Le BTS Assurance t'apprend deux métiers en un : vendre et suivre des contrats d'assurance, et gérer les sinistres, c'est-à-dire les événements (incendie, vol, dégât des eaux, accident) qui déclenchent la garantie. L'examen suit ce partage : sur 22 coefficients, 8 vont à la vente et aux contrats (E3), 7 aux sinistres et prestations (E4). Exemple : une cliente déclare un dégât des eaux ; à l'oral E42, tu mènes ce genre d'entretien face au jury, et à l'écrit E41, tu calcules ce que l'assureur lui doit.
Ce que tu apprends en deux ans
Le référentiel du diplôme, le texte officiel qui fixe ce que tu dois savoir faire, découpe le métier en deux domaines.
Le premier domaine suit le client de la prise de contact à la vie du contrat : accueil d'un client ou d'un prospect (une personne pas encore cliente), découverte de son besoin, devis, vente, puis gestion des avenants (les modifications du contrat), des cotisations et des résiliations.
Le second commence quand l'assuré déclare un sinistre ou demande une prestation, c'est-à-dire ce que l'assureur verse en assurance de personnes (remboursement de soins, capital décès). Tu vérifies que le contrat couvre l'événement, tu calcules l'indemnité, puis tu exerces les recours : tu réclames le remboursement au responsable du dommage ou à son assureur.
Les deux domaines couvrent l'assurance de biens et de responsabilité (habitation, automobile) comme l'assurance de personnes (santé, prévoyance, assurance vie). En voie scolaire, s'y ajoutent 15 à 16 semaines de stage dans le secteur, réparties sur les deux ans ; en apprentissage, une attestation de ton employeur remplace les certificats de stage.
Les épreuves et leurs coefficients
Remarque : un nouveau BTS Assurance, défini par l'arrêté du 6 juillet 2026, aura sa première session en 2029. Si tu passes l'examen en 2027 ou en 2028, c'est le règlement ci-dessous qui s'applique.
Voici ce règlement pour la voie scolaire (établissement public ou sous contrat) et l'apprentissage en centre habilité. Le CCF, contrôle en cours de formation, se passe dans ton établissement pendant la formation, à la place d'une épreuve finale.
| Épreuve | Coef. | Forme |
|---|---|---|
| E1 Culture générale et expression | 3 | écrit, 4 h |
| E2 Langue vivante étrangère | 2 | écrit 2 h, oral 20 min |
| E31 Culture professionnelle et suivi du client | 4 | écrit, 4 h |
| E32 Développement commercial et conduite d'entretien | 4 | CCF, deux oraux |
| E41 Gestion des sinistres | 4 | écrit, 4 h |
| E42 Accueil en situation de sinistre | 3 | oral, 20 min |
| E5 Communication digitale, système d'information et outils numériques | 2 | CCF |
Les deux écrits professionnels de 4 heures, E31 et E41, partent d'un dossier documentaire. L'E41 mêle assurance de biens et de responsabilité et assurance de personnes : n'en néglige aucune.
Les oraux reposent sur ton dossier professionnel : fiches d'activités 1 à 5 pour l'E32, qui doivent couvrir biens et responsabilité, personnes, un client professionnel et l'épargne ; fiches 6 à 9 pour l'E42, avec au moins une situation en biens et responsabilité et une en personnes.
En E32, deux oraux de 20 minutes : l'un après 15 minutes de préparation, sur une de tes fiches aux données modifiées par les examinateurs, l'autre sans préparation, sur un autre contrat de ton dossier. En E42, le jury joue un assuré qui déclare un sinistre, à partir d'une de tes fiches et des conditions générales d'un de tes contrats (le document qui détaille garanties et exclusions).
Piège classique : sans dossier professionnel conforme (absent, non signé, ou stage trop court), tu reçois la mention « non valide » en E32 et en E42, et le diplôme ne peut pas t'être délivré, même avec de bonnes notes partout ailleurs.
Comment se calcule ta note finale
Chaque note sur 20 est multipliée par son coefficient ; tu additionnes, puis tu divises par 22, la somme des coefficients. Tu es admis avec une moyenne générale d'au moins 10 sur 20 (Code de l'éducation, article D643-22), soit 220 points sur 440.
Les notes se compensent, mais regarde où sont les points : E3, E4 et E5 font 17 coefficients sur 22, plus des trois quarts de la note. La deuxième langue facultative ne peut que t'aider, car seuls ses points au-dessus de 10 s'ajoutent à ton total.
Les calculs d'indemnité de l'E41
À l'E41, le jury note l'exactitude du calcul de l'indemnité. Trois règles du Code des assurances l'encadrent.
Le principe indemnitaire (article L121-1) : l'assurance de biens est un contrat d'indemnité, elle répare la perte sans enrichir l'assuré et ne verse jamais plus que la valeur du bien au jour du sinistre. Le contrat peut prévoir une franchise, une somme fixée d'avance qui reste à la charge de l'assuré et se déduit de l'indemnité.
La règle proportionnelle de capitaux (article L121-5) : si, au jour du sinistre, le bien vaut plus que la somme garantie (on parle de sous-assurance), l'assuré reste son propre assureur pour l'excédent, sauf clause contraire. La raison : la prime a été calculée sur le capital déclaré. Assurer pour 60 000 € un stock qui en vaut 80 000, c'est payer pour les trois quarts du risque, donc être indemnisé aux trois quarts.
