L'essentiel à connaître
Devant un cas de mondialisation, pose deux questions : qu'est-ce qui circule, et qui le fait circuler ? Une touriste japonaise réserve un hôtel parisien sur son téléphone, paie en ligne, puis prend l'avion : trois flux (informations, capitaux, personnes) et un seul acteur, elle-même, un individu.
Définition : un flux est un déplacement de marchandises, de personnes, de capitaux ou d'informations. Les deux derniers sont immatériels : aucun objet ne voyage.
Les firmes transnationales (FTN), qui ont des filiales à l'étranger, répartissent leur production entre plusieurs pays : c'est la division internationale des processus productifs (DIPP). Transférer à l'étranger une activité existante est une délocalisation ; la désindustrialisation est le recul de l'industrie d'un territoire. Les sièges des FTN se regroupent dans les très grandes villes, signe de métropolisation. Les flux passent par des hubs, plateformes de correspondance où convergent les lignes, et des réseaux criminels cachent leur drogue parmi les marchandises légales.
Un migrant change de pays de résidence, souvent pour plus d'un an. Beaucoup envoient de l'argent à leur famille : selon une estimation de la Banque mondiale, ces envois de fonds, ou remises, ont atteint environ 685 milliards de dollars en 2024 vers les pays à revenu faible ou intermédiaire. C'est plus que les investissements directs étrangers (IDE, quand une FTN s'implante à l'étranger) et l'aide publique au développement (dons et prêts des États) réunis. En 2025, l'Europe a accueilli 793 millions des 1,52 milliard de touristes internationaux, l'Asie et le Pacifique 331 millions (ONU Tourisme).
Piège classique : franchir une frontière ne suffit pas pour être migrant. Le travailleur frontalier vit dans un pays et travaille dans un pays voisin, sans changer de domicile.
Les États ne sont pas spectateurs : ils créent des zones franches, où impôts et droits de douane (taxes à l'entrée d'une marchandise) sont réduits, pour attirer les FTN. La Chine l'a fait dès 1980 à Shenzhen, avec une zone économique spéciale. Une organisation intergouvernementale (ONU, OMC) réunit des États ; une ONG est au contraire une association privée, indépendante des États.
À retenir : dans une zone de libre-échange, les pays suppriment les droits de douane entre eux, mais chacun garde les siens face au reste du monde. Une union douanière comme l'Union européenne (UE) ajoute un tarif commun, qu'elle fixe elle-même, pour les marchandises venues de l'extérieur.
Quiz : teste tes connaissances
Ça commence en douceur, puis ça se corse : les trois dernières questions sont les plus piégeuses.
Question 1 : Lina part étudier un semestre en Espagne avec Erasmus+. Quel flux crée-t-elle ?
Réponse : B. Lina se déplace elle-même : c'est un flux de personnes, ici une mobilité étudiante. Le piège est A : elle dépensera de l'argent sur place, mais c'est elle qui circule.
Question 2 : Lequel de ces flux est immatériel ?
Réponse : D. Dans un appel vidéo, seules des données circulent : c'est un flux d'informations. Le piège est B : le billet a pu s'acheter en ligne, mais ce sont des personnes qui voyagent.
Question 3 : Awa travaille en France et envoie chaque mois de l'argent à sa famille au Sénégal. Qui est l'acteur de ce flux ?
Réponse : A. Awa décide seule de cet envoi, une remise : l'acteur est un individu. Le piège est B : la banque transporte l'argent, mais ne décide ni du montant ni du destinataire.
Question 4 : Un téléphone est conçu dans un pays, ses puces viennent d'un deuxième, il est assemblé dans un troisième. Ce découpage s'appelle :
Réponse : C. Répartir les étapes de fabrication entre plusieurs pays, c'est la division internationale des processus productifs. Le piège est D : une délocalisation transfère une activité qui existait déjà.
