Retour au blog

Histoire Économique et Sociale : Révolution Industrielle, Capitalisme et Mondialisation

Ce que veulent dire révolution industrielle, capitalisme et mondialisation, comment ils s'enchaînent de la machine à vapeur à l'OMC, puis trois exercices corrigés pour t'entraîner.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

La révolution industrielle, c'est le passage de l'atelier et du travail à la main à l'usine, aux machines et à une énergie nouvelle : à la fin du XVIIIe siècle, en Grande-Bretagne, la machine à vapeur fait tourner les filatures de coton. Le capitalisme est le système qui finance ces usines : des propriétaires privés y placent leur argent, le capital, et emploient des salariés pour en tirer un profit. La mondialisation relie les économies du monde par les échanges, et chaque progrès des transports l'accélère, du navire à vapeur au porte-conteneurs. Ta copie doit montrer comment ces trois mouvements se nourrissent l'un l'autre.

La révolution industrielle, un processus

Elle démarre en Grande-Bretagne, qui réunit du charbon, des capitaux gagnés dans le commerce et une agriculture plus productive, qui libère de la main-d'œuvre. En 1769, l'Écossais James Watt fait breveter un condenseur séparé, qui refroidit la vapeur hors du cylindre : les machines à vapeur qui en sont équipées brûlent deux tiers de charbon en moins. La vapeur actionne alors métiers à tisser et forges, puis locomotives. La production augmente durablement : c'est la croissance.

La France suit plus lentement. Son industrialisation s'accélère sous le Second Empire (1852-1870), qui encourage les chemins de fer et les banques. Au Creusot, les frères Schneider, qui ont racheté les forges en 1836, produisent de l'acier pour le rail et pour l'armée. Le programme d'histoire de Première consacre un chapitre à cette « accélération des transformations économiques et sociales en France ».

Piège classique : le mot « révolution » fait penser à un changement brutal. Ici, c'est un processus qui s'étale sur des décennies et touche les régions inégalement. La France s'industrialise en restant majoritairement rurale : les citadins ne dépassent les ruraux qu'au recensement de 1931.

Trois vagues d'innovations

On distingue souvent trois vagues, chacune portée par des techniques nouvelles.

VagueÀ partir deCe qui la porteCe qui change au travail
Premièrefin du XVIIIe siècle en Grande-Bretagne, milieu du XIXe en Francecharbon, machine à vapeur, textile, chemin de ferl'usine rassemble les ouvriers autour des machines
Deuxièmeannées 1880électricité, pétrole, moteur à explosion, acier, chimietravail à la chaîne, production en grande série
Troisièmeannées 1970électronique, informatique, télécommunicationsrobots, ordinateurs, travail en réseau

En 1913, dans son usine de Highland Park, près de Detroit, Henry Ford installe une chaîne de montage mobile : la voiture avance, chaque ouvrier répète le même geste. Le prix de la Ford T baisse, et plus de 15 millions d'exemplaires sont fabriqués jusqu'en 1927. C'est le fordisme : produire en grande série des objets identiques, avec des salaires assez hauts pour que les ouvriers deviennent aussi des clients.

Le capitalisme et ses crises

Dans le capitalisme, les moyens de production (usines, machines, terres) appartiennent à des propriétaires privés, et les prix se fixent surtout sur des marchés. Comme une usine coûte cher, les banques collectent l'épargne pour la prêter : en 1852, les frères Pereire fondent le Crédit mobilier, qui finance chemins de fer et industrie. Les sociétés par actions, elles, vendent des parts de leur capital, les actions, qui s'échangent à la Bourse.

En 1776, l'Écossais Adam Smith pose les bases du libéralisme économique : sur un marché libre, chacun sert la richesse de tous en suivant son intérêt. En 1848, à l'inverse, Karl Marx et Friedrich Engels écrivent dans le Manifeste du parti communiste que le capitalisme exploite les ouvriers et que les moyens de production doivent devenir collectifs.

Le capitalisme avance aussi par crises. Le 24 octobre 1929, le « jeudi noir », la Bourse de New York s'effondre, entraînant faillites de banques et fermetures d'usines. Les capitaux américains placés en Europe rentrent au pays, et la crise devient mondiale. En 1933, le président Franklin Roosevelt lance le New Deal : l'État intervient pour relancer l'économie.

Piège classique : ne confonds pas capitalisme et libéralisme. Le capitalisme est une façon d'organiser la production ; le libéralisme est une doctrine qui veut limiter le rôle de l'État. La France d'après 1945 reste capitaliste alors que l'État y nationalise de grandes entreprises, comme Renault, et planifie la reconstruction.

Une société transformée

L'usine attire les habitants des campagnes vers les villes : c'est l'exode rural. Les villes industrielles grandissent vite, souvent sans logements suffisants. À Paris, le préfet Haussmann, en poste de 1853 à 1870, perce de larges boulevards ; chassés par la hausse des loyers, beaucoup d'ouvriers partent vers les faubourgs.

La bourgeoisie d'affaires possède les capitaux. Certains patrons pratiquent le paternalisme : comme les Schneider au Creusot, ils logent leurs ouvriers et scolarisent leurs enfants, pour les attacher à l'entreprise et les encadrer. Les ouvriers, eux, n'ont que leur travail à vendre : journées très longues, salaires bas. Les enfants travaillent aussi ; une loi de 1841 interdit de les employer avant 8 ans dans les usines mécanisées et les ateliers de plus de 20 ouvriers, mais faute de contrôles, elle est peu appliquée.

