le propriétaire peut réclamer la totalité des sommes dues à n'importe quel colocataire ou à son garant, c'est-à-dire la personne qui s'est engagée par écrit à payer à sa place. Sans elle, comme avec un bail chacun, tu ne dois que ta part.

Étape 1 : La clause de solidarité. Si elle y est, calcule ce que tu paierais si un colocataire cessait de payer, et demande-toi si ton budget ou ton garant suivrait.

Étape 2 : L'acte de caution de ton garant. La loi exige, sous peine de nullité, qu'il identifie le colocataire dont le départ met fin à son engagement : vérifie que c'est toi.

Quand un colocataire s'en va

Celui qui part donne congé au propriétaire, par exemple par lettre recommandée avec avis de réception ; un simple courriel ne suffit pas. Le préavis court à partir du jour où le propriétaire reçoit le congé. Il dure un mois en meublé et trois mois en vide, ramenés à un mois si la lettre le précise en zone tendue, une commune où les logements manquent nettement selon une liste officielle (fiche de service-public.gouv.fr).

Au départ d'un colocataireBail unique avec solidaritéUn bail par colocataire
Ce qu'il peut devoirLes sommes dues par tous, jusqu'à six mois après son préavis, sauf remplaçant inscrit au bailSa seule part, jusqu'à la fin de son préavis
Le remplaçantIl n'entre au bail que si le propriétaire l'accepteChoisi par le propriétaire, sans l'accord des autres
Son dépôt de garantie (versé à l'entrée contre les impayés et les dégâts)Rendu seulement au départ du dernier colocataire : il s'arrange avec les autresRendu après la remise de ses clés

Piège classique : un remplaçant qui emménage et paie ta part ne te libère pas. Tant qu'il ne figure pas au bail, ton garant et toi restez solidaires, jusqu'à six mois après la fin de ton préavis.

Les règles de vie à écrire avant d'emménager

Le pacte de colocation est un écrit facultatif entre colocataires : il fixe les dépenses communes, les conditions de départ et un règlement intérieur (fiche de service-public.gouv.fr). Il ne change rien au bail ; il règle ce que le bail laisse au groupe.

Côté argent, note comment le loyer se partage, qui paie quelle facture et sous quel délai les autres le remboursent. Si les chambres diffèrent beaucoup, un partage en partie selon leur surface est plus juste (exercice 2).

Côté départs, fixe un délai pour prévenir le groupe, plus long que le préavis légal, et l'engagement d'inscrire le remplaçant au bail avant la fin de ce préavis. Prévois aussi que l'entrant rembourse au partant sa part du dépôt de garantie, puisque le propriétaire ne la rendra qu'à la toute fin.

Pour le quotidien, préfère des règles vérifiables aux grands principes : « cuisine rangée chaque soir » se contrôle, « chacun respecte les autres » ne tranche aucun désaccord.

Conseil : fais signer le pacte par tous, puis par chaque nouvel arrivant.

Choisir le logement et les colocataires

À la visite, vérifie d'abord la surface. Chaque colocataire demande seul son aide au logement (APL ou ALS) à la Caf, mais le logement doit offrir au moins 16 m² habitables pour deux colocataires, plus 9 m² par colocataire supplémentaire : à quatre, $16 + 9 + 9 = 34$ m². Si les chambres sont très inégales, règle avec les autres le partage du loyer avant de signer, pas au premier virement.

Avec les futurs colocataires, pose les questions qui coûtent de l'argent plus tard. Combien de temps chacun compte rester : un stage ou un semestre à l'étranger, c'est un congé en cours d'année. Qui a un garant. Ce que chacun attend de la vie commune : un désaccord à l'oral ne disparaîtra pas dans le pacte.

Exercices corrigés

Les montants sont fictifs. Cherche sur ta feuille avant d'ouvrir la correction.

Exercice 1 : Trois étudiants visent un meublé : loyer de 1 170 € hors charges, forfait de charges de 90 €, électricité estimée à 75 € et internet à 30 € par mois, assurance commune de 180 € par an. Tout se partage à parts égales. Calcule la part mensuelle de chacun. Le forfait pourra-t-il augmenter après une régularisation ?

Correction :

Par mois, le groupe paie $1\,170 + 90 + 75 + 30 + \dfrac{180}{12} = 1\,380$ €, soit $\dfrac{1\,380}{3} = 460$ € par personne.

Non : un forfait ne se régularise jamais, il se révise seulement une fois par an.

Exercice 2 : Trois colocataires louent un appartement vide de 58 m² habitables, à 1 200 € par mois charges comprises. Leurs chambres font 9 m², 12 m² et 15 m². Leur pacte prévoit que la moitié du loyer, pour les pièces communes, se partage à parts égales, et l'autre moitié selon la surface des chambres. Calcule la part de chacun. Le logement offre-t-il la surface exigée pour les aides au logement ?

Correction :

La moitié commune, 600 €, donne 200 € à chacun.

L'autre moitié se partage proportionnellement aux $9 + 12 + 15 = 36$ m² de chambres : $\dfrac{600 \times 9}{36} = 150$ €, $\dfrac{600 \times 12}{36} = 200$ € et $\dfrac{600 \times 15}{36} = 250$ €.

Les parts sont donc de 350 €, 400 € et 450 € par mois. Contrôle : $350 + 400 + 450 = 1\,200$ €.

À trois, il faut au moins $16 + 9 = 25$ m² habitables : avec 58 m², la condition est remplie.

Exercice 3 : Léa, Hugo et Inès louent un meublé à 1 260 € par mois charges comprises, en bail unique avec clause de solidarité. Le propriétaire reçoit le 10 mars la lettre recommandée de congé de Léa. Elle trouve Sarah, qui emménage le 1er avril et verse 420 € par mois à Hugo et Inès, mais personne ne prévient le propriétaire. En juillet, celui-ci ne reçoit que 840 €. Quand finit le préavis de Léa ? Elle se croit libérée à cette date : a-t-elle raison ? Que peut lui réclamer le propriétaire pour juillet ?

Correction :

Le logement est meublé : le préavis dure un mois à compter de la réception et finit le 10 avril.

Non. Avant six mois, la solidarité ne s'arrête que si un nouveau colocataire figure au bail. Sarah habite là, mais elle n'est pas locataire : Léa et son garant restent solidaires jusqu'au 10 octobre au plus tard.

Juillet tombe dans cette période : le propriétaire peut réclamer à Léa, ou à son garant, les 420 € manquants.

Il fallait demander au propriétaire d'inscrire Sarah au bail avant le 10 avril, puisque le groupe ne peut pas lui imposer un remplaçant : la solidarité de Léa se serait arrêtée ce jour-là.

À retenir

À retenir :

  • Une provision se régularise au moins une fois par an ; un forfait jamais, il se révise seulement chaque année.
  • Bail unique avec solidarité : chaque colocataire et son garant peuvent devoir la totalité.
  • Au départ, la solidarité dure jusqu'à six mois après le préavis, sauf remplaçant inscrit au bail.
  • Aides au logement : au moins 16 m² pour deux colocataires, plus 9 m² par colocataire supplémentaire.
  • Le pacte règle ce que le bail laisse au groupe : partage du loyer, départs, dépôt de garantie.

Sources

Tu peux partager cette page librement, en citant ORBITECH AI Academy avec son lien.