La licence de biologie se prépare en trois ans à l'université, soit six semestres de 30 crédits : une première année large, où la biologie côtoie la chimie, la physique et les maths, puis un parcours qui te spécialise peu à peu jusqu'à la L3. À la sortie, elle mène au master, à un emploi de technicien de laboratoire ou à un concours d'école vétérinaire ou d'agronomie.
Exemple : si la microbiologie t'attire, tu suis le tronc commun en L1, tu choisis ensuite un parcours tourné vers la cellule et les micro-organismes, puis tu vises un master dans ce domaine ou un poste en laboratoire d'analyse. Les exercices de la fin t'apprennent à vérifier toi-même si ton semestre est validé.
Ce que tu étudies, de la L1 à la L3
« Licence de biologie » est le nom courant. La mention officielle s'appelle « Sciences de la vie », et deux mentions voisines existent : « Sciences de la vie et de la Terre » et « Sciences pour la santé ». Vérifie laquelle tu suis, car certaines suites d'études listent les mentions qu'elles acceptent.
Il n'y a pas de programme national cours par cours. Chaque université découpe sa licence en UE (unités d'enseignement, des blocs de cours notés), dans le cadre de l'arrêté du 30 juillet 2018 sur la licence. Le fil, lui, est national : la fiche RNCP39517, qui décrit au répertoire national des certifications professionnelles ce que sait faire tout diplômé de la mention, demande de « relier un phénomène macroscopique aux processus microscopiques » avec « les concepts et les outils des mathématiques, physique, chimie et informatique ».
C'est pour ça que la L1 mêle chimie, physique et maths à la biologie : pour comprendre une enzyme, il te faut la chimie de ses molécules, et pour lire une expérience, des statistiques.
Les cours prennent trois formes. En CM (cours magistral), l'enseignant expose en amphithéâtre. En TD (travaux dirigés), tu appliques le cours sur des exercices, en petit groupe. En TP (travaux pratiques), tu manipules en salle de laboratoire : microscope, pipettes, dosages. En fin de licence, la fiche nationale attend que tu mènes « en autonomie » une démarche expérimentale et que tu saches calculer l'incertitude sur un résultat.
L'arrêté fixe la charge de travail de toute la licence entre 4 500 et 5 400 heures, dont au moins 1 500 heures d'enseignement et d'encadrement. Si ta fac s'en tient à ce minimum, il te reste de $4\,500 - 1\,500 = 3\,000$ à $5\,400 - 1\,500 = 3\,900$ heures de travail personnel : au moins deux fois le temps passé en cours.
Crédits, UE et compensation : comment un semestre se valide
Définition : un crédit européen, ou ECTS, mesure une quantité de travail. La licence en demande 180 pour 4 500 à 5 400 heures, soit $\dfrac{4\,500}{180} = 25$ à $\dfrac{5\,400}{180} = 30$ heures par crédit, cours compris. Les crédits obtenus se transfèrent d'une université à l'autre dans la même mention.
Une UE où tu as la moyenne est acquise définitivement, avec ses crédits : on dit qu'elle est capitalisée, et tu ne la repasses jamais, même si tu redoubles (article 14 de l'arrêté). Une UE ratée n'est pas perdue pour autant. Les notes se compensent à l'intérieur des UE et des regroupements d'UE que fixe ta fac, avec des coefficients « cohérents » avec les crédits (article 16).
Si tu échoues, l'arrêté te garantit une seconde chance : une évaluation supplémentaire après les résultats, ou une épreuve de rattrapage intégrée au contrôle continu (article 12). Le détail est dans les MCC (modalités de contrôle des connaissances), fixées par la commission de la formation et de la vie universitaire de ton université. Un contrat pédagogique conclu avec ta fac peut aussi adapter ton rythme, jusqu'à la durée totale de ta licence (articles 5 et 9).
Conseil : lis les MCC de ta licence dès la rentrée. Cherche sur quel regroupement d'UE joue la compensation (le semestre, l'année ?) et quelle note compte quand tu repasses une épreuve. Tu sauras alors calculer où tu en es, comme dans les exercices.
Piège classique : la moyenne d'un semestre n'est pas la moyenne de tes notes. Chaque note compte avec le poids de son UE : un 15 dans une UE à 3 crédits rattrape peu de chose face à un 8 dans une UE à 9 crédits. L'exercice 2 tombe exactement là-dessus.
Choisir son parcours
L'arrêté organise la licence en parcours « qui permettent la spécialisation progressive des étudiants ». Tu peux choisir le tien dès l'entrée en licence ou au terme d'un ou plusieurs semestres, selon ta fac (article 9).
Les noms des parcours changent d'une université à l'autre. Pour t'y retrouver, range-les selon l'échelle à laquelle ils regardent le vivant : l'intérieur des organismes (biochimie, biologie cellulaire, génétique, microbiologie, physiologie) ou les organismes dans leur milieu (écologie, évolution).
Exemple : Inès hésite entre un parcours d'écologie et un parcours de physiologie. Elle ouvre la maquette de sa fac, le document qui liste les UE de chaque semestre, et compare les UE de L3 des deux parcours. Puis elle regarde quelles licences recommandent les masters qui l'attirent. C'est le master visé, plus que le nom du parcours, qui tranche.
Les débouchés : master, emploi ou concours
La fiche RNCP le dit en une phrase : la licence « prépare à la poursuite d'études en master comme à l'insertion professionnelle immédiate ».
