Le CAP Électricien t'apprend trois gestes : installer l'électricité d'un bâtiment, la mettre en service, puis la dépanner. L'examen te fait faire exactement ça, en trois épreuves pratiques. Exemple : dans un couloir, tu câbles une lampe commandée par deux interrupteurs, un à chaque bout (un montage appelé « va-et-vient »), tu vérifies qu'elle s'allume des deux côtés, et le jour où elle ne s'allume plus, tu trouves la pièce en panne et tu la remplaces. Le diplôme mène ensuite à des métiers comme installateur électricien ou tableautier.
Ce que tu apprends
Après la 3e, ce CAP se prépare en général en deux ans, au lycée professionnel ou en apprentissage. En apprentissage, tu signes un contrat de travail avec une entreprise et tu alternes avec un centre de formation. C'est un diplôme de niveau 3.
La fiche officielle du diplôme, au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), découpe le métier en activités. Préparer, c'est repérer les lieux et les contraintes, puis organiser ton intervention. Réaliser, c'est poser les conduits et les boîtes, tirer les câbles et raccorder le tableau électrique (le coffret qui regroupe les protections de chaque circuit), sans gaspiller. Mettre en service, c'est mesurer les grandeurs électriques, comme la tension et l'intensité, puis vérifier que tout fonctionne. Assurer la maintenance, c'est remplacer un matériel défaillant et expliquer au client ce que tu as fait.
Le diplôme exige aussi de respecter les normes des installations électriques et de viser l'efficacité énergétique, c'est-à-dire consommer moins pour le même service.
Au lycée professionnel, 14 semaines se passent en entreprise : ce sont les périodes de formation en milieu professionnel (PFMP), prévues par l'arrêté qui a créé le diplôme en 2018.
À côté de l'atelier, les cours généraux continuent : français, histoire-géographie et enseignement moral et civique, mathématiques et physique-chimie, éducation physique et sportive. S'y ajoute la prévention-santé-environnement (PSE), qui t'apprend à repérer les risques d'une situation de travail et à réagir face à une urgence. La langue vivante, elle, n'est qu'une épreuve facultative à l'examen.
Les épreuves de l'examen
Les trois épreuves professionnelles suivent les trois gestes du métier, dans l'ordre d'un chantier.
| Épreuve | Ce que tu fais |
|---|---|
| EP1 : réalisation d'une installation | Tu organises ton intervention, puis tu poses, câbles et raccordes l'installation. |
| EP2 : mise en service d'une installation | Tu contrôles les grandeurs électriques et tu valides le fonctionnement, en t'aidant d'outils numériques. |
| EP3 : maintenance d'une installation | Tu remplaces un matériel électrique et tu expliques ton intervention au client ou à l'usager. |
L'EP1 a le plus gros coefficient : c'est elle qui pèse le plus dans ta moyenne. Chaque groupe de matières générales cité plus haut a aussi son épreuve.
Définition : le contrôle en cours de formation (CCF) est une évaluation faite par tes professeurs pendant la formation, sur plusieurs situations, au lieu d'un seul jour d'examen. C'est le mode prévu au lycée public ou privé sous contrat, et dans un centre de formation d'apprentis (CFA) habilité.
Les autres candidats, par exemple les candidats libres, passent des épreuves ponctuelles : écrite et pratique pour la réalisation, pratiques de 2 heures pour la mise en service et la maintenance.
Les calculs de base de l'électricien
Avant de brancher, un électricien vérifie que le circuit supporte ce qu'on va y mettre. Il calcule pour ça l'intensité, en ampères, que chaque appareil va tirer. Les relations sont celles vues en physique-chimie au collège. En France, les prises d'une maison sont sous 230 V.
Formule : pour un appareil qui chauffe (radiateur, four, bouilloire) branché sous une tension $U$,
$$P = U \times I \qquad U = R \times I \qquad E = P \times t$$
$P$ est la puissance en watts (W), $U$ la tension en volts (V), $I$ l'intensité en ampères (A), $R$ la résistance en ohms ($\Omega$). L'énergie $E$ est en kilowattheures (kWh) si $P$ est en kilowatts et $t$ en heures.
Pour retrouver $P = U \times I$ le jour où tu l'as oubliée, pense aux unités : des volts multipliés par des ampères donnent des watts. Et pour obtenir l'intensité, tu divises : $I = \dfrac{P}{U}$.
Exemple : un radiateur de 2 300 W branché sous 230 V tire $I = \dfrac{2\,300}{230} = 10$ A.
Piège classique : les appareils branchés sur une même ligne de prises sont en dérivation, donc leurs intensités s'additionnent. Calculer chaque appareil seul ne suffit pas : c'est le total qui compte. Au-delà de ce que la ligne peut supporter, elle est en surcharge et ses câbles chauffent. Le disjoncteur, l'appareil du tableau qui coupe le courant automatiquement, sert à la protéger.
