En DN MADE graphisme, tu apprends à mener un projet de communication visuelle de bout en bout : comprendre la demande, chercher, produire, puis défendre tes choix à l'oral. Le logiciel se choisit d'après l'image à fabriquer : vectoriel pour un logo, matriciel pour une photo, mise en page pour un document de plusieurs pages. Un logo de festival, par exemple, se dessine en vectoriel parce qu'il doit rester net sur un badge de 3 cm comme sur une bâche de 3 m.
Les projets que tu vas mener
Le DN MADE se prépare en six semestres et confère le grade de licence, qui permet ensuite de candidater en master. Le graphisme est l'une de ses 14 mentions, ou domaines. Son référentiel, le texte officiel qui décrit le diplôme (arrêté du 28 octobre 2022), cite les projets que tu croiseras : identité visuelle avec logotype et charte graphique (le document qui fixe couleurs, typographies et règles d'usage), affiche, livre, magazine, packaging, signalétique (les panneaux qui orientent dans un lieu), graphisme d'information, interface.
Les quatre premiers semestres enchaînent des micro-projets, des sujets courts, fictifs ou réels. En troisième année viennent le mémoire, un écrit de recherche lié à ton projet, soutenu au semestre 5, puis le projet MADE, soutenu au semestre 6. Ces deux soutenances orales de 30 minutes sont les seules épreuves à date fixe : le reste se valide en contrôle continu.
Côté entreprise, tu fais un stage d'observation de 2 semaines au semestre 2, puis un stage de 12 à 16 semaines entre les semestres 4 et 6.
D'un sujet à l'autre, la démarche reste la même.
Étape 1 : Analyser la demande, ou brief : qui parle, à qui, pour dire quoi, avec quel budget et quel délai.
Étape 2 : Chercher large : références, mots clés, croquis rapides appelés roughs, sans juger trop tôt.
Étape 3 : Choisir une piste et la développer, arguments à l'appui.
Étape 4 : Produire : maquettes, tests d'impression ou d'écran, puis fichiers finaux.
Étape 5 : Présenter à l'oral, en reliant chaque choix à la demande.
Choisir le logiciel selon l'image
Le référentiel n'impose aucun logiciel : ton école choisit, et le texte l'invite à ne pas s'en tenir aux logiciels propriétaires, au code fermé, pour explorer aussi les logiciels libres. Pour la première année, il privilégie la PAO (publication assistée par ordinateur) : retouche d'image, dessin vectoriel, mise en page. Au semestre 2 s'ajoutent les bases de la programmation, comme les variables et les boucles.
Ce qui décide, c'est la nature de l'image. Une image matricielle est une grille de pixels : une photo, par exemple. Agrandis-la trop et les pixels apparaissent, car le fichier ne contient rien d'autre que cette grille. Une image vectorielle est décrite par des formes calculées, des points reliés par des courbes, que le logiciel retrace à chaque taille : le trait reste net, du timbre-poste à la façade.
| Famille | Ce que tu y fais | Logiciel propriétaire | Logiciel libre |
|---|---|---|---|
| Dessin vectoriel | Logo, pictogramme, illustration au trait | Illustrator | Inkscape |
| Retouche d'image | Photo, photomontage | Photoshop | GIMP |
| Mise en page | Livre, magazine, brochure | InDesign | Scribus |
| Maquette d'interface | Écrans d'application ou de site | Figma | Penpot |
Piège classique : dessiner un logo dans un logiciel de retouche d'image. Net à l'écran, il se pixelise une fois agrandi sur une bâche. Un logo naît en vectoriel. Et une photo placée dans un fichier vectoriel garde ses pixels.
Calculer pixels et résolution
La résolution dit combien de pixels tiennent dans un pouce de papier, et un pouce vaut 25,4 mm. Elle s'exprime en ppp, pixels par pouce (ppi en anglais, souvent appelés dpi). Plus elle est haute, plus chaque pixel imprimé est petit et discret.
Formule : nombre de pixels = (longueur en mm ÷ 25,4) × résolution en ppp. Dans l'autre sens, résolution obtenue = nombre de pixels ÷ (longueur en mm ÷ 25,4).
Pour un document vu de près, les imprimeurs demandent en général 300 ppp. Une page A4 de 210 × 297 mm demande donc 210 ÷ 25,4 × 300 ≈ 2480 pixels de large et 297 ÷ 25,4 × 300 ≈ 3508 pixels de haut.
Piège classique : passer une image de 72 à 300 ppp dans le réglage de taille d'image n'ajoute aucun détail. Sans rééchantillonnage (le recalcul des pixels), l'image garde ses pixels et rétrécit sur le papier. Avec, le logiciel invente des pixels et l'image devient floue. Pour juger une image, compte ses pixels.
Préparer un fichier pour l'imprimeur
Un écran fabrique la couleur avec de la lumière : rouge, vert et bleu s'additionnent jusqu'au blanc. C'est le mode RVB. Une presse dépose des encres qui absorbent une partie de la lumière : cyan, magenta, jaune et noir. C'est le mode CMJN. Les encres ne rendent pas toutes les couleurs d'un écran : un bleu très vif en RVB sort plus terne sur papier. Pour le web, tu restes en RVB ; pour l'impression, tu contrôles le rendu en CMJN avec le profil de couleur, adapté au papier, que fournit l'imprimeur.
