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Licence Sciences de l'Éducation : Programme, Compétences et Débouchés Professionnels

Ce qu'on y étudie, les compétences de sa fiche nationale et ses débouchés, concours de professeur des écoles dès la L3 compris, avec trois exercices corrigés.

Cet article a été rédigé à des fins pédagogiques. Les informations présentées peuvent évoluer. Nous t’invitons à vérifier auprès de sources officielles.

La licence de sciences de l'éducation t'apprend à analyser une situation où quelqu'un apprend, enseigne ou forme, avec les outils de plusieurs disciplines, puis à proposer des solutions. Exemple : dans une classe de CP où plusieurs élèves peinent à lire, tu sais situer l'école dans son quartier, choisir entre observation, entretien et questionnaire pour comprendre ce qui bloque, et lire les études déjà publiées sur ces difficultés. Elle mène aux concours de l'enseignement dès la L3, à un master, ou aux métiers de la formation et de l'insertion.

Ce que tu étudies

Aucun texte national ne fixe la liste des cours. Chaque université écrit sa maquette, c'est-à-dire son plan de formation semestre par semestre.

Ce qui est commun à toutes, c'est la fiche nationale de la mention, publiée le 23 octobre 2023 par France compétences au RNCP, le répertoire national des certifications professionnelles. Son nom officiel y est « Sciences de l'éducation et de la formation » : on n'y étudie pas que l'école, mais aussi la formation des adultes.

« Sciences » est au pluriel parce que plusieurs disciplines regardent le même fait. La sociologie demande qui réussit à l'école et pourquoi, la psychologie comment on apprend, la philosophie à quoi sert d'éduquer, l'histoire d'où vient l'école telle qu'elle est. La fiche te demande de savoir décrire un fait éducatif dans son contexte « institutionnel, territorial, historique, politique, économique et culturel ».

Exemple : en 6e, des élèves oublient souvent leurs affaires (situation fictive). Le sociologue regarde leurs conditions de vie, comme une semaine partagée entre deux domiciles. Le psychologue, ce que demande l'organisation d'un cartable à 11 ans. Le philosophe, la règle elle-même : pourquoi exiger ce matériel ? Une bonne analyse croise ces regards.

Le second pilier, ce sont les méthodes d'enquête : observer une classe avec une grille, mener un entretien, construire un questionnaire, traiter les réponses avec des statistiques simples. La fiche parle de « mettre en œuvre un protocole de recueil et de traitement de données ». Un protocole, c'est le plan écrit de ton enquête : qui tu interroges, avec quel outil, combien de personnes.

On entre en L1 par Parcoursup, et certaines universités accueillent aussi en L2 ou en L3 des étudiants venus d'une autre formation.

Conseil : le stage et les parcours de L3 dépendent de la maquette. Ouvre celle de l'université visée avant de choisir : deux licences du même nom peuvent être très différentes.

Les compétences de la fiche nationale

La fiche liste douze compétences propres à la mention. Dites en clair, elles forment quatre familles.

FamilleCe que la fiche demande, en clair
AnalyserDécrire un fait éducatif dans son contexte, le lire avec les concepts de plusieurs approches, situer chaque acteur (élève, famille, enseignant, institution), garder « une posture distanciée et critique ».
EnquêterChoisir les outils d'analyse adaptés, recueillir et traiter des données, t'appuyer sur la recherche en éducation.
AgirProposer des solutions à une situation problème, participer à l'élaboration d'un cahier des charges.
TransmettreAnalyser à plusieurs des situations d'apprentissage, communiquer et partager les savoirs du domaine.

Un cahier des charges, c'est le document qui fixe ce qu'un projet ou une formation doit atteindre, pour quel public et avec quels moyens.

Piège classique : analyser l'école à partir de ta propre scolarité. En dossier, « dans mon lycée, les professeurs faisaient ainsi » ne prouve rien. Un fait éducatif s'analyse avec un concept et des données, pas avec un souvenir.

Devenir professeur des écoles ou CPE

Depuis la session 2026, le concours de professeur des écoles (CRPE) et celui de conseiller principal d'éducation (CPE, qui organise la vie scolaire d'un collège ou d'un lycée) s'ouvrent dès la troisième année de licence. Pour le CRPE, toute licence convient, la tienne comprise.

Il faut être inscrit en L3 ou titulaire d'une licence à la date des résultats d'admissibilité, c'est-à-dire des résultats des écrits (ministère, octobre 2026). Pour la session 2027, les inscriptions courent du 1er octobre au 25 novembre 2026, et les épreuves ont lieu de mars à juin 2027. La licence professorat des écoles (LPE), pensée pour ce métier, n'est pas obligatoire.

Si tu réussis le CRPE, tu suis deux années rémunérées de master enseignement et éducation (M2E) dans un Inspé, l'institut de formation des enseignants intégré à l'université. En première année, tu es élève fonctionnaire, payé environ 1 400 € nets par mois, avec 12 semaines de stage. En deuxième année, tu es fonctionnaire stagiaire, à mi-temps devant les élèves, pour environ 1 800 € nets par mois. Tu es titularisé si tu obtiens le master et que ton année de stage est validée.