Formule : en cas de sous-assurance, indemnité = dommage × capital assuré ÷ valeur du bien au jour du sinistre.
Piège classique : un dommage plus petit que le capital n'est pas forcément payé en entier. Compare toujours le capital à la valeur du bien, jamais au dommage.
La règle proportionnelle de prime (article L113-9) : si l'assuré a oublié ou mal déclaré un élément du risque, sans mauvaise foi établie, le contrat reste valable. Mais si l'erreur apparaît après le sinistre, l'indemnité est réduite dans la proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues.
Formule : en cas d'omission découverte après le sinistre, indemnité = dommage × prime payée ÷ prime qui aurait été due.
Les métiers visés
Le référentiel décrit deux familles de postes. Côté vente : conseiller de clientèle, conseiller en assurance et épargne, téléconseiller, chargé de clientèle en cabinet de courtage. Côté gestion : conseiller de gestion, gestionnaire de production, chargé d'indemnisation, gestionnaire de sinistres.
Avec l'expérience, le référentiel cite la spécialisation (sinistres corporels graves, risques non standard), l'encadrement d'équipe, ou les métiers d'agent général, qui représente une compagnie, et de courtier, qui place les contrats de ses clients chez différents assureurs.
Exercices corrigés
Cherche chacun sur ta feuille avant d'ouvrir la correction.
Exercice 1 : Données fictives. Léa obtient 11 en E1 (coefficient 3), 13 en E2 (2), 9 en E31 (4), 14 en E32 (4), 8 en E41 (4), 12 en E42 (3) et 15 en E5 (2). Calcule sa moyenne. Est-elle admise, et avec quelle marge de points ?
Correction :
On multiplie chaque note par son coefficient, puis on additionne : 33 + 26 + 36 + 56 + 32 + 36 + 30 = 249 points.
On divise par la somme des coefficients, 22 : 249 ÷ 22 ≈ 11,32 sur 20. Léa est admise, avec 29 points de plus que les 220 exigés.
Exercice 2 : Données fictives. Un commerçant assure son stock pour 40 000 €. Après un incendie, l'expert chiffre le dommage à 12 500 € et la valeur du stock entier, au jour du sinistre, à 50 000 €. Pas de franchise ni de clause contraire. Quelle indemnité l'assureur verse-t-il, et que reste-t-il à la charge du commerçant ?
Correction :
Le stock vaut 50 000 € pour 40 000 € garantis : il y a sous-assurance et l'article L121-5 s'applique.
Indemnité = 12 500 × 40 000 ÷ 50 000 = 12 500 × 0,8 = 10 000 €.
Il reste au commerçant 12 500 € moins 10 000 €, soit 2 500 €.
Exercice 3 : Données fictives. Une maison vaut 250 000 € au jour d'un incendie, mais elle est assurée pour 300 000 €. Le dommage s'élève à 40 000 € et la franchise à 300 €. Un camarade calcule 40 000 × 300 000 ÷ 250 000 = 48 000 €. Où est son erreur, et quelle est la bonne indemnité ?
Correction :
La règle proportionnelle ne joue qu'en sous-assurance ; ici, la maison est sur-assurée. Le calcul du camarade verserait 48 000 € pour 40 000 € de dégâts : l'assuré s'enrichirait, ce que le contrat d'indemnité interdit (article L121-1).
L'assureur répare le dommage et déduit la franchise : 40 000 € moins 300 €, soit 39 700 €.
Exercice 4 : Données fictives. En souscrivant son assurance habitation, un assuré a oublié de déclarer sa véranda, sans mauvaise foi. Il paie 360 € de prime par an ; avec la véranda, il aurait payé 480 €. Un dégât des eaux garanti cause 12 000 € de dommages, sans franchise, et l'expert découvre l'oubli. Quelle indemnité l'assureur verse-t-il ?
Correction :
L'oubli est sans mauvaise foi et découvert après le sinistre : le contrat n'est pas annulé, mais l'article L113-9 réduit l'indemnité dans la proportion des primes.
Indemnité = 12 000 × 360 ÷ 480 = 12 000 × 0,75 = 9 000 €.
À retenir
À retenir :
- Contrats (E3, coefficient 8) et sinistres (E4, coefficient 7) pèsent 15 coefficients sur 22.
- Admis avec 10 de moyenne, soit 220 points sur 440.
- Dossier professionnel non conforme : mention « non valide », pas de diplôme.
- Sous-assurance : dommage × capital ÷ valeur du bien.
- Omission sans mauvaise foi, vue après sinistre : dommage × prime payée ÷ prime due.
- L'assurance de biens répare la perte, jamais plus ; la franchise se déduit de l'indemnité.
- Ce règlement vaut jusqu'à la session 2028.
Sources
- Référentiel du BTS Assurance, arrêté du 13 février 2017 : texte du ministère de l'Enseignement supérieur.
- Arrêté du 6 juillet 2026 définissant le nouveau BTS Assurance, Journal officiel du 30 juillet 2026 : texte sur Légifrance.
- Code des assurances, articles L113-9, L121-1 et L121-5, et Code de l'éducation, article D643-22, sur Légifrance.