Avec la licence seule, la fiche cite notamment les emplois de technicien de laboratoire, d'assistant en contrôle qualité, de technicien de surveillance en santé publique et d'animateur scientifique, dans la recherche, les industries alimentaires ou la dépollution. Le travail décrit : préparer les produits et les appareils de mesure, réaliser des mesures et des analyses, faire respecter les règles d'hygiène, de sécurité et de qualité.
Le master, deux ans de plus, approfondit un domaine précis. Pour devenir chercheur, il faut ensuite un doctorat.
Reste le concours. Les écoles nationales vétérinaires et des écoles d'ingénieurs en agronomie recrutent aussi des étudiants de licence, par la voie « Licence » du concours agro-véto. La mention Sciences de la vie fait partie des mentions acceptées, côté véto comme côté agro. Pour te présenter, il faut préparer ou avoir validé trois semestres de licence. La sélection passe par un dossier, des écrits et des oraux, et les règles changent d'une session à l'autre : lis la notice de la tienne.
Exercices corrigés
Les règles et les notes de ces exercices sont fictives : remplace-les par celles de tes MCC et de ton relevé. Cherche chaque exercice sur ta feuille avant d'ouvrir la correction.
Exercice 1 : Les MCC de Yanis prévoient une compensation entre toutes les UE du semestre, avec des coefficients égaux aux crédits ; le semestre est validé si la moyenne atteint 10 sur 20 (données fictives). Au semestre 1, il a 11 en biologie cellulaire (9 crédits), 8,5 en génétique (6 crédits), 7 en chimie générale (6 crédits), 12 en physique et maths (6 crédits) et 14 en anglais (3 crédits). Son semestre est-il validé ? Combien de crédits obtient-il ?
Correction :
On multiplie chaque note par les crédits de son UE, on additionne, puis on divise par le total des crédits, $9 + 6 + 6 + 6 + 3 = 30$ :
$$\frac{9 \times 11 + 6 \times 8{,}5 + 6 \times 7 + 6 \times 12 + 3 \times 14}{30} = \frac{99 + 51 + 42 + 72 + 42}{30} = \frac{306}{30} = 10{,}2$$
La moyenne dépasse 10 : le semestre est validé et Yanis obtient ses 30 crédits. La génétique et la chimie, sous la moyenne, sont acquises par compensation : il ne les repasse pas.
Exercice 2 : Camille a les mêmes MCC (données fictives). Au semestre 2, elle a 8 en biologie animale et végétale (9 crédits), 8,5 en biochimie (9 crédits), 10 en chimie organique (6 crédits), 15 en anglais (3 crédits) et 14 en projet personnel et professionnel (3 crédits). Elle additionne ses cinq notes, divise par 5, trouve 11,1 et se croit tranquille. A-t-elle raison ? Combien de crédits du semestre a-t-elle acquis pour de bon ?
Correction :
Non, elle a oublié les coefficients. La moyenne pondérée par les crédits donne :
$$\frac{9 \times 8 + 9 \times 8{,}5 + 6 \times 10 + 3 \times 15 + 3 \times 14}{30} = \frac{72 + 76{,}5 + 60 + 45 + 42}{30} = \frac{295{,}5}{30} = 9{,}85$$
Le semestre n'est pas validé par compensation. Ses bonnes notes sont dans les petites UE, ses mauvaises dans les deux grosses : des UE à 3 crédits ne rattrapent pas des UE à 9.
Elle garde quand même, pour toujours, les UE où elle a la moyenne : chimie organique, anglais et projet, soit $6 + 3 + 3 = 12$ crédits. Les deux UE de biologie peuvent passer par la seconde chance.
Exercice 3 : Suite de l'exercice 2. À la seconde chance, Camille ne repasse que la biologie animale et végétale ; la nouvelle note remplace l'ancienne et les autres ne bougent pas (données fictives). Quelle note minimale lui faut-il pour valider le semestre ?
Correction :
Une moyenne d'au moins 10 sur 30 crédits, c'est un total pondéré d'au moins $10 \times 30 = 300$ points. Sans la biologie animale et végétale, Camille a $76{,}5 + 60 + 45 + 42 = 223{,}5$ points.
Avec une note $x$ dans cette UE à 9 crédits, il faut $9x + 223{,}5 \geqslant 300$, soit $9x \geqslant 76{,}5$, donc $x \geqslant 8{,}5$.
Il lui faut 8,5 sur 20. Elle avait 8 : un demi-point de plus fait passer tout le semestre, parce que dans une UE à 9 crédits ce demi-point compte neuf fois.
À retenir
À retenir :
- La mention officielle s'appelle « Sciences de la vie » : 180 crédits, trois ans à temps plein, sans programme national cours par cours.
- Un crédit vaut 25 à 30 heures de travail, cours compris.
- Une UE où tu as la moyenne est acquise pour toujours ; les autres peuvent se compenser, selon les MCC de ta fac, dans une moyenne pondérée par les crédits.
- Le parcours se choisit au début ou après un ou plusieurs semestres : compare les UE de L3 et les masters visés.
- Après la licence : master, emploi technique en laboratoire, ou concours agro-véto par sa voie « Licence ».
Sources
- Arrêté du 30 juillet 2018 relatif au diplôme national de licence, version en vigueur : texte sur Légifrance.
- Fiche RNCP39517 de la licence Sciences de la vie (fiche nationale), enregistrée jusqu'au 31 décembre 2029 : fiche sur France compétences.
- Concours agro-véto, voie « Licence », session 2027, avec la liste des mentions de licence acceptées : page du concours.