La coupe des feuilles n'est jamais parfaitement calée sur le trait. Si un fond de couleur s'arrête pile au bord, un filet blanc peut apparaître. Tout ce qui touche le bord déborde donc du format fini : c'est le fond perdu, souvent 3 mm de chaque côté. Textes et logos, eux, restent quelques millimètres à l'intérieur. Enfin, les polices doivent être incorporées dans le PDF envoyé.
Conseil : avant de commencer, demande à l'imprimeur ses consignes (résolution, fond perdu, profil de couleur, type de PDF) : elles changent de l'un à l'autre.
Typographie et mise en page
La hiérarchie est l'ordre dans lequel l'œil lit : titre, accroche, texte. Tu la construis avec la taille, la graisse (l'épaisseur du trait), la couleur et l'espace. Si tout est gros, plus rien ne ressort.
La grille, un réseau de colonnes et de marges, cale chaque élément d'une page à l'autre. Le gris typographique est l'impression que laisse un bloc de texte vu de loin : régulier, il se lit sans effort.
Les compétences évaluées
Le diplôme est découpé en blocs de compétences, des groupes de savoir-faire évalués ensemble, dont trois propres au graphisme. Le bloc 9 attend une écriture graphique personnelle et la capacité à t'auto-évaluer. Le bloc 10 porte sur la recherche : expérimenter le rapport entre texte et image, la rhétorique de l'image (comment elle convainc) et sa sémiologie (ce que ses signes évoquent), puis vérifier qu'un projet est faisable sur les plans technique, économique et juridique. Le bloc 11 porte sur la production : maquettes, prototypes, planning jusqu'au rendu.
Huit blocs communs à toutes les mentions s'y ajoutent, des outils numériques au travail en équipe en passant par la veille, c'est-à-dire suivre l'actualité de ton métier. En langues, on vise le niveau B2 en anglais, et B1 dans une seconde langue si tu la prends en option.
Chaque compétence se juge sur quatre échelons : maîtrise insuffisante, fragile, satisfaisante, très bonne. Une unité d'enseignement, un groupe de cours, est acquise définitivement dès la maîtrise satisfaisante.
Exercices corrigés
Calculatrice en main, cherche chaque exercice avant d'ouvrir sa correction.
Exercice 1 : Un flyer A5 mesure 148 × 210 mm, sans fond perdu. L'imprimeur demande 300 ppp. Combien de pixels doit mesurer une photo qui couvre tout le flyer ? Arrondis au pixel.
Correction :
On passe en pouces, puis on multiplie par la résolution. Largeur : 148 ÷ 25,4 × 300 ≈ 1748 pixels. Hauteur : 210 ÷ 25,4 × 300 ≈ 2480 pixels.
La photo doit mesurer environ 1748 × 2480 pixels.
Exercice 2 : Un client t'envoie une photo de 1500 × 1000 pixels. Dans sa brochure, elle doit occuper 210 × 140 mm, et l'imprimeur demande 300 ppp. La photo convient-elle ? Sinon, quelle taille maximale peut-elle occuper à 300 ppp ?
Correction :
Résolution obtenue en largeur : 1500 ÷ (210 ÷ 25,4) ≈ 181 ppp. En hauteur, 1000 ÷ (140 ÷ 25,4) donne aussi environ 181 ppp. Moins de 300 ppp : la photo ne convient pas à cette taille.
À 300 ppp, elle couvre 1500 ÷ 300 = 5 pouces, soit 5 × 25,4 = 127 mm de large, et 1000 ÷ 300 × 25,4 ≈ 84,7 mm de haut. Taille maximale : environ 127 × 85 mm.
Changer le chiffre de résolution ne réglerait rien : il faut une photo plus grande, ou l'imprimer plus petite.
Exercice 3 : Une carte de visite mesure 85 × 55 mm une fois coupée. L'imprimeur demande 3 mm de fond perdu et veut les textes à au moins 3 mm du bord de coupe. Quelles dimensions donnes-tu au document ? Dans quelle zone places-tu les textes ?
Correction :
Le fond perdu s'ajoute de chaque côté, donc deux fois par dimension : 85 + 2 × 3 = 91 mm et 55 + 2 × 3 = 61 mm. Le document mesure 91 × 61 mm.
La marge se retire elle aussi des deux côtés : 85 − 6 = 79 mm et 55 − 6 = 49 mm. Les textes tiennent dans une zone de 79 × 49 mm, centrée sur la carte.
Ajouter 3 mm une seule fois, soit 88 × 58 mm, ne laisserait que 1,5 mm de fond perdu de chaque côté.
À retenir
À retenir :
- Démarche : analyser la demande, chercher large, choisir, produire, présenter.
- Logo et pictogramme en vectoriel, photo en matriciel, document de plusieurs pages en mise en page.
- Nombre de pixels = (longueur en mm ÷ 25,4) × résolution en ppp, avec en général 300 ppp pour l'impression.
- Changer le chiffre de résolution n'ajoute aucun pixel.
- Écran en RVB, impression contrôlée en CMJN, fond perdu de chaque côté, polices incorporées.
- Mémoire au semestre 5, projet MADE au semestre 6 : deux soutenances orales de 30 minutes.
Sources
- Arrêté du 28 octobre 2022 modifiant l'arrêté du 18 mai 2018 relatif au diplôme national des métiers d'art et du design, dont les annexes forment le référentiel en vigueur : texte sur Légifrance.
- Décret n° 2026-752 du 6 août 2026 relatif au grade de licence et au grade de master : texte sur Légifrance.