Piège classique : tu liras encore « professeur des écoles après un master MEEF ». Depuis la rentrée 2026, on ne peut plus s'inscrire en première année de master MEEF premier degré, second degré ou encadrement éducatif : le concours vient d'abord, en fin de licence, puis le master M2E. Le concours à bac+5 ne reste ouvert, à titre transitoire, que jusqu'à la session 2027 incluse.

Les autres débouchés

La fiche nationale liste les emplois accessibles dès la licence, surtout dans la formation et l'insertion : formateur pour adultes en entreprise, chargé d'ingénierie pédagogique, médiateur associatif, animateur local d'insertion, agent d'accueil en Mission locale.

L'ingénierie pédagogique, c'est concevoir une formation de bout en bout : objectifs, déroulé, supports, évaluation. Une Mission locale accompagne les jeunes vers l'emploi et la formation.

Pour encadrer ou concevoir des dispositifs plus larges, l'étape suivante est un master : de sciences de l'éducation, ou le master MEEF « pratiques et ingénierie de la formation », qui reste ouvert.

Piège classique : compter sur ta licence pour devenir éducateur spécialisé. Ce métier a son propre diplôme d'État, de niveau bac+3, que ta licence ne remplace pas.

Exercices corrigés

Du plus direct au plus proche d'un dossier de licence. Cherche chacun avant d'ouvrir la correction.

Exercice 1 : Inès est en L3 de sciences de l'éducation en 2026-2027 et veut devenir professeure des écoles. Peut-elle passer le CRPE de la session 2027, et jusqu'à quand peut-elle s'inscrire ? Si elle réussit et valide sa licence, que touchera-t-elle chaque mois pendant les deux années suivantes ?

Correction :

Oui. Elle est inscrite en dernière année de licence à la date des résultats d'admissibilité, et toute licence convient. Elle peut s'inscrire jusqu'au 25 novembre 2026.

Ensuite, deux ans de master M2E : environ 1 400 € nets par mois la première année, puis environ 1 800 € nets par mois la deuxième.

Exercice 2 : Tom, en L2 de sciences de l'éducation, affirme : « Ma licence me permettra d'être éducateur spécialisé, et si je passe le diplôme d'État, elle me dispensera d'une partie de la formation. » Données : la fiche nationale de la licence ne cite pas ce métier parmi ses emplois ; celle du diplôme d'État accorde des dispenses de blocs, c'est-à-dire de parties du diplôme, à plusieurs licences, dont la sociologie et la psychologie, mais pas aux sciences de l'éducation. Que réponds-tu à Tom ?

Correction :

Première affirmation, fausse. Le métier a son propre diplôme, et la licence ne le vise pas : elle ne fait pas de Tom un éducateur spécialisé.

Seconde affirmation, fausse aussi. Les dispenses existent, mais pour d'autres licences. Tom devra préparer le diplôme d'État sans dispense au titre de sa licence.

Exercice 3 : Dans un centre de formation pour adultes, 6 stagiaires sur 20 ont quitté une formation de six mois avant la fin (données fictives). La responsable veut comprendre pourquoi et propose de distribuer un questionnaire le dernier jour. Explique pourquoi ce protocole ne répond pas à sa question, puis propose-en un meilleur : quel outil, auprès de qui, combien de personnes.

Correction :

Le dernier jour, seuls les $20 - 6 = 14$ stagiaires restés sont là. Le questionnaire n'atteint aucun de ceux qui sont partis, alors que ce sont leurs raisons qu'on cherche : l'échantillon, c'est-à-dire le groupe interrogé, ne contient personne du groupe étudié.

Meilleur protocole : des entretiens semi-directifs avec les 6 stagiaires partis, joints par téléphone. Semi-directif veut dire que tu suis une liste de thèmes préparée à l'avance (horaires, contenu, financement, vie personnelle), et que la personne répond librement.

Ajoute 6 entretiens avec des stagiaires restés, pour comparer à nombre égal : une raison citée autant par ceux qui restent que par ceux qui partent n'explique pas les départs. Résultat : 12 entretiens semi-directifs, 6 auprès des partants et 6 auprès des restants.

À retenir

À retenir :

  • Chaque université écrit sa maquette ; la fiche nationale fixe les compétences.
  • Deux piliers : plusieurs disciplines pour analyser, des méthodes d'enquête pour recueillir des données.
  • CRPE et CPE dès la L3 avec toute licence, puis deux ans de master M2E rémunéré.
  • Emplois dès la licence : formation des adultes, ingénierie pédagogique, insertion, médiation.
  • Éducateur spécialisé : un diplôme d'État à part.

Sources

  • France compétences, fiche RNCP38185 de la licence Sciences de l'éducation et de la formation, publiée le 23 octobre 2023 : francecompetences.fr.
  • Ministère de l'Éducation nationale, questions-réponses sur la réforme du recrutement des enseignants, mises à jour en octobre 2026 : devenirenseignant.gouv.fr.
  • France compétences, fiche RNCP41747 du diplôme d'État d'éducateur spécialisé, publiée le 5 décembre 2025 : francecompetences.fr.

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