La sécurité avant tout geste
Le courant ne se voit pas : un fil sous tension ressemble trait pour trait à un fil hors tension. Seule une mesure fait la différence.
Piège classique : couper le disjoncteur ne prouve pas que le circuit est hors tension, car tu as pu couper le mauvais. Avant de toucher un conducteur, tu vérifies l'absence de tension avec le bon outil, un vérificateur d'absence de tension (VAT).
Le diplôme, lui, ne suffit pas pour travailler sur une installation électrique. Le Code du travail réserve ces opérations aux travailleurs habilités, et c'est l'employeur qui délivre l'habilitation, après une formation et un avis d'aptitude du médecin du travail (INRS). Elle porte un code : B1V désigne par exemple un exécutant de travaux électriques, y compris au voisinage de pièces sous tension, BR une intervention générale en basse tension.
Les métiers visés
La fiche RNCP du diplôme cite ces emplois : électricien, installateur électricien, installateur domotique, câbleur (fibre optique, réseau, cuivre), monteur électricien et tableautier.
L'installateur électricien équipe des logements et des locaux, neufs ou rénovés. L'installateur domotique pose ce qui pilote automatiquement une maison : volets, éclairage, chauffage. Le câbleur tire et raccorde les câbles des réseaux de communication, comme la fibre optique. Le tableautier monte en atelier les tableaux et armoires électriques.
Ces métiers s'exercent dans le bâtiment (logements, bureaux, usines), sur les réseaux et dans l'industrie. Avec ce diplôme, tu travailles sous la responsabilité d'un professionnel plus qualifié : c'est ce que prévoit sa fiche officielle.
Exercices corrigés
Du plus direct au plus proche d'un contrôle. Cherche chacun sur ta feuille avant d'ouvrir la correction.
Exercice 1 : Une bouilloire de 2 000 W est branchée sur une prise de 230 V. Calcule l'intensité qui la traverse, arrondie au dixième d'ampère.
Correction :
On connaît la puissance et la tension, on cherche l'intensité : on divise. $I = \dfrac{P}{U} = \dfrac{2\,000}{230} \approx 8{,}7$ A.
Exercice 2 : La résistance d'un petit radiateur vaut $46\ \Omega$ et il est branché sous 230 V. Calcule l'intensité qui le traverse, puis sa puissance.
Correction :
Avec la loi d'Ohm : $I = \dfrac{U}{R} = \dfrac{230}{46} = 5$ A.
Puis $P = U \times I = 230 \times 5 = 1\,150$ W.
Exercice 3 : Un four de 2 400 W chauffe pendant 1 h 30 min. Calcule l'énergie consommée en kWh, puis son coût si le kWh est à 0,20 € (prix fictif).
Correction :
Le piège est dans la durée : 1 h 30 min ne fait pas 1,30 h. Trente minutes, c'est une demi-heure, donc $t = 1{,}5$ h. La puissance en kilowatts vaut $P = 2{,}4$ kW.
$E = P \times t = 2{,}4 \times 1{,}5 = 3{,}6$ kWh, et le coût vaut $3{,}6 \times 0{,}20 = 0{,}72$ €.
Avec 1,30 h, tu aurais trouvé 3,12 kWh : un résultat faux qui a l'air normal, et c'est pour ça que l'erreur passe.
Exercice 4 : Dans une cuisine, une ligne de prises est prévue pour 16 A au plus. On veut y brancher en même temps une bouilloire de 2 000 W, un grille-pain de 900 W et un radiateur d'appoint de 1 500 W, sous 230 V. Est-ce possible sans dépasser 16 A ?
Correction :
Les trois appareils sont en dérivation sur la même ligne : leurs intensités s'additionnent, donc leurs puissances aussi.
Puissance totale : $P = 2\,000 + 900 + 1\,500 = 4\,400$ W. Intensité totale : $I = \dfrac{4\,400}{230} \approx 19{,}1$ A.
C'est plus que 16 A : la ligne serait en surcharge. Il faut brancher l'un des trois appareils sur une autre ligne.
Contrôle : sous 230 V, 16 A correspondent à $230 \times 16 = 3\,680$ W au plus, moins que 4 400 W.
À retenir
À retenir :
- Trois gestes, trois épreuves pratiques : réalisation (EP1, la plus lourde), mise en service (EP2), maintenance (EP3).
- Au lycée professionnel, 14 semaines en entreprise, et des cours généraux dont la PSE.
- $P = U \times I$, $U = R \times I$, $E = P \times t$ ; sur une même ligne, les intensités s'additionnent.
- Couper ne suffit pas : on vérifie l'absence de tension avant de toucher.
- Le diplôme ne remplace pas l'habilitation, délivrée par l'employeur.
Sources
- Arrêté du 8 février 2018 portant création de la spécialité « électricien » de CAP, version consolidée : texte sur Légifrance.
- Fiche RNCP38401, CAP Électricien : France compétences.
- Habilitation électrique : INRS.