Question 5 : Une entreprise ferme son usine de Picardie pour fabriquer les mêmes produits en Roumanie, où les salaires sont plus bas. C'est :
Réponse : C. Transférer à l'étranger une activité qui existait en France, c'est délocaliser. Le piège est A : la désindustrialisation, recul de l'industrie d'un territoire, peut en découler, mais ce n'est pas l'opération elle-même.
Question 6 : Les sièges des grandes FTN se regroupent dans quelques très grandes villes du monde. De quel processus est-ce un signe ?
Réponse : A. La métropolisation concentre habitants, activités et pouvoir de décision dans les très grandes villes. Le piège est B : la périurbanisation est l'étalement des villes sur les campagnes proches.
Question 7 : De Lyon à Sydney, Paul change d'avion à Dubaï, où convergent des lignes du monde entier. Cet aéroport est :
Réponse : D. Un hub est une plateforme de correspondance : les lignes y convergent comme les rayons d'une roue vers le moyeu. Le piège est B : une zone franche attire des entreprises, pas des correspondances.
Question 8 : Une association enquête sur le travail des enfants chez les sous-traitants d'une marque de vêtements. Quel acteur est-ce ?
Réponse : B. Une ONG est une association privée, indépendante des États, qui peut faire contre-pouvoir face aux FTN. Le piège est A : une organisation intergouvernementale, comme l'ONU, réunit des États.
Question 9 : En 1980, la Chine crée à Shenzhen une zone économique spéciale pour attirer les entreprises étrangères. Qui agit, et comment ?
Réponse : A. Dans cette zone franche, l'État chinois réduit impôts et droits de douane pour attirer les capitaux. Le piège est B : les FTN s'y installent, mais c'est l'État qui crée la zone.
Question 10 : Selon ONU Tourisme, quelle région a accueilli le plus de touristes internationaux en 2025 ?
Réponse : D. L'Europe en a reçu 793 millions sur 1,52 milliard, soit plus d'un sur deux. Le piège est A : c'est la région la plus peuplée, mais elle n'en a accueilli que 331 millions.
Question 11 : Au port du Havre, des douaniers trouvent de la cocaïne cachée dans un conteneur de marchandises légales. Qui est à l'origine de ce flux ?
Réponse : B. Les réseaux criminels glissent leurs flux illicites dans les flux légaux. Le piège est A : le transporteur achemine le conteneur sans forcément savoir ce qu'on y a caché.
Question 12 : Des pays suppriment les droits de douane entre eux, mais chacun garde les siens face au reste du monde. C'est :
Réponse : C. Dans une zone de libre-échange, chaque pays reste maître de ses droits de douane envers l'extérieur. Le piège est A : une union douanière ajoute un tarif commun face au reste du monde.
Question 13 : Sami habite à Thionville, en Lorraine, et part chaque matin travailler au Luxembourg. Comment le classer ?
Réponse : A. Sami garde son domicile en France et travaille dans un pays voisin : il est frontalier. Le piège est C : un migrant change de pays de résidence, Sami non.
Question 14 : Selon la Banque mondiale, en 2024, les envois de fonds des migrants vers les pays à revenu faible ou intermédiaire étaient :
Réponse : D. Avec environ 685 milliards de dollars, ils dépassaient les IDE et l'aide publique au développement additionnés. Le piège est A : on pense d'abord aux FTN, mais les migrants envoient davantage.
Question 15 : Des vélos fabriqués en Asie arrivent au port de Marseille. Qui fixe le droit de douane qu'ils paient ?
Réponse : C. L'UE est une union douanière : ses 27 pays appliquent le même tarif aux marchandises venues de l'extérieur. Le piège est A : la douane française contrôle les vélos, mais applique le tarif de l'UE.
Sources
Banque mondiale, envois de fonds des migrants en 2024, 18 décembre 2024, en anglais.
ONU Tourisme, arrivées de touristes internationaux en 2025, 20 janvier 2026, en anglais.
Commission européenne, « Le marché de l'UE » : union douanière et tarif douanier commun.