Cette misère devient un enjeu politique : c'est la question sociale. Les ouvriers s'organisent. En 1864, une loi supprime le délit de coalition, qui punissait toute entente pour cesser le travail : faire grève n'est plus un délit en soi. En 1884, la loi Waldeck-Rousseau autorise les syndicats, des associations qui défendent les intérêts d'un métier. Le 1er mai 1891, à Fourmies, dans le Nord, la troupe tire sur des ouvriers qui manifestent pour la journée de huit heures, et tue plusieurs personnes, dont des enfants.

Les étapes de la mondialisation

La mondialisation n'a pas attendu Internet. Avant 1914, navires à vapeur, chemins de fer et télégraphe relient déjà les continents : l'Europe industrielle importe des matières premières et vend partout ses produits fabriqués. Les guerres mondiales et la crise des années 1930 cassent cet élan : chaque pays protège ses producteurs par des droits de douane, des taxes sur les produits importés. C'est le protectionnisme.

Après 1945, les échanges repartent. Le GATT, l'accord général sur les tarifs douaniers et le commerce signé en 1947, organise la baisse des droits de douane ; l'Organisation mondiale du commerce (OMC) lui succède le 1er janvier 1995. En France, les années de forte croissance qui suivent la guerre sont appelées les « Trente Glorieuses ». Les chocs pétroliers y mettent fin : en 1973, le prix du baril est multiplié par quatre, puis il flambe de nouveau en 1979. La croissance ralentit et le chômage de masse s'installe.

La troisième révolution industrielle accélère le mouvement : le porte-conteneurs abaisse le coût du transport. Les firmes multinationales, qui ont des filiales dans plusieurs pays, déplacent une partie de leur production là où elle coûte le moins : ce sont les délocalisations. Les vieux pays industriels perdent des emplois d'usine, tandis que des pays émergents, dont l'économie rattrape vite celle des pays riches, deviennent de grandes puissances industrielles, comme la Chine.

Exercices corrigés

Cherche chaque exercice avant d'ouvrir sa correction.

Exercice 1 : Données fictives. Une ville textile du Nord compte 12 000 habitants en 1851 et 54 000 en 1891. Par combien sa population a-t-elle été multipliée ? Quel est son taux d'évolution, en pourcentage ? D'où viennent surtout les nouveaux habitants ?

Correction :

Coefficient multiplicateur : $\dfrac{54\,000}{12\,000} = 4{,}5$. La population est multipliée par $4{,}5$.

Taux d'évolution : $\dfrac{54\,000 - 12\,000}{12\,000} \times 100 = 350$, soit une hausse de $350\,\%$ en quarante ans.

Les nouveaux venus arrivent surtout des campagnes voisines, attirés par les emplois des usines : c'est l'exode rural.

Exercice 2 : Vrai ou faux ? Justifie. « En 1900, la plupart des Français vivent en ville, puisque la France a fait sa révolution industrielle. »

Correction :

Faux. La France s'industrialise sans cesser d'être majoritairement rurale : les citadins ne dépassent les ruraux qu'au recensement de 1931. Le raisonnement « industrie, donc villes » oublie que l'industrialisation est lente.

Exercice 3 : En une dizaine de lignes, montre que l'industrialisation transforme la société française entre 1848 et 1914.

Correction :

Une idée par phrase, prouvée par un exemple daté :

« Entre 1848 et 1914, l'industrialisation transforme la société française. Elle déplace d'abord la population : l'exode rural gonfle les villes, et Haussmann rebâtit Paris à partir de 1853. Elle oppose ensuite une bourgeoisie qui possède les capitaux, comme les Schneider au Creusot, à des ouvriers aux conditions de vie dures. Leur misère pose la question sociale, et le mouvement ouvrier obtient la fin du délit de coalition en 1864, puis la liberté syndicale en 1884. Ces changements restent progressifs, car la France demeure majoritairement rurale en 1914. »

À retenir

À retenir :

  • Révolution industrielle : usine, machines, énergie nouvelle ; un processus lent, pas un événement.
  • Trois vagues : vapeur et charbon, puis électricité et pétrole, puis électronique et informatique.
  • Capitalisme : propriété privée des moyens de production, profit, salariat ; différent du libéralisme.
  • Société : exode rural, bourgeoisie et ouvriers, question sociale ; grève dépénalisée en 1864, syndicats autorisés en 1884.
  • Mondialisation : forte avant 1914, freinée jusqu'en 1945, relancée par le GATT (1947) puis l'OMC (1995).

Sources

  • Programme d'histoire-géographie de première générale, Bulletin officiel spécial n° 1 du 22 janvier 2019 : texte sur eduscol.
  • Archives nationales, « Syndicats professionnels en France et dans les anciennes colonies françaises (1884-1977) » : data.gouv.fr.
  • Direction générale du Trésor, sur la création de l'OMC et le GATT : tresor.economie.gouv.fr.

Tu peux partager cette page librement, en citant ORBITECH AI Academy avec son lien.